Mondkopf – (Declaration of) Principles



Depth Can Dance







Le Myspace de Mondkopf fait parti des rares pages du site que j’ai squatté pendant plus d’un an, à grappiller chaque nouveau son, en attendant en vain que le bonhomme sorte une galette proposant ses titres, à l’instar d’un Nil qui avait su nous faire patienter d’une façon presque sadique avant son premier Ep. D’ailleurs, comme ce dernier, Mondkopf a pas mal usé les bancs d’Infratunes avec ses avatars, avant d’envahir le net. Grâce des remixes tout d’abord, par une énorme refonte d’un morceau de Johnny Cash, puis des petites perles fracassant Jamie Lidell ou Adam Kesher.
Mais c’est avec une composition perso que le gars m’avait foutu la colonne vertébrale en l’air, Ave Maria, sorte de complainte lunaire uniquement constituée de synthés à filer le vertige, sans rythme, qui t’envoyait directement mourir sur la lune avec un drapeau dans le cul. Ce titre, plus d’autres petites bombinettes assurant le grand écart entre messe techno du dimanche midi et Trance droguée, ont donc vite conduit à faire fumer le lecteur myspace du susnommé. A dire vrai, il avait même déjà sorti une galette (introuvable) sur une toute petite structure.


Et voila que Mondkopf signe sur Fool House, pour sorti un bon gros Ep. « Fool House ? Connais pas !» vous allez me dire. Certes. Mais Fluokids, vous connaissez sûrement. Et c’est là que le tout devient intéressant. Fluokids, que l’on peut clairement proclamer comme Ze audioblog français, adulé ou décrié, cité de partout, voir même devenu nom commun pour tout et n’importe quoi (à quand l’entrée dans le Larousse ?), a connu en 3 ans une expansion assez affolante. Si bien le blog se mue en structure et tente l’impossible : Ouvrir un label.
Intéressant paradoxe. Là où les audioblogs semblent être proclamés comme futur de la diffusion musicale, le futur de l’audioblog serait-il le label, qui vendrait ses sorties (digitales ou disque) sur le net ? Je veux dire, le tout ne serait qu’un cycle se mordant indéfiniment la queue ?

Les habitués de ces pages doivent avoir deviné mon matérialisme presque psychotique en terme de musique, et cette ouverture de label est quelque chose que je trouve particulièrement pertinent, dans la démarche tout du moins. Surtout que Fool House / Fluokids a l’intelligence de ne pas se fondre dans une structure qui va tenter de surnager vite fait, pour finalement crever dans 1 ans à cause des méchants distributeurs. Nop, l’axe, évidemment influencé par le vaisseau mère Fluo kids, se base sur la rareté, sur le one shot, sur le stock limité (500 ex à chaque sortie), tout en arrosant plus allégrement les petits lecteurs affamés de mp3 grâce à une sortie digitale. En gros, vous aimez l’objet et le concret, il y a possibilité d’acheter le disque, et si vous avez I-tunes en intraveineuse, c’est ok aussi.

Bref, en plus de faire un choix un peu gonflé (Si la pratique se multiplie, j’entends déjà des majors en pleine dépression hurler que des blogs qui ouvrent des labels, c’est l’hôpital qui se fout de la charité) et de proposer un twist inattendu (Shyamalan, tu peux t’en inspirer dans ton prochain film), Fool House a le bon goût de ne pas se la jouer strictement digital. Je vais suivre la suite du label avec pas mal d’intérêt, ne serait-ce que pour la démarche…



















(Declaration of) Principles, c’est d’abord 3 titres de Mondkopf, avec Sainte gros rouleau compresseur qui se pointe en premier pour flinguer les tympans. Ligne un peu crade, gros synthés trançouilles. Cool. Mais c’est surtout ce kick monstrueux qui choque, qui bastonne, qui bouscule, qui pilonne, qui viole littéralement le morceau. Un truc ultra massif, à rendre fou un immeuble entier, à faire danser la polka à tes enceintes, crise d’épilepsie. Mon voisin est allé voir un psychologue. On en viendrait presque, sans casque, à passer à coté de la mélodie toute fragile, cristalline, perdue dans ces méandres affolants, pour se focaliser simplement sur cette pulsion pachydermique, presque hors norme quand les basses sont poussées au max. C’est comme assister à l’une orgie dans une salle de concert, avec une armada de têtes cramées qui dansent, sautent, baisent, se roulent dans le foutre en hurlant à la mort, et au centre, une petite tête candide anémié qui chantonnerai une mélodie cristalline, imperturbable parmi toute cette aliénation. Et quand Mondkopf nous octroie un peu de répit, en mettant en avant le clavier bien granuleux, c’est pour mieux nous renverser la seconde qui suit. Party Traumatic.

Christmas se la jouera encore plus earthquake-simulator, tout en étant moins cramée que sa jolie copine du dessus. Le pilonnage est moins massif, contrebalancé par une ligne de basse gargantuesque offrant au morceau un tapis sourd et écrasé, comme si mille éléphants se mettaient à ramper frénétiquement pour essayer de te chopper le mollet. Le tout pouvant convenir autant à des fêtards en manque de coups dans le bide, qu’à un groupe de Hiphop consommateur d’héroïne cherchant une instrue parfaite pour rapper en surfant sur des comètes. Les breaks façon synthés-pute-en-slow-motion sont à tomber, parfait pour s’exploser les cervicales.









Mais trêve de plaisanterie, le titre de Mondkopf, celui qui m’a scotché pendant des mois, c’est donc le fameux Ave Maria. Cathédrale de synthés affolants, moment christico-electro-ambiant, genre Boards Of Canada qui se mettrait à faire de la musique classique avec leurs claviers poussiéreux. Bref, un morceau énorme, grandiose, habité, et tout pleins d’autres termes qu’aime bien utiliser Kamel Ouali. Manque de pot, ce Ave Maria n’est pas inclus dans l’Ep. Scandale, indignation et esclandre. Enfin si, il est bien là, mais en live edit. Alors je commence à gueuler que c’est n’importe quoi, qu’il va y avoir un beat de tâcheron qui va niquer le trip putain pas content machin… Mais bon sait-on jamais, on se lance, un parachute à la main. La mélodie remplie directement son office, grave, dure, belle comme la mort. On se demande comment le morceau va se déplier, vu qu’il prenait 6 minutes auparavant pour s’élever dans les airs sans accélérer une seconde.
Bam, un kick te soulève le ventre, et prépare une montée de synthés à s’arracher les yeux tellement c’est beau, ça monte, ça file, tout prend de l’ampleur, la mélodie chétive devient massive, monstrueuse, elle gicle dans tous les coins, elle dégringole, s’envole, implose, roule, gronde. Elle te broie le coeur, t’écrase les viscères, le kick finissant de t’achever à coup de talon. La mâchoire en sang, t’es dans le caniveau, à regarder la voûte s’obscurcir mais pourtant tu te sens super bien, l’impression que des anges viennent te frôler, avant de te laisser choir en enfer pour une dernière phase grisante, avec une dernière ligne mélodique qui bourdonne et qui s’illumine pourtant comme jamais.
Comme dirait l’autre, c’est la techno dans une cathédrale, une pièce de grandiloquence contenue d’une classe folle, sublime et pourtant trop courte. On aimerait que le tout se déroule sur un quart d’heure, qu’il serve de messes aux gens assez dégénérés pour se recueillir sur une pièce pareil. Je ne sais pas à quoi pensait Mondkopf en pondant ce truc, à un enterrement, à un mariage, à une nuit d’amour, à une rupture, à une balade la nuit avec de la drogue plein le pif, à une jolie fille qui court pied nue sur l’herbe avec des cheveux bruns qui bougent au ralenti et le soleil dans le dos… Impossible à savoir, mais putain, ça devait être intense. Pour résumer donc, le morceau est monstrueux, l’édit tue, et sans (évidemment) faire oublier la pièce originale, se pose comme se qui pourrait être un vrai traumatisme à subir en live. Le genre de truc qui t’électrise pendant des heures, qui continue de courir le long de ton échine, même en étant blotti contre ton polochon réservé aux après-concerts cool.

Par contre, ce même titre bénéficie de deux remix. Et I :Cube remixant Ave Maria, sur 9 minutes de surcroît, ça ne peut que donner quelque chose d’épique. Et bien oui et non. A dire vrai, le morceau, pris seul, est assez sympathique, avec son trip 8 bits spatial assez déjanté, genre épopée gameboy chez les ewoks. Mais la refonte en elle-même n’apporte clairement rien à l’édifice du morceau exposé au dessus.
On lui préférera le remix de Hello Kurt qui reprend les bases du Ave Maria original, avec ses choeurs fantomatiques, un beat rond et tranquille, le tout surplombé d’une ligne de guitare parfaite, donnant au tableau une atmosphère presque Teen movie. Le morceau se déroule tranquillement, sans aspérité ni fracture, si l’on excepte le semblant de vague shoegaze dans le dernier tiers. Générique de fin parfait d’un film aux teintes sépia, avec la camera qui quitte petit à petit la route pour lorgner au ralenti vers le ciel. Nous, on est dans une vieille caisse américaine, lunettes de soleil pendant négligemment au bout d’une main, le volant dans l’autre, à regarder, emprunt de mélancolie, l’automne qui avale graduellement le paysage.












C’était évident, mais il fallait confirmation. C’est chose fait avec cet Ep, qui entérine le fait que Monkopf est un mec à suivre, qui risque d’exploser dans les années à venir. Comme Nil, un Ep ne suffit pas (d’autant plus que ce dernier se permet d’occulter l’Ave Maria original et la Dame en bleue), un album est plus que demandé, au plus vite évidemment. Et comme Nil (décidément), mais sur une base évidemment différente, Mondkopf, allie parfaitement le coté rentre dedans d’une musique frontale avec la fragilité de mélodies presque tire larmes, de litanies cristallines et autres pièces montées de claviers. (Et essayez de chopper quelques remix, ça vaut le coup d’oreille)

Il n’y a encore pas si longtemps, la distinction était clair dans l’electro francaise, entre les titilleurs electronica et les cavaleurs de la French Touch seconde vague. Cette frontière, grâce aux petits gars précités, est en train de se dissoudre. Voir mieux, de pousser les extrêmes à copuler ensemble, à se mélanger pour accoucher d’ovnis titillant autant les hanches que l’échine. Bonheur.









Mp3 :


Mondkopf – Ave Maria (Extrait) (Clic droit / telecharger sous)










5 titres – Fool House
Dat’










  • Share/Bookmark
  1. krems, visiteur Says:

    Jamais entendu parlé de ce type, mais je vais m’i pencher, l’extrait, trop court, a l’air de cacher un morceau grosse claque…

  2. wony, visiteur Says:

    alors deja, chapeau pour la chronique ! elle est nikel.

    Ensuite bah moi non plus je ne connaissais pas, ou que de nom plus exactement, mais je veux ce disque.

    Et entre vinyle ou digital je suis mal barré, l’idée d’acheter du mp3 me fait vomir et je n’ai pas de platine vinyle :snif:

    Bref ca a l air vraiment trés bon.

  3. nil, visiteur Says:

    un des plus jolis EP de l’année, forcément.

  4. Skorn Says:

    Ave Maria. Tuerie. Beat pachydermique mélodie magnifique.
    Excellent EP, sans aucun doute.

  5. Ray~, visiteur Says:

    C’est fun comme avant d’écouter cet EP je ne me doutais pas qu’un simple kick puisse avoir autant d’effet

  6. Tai game Car Racing Says:

    Hi my loved one! I want to say that this article is awesome, great written and include approximately all important infos. Id like to peer more posts like this .

  7. Tai game bay ga xam lang Says:

    Thanks for your article on this weblog. From my own personal experience, occasionally softening way up a photograph may provide the digital photographer with an amount of an artsy flare. Sometimes however, the soft clouds isnt exactly what you had in mind and can in many cases spoil a normally good photograph, especially if you consider enlarging the item.

  8. EmelineJHaro Says:

    I needed to thanks for this good read!! I definitely loved
    every bit of it. I actually have you bookmarked to look into new items you post

    Feel free to visit my weblog EmelineJHaro

Leave a Reply