Spank Rock – “Yoyoyoyoyo !”



Pimp My Nerd, Bling-bling et Game boy…





Je serais tenter de dire “Bigdada, point barre”…

Mais on va développer un peu, d’une part car cela ne serait pas vraiment très intéressant comme article et surtout que l’on est jamais à l’abris d’un plantage…

“Yoyoyoyoyo”… un titre reprenant l’expression la plus usitée des hip-hopeux sur la planète Terre… Spank Rock, album old-school? Dépassé? Poussiéreux? Banal?




Baltimore, Crunk, Booty bass, hyphy, ghetto bass, grime… on va laisser tomber tout ces termes pour définir ces Hip-hop déviants, car tout ces genres se recoupent, se cognent et se mélangent, et surtout que tout ceci est tellement touffu que je n’y connais pas grand chose…

Deuxièmement, cet album est une tuerie… Pourquoi le dire d’emblée, comme cela? Car les impatients peuvent courir chopper ce disque sans me lire…
Mister “MC spank rock”(Naeem pour les intimes ) et le Beatmaker “xxxchange” (Alex Epton pour les intimes ) ont accouché d’un truc dément…



– Pour faire simple, les morceaux de “yoyoyoyoyo” peuvent se repartir en trois catégories :


Tout d’abord les tueries… et quand je dis tueries, c’est un véritable massacre pour le corps et le coeur, pour le cul et le cou.
On a qu’une envie, c’est de bouger la tête sous les assauts de basses absolument D-A-N-T-E-S-Q-U-E-S…

Le pire c’est que le premier morceau de l’album, Backyard Betty fait partie de cette catégorie :
Les basses vrombissent comme jamais, un son jeux vidéos bien old-school habille le tout et MC spank rock, de son flot nasillard parle de cul et de sexe avec la petite Betty et son concours de strip…
“Ass shaking competition champ / Oh thats pussy gets damp / hump back hump back tramp, fuck that / bumb that amp banging ’til the bells stop ringing”
A croire que Spank rock hésite entre soirées console et soirées débauche… (Quoique les deux peuvent finir dans la dépravation la plus totale…hum…)


Autre réussite absolue, le titre Rick rubin, qui sous couvert d’un hommage au sieur producteur, nous sert un morceau tubesque, avec toujours des basses affolantes et un son 8 bits énorme… la différence avec le titre précèdent, c’est le punch. Une vraie tornade. L’instrue peut servir de test pour saturation d’enceintes dans les graves…
C’est un peu par hasard et par ce titre que j’ai découvert Spank Rock, au détour d’un vinyle glané sans conviction. Ma platine s’en souvient encore… Un peu comme si Mos Def se roulait dans des Game boys, et avec le sourire.


Touch me débarque juste apres, et va faire intervenir le premier Feat de l’album, sur une instrue enormissime, toujours lourde et fracassante, avec une teinte un peu plus old-school… Le feat, bien que court, des “typical girls”, s’intègre sans problème dans cette atmosphère de club enfumé, et le refrain habile, reste dans la tête après écoute…





On continue sans hésiter avec Bump en oubliant les trente premières secondes un peu irritantes, qui débouchent sur un synthé bien crade, un flow rapide du Naeem et un feat d’une certaine “Amanda Blank” juste parfait, qui se permettant d’accélérer comme une dingue sur la fin…
Les lyrics sont toujours cradingues, mais le morceau garde une prestance qui ne faiblie pas, à croire que le nerd-pimp regnera sur les ersatz de maquereaux en collants mauves zébrés…
“Honey honey see me / Behind my Game boy / I got my Game girl / it come easy / Let go your shoulders my popsicle is so sweet, see / slam back that sparks don’t hesitate and it come easy / yeah bitch believe me…”


On change carrément d’ambiance avec Sweet Talk mais on reste dans la qualité extrême. Apres un début d’album strictement électronique, on arrive ici en plein Funk bien moite, avec guitares sautillantes et autres joyeusetés. Là ou le morceau finit de nous achever, c’est en son milieu, ou le Hip-hop Funk salace va laisser place à des sons plus aériens et des choeurs presque Gospels… le morceau déplie ses ailes et s’envole pour atteindre les nuages et ne plus retomber. Superbe… LE titre de l’album avec “Rick Rubin” et “Backyard Betty”




Après la catégorie “Tueries”, celle des “Aliens” vient naturellement…
Certains titres valent vraiment le détour, étonnent et font bien comprendre aux deux sceptiques du fond que l’on n’est pas dans un album de hip-hop “Classique”…
Le meilleur représentant en serait Chilly Will
Démarrant sur une première minute que l’on jurerait tout droit sorti de “In search Of…” (première version) du groupe “N.E.R.D” (la voix est d’une ressemblance troublante avec celle de Pharell Williams ), le morceau va rapidement virer en Techno-Minimale pendant près de 5 minutes… Assez déroutant la première fois, le morceau n’en reste pas génial, avec une phrase scandée et modifiée à loisir sur des beats expérimentaux. Tout se déroule naturellement, accélère, braque, reprend… Etonnant…


Autre surprise, Top Billin’ From Far Left va permettre au MC de dérouler ses couplets sur des samples de jeux vidéos tout droit sortis d’un simili-mario drogué (le tout mélangé à un vieux téléphone…)
Le refrain est balancé sous Helium. Entendre “I don’t Give a fuck” sur fond de champignons power-up vaut son pesant d’or, le tout se payant le luxe d’etre ultra-entrainant… Bref Spank Rock aime le cul, mais le retro gaming aussi…


Derniers alien, IMC va proposer une instrue que Squarepusher n’aurait pas renié… Ca claque, c’est agressif, les sons sont énormes, mais le presque nasillard MC spank rock arrive à suivre sans problème…
“IMC” serait le rejeton de Monsieur Hip-hop et Madame Electro Industrielle…






Deux catégories, 8 titres sur 12, rien à jeter pour le moment…
La dernière serait celle des ratés, des morceaux à oublier?? Pas de bol, ils enfoncent justement le clou, pour bien nous faire comprendre que oui, “Yoyoyoyoyo” est incontournable, sans contestation possible…
Moins imaginatifs que les aliens, moins tubesques et écrasants que les 5 tueries présentées en premier, ils sont tout de même plus que bon et se doivent de jouir d’un intérêt plus que mérité :

Le très convaincant Coke and Wet presque classique dans sa structure et sa basse reggæ complètement ravagée par de grosses nappes bien crades est suivit par le très noir Competition qui oscille entre hip-hop sombre et Dub Electro crade… les basses claquent, les reverbs sont bien présentes et l’ambiance est lourde. Un excellent titre, complètement halluciné…

What it Look like , qui a la lourde tache de succéder au premier titre de l’album, s’en tire aussi avec les honneurs avec une instrue en “mille feuilles” plutôt riche en bidouillages et un flow rapide. Pas incroyable, mais sympathique…

“Yoyoyoyoyo” se conclura sur une Outro (screwville USA) vraiment agréable, calme, flow ralenti et violons discrets, le tout dans une ambiance de vieux films américains. Un bon moyen de désamorcer la bombe électronique servie pendant tout le long des 12 morceaux…





Cet album de Spank rock est donc une réussite totale, avec des instrues terrifiantes pour celui qui sera sensible un tant soit peu à l’électronique. Mais tout amateur de Crunk, baltimore et autres se doit de jeter une oreille à cette galette, car tout comme ces styles précités, sa mission première est de faire bouger les corps, tout en se payant le luxe de ne pas laisser la tête de coté.

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas autant accroché aux prods dans un disque de Hip-hop, et sur un disque de hip-hop tout court. Je ne m’en lasse pas apres trois mois d’ecoutes répétés… (Quoique vu se qui se profile dans ces prochains mois, je ne me fais plus de soucis)
Les basses sont parfois tellement fracassantes que le voisin du dessus sonnera chez vous pour vous demander d’arrêter de faire des “travaux” pendant sa sieste (véridique, c’est du vécu )
Sur la pochette on peut lire une citation du Guardian qui énonce “Children, if you want dad to think you’re on drugs, play this loud…” on ne pouvait pas dire mieux…




Spank Rock aime le Cul, mais le cul pixellisé façon Famicom…




“8 bits ’til I die” comme dirait l’autre…






Le clip du terrible morceau Rick Rubin… comme d’hab, le son ne fait pas honneur au fracas de la prod, mais il est plutot pratique pour se faire une idée de la bete…




YO !



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  1. Interceptor Says:

    Très jolie chronique, une fois de plus.
    En revanche je ne suis pas conquis par Rick Rubin. :p On verra bien(tôt) quelle appréciation je réserve au reste de l’album.

  2. yo, visiteur Says:

    je suis d accord belle chronique.
    Pour moi ce sera Chilly Will le morceau qui tourne le plus.
    ++

  3. Dat' Says:

    ah quelqu’un qui’interresse à cette vieille chronique !

    tu as clairement raison, et malgré plus d’un an, cet album tourne toujours chez moi. Absolument énorme…

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