Black Dice – Load Blown



Origin of Psychiatry





Cela fait pas mal de temps que j’avais envie de dire quelques mots sur le dernier Black Dice, qui peut largement se prévaloir, sans hésitation, d’être l’album le plus étrange de l’année dernière. Cette semaine, apres m’être coltiné un objet qui ferait passer la dernière livraison d’Alizée pour un chef d’oeuvre expérimental, deux solutions s’offraient à moi : Devenir dépressif ou me lobotomiser à nouveau avec de la musique totalement absconse. Et pour le coup, ce Load Blown s’y prête à merveille.

Black Dice, c’est un collectif américain démarrant sur les bancs de la Fac en faisant de la Harsh Noise malaxée au rock et à l’electronica. Les mecs signent directement sur DFA Record (James Murphy aka LCD soundsystem, mine de rien) et Fat Cat, avant d’échouer dans la maison Paw Tracks, repaire des allumés Animal Collective. Ce qui, inévitablement, conduit Black Dice à être catalogué dans cette mouvance émergente portant aux nues, à raison, des groupes tous plus cramés les uns que les autres. Pourtant, et même si la formation a clairement aérée sa recette musical, Black Dice est assez loin dans la forme des élucubrations géniales d’un Panda Bear. Passer de l’un à l’autre sans être prévenu risque même de provoquer une lourde crise de démence.












Ce qui est déjà bien, pour la première fois avec un disque de ces trois New-Yorkais, c’est que l’on va éviter les Spasmes vomitifs en regardant leurs pochettes. (Ce qui, vous en conviendrez, peut être gênant lors du passage en caisse.) Non, on serait même presque attiré par cet artwork mêlant images tronquées et couleurs discutables. L’intérieur du disque, lui, nous resservira la surcharge de collages réglementaires pour toute galette du genre.






Je dois clairement vous faire part de mon étonnement. On peut danser sur du Black Dice. Si si. Bon ok, si votre fenêtre est ouverte, vous risquez fortement de finir aux urgences en HP, dénoncé par des voisins apeurés, pensant qu’une réunion satanico-hippy-arty-droguée se déroule dans votre appartement. Oui, parce que s’il reste possible de remuer son popotin sur les morceaux de ce disque, il va falloir clairement laisser toutes considérations sociales au placard, et accepter le risque que votre cerveau coule par vos oreilles apres environ 30 minutes de traitement…
Et pas besoin d’une introduction doucereuse pour vous le faire comprendre. Kokomo vous balance le concept en pleine gueule, avec une violence peu commune mais pas agressive, reposant sur une ligne de basse gigantesque, saturant à tout va, partant complètement en couille au grès des coup de butoirs balancés par le groupe. C’est fait, une minute, vous êtes déjà les esclaves de Black Dice. L’ossature est absolument monstrueuse, faisant trembler le sol sous vos pieds, sans pour autant bourriner sur le rythme. Le son est tellement grave et rugueux qui en devient aussi épais qu’une mélasse indescriptible. C’est “l’attaque de la moussaka géante” mise en musique. Le pire étant ce sample innommable, complètement défaillant, qui chapeaute le tout, comme si l’on tapait avec un marteau sur un jouet déglingué, jusqu’à la folie. Pourtant, ce passage à tabac lymphatique, cet espèce de Hardcore passé au Bullet Time reste étrangement entraînant, presque excitant. Black Dice vient de créer la marche militaire du futur, composée de soldats aliens ravagés par la drogue, marchant en zigzag avec les fusils dans le cul, baïonnette comprise.

On restera encore plus dans l’expectative avec Roll Up, qui semble comprimer un sample tribal jusqu’à overdose, poussant le tout dans une stridence aquatique, aucunement gênante d’un point de vu sonore, mais extrêmement dérangeante niveau perte de repaires, surtout quand on entend pointer ces petites mélopées tordues, passées à vitesses diverses. Encore une fois, le tout est étrangement attirant, avec une « tribalité » sous jacente pas piquée des hannetons (attention mots savants) Du moins jusqu’au deux tiers du morceau, avant qu’une saturation énorme débarque sans prévenir, façon, “ Hey les mecs, je viens de trouver un vieux sample de la tondeuse à gazon de Dj Shadow, je viens de mixer ça avec le bruit de moteur d’une formule 1 emboutie par un tracteur, ça rend bien non !? ” Merci pour la trouvaille, sponsorisée par les aspirines du Rhône.







Tribal. Terme qui prend tout son sens dans cet album. Black Dice s’amuse de la construction de transes enflammées pour les mixer avec une noise électro expérimentale étourdissante. Le groupe délaisse les longs bidouillages sonores (et parfois stériles) pour se plonger dans une démarche plus directe, plus viscérale, mais non moins déglinguée. Et c’est avec Gore que l’on va comprendre pleinement le concept. Car Gore est une tuerie absolue. Il faut imaginer une tribu au fin fond de la jungle matraquer ses fûts en dansant autour du feu, hurlant à la lune, pendant que les Black Dice, tapis sous des peaux de bêtes, balancent des déflagrations gigantesques, surhumaines, à faire pâlir le plus revêche des Dinosaurus, même nappé de son plus beau chocolat. Le rythme va rendre fou tout bassin normalement constitué, appelle nos instincts les plus primaires, censurés par notre bienséance habituelle. L’envie de crier, de sauter sur le mobilier en arrachant ses vêtements pointe obligatoirement. Gore, c’est partir à la chasse en pleine Amazonie, avec guitares électriques et boites à rythmes pour armes blanches. Imparable. Je ne vous parle même pas du final inhumain, vous noyant dans un torrent de bruit blanc, d’explosions, de saturations, transformant la partie de jambe en l’air en véritable massacre. Pourtant la progression se fait le plus naturellement possible, tant l’aliénation est inévitable des les premiers instants. Grand titre.

On continuera dans le trip aborigènes-torturés-dans-une-usine avec Scavenger, morceau bruitiste complètement déséquilibré. Essayez d’imaginer des Bulldozers Caterpillar tentant de taper la discute avec une broyeuse de voiture, le tout en plein milieu d’un concert de Reggæ, avec des tahitiennes qui vous filent des colliers de fleurs à chaque déhanchement obscène de votre part pour éviter des tirs de lasers relativement dangereux. Oui voila, on y est presque, Black Dice nous sert le premier morceau de musique tahitienne industrielle. Un marché de niche qui a de l’avenir, Universal peut sécher ses larmichettes.








La folie va aussi être séchée, par Drool. Elle va s’avérer en tout cas plus pernicieuse, plus discrète, mais tout aussi perverse. Beaucoup plus calme, cette composition va distiller sur un rythme toujours endiablé (mais ici étouffé) une fluette mélodie sortant de flûtes taillées à même les tibias, pour une sorte d’hypnose reptilienne proche des expérimentations de Panda Bear, les trois accords de guitare en moins. On se croirait plongé dans un rythme d’initiation, de passage à la vie adulte, terriblement sensuel, avec une musique qui ne se fait pas trop prenante pour ne pas bouffer et empiéter sur l’importance de l’acte se déroulant sous nos yeux. Intriguant. Hypnotisant.
Pas autant que le claudiquant et nauséeux Toka Toka, semblant de danse du ventre bourrée à la vinasse, et parsemé de grondements électroniques. Presque harassant par sa structure flinguée, le titre va basculer au bon moment sur une petite litanie déglinguée et toute candide. Passez vous un disque de maloya la tête dans un micro-onde embué de zamal, et vous serez encore loin du compte.

Le traumatisme n’en sera que plus grand au moment où Load blown va rebasculer dans les digressions du début, avec ces saturations et zébrures soniques gargantuesques. Bananas en traumatisera plus d’un, avec son rythme semblant retranscrire la chute d’une goutte d’eau dans sa flaque amplifié mille fois, métronome d’un lit sonore hermétique cousu par une masse d’harmonicas/accordeons ( ?) lancinants, et de scriiitttchhfiiiiizzzz biens sentis. La musette de grand père revisitée par Merzbow. Musette qui va basculer, apres quelques hululements de rigueurs, dans une electronica mystique et avant-gardiste, renvoyant aux tentatives les plus lugubres d’un groupe estampillé Warp.
Manoman aliénera les derniers téméraires, apres une entrée de piste d’un bruitisme rare, nous foutant dans une longue fresque oscillant entre Game-boy lacérées au rasoir, beatboxing sous Lsd, percussions épileptiques et incantations saccadées. Le tout s’emballe parfois, tenant une frénésie sur une trentaine de secondes avant de retomber dans son processus de lobotomisation sectaire. Guitare folle ou hurlements d’un démon retenu prisonnier depuis des siècles, impossible à savoir, mais Manoman va invoquer un son ultra crade, plaintif et massif, perçant la bonne marche du tout d’une façon lugubre, à vous glacer le sang à la première incursion. On imagine vraiment des zozos danser avec des masques effrayants en répétant jusqu’à overdose les mêmes exorcisme, autour d’un corps torturé à mort, ce dernier laissant perler de brefs râles de douleurs essoufflés et désespérés au milieu de ce tableau cauchemardesque. Des grands malades.












Ouaip, des grands malades, vraiment. Impossible de se pencher sur ce disque sans prendre le risque de partir en courant, en se demandant qui a bien pu être assez fou pour financer un truc pareil. (Certes, en écoutant le dernier Panda Bear, le brouillard se dissipe assez rapidement) Et pourtant, cette nouvelle livraison de Black Dice est beaucoup moins opaque et fastidieuse que leurs précédents opus. (Bon ok, je défie tout le monde de ne pas avoir envie de se défenestrer apres avoir écouté 3 fois d’affilé le titre bottom Feeder ) On tape dans le rythme, on bastonne, on se fait plaisir, au lieu de noyer les auditeurs dans des bidouillages en tout genre. Les mecs se lâchent totalement, et nous emportent dans un alien musical qui n’a que très peu d’équivalant.

La seule comparaison pertinente qui me viendrait à l’esprit pour définir ce disque est de dire que Black Dice est à la musique tribale ce que Christine 23 Onna est au rock 60’s/70’s :
Une base foncièrement remuante, dansante, évidente qui se retrouve noyée, détruite, concassée, torturée par un torrent de musique Noise et autres expérimentations en tout genre.



Mais il est clair (et c’est sûrement l’une des premières fois dans ces pages) que conseiller ce disque est tout simplement suicidaire. Il est presque impossible de prévoir la réaction de quelqu’un devant un disque pareil, même en analysant d’une façon minutieuse son background musical. Personnellement, je trouve ce Load Blown énorme, fasciné par la démarche d’un son unique, complètement flingué, et pourtant profondément directe et entraînant. Submergé par cette recette liant rythmes tribaux étourdissants dans des brisures et des grondements affolants. Certains titres sont imparables, impressionnants, comme Gore, Kokomo ou Scavenger, et le tout respire le déséquilibre et l’hallucination à plein nez.

Beaucoup vivront Load Blown comme une agression, comme une invitation effrayante à basculer dans la folie, à éviter absolument. Certains verrons un exercice musical stérile et sans queue ni tête. Peu vivront ce disque comme un gros fix du meilleur psychotrope que l’on puisse trouver sur le marché apres la came refilée aux producteurs de Cascada.




Dans tout les cas, impossible de prévoir le résultat. Impossible de conseiller (ou déconseiller ce disque). A tester absolument. En aveugle. Mais le premier qui met un “satisfait ou remboursé” à coté de ce disque est aussi cramé que les musiciens de Black Dice, et n’aura clairement pas peur de voir les finances de son commerce chuter dans un gouffre insondable.




Black Dice attendra, au fond, pour une dernière danse psychotique.










Black Dice – Kokomo









10 Titres – Paw Tracks
Dat’








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  1. Jaylinx Says:

    J’ai essayé, je lui ai donné sa chance. J’ai pas pu. Mes oreilles saignaient noir.

  2. Maximus1er Says:

    C’est un truc à finir lobotomisé à la fin du disque :fear:

  3. HOD Says:

    En écoutant Kokomo j’ai dodeliné de la tête comme un trépané et je surkiffe le clip, c’est grave docteur?

  4. wony, visiteur Says:

    yeahhh, je connaissais pas du tout, c est terrible!
    c est rare que je lise une chronique qui me fasse rire !

    je suppose que le clip ici présent est celui du fameux Kokomo?

  5. Dat' Says:

    Wony =} ah merde effectivement j’ai oublié de le preciser !

    HOD ==} Non c’est normal, et cela risque d’etre pire si tu prends le disque entier. Si tu as accroché sur ce Kokomo, tu risque de tomber amoureux fou de titres comme Gore, Scavenger ou Bananas… !

    Jaylinx & Max1er ==} Je t’avouerai que les premieres ecoutes furent rudes, j’ai frolé l’évanouissement en allant au boulot àla 1er écoute… XD Je ne m’attendais pas à ce qu’ils pressent les rythmes à ce point.

  6. Boeb'is, visiteur Says:

    J’ai bien trippé en regardant la vidéo, mais je pense pas que je tiendrais le coup un album entier.

    Et écoute (si tu connais pas) le not available des Residents. Pour moi c’est la référence des trucs barrés dans le meilleur sens du terme. Ca te fait ressentir des émotions nouvelles.
    Je pense vraiment que c’est après avoir digéré cet album que depuis j’arrive à écouter à peu près n’importe quoi sans trop de problème. parfois j’accroche pas mais jamais car c’est trop space.

    Et merci pour le lien.

  7. LordMarth Says:

    Connais que de nom, va falloir me faire une oreille là dessus 😀

  8. Chausson, visiteur Says:

    Je tombe par hasard sur ta chronique an faisant une recherche de Black Dice sur google héhé
    Plus je l’écoute et plus je le trouve terrible ce disque, vraiment prenant, superbe délire

  9. Dat' Says:

    Boeb’is ==} oui je me suis mis aux Residents il y a quelques temps, effectivement, c’est barré. ça ne m’a pas trop choqué, etant habitué à ce genre de delire, mais aborder ça s’en savoir à quoi s’attendre, cela peut etre assez severe pour les tympans, voir la stabilité mentale… 😀

  10. Ktin, visiteur Says:

    les ai vus en concert, et j’étais pas prévenue… j’ai cru que j’allais crever. A la fin, tu sors, c’est comme si tu t’étais tapé 2 heures de jogging. En même temps, c’est un trip, une expérience à vivre. J’en ai pas réécouté depuis… tiens, c’est une idée, une ptite attaque cardiaque là, à cette heure ci, c’est sympa

  11. Dat' Says:

    Ca va sur ce disque, cela reste encaissable, plus calme et carré que les anciens. Je ne les ais pas vu en live, mais cela doit valoir le detour…

  12. FlashSimon Says:

    Vraiment pas facile à trouver…enfin le clip me donne bien envie…ça semble avoir carrément changé depuis “Beaches and Canyons” qui est le seul album que j’ai d’eux…

  13. Dat' Says:

    Le nouveau devrait sortir dans pas longtemps d’ailleurs !

  14. ElPortoricain, visiteur Says:

    D’ailleurs, à quand la chronique de Repo, Dat’ ?

  15. Dat' Says:

    C’est une bonne question ça, je ne l’ai jamais croisé en magasin !

    Tiens je vais voir si je peux le trouver, en fin de semaine…

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