Mondkopf – Galaxy Of Nowhere



Là où les gens sombrent







Apres m’avoir fait squatter son myspace pendant plus d’un an, à écouter avec avidité ses nouvelles prods depuis la suffocante première version de son morceau Ave Maria, Mondkopf a bien accéléré la cadence :

Un excellent Ep sorti sur Fool House, (Declaration Of) Principles en fin d’année dernière, puis un nouvel Ep il y a quelques semaines sur Citizen, prélude à un album enfin près à squatter des rayons de disques en cours de disparition. Sans oublier la tonne de remix fracassant à chaque fois la base originale. Ah merde, j’ai déjà dis sur le précédant article que la musique de Mondkopf était grande, foutant un coup de pied au cul à nos tympans en plongeant des rythmes pachydermiques sur des synthés tellement bien taillés, tellement beaux, tellement puissants que l’on rêverait de se rouler dessus nu avec le reflet de la lune pour seul éclairage, des fleurs entre les dents et tout pleins d’autres trucs.
On a besoin, dans cette électro française qui suffoque de nouveau, de mecs faisant la symétrie en beauté pure et tabassage sonore. Le secret est là, ça doit être dur à faire, il n’y en a pas beaucoup, et c’est tant mieux, cela laisse la place à Mondkopf, Nil, Das Glow, Rone et consorts de nous filer de grosses mandales à chaque titre découvert. Bon Là en fait, je suis en train de partir sur une conclusion alors que je n’ai même pas commencé l’article, je débraye, prends ma respiration et plonge dans ce Galaxy Of Nowhere.














C’est dans une cours de récréation que Mondkopf nous accueille, entre cris d’enfants en plein jeu de la bouteille et synthés fantomatiques. On attends, on se demande ce qui va nous tomber sur la gueule, et c’est une bizarre litanie aquatique qui ouvre Bain du Matin. Précision, c’est un immeuble qui te sonne la tronche, des beats massifs et saturés fondant sur cette dance en Slow motion. Coups de butoirs d’une violence sourde, béatitude presque candide, le contraste est là, les sursauts dans l’échine aussi, surtout quand le titre prend subtilement son envol.

Le tout laissant place au très bon La dame en bleu, morceau trainant depuis un bail sur le net, et retravaillé à chaque occasion (notamment sur le dernier Ep). Cette demoiselle en mode azur, char d’assaut mystique, entre choeurs d’anges et ligne de basse grondant comme la mort, se fait elle aussi pilonnée par un kick monstrueux, un truc pour abattre les cloisons, pour rendre fou son voisin.. Cyclone piloté par le paradis, on se retrouve propulsé dans l’oeil de ce dernier lors d’un break christique, façon dame chantant dans une église vide avec le soleil qui se couche. Mais rien à battre, les murs tombent, l’ange se fait arracher les ailes au couteau, les kicks reprennent leur marche militaire, ça crache et ça se cabre, avant de détaler, enfin, vers le silence. Quand on connaît le morceau, on sait que c’est la conclusion. Mais Mondkopf joue la surprise, et déploie un lit de violons cristallins, chialant une mélodie à crever pour une derniere minute façon recueillement. Putain, ça tue. Vraiment.
Mais ne croyez pas que le bonhomme ne pose son regard que sur les bénitiers. Parce que Libera Me, c’est un peu l’instrue rouleau compresseur que tout groupe de Hiphop rêverait d’avoir. Murs qui tremblent et synthés qui décollent.

Mais c’est surtout Scream Of Stars qui va nous coller la tête contre le sol bien crade d’un nightclub, histoire de se faire écraser la caboche par une armada de tallons aiguilles battant la mesure sous l’effet de psychotropes. Et dieu sait si l’intro prend son temps pour nous mettre dans le bain (du soir), passant en boucle une saturation accompagnée de handclaps imparables. Ca claque, ça vibre, mais on sent que le tout va s’avérer drôlement sérieux quand des synthés putes se mettent à perler, trance ecclésiastique se perdant dans les échos. Ça s’emballe, c’est superbe, des beats sourds déboulent de partout et tabassent tout ce qui passe. Etoiles qui fusent, jupes qui volent et stroboscopes épileptiques, c’est le moment où tu danses depuis 3 heures, t’es crevé, tu te noies dans l’odeur de pisse et de clope, tu viens de vider un litre de bière mais tu as encore soif, on te bouscule mais tu t’en branle, tu danses un zombie sous valium depuis deux tours de cadran. Mais tout d’un coup, un synthé sublime te titille, un rythme te fait renaitre, alors tu ouvres grand les bras, et tu recommences à sauter sur place en gueulant comme un porc, parce que tu as l’impression que la musique te porte, que les infrabasses t’étouffent, te décollent du sol, t’arrachent l’âme, tu sais plus si tu dois chialer parce que ce qui coule dans tes oreille est superbe, ou rire pour faire comme tout ce monde autour de toi. Mondkopf semble en être persuadé, et veut te faire danser sur la plus belle texture de son clavier. C’est fini ? Bah non, le morceau vire dans un espèce de Hiphop écrasé et imposant, gardant toujours cette mélodie affolante au creux de la main, mais ralentissant la cadence au maximum. Snoop Dog débarque avec sa bagnole rose, mais veut faire sauter les suspensions avec du Chris Clark.









On calmera méchamment l’ambiance avec trois morceaux déployant une facette plus introspective du son de Mondkopf, avec le parfaitement intitulé Les Voyageurs, grande fresque débutant encore dans les hululements ingénus d’une école primaire, et laissant des nappes s’étirer nonchalamment sur un rythme plus en retrait, tout en laissant une litanie persistante le long du plan séquence. Gros travail sur les synthés, qui grésillent, s’appuient ou s’effacent, ondoyant calmement aux grés du fil rouge mélodique. Le morceau s’éteindra même pour mieux repartir, laissant la ligne sombrer dans un gouffre de réverbérations du plus bel effet, avant une dernière et légère bronca, laissant place au cosmique Speaking With The Noise, longue complainte pétrie de bugs et de mélodies crève-coeur. Les synthés sont ultra granuleux, se tordent, grondent, craquent mais ne se rebellent jamais. Cornes de brume synthétiques qui tonnent, convoquant la houle et gens sombres. Ligne grandiloquente façon space disco noyé sous six mètre de profondeur, au fond d’un port abandonné. Des choeurs monacaux se font entendre, se fondent dans les lignes de synthés, amorçant une longue décente vers le silence.

Music For My Room frisera avec le minimalisme, habillé d’un piano bouffé par l’echo, et de choeurs mystérieux. Ecrin d’une pureté indéniable, slow motion total, ce n’est pas le space disco que l’on tentait de noyer, mais bien notre propre caboche. On dérive au fond de l’océan, en regardant le point de lumière disparaître peu à peu. On ferme les yeux, on s’abandonne, avant d’être surpris par une étrange mélodie mélancolico-pute, prenant de l’ampleur et nous parachutant sur Valse dans l’ombre, son rythme sourd, ses voix féminines et son violon grave, glaçant. Qui gratte, s’enroule, exulte puis explose, danse, copule avec les synthés. Deuxième montée, gorge serrée, on attend la déflagration, mais on aura… que dalle.

Enfin, si, la frustration se retrouve vite rassasiée par l’énorme Lambs Are Dancing, débutant avec un gros rythme techno, qui claque comme la mort, et accueille une boucle de synthé bien trance et jouissive. Hey, les danseurs exultent, le sol tremble de nouveau, et bien violemment. Ça monte à mort, grosse correction. Le pire, c’est que l’on va intégrer une petite litanie un peu débile, enjouée et lo-fi, filant le sourire, et donnant envie de se tourner sur soi même comme un con. Ca reprend des drogues et ça court dans tous les sens, ya des couleurs partout et des débiles qui se dessapent. Grosse erreur, le lieu de vice mute en lieu de culte, les bâtons fluo se retrouvent parachutés en pleine messe, tout s’éteint et laisse place à une étrange prière. Sacre, prophétie et repentance, le synthé trance réapparait, les pierres tremblent, l’ascension devient complètement débridée, ça frôle le 8bit affolant et ingénu du dernier album de Bodgan Raczinski, les bières volent, jours et nuits sonores, on oublie tout et on se jette contre les murs. Rave avec les moines.


Et à force de s’éclater la gueule contre les remparts, ce ne sont plus des étoiles qui filent devant nos yeux, mais carrément des Planètes, massives, imposantes. Qui affolent les enceintes en balançant un rythme monstrueux, et une mélodie hésitant constamment entre hédonisme trance et neurasthénie electronica. Les deux pauses sont sublimes, et foutent la chair de poule, façonnant un bon cassage de mâchoire quand tout repart en transe, quand les synthés s’illuminent, quand les choeurs se répètent ad-noiseam, quand le rythme cogne à n’en plus finir, quand les nappes violonesques se permettent d’enterrer le tout d’un sublime revers de pelle.
Et c’est le dernier titre de l’album qui s’avance. Ce fameux Ave Maria. Qui m’avait décimé la colonne vertébrale il y a plus d’un an, dans sa première version, épurée, longue escalade synthétique absolue. Puis dans sa version live, présente sur l’ep sorti chez Fool House, la cathédrale se retrouvant assaillie par des beats ahurissants, soulevant littéralement les trippes. Pour l’album, c’est une troisième version qui apparaît. Dénuée de beat, de nouveau. On repart sur les premières fondations. C’est à crever. Oh, mais c’est quoi ce synthé pute qui arrive ? Et ce grondement menaçant ? c’est toujours aussi majestueux. La cathédrale est encore là, mais elle se retrouve parasitée par vanguard. Je ne sais pas trop quoi dire. Ah si, ce morceau, c’est le testament d’une compilation Dance machine, qui vient de se pendre sur le parvis de l’église.
Et comme dans la première version, le morceau va laisser place à des choeurs embrumés, enserrés entre deux moments de mutisme. Bref, les trois versions de ce morceau sont indispensables, superbes, complémentaires. Logique, quand la base même frise la perfection. Au pire, on met les trois bout à bout, et on l’on oublie conscience et réalité.










A l’écoute de ce Galaxy Of Nowhere, Mondkopf semble aimer les rythmes qui cognent, les minijupes, les lasers verts, les rave party débridées, les nightclub bondés jusqu’au jours d’après, la trance des 90 qui reprend du Moroder. Mais il semble aussi être épris de filles qui courent au ralenti avec le soleil dans le dos, les long travelling, regarder par la fenêtre la nuit, chuter, chuter la nuit, les “chemin du retour” après une fin de soirée, la mer, ses profondeurs, et les films que l’on ne regarde pas mais que l’on ressent même si on n’y pige pas toujours grand chose.
Avec ses samples religieux et ses titres mystiques, on sent que le mec semble autant tripper sur les vitraux que les stroboscopes. Même source de lumière, seul le prisme diffère. La frontière se brouille, et c’est bien parce que c’est beau.
A l’instar de l’artwork, Mondkopf, tout au long du disque, veut nous faire courir comme un gamin sur un parking en écartant les bras, pour essayer de s’envoler vers le ciel. On se casse la gueule à chaque saut, pour se relever les genoux en sang et recommencer inlassablement, le sourire aux lèvres, la tête vers la lune.



On pense aussi inévitablement à Modeselektor, pour les rythmiques écrasantes et cet amour du recyclage de teintes putes dans des écrins majestueux. Voir un peu Clark,  pour la densité des textures, pour cette envie de nous matérialiser la musique.
Certes, on pourra regretter qu’il n’y ait pas une ou deux pistes “frontales” de plus (Sainte, où est tu ? ) et que le tout est parfois un peu carré. Pinaillons. Mondkopf cassera surement ses structures pour devenir encore plus grand. En attendant, il nous sert un énorme album, assez atypique dans l’électro française, prenant le parti de faire danser les chimères, de tabasser les rêveries, pousser la trance sur orbite.


Faire copuler deux planètes, plonger la beauté et la mélancolie dans le nightclub de province, celui qui n’a pas peur de jouer du Haddaway alors que t’es en train de te taper une grosse dépression. Superbe disque.










Mp3 :



Mondkopf – La Dame En Bleu (Ep version) Clic droit / enregistrer sous











Mondkopf – Johnny Cash / God’s Gonna Cut You Down (Mondkopf plus de sommeil remix)











13 Titres – Asphalt Duchess
Dat’












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  1. Skowz, visiteur Says:

    Mon Disquaire ne l’a pas encore reçu… RaaHhh… En attendant j’écoute comme un mort de faim “Bain du Matin” [qui tabasse bien (Kick de folie)] et le très beau “Speaking with the noise”.
    J’ai hâte d’écouter “Scream Of Stars” là :)
    Et puis Mondkopf frappe fort en ajoutant l’original D'”Ave Maria”

    Hâte, hâte, hâte

    Skowz

  2. Ray~, visiteur Says:

    Ah le fameux mondkopf, depuis le 25 (jour de sortie) j’essaye de trouve un lien en streaming ou quoi que ce soit pour pouvoir l’écouter, totalement impossible et je suis sur mes dents depuis. Va vraiment falloir l’acheter en aveugle celui la il semblerait

  3. Maximus1er Says:

    Bon bon ça fait un moment que je le suis du coin de l’oeil, de loin.

    Va falloir que je me trouve ce disque maintenant!

  4. Dodochampion Says:

    Bon ben j’ai plus qu’à l’acheter. u_u

  5. janvier18 Says:

    Super kro… euh, chro’ 😀
    Depuis que je l’ai je l’écoute en boucle :)
    Niveaux “petits défauts” je serai un peu comme toi, je pourrai lui reprocher le manque de morceaux plus percutants, ou des rythmes parfois trop “simples” (ou binaires), quand les mélodies en appelle qui devraient tout casser, mais en même temps, pris dans l’ensemble, ça se tient quand même vachement bien, et ça donne au disque un côté assez “doux” finalement.
    On tient le fils caché de JM jarre en fait lol mdr.
    Bon, restons sèrieux, au delà de tout ça, ce CD a une âme, les morceaux ont une âme, et ça, c’est tellement rare finalement, que c’est à savourer comme il se doit 😉

  6. el_keke Says:

    C’est du lourd.
    Je l’avais croisé au détour d’un blog et j’avais snobé cette pochette.
    J’ai pas résisté son album je me suis rué dessus.
    Je file l’acheter, si je le trouve :-(.
    Merci Dat’

  7. satadurday, visiteur Says:

    de la gueule le remix
    je ne connaissais pas ce mondkopf, merci

  8. Dat' Says:

    Skowz & Ray ==> Yep il vaut vraiment le coup, même en aveugle, tu ne prends pas un gros risque si tu as apprécié les précédents sons de Mondkopf !

    Janvier18 ==> Pour les rythmes, perso je trouve ça au contraire parfait, les beats sont tellement bien taillés que le coté binaire donne un coté “coup de butoir” assez sublime, sur les compositions éthérées du disque. Apres ouai, j’adore son “Sainte”, qui tabasse dur tout en étant beau, mais il suffit de se tourner vers l’Ep ^^

    Sataduday ==> Il a fait beaucoup de remix, et souvent il accouche de tueries, faut écouter celui pour le groupe “numero”, le Jamie Lidell ou le titre “Aria” !

    Dodo & El_ke & Max1er ==> le truc cool, c’est qu’il ne devrait pas etre difficile à trouver en France, tout du moins en commande !! Par contre perso, j’ai du obligatoirement passer par l’achat Mp3, mais bon…

  9. Ray~, visiteur Says:

    Un peu déçu au final, extrêmement homogène
    Ca se veut donc prenant, des mélodies qui transportent etc, mais les mélodies ne me parlent pas plus que ça, juste “sympa”

    Je vais continuer à le faire tourner pour me faire un avis plus abouti tout de même

    Mais je pense qu’en taillant ses morceaux pour le live il y a moyen de tout casser

  10. Skowz, visiteur Says:

    Ça y est, enfin !
    Il est vrai, le disque est superbe, mais il manque pour moi un petit quelque chose… je ne sais quoi…
    Certain titre tabasse vraiment (Lambs Are Dancing) et les plus intimistes filent la chair de poule.

    Attendons dorénavant la sorti du grand Clark. Oh mon Dieu, cet album va être hors-norme,

    Skowz

  11. Anonymous Says:

    Il y a du nouveau côté Mondkopf !

    Le jeune toulousain est de retour avec un maxi de 4 titres : Deaf House EP sorti début Juin.
    On y reconnait bien le style du bonhomme qui fait pleurer ses machines, qui t’envoie un battement qui t’écrase la tête contre un mur.
    Ca résonne, ça s’enflamme, ça te prend au coeur, tu stresses, tu transpires et tu danses sur une mélodie un brin acide qui te fait oublier tes pieds touchent le sol.
    En écoute sur Deezer et ça vaut clairement le détour, rien que pour que tu définisses mieux que moi ce que je qualifierais de musique plus “sombre” mais toujours aussi rêveuse.

  12. Dat' Says:

    Yeah, je l’ai acheté sur itunes, je trouve cet Ep tres bon. Mais c’est surtout le morceau “Eclipse” qui sort du lot, je le trouve assez sublime. Bref, comme d’hab avec Mondkopf, du tout bon…

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