Venetian Snares – Horsey Noises



Hey Little Prince, I’ve made you a drawing of an girafe fucking an elephant. Stay on B612.







Bon, je ne vais pas me faire des potes avec le premier paragraphe. Ceux qui parcourent ces pages depuis pas mal de temps savent ô combien je suis fan de Venetian Snares, un type qui m’impressionne depuis bien des années, au rythme de production presque épileptique. Le canadien a sorti un album en Mai, Filth, et je n’ai eu aucune envie d’en parler, tant j’ai eu du mal à rentrer, assimiler et apprécier le disque. La première écoute me fit même presque penser à une bonne purge exaspérante, faisant passer les bruits de la ligne Oedo pour un disque de Plaid. Fatiguant, l’album s’est laissé appréhender depuis (quelques titres sympas), sans pour autant me convaincre réellement, se rangeant sans hésiter dans les oubliettes d’une discographie heureusement sans limite. Je ne devais pas être d’humeur à entendre parler de cramouilles et de fellations-tronçonneuses sur fond de basslines hysteriques. Et dieu sait si j’aime le Hardcore lâché par Venetian Snares, comme celui de son sublime album Meathole ou l’halluciné Higgins Ultra Low Track Glue Funk Hits.

Au final, le principal intérêt du disque, outre un communiqué de presse pas piqué des hannetons, était de donner la possibilité de gagner grâce à un jeu concours (youhou…) la Roland TB-303 du bonhomme.
La bonne nouvelle, c’est que l’on savait ce Filth (qui porte bien son nom) allait avoir un petit frère 1 mois après, Horsey Noises. Ep certes, mais indépendant (et diffèrent) de l’album sorti en parallèle.















Niveau cover, on laisse heureusement tomber l’artwork terriblement générique de Filth (qui a par contre un quatrième de couverture super classe) pour repartir dans les délires de Cavalcade Of Glee ou Pink + Green, avec une mise en scène d’animaux toujours plus droguée et crapuleuse, le tout sur napperon. Quand on aime les poneys qui s’enculent comme des lapins et les cochons qui se tripotent le saucisson en regardant un porno zoophile, c’est le bonheur. Pour les soirées en famille, Venetian Snares pense à nous.






Le disque commence par le morceau titre, Horsey Noises, et une saturation bien méchante, foutant directement dans le bain. Cela va nous éclater à la gueule, planquez vous, les ogives vont s’éparpiller avec violence. Mais en fait non, Venetian Snares se remet à “chanter”, comme aux plus belles heures de Winter in a Belly of a Snake (un de ses meilleurs disques) en balançant d’une voix désintéressée un refrain déjà élu par les lectrices de Elle Magasine comme texte le plus glamour de l’été : “Hey horse teeth girl, I wanna make you make horsey noises…”
La phrase se répète en boucle sur un rythme bizarre et claudiquant, chevauché par quelques réminiscences acid. Mais le coté malsain est décuplé quand un synthé faussé, presque semi-vomitif, se met à lâcher des nappes analordiennes étranges. La mélodie se la joue peinture de cadavre : c’est beau mais ça fout le malaise. Et quand la voix part en couille, que le rythme se lâche, que l’on frise le breakcore avant de retomber sur un break complètement nauséeux, histoire de repartir dans une déstructuration folle juste après, on commence à flipper en se disant que le pitch de départ du morceau, c’était une partie de cul.

Horsey Vag Island débutera en mode coups de talon, avec un bon gros rythme techno binaire, qui va tenir la main à des synthés maladifs. Ca tabasse, c’est beau mais ça file toujours la gerbe, malgré les petites incursions techno putes en fond sonore. Et vlan le morceau s’ouvre, déboule sur une jolie incursion analordienne, rapidement déchirée par des bleeps acid amorçant une explosion bordelique, matinée de réminiscences Raves dégénérées. Le tout se révèle vite imparable et jouissif, mais Aaron Funk décide de changer encore de bord et accueille basse et batterie pour un final Jazzy passé à la moulinette. Ce n’est pas la conclusion mi-candide mi-paranoïaque qui rassurera sur l’aspect détraqué du tout. Excellent morceau.








On aimerait se persuader qu’il reste un tout petit peu de normalité dans la caboche de Venetian Snares, mais Pig Dync, après une intro claustrophobe, va encore ressusciter les sonorités Acid déjà étrillées sur Filth. Sauf qu’ici, out est beaucoup plus calme, plus mesuré, plus aéré aussi. Le rythme est parfaitement placé, et la mélodie est belle, en cherchant bien, elle titillerait presque le coeur des amateurs d’analorderies. Ouai ça tue. Hey, un cochon ? Oui, le morceau part dans un trip breakcore à base de samples de porcs grognant dans tous les coins. Hop, ça se calme de nouveau, tunnel Techno drum and bass jubilatoire et plutôt bien foutu, on peut respirer, on n’a pas perdu la tête, meilleur moment. Mais le coté candido-malsain refait surface, la dernière minute du morceau ne se basant que sur des choeurs bizarrement pitchées. Une bande d’enfants mignons chantent de fausses bonnes notes en te regardant droit dans les yeux, mais cachent des couteaux de bouchers dans leurs poches. Les cochons, c’est nous, et on va prendre cher.

En guise de dernier shoot hallucinatoire, Venetian Snares nous offre une nouvelle version du morceau titre sur Horsey Noisers, pétrissant la base salace dans un lit beaucoup plus défoncé et charcuté. Le cheval en a marre de se faire titiller le point G, il hennit et se cabre avant de tout envoyer valdinguer : Beat ultra-sourd, grosse ligne drill complètement vrillée, synthés qui chialent leur malaise, voix qui part en couille à l’aide d’une bonne tripotée de filtres et d’effets. Nonsensique mais ultra jouissif, le tout aurait pu se frayer un chemin dans Cavalcade Of Glee sans problème… La dernière minute est épique, avec ce break ultra serieux lâchant un culte “I’ve made you a drawing of a girafe fucking a elephant, notice how his moustache look just like mine”, pour repartir dans une destruction aberrante sur une bonne dernière minute. Meilleur morceau de l’Ep, et de loin.










On ne va pas non plus s’enflammer non plus, cet Ep est bien marrant, assez jubilatoire, mais on est loin des pics d’intensités que peut nous servir Venetian Snares habituellement. Quoi qu’il en soit, Horsey Noises profite indéniablement du contraste avec l’ereintant Filth. Un contraste en tout point favorable au premier, malgré un nombre de pistes trois fois moins important.
Les deux sorties ne se prennent pas au sérieux, mais Horsey Noises prend, lui, nos tympans au sérieux, et enfourne son coté déviant dans des compositions bien branlées. De plus, cet Ep m’a poussé à réécouter Winter In a Belly Of a Snake et Meathole, ce qui n’est pas rien, tant ces deux albums sont affolants.


C’est débile mais bien construit, explosé, sympa, et permet de patienter tranquillement avant le prochain album qui devrait surement arriver dans 6 ou 8 mois. Rien de plus.











4 Titres – Planet Mu
Dat’












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  1. street-platoons Says:

    J’ai écouté une preview sur YouTeube et c’est assez cool en effet 😛 (bon par contre je connais que Detrimentalist de Venetian Snares haha).

  2. nil, visiteur Says:

    “Winter in a Belly of a Snake (un de ses meilleurs disques)”

    son meilleur disque, de très très très loin.

  3. Maximus1er Says:

    Bon je lui laisserai une chance peut-être alors au vu de ta chronique.

    Parce que bon le Filth c’est un peu disquicide (ouais j’invente des mots :nerd:), une espèce de non disque complètement saboté sous une espèce de truc acide immonde.

    ‘Fin bref, son champi hallucinogène m’a fait bad trippé.

  4. Sam, visiteur Says:

    “”Winter in a Belly of a Snake (un de ses meilleurs disques)”

    son meilleur disque, de très très très loin.”

    Nil, je doute que tu aies écouté l’ensemble de son oeuvre pour être aussi catégorique

    Datura, merci à toi pour cette chronique – j’ai la même opinion que toi sur Filth, beaucoup, beaucoup de mal à rentrer dedans, trop de glaque tue le glauque, lol

  5. Funky5, visiteur Says:

    j’attendais la chronique de filth comme elle tardait je pensais que cette album n’en valait pas la peine par rapport a ce qu’il nous avais habitué…
    C’est plutôt un album “récréatif” d’ailleurs c’est pas lui sur last step 1961 sur planet mu “revival acid house” il parait qu’il est bien ?!
    il y a aussi syntheme lasersnshit planet mu dans le meme style acid je croyais que c’étais de lui mais apparement pas….

  6. Dat' Says:

    Street-platoons ==> Hésite pas à te tourner vers les anciennes galettes du gars, certaines méritent vraiment le coup d’oreille.

    Max1er ==> Ahah pas mal ! Oui non cet Ep est pas dingue, mais reste bien sympa, surtout si on l’écoute après le Filth. Et le dernier morceau démonte bien.

    Funky5 ==> Yep, Venetian Snares, c’est aussi Last Step ! Son 1961 est cool, mais j’ai jamais trop accroché aux sorties Last Step en fait… Par contre non Syntheme, c’est pas lui (même si il y a un mystère autour de l’identité de ce dernier aussi…)

    Sam & Nil ==> Je serai plutôt de l’avis de Nil perso, Winter in a belly est pour moi son meilleur disque, Mais à accoler “à égalité” avec le Rosscz Czillag, pour la claque absolument gigantesque qu’il m’avait foutu à sa sortie. Je m’en souviens encore.

    D’ailleurs, quand je pars en voyage et que je me fais ma sélection de disques à emporter, sur la petite quinzaine de Venetian que j’ai, je prends toujours ces trois galettes : “Winter in a belly”, “Rosscz Czillag” et “Meathole”, la sainte trinité du bonhomme pour moi… (et c’est bien subjectif, tant sa discographie part dans tous les sens / styles)

  7. street-platoons Says:

    Ouais Venetian Snares est un des (innombrables) trucs que je compte découvrir album par album, du début à la fin… Quand j’en aurai le courage 😛

  8. pamparachutiste Says:

    Ah tiens, ta chronique me fait bien envie ! J’ai pas écouté Filth, mais ce que j’en ai entendu après avoir vu Aaron concert m’ôte toute envie (un gros bordel acid déstructuré sans intérêt)
    Par contre, ça me parle quand tu cites Higgins ! Quel putain d’album de barge quand même… (j’ai moins accroché à Winter par contre)

  9. Docteur C, visiteur Says:

    J’ai eu du mal à rentrer dans Filth, aussi, en quelque sorte, mais au final il est plus abouti qu’Horsey Noises qui est une récréation qui reprend un peu le travail mélodique acid fait sous Last Step. Bon enfin c’est un EP.

    Parce que bon Filth fait hurler les Roland TB-303 etc. comme aucun homme ne les avaient jamais fait hurler. Je me demande si celui à gagner sera encore utilisable et s’il ne sentira pas trop mauvais. Enfin bon voilà l’utilisation des trackers et des synthétiseurs est tout simplement malade et d’une intensité toujours aussi folle, même si en déplacement.

    Bon enfin je crains que je suivrais Venetian Snares jusqu’au fin fond de l’enfer. A la 100ème écoute je découvre toujours quelque chose et aucune autre musique ne me fait ça (ah si du Chopin tiens).

    Pour le coup ce n’est plus du Breakcore. Tant pis tant mieux.

    Dans celui-ci je préfère Pig Dync. Ce n’est pas tous les matins qu’on a une très belle mélodie acid coupée par un grognement de porc qui finit sur des choeurs d’enfants pitchés, en effet.

  10. Bradley Says:

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