Guinea Pig – “Bientôt votre Mariage”



Snuff-Sampling










Best Wishes for the suit commence sur de la noise abrupte mais assez calme. Je me réveille dans une pièce froide, allongé sur une table, incapable de bouger. J’ai mal à la tête, cette noise rampante me vrille le cerveau. Et tout ça pour finir dans une sorte de danse tribale lancinante qui s’étend pendant 7 minutes, entre nappes de synthés, tambours bizarres et guitare discrète. Mystérieusement hermétique.
L’enfoiré arrive, un rictus effrayant sur ses lèvres. Il m’attache comme un chien avec des bouts de cuir pourris. Pourtant tout semble normal dans mes oreilles : un post rock aux relents de country va évoluer comme bon lui semble, tout en restant agréable de bout en bout… A croire que Guinea Pig amadoue sa victime, la laisse reprendre tranquillement ses idées pour gagner sa confiance. Il ne faut pas lui faire peur. Les câlins, la douceur, avant Une nouvelle barbarie ?


Non. Cette barbarie annoncée est sûrement le plus “soyeux” titre de l’album, ou en tout cas le plus intimiste. On commence à charcuter, mais en douceur. On pique la peau avec une aiguille, on arrache simplement les ongles. Un sample de violon se fait discrètement violenter par des crépitements, parasites et bleeps en tout genre, tandis qu’une guitare électrique veut se faire entendre.


Et hop, on sort la perceuse, Interiorisme nous fait basculer dans la noise, avec une rythmique drum and bass pour pilonner le corps en bonne et du forme. Les sons sont aigus, ça crisse, ça craque… la fraise d’un dentiste fou tressaute sur mes dents, son pauvre patient.
Mais il ne faut pas aller trop vite en besogne… : un corps mort n’est qu’un bout de bidoche sans intérêt pour ce genre de mecs.
Calmons le tout, arrêtons la torture et les sons agressif pour jouer avec une boite à musique.
Le morceau bascule d’une agressivité complètement désirée à une ambiance presque terrifiante, ou les samples de boites à musiques, violons et claviers lointains illustrent la terreur de l’attente. L’attente du prochain assaut, sûrement bien plus douloureux que le précèdent. Malgré la douleur, ces 10minutes représentent mon passage favori de cette sombre expérience. Je saigne, mais je plane… Le maître de cérémonie m’a peut être drogué, pour ne pas trop que je me débatte sur sa cradingue table d’opération. Les sangles n’ont pas l’air très solides…


L’homme prend en plus un malin plaisir à jouer avec mes nerfs… Il va marcher tout autour de moi pendant 8 minutes avec L’homme qui dort sur un caillou . Je ne voit que le plafond, mais cette charogne veut me porter à la crise de nerf… Je le sens tourner autour de moi… Sur des bruits de pas qui courent tout le long du titre, ce fou va me présenter touts les ustensiles avec lesquels il va continuer son travail, son “oeuvre” : piano, guitares, harpes, cordes… Le tout discrètement, jamais en même temps, histoire de bien me faire comprendre qu’il a encore de quoi s’amuser avec moi. Il en présente un, le repose, en prend un autre… et toujours cette horrible perceuse, qu’il allume de temps à autre… jamais trop longtemps, juste pour faire hérisser les rares poils qui seront de toute façon brûlés un par un… je divague, pourquoi perdrait il son temps à faire cela… ? Je n’en peux plus, qu’il arrête de tourner autour de moi, à m’observer comme un aigle au dessus de sa proie.
Puis le sample de bruits de pas se tait. La chose que je désirais le plus au monde il y a un instant m’affole encore plus… que va il se passer ensuite?


Chants fantomatiques se succèdent sur une ambiance jazzy et enfumée, tandis qu’une voix en français nous invite à imaginer notre corps sous toutes les coutures… Of course you know this mean war . Les samples d’instruments, toujours discrets, sont brutalisés, et la faible ritournelle entonnée par un enfant ne fait rien pour me rassurer. Tout reste calme néanmoins… Première fois que je me détends un peu depuis le début. Grave erreur, et tant pis pour moi, je ne l’aurais pas vu venir. Il re-attaque de plus belle avec trente secondes de noise et de musique industrielle. Le son est horriblement agressif mais assez court… Peut être voulait il voir mon corps tressauter un court instant, voir la douleur se dessiner sur mon visage.


Cet enfoiré croit me faire rire avec son sample de gamin qui nous annonce “vouloir faire un film comique” en balbutiants des onomatopées? Il charcute encore plus terriblement avec La puissance excrémentielle d’un vieux sage . C’est chaotique. Les sons se succèdent, maltraités et même la guitare électrique n’arrive pas à respirer dans cet amas de métal. Mes os claquent. Je me chie dessus. Mais au bout de 5 minutes, tout s’éclaire, la guitare reste seule, belle. Elle en impose, lumineuse, avec un violon virevoltant qui se permet de l’accompagner en retrait. Un rock instrumental léger, beau, on ne peut plus gracieux après la torture qui le précède… Des clochettes se joignent à la fête, le titre monte en grâce, des enfants s’amusent et chantent les gammes… Ils le disent eux même, “après les rires et les pleurs, le silence…” Un harmonica et un accordéon restent donc seuls en piste, pour conclure après 12 minutes le manége de ce vieux sage abject de la plus belle des manières…


Je sens la fin venir, je m’étouffe avec mon propre sang. Les images de mon enfance reviennent, là ou je marchais à la campagne tranquillement, une vieille guitare en bois à la main et des bruits de cigales comme seuls compagnons de route. J’étais bien. Il n’y aura que ça pour ma Procession , qui finira pourtant sur un piano dissonant.


Dernier titre. Je suis sur de ne plus subir très longtemps. La folie me guette. Il recommence avec sa perceuse. Je m’en fou, je ne sens plus rien, qu’il y aille franchement qu’on en finisse. Même pas une once de douleur quand il sectionne mes bras lentement avec ses cordes de guitare sèche. Les claviers, les synthés, planants, arrivent… C’est magnifique et cristallin. Ils enveloppent la guitare pour s’élever peu à peu vers le ciel… Fais ce que tu veux avec tes samples d’instruments bizarres, ta perceuse me semble faible. Elle participe même à une surprenante et gracieuse mélodie. Tout s’arrête et s’éteint, excepté cet orgue céleste mêlé à des choeurs d’anges. C’est sublime. L’arrêt est brutal. Le noir.

C’était un Jour Bleu dans un bain de sang…




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  1. Skorn Says:

    Intriguant… :roll:
    Impressionnant… :fear:

    Ca m’a tout l’air d’être… D’après ce que j’ai compris… (il se fait tard, j’ai peut être mal interprété :nerd:)
    Un album à vivre comme une expérience, et non vraiment un album classique (faut dire y’en a peu dans ce blog :)) ou détente comme un bon vieux coup de interlope…

    Bref… Quand mon porte monaie aura repris du poil de la bête, peut être qui j’irai vivre cette “expérience” x]

  2. soulzeouf, visiteur Says:

    Je cherch des info sur le film guineapig et je tombe la deçu
    T’as un probleme mec

  3. Dat' Says:

    :??:

  4. kain2097 Says:

    Un film porte le même nom que le disque dont tu parle, c pr ça.

  5. Dat' Says:

    non mais ça je sais bien, j’en parle meme au debut de l’article… c’est sa deuxieme phrase qui ma etonné…

  6. Interceptor Says:

    Putain mais énorme l’analogie constante entre le film et l’album lol. Je dis bravo, c’est carrément bien vu. Même si du coup, ça donne plus envie de fuir ce disque. :roll2:

  7. Tai Game of War Says:

    F*ckin remarkable issues here. I am very happy to peer your article. Thanks so much and i’m looking forward to contact you. Will you please drop me a mail?

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