Buraka Som Sistema – Black Diamond



High Tones







J’étais en train d’écrire sur le nouveau Tim Exile, quand cet enfoiré d’ordinateur a soudainement décidé de se foutre en l’air, et de me laisser en plan, devant un écran désespérément noir. Alors rien de grave, le processeur aime encore trop la vie pour se griller à jamais, et il s’est rallumé en ronronnant comme un chat devant son mou, l’air de rien, innocent et candide. L’enfoiré. Ce dernier a avalé l’article dans le même mouvement, me recrachant qu’une saleté de fichier corrompu. Comme le gosse qui vient de faire une crise d’hystérie dans le salon, cassant un vase, jetant des épinards sur les murs et criant à s’en traumatiser les amygdales, avant de vous faire les yeux doux pour avoir un pain au chocolat ou une pochette surprise. Parce qu’il dit qu’il est gentil et qu’il a eu un bulletin honorable tout ça non mais sans blague.

Evidemment, il n’y a rien de pire que de redevoir refaire entièrement un truc dans le genre, si l’on excepte les plats de flageolets, les mamies qui marchent très lentement dans la rue en prenant toute la largeur du trottoir, et l’impossibilité de trouver un ouvre boite quand on a besoin d’ouvrir une boite. Bref, c’est assez horrible. Par contre, je peux vous dire quand même que le Tim Exile est excellent, complètement barré, assez beau, et bien qu’éloigné (un peu) de ses déflagrations chez Planet Mu, dérouille pas mal de disques dans le genre. Mais pas plus car je vais vite avoir envie de re-savater mon ordi en hurlant, (pourquoi est il aussi corrompuuuu ? pourquoi ?) après avoir refréné ce sentiment en déchirant trois coussins, meurtri une ex-tranche de pain et tenté l’auto noyade sous la douche.
Alors quand on est énervé, on a envie de danser comme un psychotique, de sauter contre les murs, et de rouler par terre avec style. Un truc qui nous charge en plein ventre, qui secoue, qui délie. Deux solutions, parler d’un disque ambiant-industriel pour enfonçer définitivement le clou, ou sauter sur le Buraka Som Sistema, histoire de remuer dans tous les coins en tapant sur son clavier.

















Une précision, de taille, s’impose. Pour le moment, le disque est disponible en deux versions : Portuguaise (celle d’origine) et UK. Aucune différence dans la langue employée, le portugais restant au coeur du disque, nationalité du duo. C’est dans le tracklisting que les deux versions diffèrent, d’une façon importante, avec des morceaux exclusifs à l’une ou l’autre. Nous y reviendrons. Sachez donc que cet article traite de la version anglaise, sortie sur Fabric. (Un topo en fin d’articles pour les points exclusifs entre les deux versions)
Ceci ne nous empêchera pas d’apprécier le joli fourreau en carton, bizarrement découpé, permettant de faire son Own Black Diamond Stencil histoire de repeindre les murs de sa ville. On est bien content.









Pas d’hésitations dès l’ouverture du disque, ça va tabasser. L’affolant titre Luanda / Lisboa, se paie une introduction jouissive, à base de paraboles cradingues et beats qui claquent comme la mort. On sent que le truc va nous peter à la gueule, 10 secondes avant le démarrage du Space Moutain, on serre les fesses et l’on s’accroche à la barre. Vlan un rythme affolant, dingue, percussions africaines tgv, bien supplantées de basses électro histoire d’arrondir le tout, base du Kuduro, musique directement extraite d’Angola (puis rapidement adopté au Portugal), mélange de rythmes africains et de sonorités techno. Les petits synthés âpres et imparable finissent de parachever le tout, on vient de se prendre un coup de pelle en pleine gueule. Hypnotique et imparable, artillerie lourde.

Mais Buruka Som Sistema se sert du vecteur Kuduro pour y greffer des Mc portuguais, accouchant sur les deux tiers du disque d’un Kuduro-hiphop-electro-dérouillé à vous aplatir les hanches en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Et c’est évidemment grace à l’énooooooorme Sound Of Kuduro que ce Black Diamonds explose dans nos tympans, se prévalant d’avoir M.I.A au micro, en plus des Mc portuguais Saborosa et Putoprata et du Dj angolais Znobia. Bon sinon c’est simple, le rythme est juste à crever, le refrain est imparable, les couplets sont tellement scandés et rageurs qu’ils servent presque de base rythmique et percussive à eux seuls. C’est la folie furieuse, l’installation sonore de ta chambre part en fumée, et on a envie de faire comme les danseurs dans l’excellent clip du morceau, sauf que c’est trop dur, alors on se contente de danser en se tortillant la nuque. Je n’ose pas imaginer l’apocalypse que doit provoquer ce morceau quand il est lancé en public.

Et Black Diamond recèle de pépites du genre, electro-hiphop completement hystérique, majoritairement rappés en Portuguais, comme le très bon Yah ! rouleau compresseur saturé aux basses terribles, laissant la demoiselle Petty se démener tranquillement au milieu du conflit. On retrouvera cette dernière sur l’épileptique et métallique ddddd…jay, titre giclant de partout, filant la frousse au voisin, qui va vite foncer décrocher le téléphone pour appeler le commissariat du coin, surtout après le break presque hardcore intervenant dans les deux tiers du morceau. Quand aux notes finales, c’est juste histoire de sonner la révolte.
Impossible de résister enfin à Tiroza, machine de guerre déstructurée qui part completement en couille, implacable dans ses couplets, conviant les percussions africaines tempétueuses avec des beats Techno pachydermiques.

Mais c’est Skank & Move qui s’avancera comme la tuerie du disque (avec le « Sound of Kuduro » énoncé plus haut) accueillant l’anglais Kano, tête du Grime et souvent croisé aux cotés de The Streets ou Wiley, pour un morceau juste monstrueux. On se retrouve en pleine meute, une tribu t’encerclant pour mieux te foutre la fessée, le rythme est dingue, Kano impérial. Le refrain file le vertige, l’effet sur les voix est saisissant, jouissif, on a l’impression d’avoir dix gars déclamant leurs griefs directement dans nos cerveaux. Grosse punition.









Ce disque contient aussi quelques gemmes délaissant le hip-hop, pour des titres stricto electro ou presque, permettant de mettre les rythmes et synthés encore plus avant. L’alien de l’album tout d’abord, General, qui troque le flow hip-hop pour un chant pop africain + gratte plongeant le disque dans un écrin plus joyeux et candide. Plein de couleurs, super plaisant, on se laisse bercer le sourire aux lèvres, mais le titre vire de bord, et part dans un trip dance pute que n’aurait pas renié Tepr dans son Cote Ouest après un tour du monde. Gros rythme bien gras, petits synthés bontempi, hit machine tout ça, la voix passée au vocoder vient se greffer de nouveau au tout, c’est super beau, un peu débile niais, on plane au dessus de fleurs qui dansent et de lapins roses qui font la roue sur une herbe verte fluo.

IC19 tranchera lui aussi avec le reste du disque, nous balançant rapidement dans une cathédrale 8 bits, après un départ Hip-hop saccadé. Même combat que le paragraphe du dessus, c’est tubesque, les synthés Nintendo s’envolent, tourbillonnent, pétrissent la nuque, on lève les bras, et l’on se renverse des que le tout fricote avec des percussions tribales. Excellente incursion Kuduro 8 bits, si tenté que l’on puisse nommer cela ainsi.

Dans un genre plus dans le moule ce Black Diamond, Kurum balancera un lit de percussions toujours nickel, avec un synthé trançouille à se damner, sur des choeurs d’enfants fantomatiques. New Africas Pt 1 & 2 finiront le travail d’une façon plus mystique, avec ce break completement psychotique oscillant constamment entre Thunderdome-style en safari, et Hiphop abstrackt en slow motion.










Vient alors les précisions sur les deux versions de l’album. Pour simplifier, la version UK perd deux morceaux de la version portugaise (dont le morceau titre Black Diamond feat Virus Syndicate, ce qui est étrange) pour en gagner trois nouveaux, dont celui avec Kano, Skank & Move ou le très bon Yah ! . Le groupe a préféré jouer la cohérence plutôt que de bourrer l’album avec des nouveaux titres en plus, et nous évite l’overdose, le disque étant extrêmement cohérent au final. Le disque devrait être dispo en France courant février, mais la version Uk est facilement commandable.
Alors certes, de rares titres pourront refroidir un peu ( Aqui Para Voces un peu fatiguant et bourrin ), mais l’ensemble fait très mal. Avec ses sommets incontestables ( Sounds Of Kuduro, Luanda / Lisboa, Skank & Move, Tiroza…) et des morceaux un peu aliens aérant la recette ( IC19, General…) le disque se permet d’être le reflet de sonorités sous exploitées dans le paysage actuel, et donnant une résonance non négligeable au Hip-hop portugais, pas super courant dans nos magasin. Les flow croisés dans le disque, de par leurs tons vindicatifs, mettent en valeurs des beats souvent affolants, qui risque de balayer plus d’une paire d’enceintes.

Tout en confirmant, s’il fallait encore le rappeler, que certains des meilleurs rythmes viennent d’Afrique.


Violent.





















Buraka Som Sistema – IC19










13 Titres – Fabric Records
Dat’







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  1. K, visiteur Says:

    wow grosse claque ce IC19!!
    une nouvelle decouverte, merci

  2. wony, visiteur Says:

    Ahah, ouais le Sound Of Kuduro a pas mal tourné sur le net (surement grace a la présence de M.I.A.).

    Quoi qu il en soit je trouve ca bien coOL, c’est bien frais dans les oreilles.

  3. cardiattack, visiteur Says:

    D’ailleurs tu l’avais pas déjà passé dans ta rubrique vidéo le Sound of Kuduro ? En tout cas super album et très bonne chronique, comme d’hab ^^

    Et le p’tit mp3 surprise que je t’ai envoyé, tu as aimé ?

  4. Dat' Says:

    yep effectivement il etait passé par la case video l’année derniere, le morceau m’avait balayé !

  5. vlad1595 Says:

    j’aime beaucoup Aqui Para Voces perso, c’est un de ceux que j’ai le plus écouté, comme quoi…

    par contre ouai j’ai la version portugaise, on dirait une inferior version à te lire, ça craint… T_T va me falloir ce Skank & Move !

  6. Dat' Says:

    Ben, inferior version serait un petit peu exagéré, surtout que la version portuguaise a le titre Black Diamond feat Virus Syndicate, qui fait bien mal…

    Mais la UK est un peu mieu calibrée, les titres sont mieux repartis je trouve, c’est cool que le disque finisse avec les New africas pt1 / 2. Mais c’est surtout le “Skank & Move” qui fait mal ouai, plus le bien cool “Yah !” si l’on a pas eu l’Ep précédant le disque…

  7. a3, visiteur Says:

    L’album m’a foutu une grosse claque faut bien le dire… Dans le genre je te rétame la gueaule à la pelleteuse tu fait pas mieux meiux! les beats sont énorme!
    Cependant il semblererait que je n’ai pas la meme version, mais ça reste toujours très bon, de quoi détruire un dance floor!!!

  8. Skorn Says:

    Une tornade. Si t’aime bouger ton popotin (L)
    Beat dantesques.

  9. K, visiteur Says:

    Encore un grand merci a toi Dat pour m avoir fait decouvrir Buraka Som Sistema!! ils ont vraiment mis le feu a Fujirock c etait enorme, le meilleur live de la journee!

  10. Dat' Says:

    Ah t’es allé au Fuji Rock? ça devait etre vraiment énorme…

    Je vais essayer de me pointer au Summer Sonic perso ^^

  11. K, visiteur Says:

    yes c etait hallucinant!! franchement cool. la premiere fois que j y vais mais pas la derniere j espere.
    sinon on se voit a summersonic alors? j y serais le vendredi…

  12. Dat' Says:

    Hey, je devrais y être le vendredi aussi, l’affiche est assez renversante…!

  13. Celeste Says:

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