Blanck Mass – Blanck Mass


John Fucks Power Buttons



Du duo Fuck Buttons découle deux entités bien distinctes formant la musique, le “son fuck buttons”. Car si le groupe fascine, c’est par sa propension à télescoper saturations démentes et nappes mélodico-émo. De savoir qui de Power ou Hung balance ses synthés venus d’ailleurs, difficile à dire. (Même si, en live, Hung semble plutôt s’acoquiner de ses bontempis) mais cet album solo devrait offrir quelques pistes.

En attendant un troisième album qui permettra de confirmer si le groupe from Bristol peut définitivement marquer l’histoire de la Noise-shoegaze en la rendant pop et fragile, John Power (grrr) s’échappe de Fuck Buttons pour balancer un Blanck Mass annoncé depuis des mois. Sur ce projet, pas de cathédrale entrant en fusion avec le soleil, ni d’apocalypse tribalo-cristalline, Power aka Blanck Mass veut se recentrer sur les mélodies, comme dans une démarche de décortiquer ce qui fait Fuck Buttons, continuant à pousser ce qui émane du groupe vers quelque chose de plus calme.







Et, et et… j’ai perdu la suite de l’article. Ca doit bien arriver une fois par an non ? J’ai passé la semaine précédente à me demander si je devais le réécrire. Mais hey, n’y a t’il pas rien de plus chiant que de refaire un article déjà écrit ? (Quoique, reprendre des photos perdues, c’est pire). Le plus drôle, c’est que j’ai fais une save de sécurité dans ma clef usb, comme d’hab, et que c’est cette dernière qui a disparu. Sinon mon ordi tombe en ruine, il est temps de racheter un petit frère.

Le disque ? oui, alors, donc… vu que je ne vais pas me retaper une description qui avait été faite avec amour, comme les tartes tatins de moman accompagnée d’une boule vanille, on va décrire le Lp vite fait : Des nappes, des nappes, et encore des nappes. Forcément, c’est du simili-ambiant. Mais de l’ambiant foisonnant, mille feuille, pas le hululement de dauphin sous reverb pendant 6 minutes. On sent que le mec vient de Fuck Buttons, car il ne rigole pas, et l’on retrouve quelques lignes bien noisy-cradingues qui ont fait le succès du duo de Bristol.

Sundower, c’est angélisme, petite clochette, mélodie cristalline, et gros barouf assourdissant par dessus. Ca prend tellement d’ampleur que tu commences à aimer la vie, à te dire que c’est beau, musique pour mariage post-apo, les invités tous cachés derrière leurs masques à gaz. Land Disasters porte bien son nom. Clairement une track qui aurait pu figurer sur les Lp de F*** Buttons, avec ce grésillement de fin du monde, les synthés émo, et rien d’autre. Mais c’est drôlement beau. J’avais écris 10 lignes sur le morceau pour dire pourquoi c’était beau. Mais bon. Le mot suffira. 10 lignes aussi sur le fou What You Know, 14 minutes compléments dingues, qui commencent en mode angélique caverne de glace, pour évoluer dans tous les sens. C’est ultra épique, fragilité vs violence sourde, des bleeps mortels, des mélodies qui surviennent pour te lécher la nuqe et te faire vibrer. Ca fait drôlement penser au disque “Does It Look Like I’m Here” des Emeralds, qui avait démonté tous les tops 2010 (sauf le mien, j’étais en retard)

Je disais que  Blanck Mass, c’était de l’ambiant urbain, malgré le parti pris de faire un disque proche de la nature (oui vraiment). Genre, je marche dans la ville et je me sens bien sous les immeubles, cette tristesse collective encensée à la télé par des sociologues enfumés sur les plateaux, à marivauder comme des salops sur le corps sans vie de notre humus sociétal. Il est vrai, certes, qu’une vie se consume moins vite qu’une cigarette, mais les deux ont au final le même arrière gout de goudron, cette façon de partir en fumée sans que dieu n’agisse, cendrier offrant hospice et escapades vers un avenir radieux. C’est les néons, c’est l’alcool, c’est la musique forte, entrée colmatée par le stupre et l’interdit, seul oasis de paix bruyante, sphère coupant des radiances ramonées et usantes du monde professionnel. Au moins, voir même plus. Qu’est ce que l’on peut écrire comme conneries en 30 secondes, mode automatique, en laissant courir ses doigts sur le clavier d’une façon presque inconsciente ! En fait, c’était surtout pour gagner des lignes, faire genre l’article est long, même si j’écris sur du vide depuis tout à l’heure.

Alors sinon, on avait quoi ? Ah oui, j’avais fais un truc super, dualité entre les morceaux très calme et les agités décris au dessus. Et si certaines tirades ambiant sont ronflantes (on pourra se passer de Sub Serious ou Weaking Flier, énième track ambiant avec des synthés et des oiseaux qui font piou-piou. D’ailleurs, une vraie discrimination dans l’ambiant, il faut dénoncer ! pourquoi toujours des oiseaux ? et pas chats ? des chats, ça pourrait être mortel sur des synthés. Un ronronnement, ce n’est pas le truc le plus cool à écouter ?), d’autres sont drôlement belles. Fuckers, c’est mon morceau favori du disque. Il ne se passe pas grand chose, mais c’est 20 couches de synthés qui s’entortillent les uns sur les autres. Avec des voix et autres hululements fantomatiques. On croirait écouter 10 morceaux de Panda Bear mis les uns sur les autres, et passés en slow-motion. Chernobyl (il n’est pas à la page le mec) est assez bien foutu aussi, très émo, un peu Moby (les bons morceaux lunaires de ce dernier). Ou Raw Deals, mélange entre Animal Collective et Prodigy (si si, ça me fait penser à Skylined), mais après avoir pris une tablette entière de Sulpiride.






Disque d’ambiant, oui. Peu ou pas de rythme, synthés nonchalants, grésillements en tout genre, morceaux souvent bien longs, qu’on ne s’y trompe pas. Mais Blanck Mass modèle son ambiant comme Fuck Buttons crachait sa Noise : En le chargeant à grand renfort de mélodies, de montées épiques, et d’un pendant presque pop. Les puristes crieront de nouveau au scandale, mais pour ceux qui aiment que ces genres s’ouvrent un minimum, ce Blanck Mass, c’est de l’or en bar. Plus proche d’un Emeralds que d’un Tim Hecker, John Power se la joue peinture de fresques épico-émo, pas si éloignées de ce que pouvait faire le duo. Tu prends un morceau du groupe, tu le décortiques comme une crevette en enlevant toute jouissive esbroufe et surplus, et cela te donne du Blanck Mass. C’est moins rigolo, moins fou, moins bourrin, mais c’est pas trop mal non plus lors d’une nuit sans sommeil.

Bref, on n’est pas près de réentendre des hurlements dans une production Fuck Buttons (ma grande tristesse) mais niveau mélodies electronica qui cassent l’échine, avec ce Blanck Mass, on est servi.






Blanck Mass – Land Disasters by In House Press





10 Titres – Rock Action

Dat’




  • Share/Bookmark
  1. staphi Says:

    j’adore vraiment ce genre de son, au grand désespoir de pas mal de mes potes, qui du coup s’emmerdent grave en fin de soirée quand je mets des trucs comme ça pour tripper.

    Du coup, la plupart du temps j’écoute ce genre de trucs seul et au casque, ce qui est bien mais pas top, car je trouve que l’ambient avec de grosses enceintes et un bon volume sonore peut dégager beaucoup de puissance malgré l’absence de rythme.

    Une fois de plus merci pour la découverte.

  2. Dat' Says:

    Pareil, moi aussi !
    A dire vrai, ce genre de musique, je n’aime pas rééllement écouter cela au casque… Je préfère sur de bonnes enceintes, pas forcément à fond, mais surtout en pleine nuit quand je glande sur mon pieu ou devant mon ordinateur ahah

    Dat’

  3. Nico' Says:

    Salut,

    Je réecoutais du Fuck Buttons aujourd’hui et je me suis dis “mais ça fait un petit moment qu’on entend plus rien d’eux tiens”. Et là hop je tombe sur ce Blanck Mass. Je n’adhère pas à tout mais certains morceaux (comme Chernobyl) me font planer mais grave planer.

    Je faisais donc un tour sur le net des différents avis (plusieurs voir la majorité n’était pas convaincu par ce projet). Et là je tombe sur ton article et ça me rassure, ce que tu dis me parle et j’acquiesce pour beaucoup de chose. Ton écriture est agréable en plus (enfin comme tout critique musical, tu pars parfois un peu trop dans des tripes).

    Bravo pour l’article. Problème maintenant c’est que ça a réveillé mon envie de voir des nouveautés de Fuck Buttons ou qui sait un live mais pour le moment c’est “silence radio”.

  4. Tai game thien long bat bo 3D Says:

    Its difficult to acquire knowledgeable folks on this topic, nevertheless, you be understood as you know what youre dealing with! Thanks

  5. Tai game do sat mobile Says:

    I have been exploring for a little bit for any high quality articles or blog posts in this sort of space . Exploring in Yahoo I eventually stumbled upon this web site. Studying this info So i am happy to express that Ive an incredibly just right uncanny feeling I found out just what I needed. I such a lot for sure will make sure to do not fail to remember this site and provides it a look a relentless basis.

  6. Tai game bay ga xam lang Says:

    I was suggested this web site via my cousin. Im not certain whether this submit is written through him as no one else realize such targeted about my problem. You are incredible! Thank you!

Leave a Reply