Raoul Sinier – Covers


The night, the bay & the messenger



On savait déjà que Raoul Sinier était balaise au niveau des remixes ( son excellente relecture de Shook Ones Part II, son mix pour Goutes Mes Disques….) et maitrisait l’exercice des covers, via son Ep Cymbal Rush / Strage Teeth & Black Nails, qui contenait une excellente refonte d’un morceau de Thom Yorke. Car quand Raoul Sinier s’attaque à un morceau, il n’est pas du genre à brancher sa webcam et sortir sa gratte acoustique pour miauler sur youtube. Il balance tous ses synthés les plus massifs, sa guitare bien cradingue et ses effets sonores de l’apocalypse. On en avait parlé avec lui il y a quelques temps, le parisien aime les accidents sonores, les explosions électronica et les excavations expérimentales. Mais il voyait plus loin, et depuis deux albums, avait élargie son univers via le chant, tout en balançant ici et là deux-trois covers ultra reussies.


Quand on voit le projet Covers de Raoul Sinier apparaître, on commence à se marrer un peu, rongé par la curiosité sadique d’entendre Raoul Sinier, passé maitre dans la torture de ses machines, reprendre du Prince ou du Metronomy. Il n’est pas vache le Raoul, il file le tout gratos, un vrai LP de covers, 11 titres pour 50 minutes de musique où il arrive à attirer des mecs comme Jimmy Hendrix ou Portishead dans son univers tout fracassé. Car c’est bien là la force de cette compile : de complètement transformer des morceaux que l’on connaît tous, et de les noyer dans l’univers de Raoul, pour former un tout ultra homogène, ce qui est un petit tour de force vu l’origine des morceaux, qui n’ont aucun rapport sur le papier.







Dans ce recueil au bien bel artwork, on trouvera donc les beaux Messenger (de Blonde Redhead ) plongé dans les claviers fantomatiques, le dinguo Sin In My Heart qui se trouve encore plus dérangé que dans l’original, ou une épileptique refonte d’un titre phare de Jimmy Hendrix. Ok, on grincera un peu des dents sur la relecture du Joga de Bjork, seul raté de cet ensemble de covers (avec le Doors un peu anecdotique), mais en même temps, difficile de suivre le duo Mark Bell/Bjork.
Et puis on entendra surtout un Raoul Sinier qui se lâche complètement, et accouche de refontes bien cool : L’imparable Bela Lugosi’s Dead, qu’il arrive a transformer en tube dissonant, tout en réactualisant un peu le morceau de Bauhaus. Radiohead est aussi pimpé à la sauce 8bits, pour partir dans un refrain à base de chapelés de synthés cristallins, à te vriller la colonne vertébrale (la puissance du truc à plein volume est à crever, vraiment mortel). On s’attaquera même à l’ultime The Rip de Portishead, plongé dans l’ultra électronique, un morceau qui va comme un gant à Ra, à base de synthés ultra nauséeux et envolée dans les nuages.

Mais les trois covers les plus réussies, celles qui te filent des petits frissons dans la nuque, tellement elles sont éloignées des originaux et parfaitement maitrisées sont :
Celle de Prince tout d’abord. Déjà, Raoul Sinier qui reprend du Prince, c’est pas piqué des hannetons, et rien que pour ça, la tape mérite d’être téléchargée, tellement le principe est gonflé. Le morceau ultra sexy et langoureux se transforme en pépite electronica froide et dérangée, avec un putain de break lumineux flirtant avec le chaos sur toute la deuxième moitié de la track, à te dresser les cheveux sur la gueule. Le passage le plus mortel de ce LP gratos, un vrai tour de force. Tu prends Prince, tu lui coupes les couilles, tu lui fout une camisole en le bourrant de médocs, et tu le laisse se jeter en hurlant sur les murs de sa cellule capitonée.

The Night, de Morphine (que je ne connaissais pas) est tellement dans l’univers de Raoul Sinier, qu’il pourrait avoir été glissé dans son Guilty Cloaks sans problème. Orgues électroniques, break fracassé, progression presque religieuse. L’un des morceaux les plus réussis de la tape, super beau et mélancolique. (L’original est superbe aussi, j’aurai découvert un truc comme ça). L’intérêt de la cover est ici encore cristallisé, car le morceau de base n’est nullement éléctronique, et le gap de style entre les deux productions est énorme.

Et il y enfin The Bay de Metronomy, absolument hystérique, pour reprendre un morceau original qui transpirait le swag et les cigares au bord de la piscine de ta villa.  On croirait presque que la cover est ratée au départ, sur le premier couplet, avec ces notes toutes bizarres et décalées. Ca met un peu mal à l’aise, on ne sait pas trop à quoi se raccrocher. Mais dès le refrain, c’est la fin du monde, avec un synthé ultra massif, pachydermique, qui détruit tout sur son passage. Raoul Sinier hulule comme un dingue, les claviers s’envolent, deuxième couplet, on a compris le truc, doigts qui claquent, des mélodies se greffent au rythme bizarre et c’est putain de beau, on chante pour accompagner le tout, énorme tube pop complètement malade. La fin est apocalyptique, mortelle, où comment prendre un morceau imparable et le passer au lance-flammes.



Voilà, Covers LP de Raoul Sinier, c’est gratos, c’est beau, c’est gonflé, et à télécharger ici :



>> http://www.raoulsinier.com/-Raoul_Sinier-Covers.zip






Metronomy – The Bay (Raoul Sinier cover)






11 Titres – Self Released

Dat’

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  1. Neska Says:

    Excellent projet ! Déjà écouté plusieurs fois… du très bon taf, de la haute voltige, comme toujours.

    Sinon, je constate que le mot “swag” est à la mode en ce moment. On gagne des sous quand on l’écrit ou on le dit ce mot ou quoi :) ?

  2. Dat' Says:

    ahah justement, c’est pour cela que je l’ai utilisé, c’est quasiment rentré dans le langage commun, ce qui est plutôt marrant…

  3. Anonymous Says:

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