dDamage – 100% Hate



100% Scriittchfiiizzz







Ah dDamage. Autant de disques que de labels différents. Autant de têtes fracassées que de Lives dans tout l’hexagone. Autant de collab’ improbables que de morceaux dérouillés à la tronçonneuse. Trop sauvages pour les uns, pas assez pour les autres, les frères Hanak ont traversé cette décennie à coup de samples hachés en mille, de cris distordues et rythmes qui implosent.

dDamage, c’est d’abord un chef d’oeuvre absolu, Radio Ape, sur Planet Mu. Ce missile cristallise l’équilibre parfait entre sauvagerie totale et petites mélodies chétives piétinées par des breaks enragés qui saignent du nez tellement ils sont hors d’eux, avec les veines saillantes, l’écume au coin des lèvres, la pelle pour taper sur la gueule et compagnie. Pas étonnant que Paradinas tomba amoureux du groupe en recevant leur démo. Sinon il y avait des cris, des ritournelles pop violées, des synthés qui se brisaient en deux et des larsens cradingues façon ton-oreille-est-cassée-mais-en-fait-non-c’est-le-disque. Un bonheur.

Sinon, dDamage, c’est le concert le plus jouissif des nuits sonores d’il y a deux ans. Le jeu, c’était d’éviter les bières volantes (concert sponsorisé par K-way) en tentant d’apercevoir les Hanak faire des prises de catch au sampler et avaler les micros à force de crier dedans. En plus, il ne fallait pas mourir étouffé non plus, vu que certains essayaient de marcher sur la tête des autres. Dangereux, mais cool.

Alors après, un Shimmy Shimmy Blade foncièrement Hiphop, avec sa liste de guest à filer le tournis, le tout plongé dans un écrin chaotique et évidemment déchaîné, il était temps pour le duo de revenir tous flingues dehors sur le terrain de l’électro violemment cabossée. Tout en essayant, encore une fois, de lui insuffler un je ne sais quoi de pervers, histoire de transformer ces attentats en petites bombinettes explosives. C’est sous un Artwork dans ta gueule assez énorme de Raoul Sinier, collant parfaitement avec ce que l’on risque de trouver au sein de l’Ep, que ce 100% Hate déboule pour égayer un hiver morne et froid.



















K2000 dans une machine à laver, traînée derrière un camion sur l’autoroute. C’est un peu ça 100% Hate. Une ligne un peu rétro, méchamment entraînante, qui se retrouve parachutée en 2056 sur un terrain de football américain où les robots armés de fusils à pompe ont remplacé nos potes de The Faculty. Imaginez le Testarossa Autodrive de Kavinsky passé dans un mixer devenu fou après avoir croisé le chemin de Cyanure, allongé sur des rythmes saccadés et criards. Ceux qui s’attendaient à de nouvelles incursions dans le hip-hop dérouillé peuvent sortir les mouchoirs, c’est à bord d’un vaisseau spatial tournant ad vitam æternam autour d’une boule à facette pleine de coke que le groupe nous envoie cette fois ci.
Plus concrètement, le titre se développe sur un synthé épileptique et un rythme bien sourd, saturant à chaque coup, pilonnant des petits bruits de lazer qui font piouuu piouuu et des zébrures qui font prrffrrr prrrfrrr. C’est imparable, dansant (si si) et ça fait du bien de réentendre le groupe sur quelque chose de plus frontal, de plus direct, sans évidemment laisser dans le placard toutes les anfractuosités cradingues imputables au duo. Un morceau pour club oui, mais en pleine démolition.

Jb Savage sera tout aussi dangereux pour les hanches et les nuques, avec le rythme qui réveillerait un mort, ses crissements directement sortis d’une usine transformée en Saturday night fever, le tout chapeauté par une mélodie simili-8bits. On croirait le morceau continuellement attaqué par une perceuse, tout en étant secoué par des vibrations énormes. Le dernier tiers péte de partout, se cabre, crisse, explose… ça risque de faire tres mal en Live et cela peut servir de décongestionnant veineux.


Drom Dem Bitches nous jettera sous un rouleau compresseur poisseux, toujours aussi effrayant, tressautant dans tous les coins à chaque beats. T’as l’impression d’être dans un siphon, destination les sous-sols d’une mégalopole futuristes où des tarés camés jusqu’à l’os se trémoussent grâce à un Dj qui s’amuserait à mixer avec une scie sauteuse. Le métronome est completement décomposé, les saturations rendent fou. D’ailleurs je vais peut être me faire huer pour la comparaison, mais ces lignes crades, ces bruits blancs dynamités, le tout placé sur une structure affolante me rappelle une facette d’Electrocaine de Pills. Même travail sur la saleté, sur ces saturations contrôlées, même envie de faire danser et de perdre la tête sur des sons cradingues et révulsés. Sûrement le meilleur morceau de l’Ep.
Au final, seul Pull The 303 Plug calmera les machines (tout est relatif) en balançant un morceau aux teintes Acid, avec son rythme bien sautillant et ses bleeps partant dans tous les sens. Pas dingue, mais cool quand même.










Au final, c’est assez compliqué de parler de dDamage. Il était difficile de faire comprendre que sous ses aspects de fou furieux, Radio Ape était un petit diamant d’une rare profondeur. Difficile aussi d’illustrer que sous la liste de feats impressionnantes qu’il y avait sur Shimmy² Blade une usine sonore en train de se recroqueviller sur elle-même.
Pour 100% Hate, c’est un peu le même problème. On serait tenté de dire que certains plages, comme le morceau titre, ou Jb Savage sont des gros tubes près à retourner n’importe quel Dancefloor. Sauf qu’ils font fondre le cerveau dans le même mouvement. Balancez ça dans un espace public, et vous entendrez tout le monde hurler à la mort.
Tigerbass, la subdivision plus frontale de Tigerbeat6 (le label de Kid606, qui avait déjà accueilli le duo pour leur Ep Ink808) ne s’y est pas trompé, en sortant là une galette qui risque de cramer plus d’un bassin. Bref, on retrouve avec plaisir dDamage, en espérant un futur long format avant la fin du siècle.


Pour le coup l’Ep ouvre une facette plus directe du groupe, étonnante au départ, mais super plaisant au final. D’autant plus que le duo ne délaisse évidemment pas le rôle des pyromanes déglingués qu’ils occupent si bien, l’électro remixée à la perceuse et le coup de talon dans le nez. Mais aussi les roulades par terre avec les yeux exorbités sur un sol puant la crasse et l’alcool, les murs démolis à coup de masse, les bières qui volent, les crises d’épilepsies et les vertiges à cause d’un son trop fort. Tous les petits bonheurs simples de la vie.



Parfait pour les fêtes, histoire de jeter de l’essence sur le sapin pour danser autour, des lumignons enfoncés dans le cul et pleins de guirlandes bien serrées autour de la gorge.












4 titres – Tigerbass
Dat’









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  1. Nexus5 Says:

    J’ai ecoute un truc de dDamage sur Youtube, et je trouve pas etonnant qu’ils soient potes avec RAoul Sinier :sweat: Du tout bon !

  2. Nexus5 Says:

    Ah et au fait, j’adore tes chroniques parce que je suis sur que de nos jours, aucun media presse ne publierait des expressions comme “une boule à facette pleine de coke” ou “des lumignons enfoncés dans le cul”. Change rien, continue comme ca en 2009 :thumbsup: Par contre faudra se coucher un peu plus tot des l’annee prochaine, hein ? 😉

  3. Drew-pis, visiteur Says:

    dddddddamage !
    Ces vrai que leurs lives sont dingues, faut que j’entende ces nouveaux titres, et le nouveau Oizo aussi !

  4. Dat' Says:

    Nexus5 ==} ahah ouai je termine souvent ça assez tard, souvent bien crevé, mais c’est difficile de reprendre un truc en cours de route le lendemain… Ca explique surement certaines metaphores un peu bizarres aussi 😀

  5. Yéytii, visiteur Says:

    sympa le blog et les choix de chroniques. Je ne connais que le Jb savage, c est du vinyle ou juste un digital release ? ce groupe défonce totalement je savais pas qu il sortait un nouveau skeud.

  6. Dat' Says:

    Dans les deux formats !

  7. 9w4r, visiteur Says:

    une chronique bien foutue … avec des vrais mots qui rossent dedans … CTRL+D … nice shot

  8. Dat' Says:

    ahah merci !

  9. Syl20, visiteur Says:

    Marre d’attendre que tout cela sorte en disque (voir vynil). Après leur prestation aux nuits sonores (même si ca date), j’ai trop hate de retrouver ca chez moi!!

    Serieux Ddamage, un de mes meilleurs concerts en live!!

    Alors s’il vous plait (si Dat, tu peux leur transmetre le message, on sait jamais), Dépechez vous !!! Du potentiel a plein nez !!

    Et vive les chros 2009!!!

  10. boulbil, visiteur Says:

    Cette chronique fait du bien, c dDamage clairement, qui pour moi, represente vraiment l electro en terme plurielle… Ils sont aussi talentueux en producteurs rock, rap que Idm. merci gamekult je connaissais pas le site c cool ici…

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