Burial and Four Tet – Moth / Wolf Cub



And those two noises, the moan and the stud, I’ve heard every single day since, and i still don’t know which is scarier







J’ai pas vraiment souvenir d’une sortie aussi bordélique depuis un bail. Et aussi mystérieuse. Rappel des faits : Il y a deux semaines, une news balancée via la plateforme Bleep du label Warp (quand même), annonce qu’un Split Ep entre Burial et Four Tet va voir le jour sous peu, mais qu’il est déjà Sold-out. Aucune information, aucun teaser, aucune promo, aucune confirmation. La bonne blague. Le label K7 nous avait déjà fait le coup en annonçant officiellement lui aussi un Dj Kicks avec Burial aux commandes, affirmation ayant enflammé le web (dates de sorties, fakes…) avant de partir en eau de boudin.
Bref, on n’y croit pas des masses. Mais il y a une semaine, la plateforme de vente Juno.co.uk fait un gros coup en foutant des extraits de l’Ep et en ajoutant ce dernier dans son catalogue. Le projet existe donc vraiment ! Merde, une collab entre deux des mecs les plus respectés de ces dernières années prend forme via le Label Text de Four Tet !


Mais un autre problème s’avance. La distribution s’annonce chaotique, l’objet ultra rare, penser mettre la main dessus relève presque de l’utopie. D’autant plus qu’une sortie digitale n’est pas prévue (?!). TOUTES les structures de ventes en lignes sont “Out Of Stock”. Les disquaires ne savent pas si ils pourront en recevoir. Pire, ils ont peur d’acheter des faux, l’objet étant tout noir, sans aucune information ni indication. Comme des milliers d’autres vinyles sortis sous le manteau, ou un Bootleg pressé à l’arrache dans un coin. Sinon il y a les sites qui prennent les commandes sans avoir l’objet. Vendu à 5 euros pour le moment, ce Moth / Wolf Cub risque de voir son prix s’envoler sur le net, s’il n’y a qu’un tirage (il est déjà à 90 Euros sur Discogs… le jour de sa sortie… hum…). Perso, j’ai réussi à acheter/reserver le vinyle, en passant commande avant le fatidique Out Of Stock. Tout en me doutant le nombre de commande doit évidemment dépasser allègrement le nombre de disque à vendre. Au final, grâce à Burial et Four Tet, on a l’impression de participer à une loterie géante. Hop ne parlez plus de téléchargement, voici l?avenir du disque. Sinon dans quelques années, les collectionneurs se jetteront sur tous les vinyles noirs perdus dans les bacs en espérant peut être tomber sur l’Ep et l’on nous révélera que en fait c’était Aphex Twin qui était derrière le projet.

Donc oui, aucune sortie digitale. Et un vinyle fantôme. Difficile de poser une oreille dessus. Pourtant, certains magasins ayant reçu des exemplaires ont du s’empresser de ripper le truc sur le net. Des liens trainent, sautent la seconde d’après, puis se multiplient. D’ailleurs, je crois que c’est la première fois que je déroge à la sacro-sainte règle de ces pages. Ouip, j’ai acheté cet Ep, mais j’en parle avant de l’avoir reçu. Tout simplement car je ne sais pas si je vais le recevoir un jour. Forcement.
















Alors déjà contrairement à ce qui a été annoncé par les sites de ventes, on a pas à faire à un split Ep. Burial et Four Tet semblent bien avoir taffé ensemble sur les deux morceaux. Une vraie collaboration entre les deux artistes, flagrante quand on entend le tout. Mais bon, on n’en est pas sur, vu qu’il n’y a pas d’info. Oui, sinon le premier morceau c’est Moth, et le deuxième Wolf Cub (Lone ?). Mais on n’en est pas sur, vu qu’il n’y a pas d’info. Ah si, un truc certain, c’est que les deux morceaux flirtent avec les 9 minutes. Ce qui est une drôle de bonne nouvelle, quand on avait peur de se retrouver avec deux trucs rachitiques.









L’hypothétique premier morceau donc, Moth. Qui est énorme. Vraiment. Linéaire, sans suprise, sombre. Mais énorme. L’introduction, tout en échos, laisse perler une mélodie simple, un tintement qui va se muer en synthé sortant du brouillard, un peu pute, assez techno. Qui va se répéter à l’infini. Le rythme est évidemment imputable à Burial, sorte de pulsation laid back qui se nécrose parfois en un simple et rachitique métronome techno. D’autres nappes cristallines se greffent au tout avec minutie, caverne de glace ou dancefloor cradingue, on ne sait pas trop. Mais le truc est tellement hypnotique (le rythme au casque, super sourd, avec ce synthé imparable, tu peux entendre ça pendant 30 min sans sourciller), que l’on décolle quasi-immediatement. Tout est distillé avec perfection, tout arrive au bon moment, tous les sons se répondent les uns aux autres. Et quand les voix r’n'b pitchées fantomatico-sensuelles omniprésentes sur Untrue arrivent, on bascule. Voile devant les yeux, on s’imagine dans un after pour dépressifs, à danser au ralenti. A se mouvoir en slow-motion, au milieux d’autres zombies perdus dans les drogues, aveuglés par des lumières épileptiques. La fumée est telle qu’elle créée un vas clos, une bulle quelque fois transpercée par un bras sortant d’une autre bulle.
Le long break Kick / handclap va renforcer cette impression, avant te repartir sur la phase première du morceau, qui va s’envoler graduellement, nous perdant, nous étouffant dans ces vagues de synthés mirifiques. Le trip est absolu. C’est se balader complètement embué dans une ville vide à l’aurore, avec le soleil qui éclaire petit à petit les rues d’une teinte orange. Prendre le premier métro les oreilles encore grésillantes, et regarder la ville défiler devant nos yeux, le visage collé contre la vitre.
Mais ce morceau, c’est surtout une plongée en apnée dans un Nightclub. Danser comme un camé, jusqu’à en crever. Le genre d’ambiance où tout le monde est éreintée, extenué, démoli, sans pouvoir s’empêcher de remuer encore et encore sur une pulsation sédative, les bras ballants, la tête sans vie, pendue comme un bout de cadavre en oscillant de droite à gauche. Pinch avait fait du “Underwater Dancehall“. Burial et Four Tet s’essaient au “Underwater Nightclub”. A écouter au casque, les yeux fermés, la fatigue étrillant le moindre centimètre de votre corps. Sublime morceau.



Wolf Cub commencera d’une façon plus candide, plus aérienne, et calme, avec cette petite mélodie hachée en mode clochette qui va longuement s’enrouler sur elle même, avant de laisser de très beaux synthés entrer dans la ronde. Toujours aussi planant, on est déjà pres à partir dans l’espace quand tout s’éteint, tout s’étire. On flirte avec le silence, seuls des bruits bizarres se font entendre, mais un rythme claudiquant file une claque. La litanie du départ fait son grand retour, des voix ( ?) éthérées, spectrales et désincarnées se tissent à l’horizon. Encore une fois, on est loin du roller-coaster, tout se déroule avec raffinement. Au moment où le morceau commence à faire du surplace, les superbes teintes du départs se greffent au tout, les voix prennent de l’ampleur, ça vient chatouiller l’échine. Mais le morceau s’efface tranquillement, on regarde le compteur, c’est surement la fin, il ne reste qu’une minute trente, dommage. Arrachement de coeur, le rythme revient pour une dernière bronca, accompagné de voix à filer la chair de poule. Arg arrêt cardiaque, on vient de s’envoler au ciel, pour nous rabattre violemment sur terre une minute après. Superbe. Mais trop court, le tout s’éteignant juste après.










Difficile de se prononcer sur la question de l’engouement énorme autour de cette mystérieuse sortie. Pas vraiment intéressant de discourir là dessus d’ailleurs, chacun voyant midi à sa porte. L’Ep en lui même est de toute façon excellent. Surtout pour les fans de Burial et Four Tet, qui seront aux anges. Entendre copuler les meilleurs des éléments de ces deux entités, sur près de 9 minutes à chaque fois, est un vrai bonheur. Les morceaux sont parfaitement calibrés, construits, ciselés.
Certes, ceux qui ne peuvent plus voir les rythmes de Burial en peinture risquent de partir en courant. C’est les mêmes. C’est toujours aussi linéaire, super homogène. Mais au combien affolant, vu la perfection du tout. Surtout pour Moth, un vrai diamant, qui risque de s’accrocher à mon cortex pendant longtemps. Burial apporte toujours cette profondeur ahurissante, ces beats rampants et narcotiques, cette sensualité bizarre et dépressive. Four Tet aère le tout avec son sens de la mélodie, et ce coté plus électro. Moth aurait très bien pu se frayer un chemin sur une galette estampillée Kompakt d’ailleurs. Wolf Cub est un peu frustrante, s’épanchant un peu trop à la fin de son premier tiers, pour nous couper l’herbe sous le pied lors de sa conclusion, mais reste un excellent morceau.

Bref, jetez vous dessus si vous aimez le style des deux bonhommes. Ou si vous avez envie de partir très loin, le casque vissé sur les oreilles. Dans les deux cas, le problème, c’est qu’il faudra avoir le cul bordé de nouilles pour acquérir la version vinyle, seul support officiel pour cette sortie hypnotique.









mp3 :


- Burial & Four Tet – Moth (extrait)


- Burial & Four Tet – Wolf Cub (extrait)










2 Titres – Text Records
Dat’










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  1. LimitedInc Says:

    Salut à toi !
    Merci pour cette chronique éclairée.
    Le titre au beat syncopé, pour ma part, me rappelle pas mal les vieux Photek.
    Le second sonne plus “housey”… Mais quelle ambiance !

  2. Max, visiteur Says:

    Wow, “Moth” est vraiment hypnotique. Il tourne en boucle depuis plus d’une heure et je n’ai pas vu le temps passer. J’ai bien fait de venir jeter un coup oeil par ici, sans ta chronique je pense bien que je ne me serais pas aventuré sur cet EP.

    Thx Dat’.

  3. Neska, visiteur Says:

    Putain tu viens de me tuer la soirée !! Ca fait 2 heures que je cherche à le trouver mais bon, out of stock partout.. s:
    On peut quand même écouter les 2 morceaux sur le Web, c’est consolant. Les deux sont des boucheries. Énormes. On reconnait Burial à 1000 km tellement c’est du Untrue tout craché. Et la griffe Four Tet, pffffff. Excellent.

    ++

  4. a3, visiteur Says:

    Four Tet et Burial travaillant ensemble, jne pouvais réver mieux! Eh bien le résultant final est à la hauteur de leur talent immense, les 2 pistes sont des bijoux! J’ai hate de pouvoir écouter leur prochains travaux solo, si t’as des infos d’ailleurs, je suis preneur…

  5. LordMarth Says:

    Enormissime cette entente musicale !
    Et ça sonne bien, même très bien en plus !
    Je ne m’attendais à prendre une claque aussi efficace que celle donnée par Moth…

    Bon ben je peux faire une croix sur un quelconque support physique autour de ce fameux duo…

    Le buzz fait mal à la cotation du truc…

  6. Cardiattack, visiteur Says:

    Bon, bah comme tu as tout dit, ne me reste plus à dire que comme d’habitude ta chronique exprime mon point de vue à la perfection. Ces deux morceaux envoûtants vont tourner longtemps sur mon mp3 (pfff, le vinyle est déjà à plus de 30€ sur eBay, saloperie…). Enfin bon, pour compléter l’EP, rien de tel que de rajouter les deux morceaux lâchés par Kode9 en février dernier et qui figureront “peut-être” sur un hypothétique troisième album ^^

  7. The_King_Rama Says:

    :love: je trouverais jamais le vinyle mais j’ai laissé la place a l’ane pour me dégoter ca, vu que je m’endors tout les soirs sur le Untrue de Burial je ne pouvais pas passer a coter! merci Dat :)

  8. Dat' Says:

    @ tous ==> Je pense que le meilleur moyen d’avoir le vynile, c’est pas par le net, où les demandes doivent affluer, mais bien de voir le disquaire du quartier, et lui demander s’il va en recevoir, même une poignée. Avec un peu de chance j’aurai un exemplaire la semaine prochaine grâce à ça… ! !

    Cardiattack ==> Ouai les prix s’envolent à mort des la premiere semaine, j’ai rarement vu ça… Le pire c’ets que le truc est vendu à 5 euros à la base…

    a3 ==> Yep hate d’entendre une suite au taff de Burial, meme si j’attends toujorus l’Ep 4 titres annonçé pour fin 2008 :D Comme le dit Cardiattack, deux titres ont filtrés sur la BBC, du prochain album, qui est donc confirmé… Va savoir quand par contre…

    Lordmarth & Max & TKR ==> Yep Moth est assez incroyable, il se greffe dans ton cortex et n’en bouge plus. Les synthés sont super répétitifs, mais tellement biens choisis que ça frise la perfection…

    Pour les flux RSS and co, Désolé pour le up fantome d’aujourd’hui, une simple modification qui a entrainé ça…

  9. funky5, visiteur Says:

    en effet incroyable moth ça coule dans les oreilles ça fait du bien au cerveau jamais un morceau m’as donné cette sensation
    Morceau hyper simple,mais en plein dans le mille
    INEXPLICABLE

  10. The_King_Rama Says:

    y’a deux jours je me disais que le Untrue de Burial constitué surement un pan de la musique moderne, un album pas prêt d’être oublié et qui probablement sera LA référence dans ce style pour bien des année, et en écoutant ce split (ou plutot collabo?) ça renforce encore plus cette idée… Burial est réellement impressionnant!

    et la faut que je me renseigne un peut sur Four Tet! je sens que je vais aimer

  11. Dat' Says:

    TKR ==> Ouai, pour sur que le Untrue sera cité en référence dans 10 ans, à l’instar d’un Mezzanine aujourdhui…
    Four Tet est un petit génie aussi, n’hésite pas à creuser aussi de son coté !

    Funky5 ==> Yep Moth est vraiment excellent !

    Sinon, Je confirme, j’ai réussi à avoir un exemplaire de l’EP !! Marrant il y a une information sur le vinyl en fait. Les artistes et Le Tracklisting sur chaque facette, gravée au Cutter (si si )

  12. Shore Lark, visiteur Says:

    Apparemment pour ceux qui cherchent ils en auraient encore ici : http://www.chemical-records.co.uk/sc/servlet/Info?Track=TEXT06

    Sinon ne me cherchez pas j’ai déjà ma copie chez moi :P

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