Top Albums 2021 – Rétrospective


> Top albums / Rétrospective 2021



L’année 2021 étant quasi similaire à 2020 en terme de confinement et temps passé à rien foutre la nuit, ce fut encore l’opportunité de convertir ses journées de télétaff en heures supp Soundcloud et Bandcamp. Comme pour 2020, j’ai la confirmation que d’écouter de la musique pendant 8 heures, c’est en fait bon pour la santé.

Ce top est à nouveau fortement influencé par le fait de rester chez soi à rien branler, avec pas mal d’albums qui annihilent la notion du temps qui passe. Il y a eu pourtant de sacrés bons albums en 2021

Comme d’habitude, ce top ne reflète que mes écoutes personnelles, n’a aucune ambition à prôner le bon goût, et vous aidera simplement à dépenser l’argent cadeau de mémé sur bandcamp (A nouveau, veuillez excuser la prose hésitante, voir un peu dégueulasse, de ce top, je n’écris en français une fois tous les six mois).

Il y a donc ci dessous: un top 12 albums 2021 sans distinction de genre, les Best Tracks 2021, les LP de r’n’b-hiphop chelous qui ont dominés 2021, les meilleurs à venir en 2022/2023 et le reste des tracks en feu de 2021.






> TOP ALBUMS 2021




– Floating Points & Pharoah Sanders & London Symphonic Orchestra – Promises

Cet album est tout en haut de mon top, pour une raison simple: l’énorme explosion qu’il a créé dans mon cerveau à la première écoute. Lancé dans mes enceintes de façon mi-sceptique mi-indifférente, Promises a complètement désintégré en quelque secondes ce qui se passait autour de moi, fixant mon âme sur ces petites notes cristallines que l’on entend dès l’entame. Plus rien d’autre n’existe quand tu écoutes ce disque. Il y a juste cette mélodie fragile qui nous servira de guide, que l’on entendra (quasiment) tout le long de cette fresque de 45 min, et qui nous tiendra la main façon ICO, sans jamais nous lâcher, pour nous accompagner dans une aventure peuplée de caractères forts (le saxophone de Sanders, les cordes du London S. Orchestra, les nappes à la blade runner de Floating Points), et de personnages annexes (les babillements vocaux, les silences, les crissements, les hululements de synthés).
Ce disque m’a fasciné (“Mouvement 1/2″), fait sourire (“Movement 4″), pleurer (“Movement 6″), planer (“Movement 7/8″), il m’a émerveillé tout du long, et semble à chaque écoute me téléporter dans une pièce coupée de tout, où seule la musique compte. Cet album est aussi tellement bien produit, à la qualité de son tellement aboutie, qu’il est aussi clair et impactant de l’écouter sur des enceintes massives que via le haut parleur d’un pauvre iphone laissé sur un coin de table. Surement la plus belle fresque electro-émotionnelle de 45 minutes depuis le Melancholie de B.Fleischmann. Hallucinant.


– Fred Again.. – Actual Life 1 (April 14 – December 17 2020)

Depuis deux années improbables à être forcé à ne quasiment rien faire, il a eu de nombreux moments où, entre quarantaines et soirées sur le balcon à regarder les étoiles, une envie irrépressible d’écouter un album lumineux, enjoué et pourtant sacrément mélancolique pointait le bout du nez. Un disque bourré de voix tristes, de mélodies émo, de claviers cristallins, un truc presque trop nostalgique pour être honnête, qui te donne envie d’écarter les bras et sourire en dansant comme un con sous les réverbères à 3h du mat, en rentrant d’une soirée quasi-clandestine chez des potes.
Ce Actual Life, couvrant musicalement une première année de pandémie (Fred Again.. en sortira un deuxième pour 2022, légèrement moins fort), serait presque le grand écart parfait entre l’isolement / spleen d’un Burial frôlant avec la pop, et la candeur lumineuse des vieux albums de Moby. Certains brocarderont ce disque comme étant trop facile, trop direct (un peu comme Moderat à l’époque), d’autres tomberont directement amoureux d’un LP aussi beau et pur que l’ivresse d’une soirée tristoune post-rupture. Actual Life pue la solitude, la ville la nuit, les rencontres entre amis de longue date, c’est limpide, souvent naïf, et au final indispensable.
Comme dit en boucle sur le morceau “Julia”, “I’m deep diving in your emotions, and I fucking love it”.


– Walt McClemens – Hole in the fence

L’autre claque quasi-mystique de 2021. Le concept est simple: tout est une histoire de mélodie. Walt McClements prend son accordéon, empile des effets chelous et des synthés (?) à n’en plus finir, pour te balancer des fresques electronica-ambiant-droguées hallucinantes, belles comme la nuit, ultra émotionnelles, qui n’en finissent plus de monter, jusqu’à te prendre à la gorge et te laisser pour mort.
Walt McClemens semble avoir dessiné ces compositions en ayant en tête les voyages vagabonds et le spleen des brèves rencontres charnelles sur lieux de cruising, mais je vois surtout cet album comme une sorte de remix émo d’une BO de film spatial contemplatif à la Ad Astra. Se laisser porter dans le noir infini de l’espace, à planer entre astres et planètes sur des notes d’accordéon va devenir mon nouvel objectif de vie. Certains morceaux, comme “Tresholds” ou “Climb” sont tellement parfaits qu’ils devraient être utilisés comme hymnes officiels de la discipline “je laisse mes pensées mélancoliques vagabonder, en regardant le paysage assis dans un train”. Certes, je suis un grand fan d’accordéon triste, donc je ne suis pas objectif
Hole in the Fence est sûrement l’album que j’ai le plus écouté la nuit en 2021, et il risque de très probablement rester bien calé dans mes playlists nocturnes pendant de nombreuses années.





– Blawan – Woke up right handed

A l’instar de mon top 2020, un EP se glisse dans le top album. Petite filouterie de ma part, mais au vu de la baffe administrée par Blawan, ce disque se devait d’être placé bien haut dans cet article. Encore une fois avec l’anglais, pas de fioriture, on est dans le pur terrorisme musical, balançant 5 tubes aussi rudes et âpres qu’une redescente de drogue après s’être fait encorné par un taureau. Légèrement moins techno que son album de 2018, mais tout aussi jouissif, Blawan crache une espèce de UK bass cancéreuse, faisant le grand écart entre l’ultra violence d’un Clark des beaux jours, les vrombissements sous crack d’un Mr Oizo et le côté mélodico-cool des collègues de label Overmono. “Under Belly”, tube absolu de l’Ep, semble célébrer le règne de la techno 4D, un truc qui te secoue les tripes autant qu’il te masse les tympans. Presque dangereux à écouter dans une bagnole sur l’autoroute, tant l’habitacle du véhicule se met à vibrer violemment si le volume dépasse un certain niveau (vraie histoire).
Écouter ce Woke Up Right Handed, c’est se masturber avec du papier de verre tout en écoutant de la musique club, la peau en lambeaux, douché par son propre sang, et aimer ça. Un nouvel album est demandé d’urgence.


– TREN – The rising and setting of the heavenly bodies

J’avais placé dans le fond de mon top de l’année dernière une bizarre video youtube, uploadé en 2019 sans aucun crédit avec quelques milliers de vues seulement, balançant 50 min de techno-émo-mélodique magistrale, d’une beauté absolue, entre club de cathédrale et dancefloor dépressif. Depuis, rien de spécial, à part une deuxième vidéo similaire.
Et boum, sans prévenir cet automne, TREN ouvre un bandcamp et propose à la vente une version officielle de l’album uploadé sur youtube, en haute qualité + version vinyle pour ceux qui veulent chialer pépouze devant leurs turntables. Pourquoi le mettre dans le top si le tout existait déjà sous une forme non officielle depuis 1 an et demi? Parce que ce disque reste toujours aussi dingue, qu’il est qualifié d’album avec une date de sortie en 2021 sur discogs, que l’on peut enfin naviguer entre les morceaux comme bon nous semble et que l’on a plus à se connecter sur youtube ou écouter un vieux rip mp3 pour prendre son shot de techno mélancolique.
J’ai pourtant du écouter des morceaux comme “Funeral Canticle”, “Trembling”, “Positivism” ou le quasi religieux “Sonnet29″ (putain!) des centaines de fois depuis 2019 (si l’on cumule le youtube et l’album). Et je continue de m’émerveiller sur les mélodies de ces synthés et orgues d’outre-monde. Comme déjà dit l’année dernière, ce disque devient un indispensable pour habiller mes écoutes nocturnes, aux côtés d’un This is Not de Metatron ou d’un Self Titled de Burial. Ça veut dire beaucoup.


Ross From Friends – Tread

Ce disque m’a vraiment pris de court. Pas vraiment fan de Ross From Friends jusqu’ici (tout en saluant l’audace d’un nom d’artiste quasi introuvable sur Google), écoutant la plupart de ses projets d’une oreille distraite, j’ai abordé ce nouvel album de façon désintéressé, faute de mieux ce jour-la. La claque fut immédiate: Tread semble se poser comme le disque parfait d’electronica-emo de 2021, bourré de morceaux fous, de cavalcades épiques, de voix pitchées, de synthés trance à chialer… (“Revellers”, c’est la rave pour hypersensibles dansant toute la nuit, les rétines brûlées par des néons roses et bleus. 7 minutes à tuer sur place tout amoureux d’IDM trance-ish).
Si l’album reste majoritairement sur une couleur UK bass, il s’autorise quelques dérapages incongrus mais au combien maîtrisés, entre l’electronica très Warp de “XXX Olympiad”, les samples soul de “Brand New Start” ou la tirade presque BOC de “Morning Sun in a Dusty Room”.
En point d’orgue, un morceau hallucinant, un truc qui m’a arraché la colonne vertébrale à la première écoute, un diamant que j’avais mis en avant sur ma chro sur les algo: “Run”, glissé au milieu du disque, fresque beatless aux claviers mirifiques, qui m’a rappelé mes amours musicaux adolescents, quand j’écoutais à fond du Tepr sur le chemin de l’université. Une pure folie.
Est-ce que Tread est un album révolutionnaire qui va changer le monde? Pas une seconde. Va t’il tranquillement se caler dans les must-have albums de tout amoureux d’electronica-émo aux synthés tristes et puputes? C’est bien possible.





– LOW – Hey What

LOW, groupe le plus consistant de ces 20 dernières années? Très probablement. “Hey What” ne m’a pourtant pas filé une claque aussi gigantesque que son Double Negative d’il y a quelques années, et l’on peut sans trop de risque classer ce nouvel album en deçà des oeuvres absolues du groupe (pas besoin de les citer ici, vu que faire un top sur LOW créé des guerres encore plus intenses que des forums Reddit sur la vaccination).
Hey What est d’ailleurs pas si surprenant/unique que ça, quand on a déjà poncé le dernier album une centaine de fois. Alors pourquoi le claquer dans le top de l’année?
Parce que LOW est seul à faire cette musique complètement folle, cette destruction effarante d’une musique pop lumineuse passée au napalm, de choeurs quasi religieux désintégrés par des saturations inhumaines, terrassantes, encore plus violentes (!) que sur leur précédent opus. Parce que la plupart des morceaux de ce disque font autant chialer que suffoquer (“Disappearing”, “The Price You Pay”, “I Can’t Wait”, “All Night” etc…). Parce que le disque atteint un équilibre étonnant, bizarrement calme sur sa globalité malgré l’apparente sauvagerie, car calant de longues plages ambient entre ses pics de violence extrême. Une expérience qui, comme pour chaque album de LOW, ne laissera pas grand monde indifférent.


– Sameer Ahmad – Effendi

L’avantage de faire son fainéant et de publier son top de l’année écoulée mi-janvier, c’est que l’on a bien le temps d’écouter les excellents disques qui sortent en Décembre. Et le Effendi de Sameer Ahmad en fait partie (ainsi que le LP de La Fève), sorti en catimini en cette fin d’année, avec cette pochette/artwork magnifique, et qui s’est tranquillement glissé dans le podium de mes écoutes 2021. Pour résumer, j’ai passé mon décembre entier avec ce disque en boucle, à en explorer chaque recoins, à en devenir presque soûlé d’entendre le gars me susurrer ses métaphores dans les oreilles. La recette marche toujours, Sameer continue de te balancer ses rimes d’un ton désintéressé en te fumant ses clopes à la gueule, glissant sur les instrues avec la nonchalance d’un vieux skater. En gros, pas de grosse révolution par rapport aux précédents LP.
Mais alors, si Sameer est toujours aussi balaise, pourquoi ce Effendi dans le top, et pas les récents albums des années précédentes? Simplement pour les instrus, ultra-belles ici, bizarrement plus impactantes (pour moi) que celles des LP de 2019/2020. Effendi te claque des prods magnifiques, des boucles lumineuses qui filent des papillons dans le ventre et m’obligent à prendre une bagnole pour conduire sur une autoroute avec le soleil couchant dans le dos. Un morceau comme “Vera Cruz” peut aisément placer son cul sur le trône du meilleur morceau rap fr de l’année.
Sameer Ahmad prouve aussi que l’on n’a pas besoin de sortir un album de 85 minutes et 27 morceaux pour branler les algorithmes.
Ah, et enfin, sortez des posters ou vyniles de cette pochette!


– Joy Orbison – Still Slipping vol.1

On y croyait plus. Après 10 ans d’EP sortis sporadiquement, et un tube absolu en 2011 (!), Joy Orbison déboule sans prévenir avec l’album le mieux branlé du game UK garage/bass de 2021, bourré de petites mandales infectieuses, de boucles mélancoliques et beats claudicants.
La vraie force de l’album (ou de la mixtape, comme indiqué par l’artiste lui même) est qu’il est pensé non pas comme une collection de tracks taillées pour le streaming en mode shuffle, mais comme un vrai LP avec structure narrative, transitions nickel chrome et surtout pleins de petits enregistrements des parents et famille de Joy Orbibi, qui s’incrustent sur la plupart des titres.
Ce qui aurait pu être un concept branlant parasitant le disque magnifie au final le tout, donnant un caractère super chaleureux et personnel à l’album. LP qui peut se targuer d’avoir un dernier tiers absolument fou, avec 4 morceaux imparables, s’enchainant parfaitement et finissant sur un tube UK garage d’une beauté folle, “Still Slipping”, qui donne autant envie de chialer que de danser.





Deadbeat meets The Mole – Deadbeat meets The Mole

Dans ma chambre encore noire, le soleil semble faiblement perler entre les rideaux. Pas certain de l’heure exacte, je me demande si je n’ai pas simplement passé la nuit entière dans mon lit, sans bouger, à attendre le sommeil sans succès. A flotter mentalement, les somnifères paralysent mon corps, mais sans jamais atteindre mon cerveau, cadenassé par l’angoisse, en roue libre complète, torpillé par des images mentales ingérables, qui ne cessent de me tomber sur la tronche comme une pluie d’étoiles. Trop épuisé pour dormir, je décide de me lever et de marcher vers le salon, tenant à peine debout, les jambes raides et engourdis hurlant intérieurement pour un peu de repos.
Stressé par la journée de boulot à venir, me disant que me connecter à cette heure-ci me permettra de trier quelques emails et gagner du temps, j’ouvre mon ordi, qui m’éblouit de sa lumière blanche. Je n’ai rien à faire d’autre de toute façon. Après avoir passé en revue mon outlook, je commence à traîner sur le web au hasard, sans but, comme un mec coincé pendant une heure devant son menu Netflix, ne sachant quel film choisir, malgré les recommandations taillées sur mesure.
Appart trop silencieux, yeux qui brûlent légèrement, je décide de lancer Deadbeat meets The Mole. Cette musique electronica chelou, joyeuse mais mélancolique, me berce doucement. Certains morceaux sont parfaits pour cette heure de transition, fin de nuit, aube aux teintes bleutées. La musique s’étire, j’en perds la notion du temps, et le fait d’être explosé par le sommeil renforce ce côté hypnotisant du tout. C’est beau, enjoué, un peu drogué. Parfait. Puis “Farfisa Hoser Hymnal” commence, et au moment où ce morceau absolument magnifique résonne dans mon appartement vide, je me mets un peu à pleurer. Je suis éreinté, rongé par l’épuisement, à bout de force. Mais je me sens bien. En paix. Presque heureux.


– Baby Keem – Melodic Blue

Ce disque n’a aucun sens. Au vu de la pochette, tu t’attends presque à un disque hiphop-hippy-émo. Raté, Melodic Blue est un disque schizophrène, avec en acteur principal le fils caché de Kendrick Lamar et Koba LaD (sisi) débitant sur une quinzaine de morceaux son amour de la baise et des odeurs corporelles post-coïtales. L’autre spécificité du disque, c’est de pousser l’idéologie du beat switch, en vogue depuis quelque temps, à son paroxysme absolu: un bon tiers des morceaux contenant 2-3 différentes instrues, minimum. Tu te retrouves au final avec un album de 16 titres, mais 40+ beats, ça n’en finit plus de bifurquer, de muter, de passer d’une tirade autotunée pépère à une charge épique en un claquement de doigt. Le tout majoritairement produit par Keem lui-même.
Alors tu te retrouve devant l’un des albums les plus jouissifs de l’année, blindé de morceaux bangers complètement cons (“Pink Panties”, “South Africa”, “Range Brothers”…), de brûlots tubesques fous (“Trademark USA”, “Booman”, “Vent” et évidemment “Family Ties”, l’un des morceaux napalm de 2021) et de petites perles cheloues (“Spacegoats”, “First order of business”, “Lost Souls”). On flirte même avec le Kanye de 808 heartbreak sur certains tirades plus ou moins réussies (“Gorgeous”, “Scars”, “Issues”).
Baby Keem est en roue libre complet pendant tout le disque, avec son flow élastique de mec “bourré à la bourre”, empilant les métaphores de bite et de squirting jusqu’à en être à bout de souffle.
On étudiera sûrement pas Melodic Blue sur les bancs de Sciences Po dans 20 ans, mais d’ici là, le disque aura fracassé bien des auto-radios.


– Ochre – An Eye To Windward

Ce top regorge de musiques à écouter seul la nuit, quand le reste de ton monde dort, vu que les concerts et clubs sont presque devenus des denrées rares (ou interdites). Ochre n’a pas attendu la pandémie pour faire voyager les gens insomniaques à coup de musique electro-éthérée, aux mélodies cristallines et synthés beaux comme la mort, et cela depuis plus de 15 ans. L’un des rares rescapées de la période IDM émo du début des années 2000 à encore balancer des albums de façon régulière, souvent excellents.
An Eye To Windward pousse la recette de l’electronica émo-contemplative de façon encore plus poussée: fini les morceaux épiques space-opera de Project Caelus, ou les rythmiques claudicantes un peu glitch de ses anciennes galettes. Ce nouveau disque est fait pour l’amour de la mélodie, et seulement la mélodie.
Amoureux de petites fresques electronica belles à chialer? Et bien voilà un vrai album te racontant une histoire pendant 10 titres, aux facettes multiples, à l’émotion poussée au max, avec certaines lignes de synthés qui filent la chair de poule en deux secondes chrono (sublimes “First Builders”, “Rising Tides”, “Fata Morgana”, “Diapause”…). Avec en point d’orgue “A Current Under The Sea”, gros choc, qui peut se targuer de balancer la plus belle mélopée idm de 2021, à rendre des mecs comme Plaid gravement jaloux. Ce disque me fait presque penser à un DLC musical de Outer Wilds (magnifique jeu -diamant?- indé qui me marquera à vie), c’est dire le compliment, vu la BO parfaite du jeu.
En bref, Ochre te fournit une cargaison luxueuse de morceaux à écouter la nuit en regardant les étoiles, laissant tes pensées divaguer sur le paradoxe de Fermi.




> – Contenders 2021: Ils auraient du être dans le top mais y’avait pas la place.



La Fève – ERRR – la trap mélancolique fr dans toute sa splendeur, court et efficace, avec en prime de biens belles prods.

U-ziq and Mrs Jynx – Secret Garden – excellent disque d’electronica façon age d’or Warp/Rephlex, c’est simple, c’est beau.

King Gizzard & the Lizard Wizard – Butterfly3000 – J’ai eu du mal à le garder hors du top celui là, génial album pop électro d’un groupe qui n’en finit plus de surprendre, et surement leur meilleure sortie depuis quelques temps.

Duke Deuce – Duke Nukem – l’album rap de 2021 pour se défouler jusqu’à en perdre connaissance.

AGT RaveCru – Advanced Ganymede Tech – disque complètement débile et jouissif, en mode sale rave qui tabasse dans les caves clandestines.

Koreless – Agor – j’ai cru au début à un album de Blanck Mass en plus mélodique et éthéré. Un sacré bon disque pour de longues balades en ville la nuit.

Feral – The End – un excellent album d’abstract hiphop émo glitché, avec un morceau absolument magnifique au milieu, God’s Country.




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> TOP SONGS 2021:




LIL MARIKO – CATBOYS: C’est bon, on a le morceau du futur. La musique de 2028. Le vrai Cyberpunk. Celui où il n’y a plus de préférence sexuelle, où tout le monde baisera avec tout le monde directement dans la rue avec des toys mécaniques, où des néons géants proposent des services sexuels non-binaire & tarifés dans le métro. Le monde de bientôt où, sur une prod trap phénoménale (ici de Full Tac), des petites nanas asiatiques de 42 kilos hurleront des insanités, parlant de défoncer à coup de godes ceintures des anus de mecs déguisés en chat, avant que le gars, en chialant, demande de lecher les impuretés maculant le sol. Le tout sur des adlibs d’un autre monde, entre “miao miao”, “birth control !” ou “fuck up his butt / maybe I could clear my schedule?”.
Le tube vicié de 2021, oui, mais surtout blueprint/modèle des gros succès mainstream pour les années à venir.

DINOS & BENJAMIN EPPS – WALTHER PP: Niveau prod, on tient la plus grosse claque du rap fr cette année, avec ce beat affolant, instrue cancéreuse semblant sortir directement d’un Duntisbourne Abbot Soulmate, plutôt que d’un type-beat trap trouvé par millier sur youtube. Benjamin Epps et Dinos sont en feu pendant 3 minutes, filent mandales sur mandales sans te laisser une seconde pour respirer, ça switch entre les deux bonhommes toutes les trois phrases, les mecs te prennent en otage, te jette de l’essence sur la tronche et te laissent pour mort à la fin de la track. Mettre du “pe-ra fort tard la night”, c’est quand tu veux avec un morceau pareil.

DE SCHUURMAN – NU GA JENSEN: L’attentat sonore de 2021, le morceau qui à calciné les cerveaux en manque d’ivresse club, le coup de genoux dans la tronche des dancefloors. Rave ou zumba, De Schuurman, il ne choisit pas: il te hurle sa musique à la gueule et t’oblige à te jeter contre tes murs en guise de chorégraphie. Faire un TikTok sur ce morceau, c’est simplement balancer ton iphone par terre et le piétiner en rythme jusqu’à explosion.

HYACINTHE & Brö – FLUIDE: Le spleen en soirées est une notion qui n’existe quasiment plus depuis 2 ans, vu que l’on est triste partout, et qu’il n’y a plus de club nul part. Alors Hyacinthe, accompagné de Brö, te rappelle au bon souvenir des néons rouges et danses nonchalantes, des corps qui s’emmêlent, des basses qui flinguent les tripes, des envies d’un soir noyées dans l’alcool. “Le monde s’effondre, alors on se venge en vivant”, qu’ils disent. Fluide, c’est le club de strip à 3h du mat’, un peu bourré, la larme à l’œil.

ATEYABA – SEKHMET:: on ne sait plus trop ce que fait Joke/Ateyaba, il nous a un peu perdu, ça sort des EP random sans prévenir, ça annonce des albums en anglais, ça crache sur tout le rap fr en mode nihiliste. Alors histoire de rappeler qu’il est sérieux, il te balance de façon inattendue un brûlot hors de contrôle, une intro façon Ghengis Khan qui déboule sur ta ville et tabasse tout ce qui bouge. L’instrue donne l’impression d’écouter de l’electro-cloud à l’arrière d’une Subaru tunée en plein drift. Le mec a tellement la rage que l’on hésite à appeler la police après chaque punchline. Le tout fait autant de dégâts dans nos tympans que le laser géant des aliens dans Independence Day. Chaud.

BARKER – POLYTELY:: Polytely, c’est quand un névrosé veut faire une track club, mais écrémée au maximum, réduisant tout, et ne garde que l’émotion. Barker balance au détour d’un mini Ep l’une des plus belles tracks de l’année, une longue fresque cristalline qui n’en finit plus de grandir, d’enfler sa mélodie première, belle comme la nuit. Il n’y a pourtant pas grand chose dans ce morceau, un simple synthé qui claque ses notes à n’en plus finir, et ça fait pourtant un effet bœuf. Barker, scientifique romantique. J’ai écouté ce morceau plus de 100 fois cette année, mon compteur d’écoutes est au bout du rouleau, donc un nouvel album est demandé dès que possible, s’il vous plaît.





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> 2021, l’année du r’n’b-electronica-experimental-hiphop-chelou top niveau (certains auraient pu se glisser dans le top plus haut):




La charge épique: Dawn Richard – Second Line – sans cette catégorie supplémentaire, ce disque de Dawn Richard aurait pu se caler tranquille dans le top plus haut. Complètement fou, aux visages multiples, cet album traverse mille émotions, de la house glossy du début aux teintes depressivo-synthétiques de la deuxième partie du disque, en passant par quelques sons plus guerriers ou tubesques, Dawn Richards balance sans fléchir l’un des meilleurs albums de r’n’b-electro de ces dernières années.

Le jeune et jolie: Pinkpantheress – To hell with it – très bref bonbon musical de 10 morceaux (et seulement 19 minutes), To hell with it coche pourtant toutes les cases de mes plaisirs coupables: Uk Garage/2step sautillant et voix pop mélancoliques. C’est trop concis pour broyer les colonnes, mais surtout trop court pour se lasser. Alors on écoute le disque ad nauseam, encore et encore, dès que l’on a 20 minutes à tuer.

Le flegme froid: John Glacier – Shiloh – disque bien bizarre de vignettes mi-r’n’b mi-hiphop, où John Glacier (anglaise inconnue au bataillon avant ce disque) débite ses textes désabusés avec un sacré aplomb pour un premier album. La spécificité du LP, c’est que l’émotion ne vient pas vraiment de la voix mais des prods de Vegyn, tortueuses et salement glitchées, sans jamais être opaques. Seul regret, de taille, le magnifique “On Formulation”, meilleure track du disque, ne dure qu’une minute…

La dépression sourde: Chynna – Drug Opera – premier album posthume ultra sombre, qui tabasse aussi violemment qu’un coup de coude en slow motion. Entre le débit implacable, malgré voix cassée, de Chynna, et les productions qui vrombissent hardcore, comme une armée de motos en bas de chez toi. C’est énervé, sépulcral, sans espoir. Avec au milieu un interlude franchement dur à écouter. Ca pue la drogue, la haine et la dépression, ici malheureusement jusqu’au point de non-retour.

Le neurasthénique coincé chez lui: Dawuna – Glass Lit Dream – album de r’n’b décharné, quasi susurré, ou la seule lumière du disque doit provenir de l’écran d’ordi utilisé par Dawuna pour enregistrer le tout. Au vu du disque, qui s’emboite parfaitement de titres en titres, on pense voir un mec dans un sous sol, prostré sur son micro, à crooner de façon désespérée sur des boucles électroniques sous codéine. C’est pourtant sacrément beau, et m’a rappelé le meilleur de Super-Collider (en moins expé) ou de la première tape de The Weeknd (en moins pop). Un album qui aurait pu se caller dans le top du dessus sans forcer.





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> Les années 2022/2023 seront pour: Snorunt, Eartheater et Arca




Snorunt & dj33needler: : Soyons clair, le morceau Postbad de Snorunt & 33needler est le tube français caché de l’année. Le boss de fin après “le boss de fin”, la forme finale, le level bourré d’embûches en “new game+”. Comme si AG Cook avait décidé de créer son label pc musik dans cette belle ville qu’est Le Mans, et enregistrait tous ses sons enfermé dans son appart rue Paul Ligneul, après s’être fait largué méchamment la semaine précédente. Suivant la découverte de ce morceau, j’ai poncé les soundcloud et les EP, ça m’a fait frôler la crise d’épilepsie, la bave aux lèvres, les larmes sur la gueule. Snorunt c’est la prochaine reusta française underground au cœur brisé, bientôt sur The Voice, Stromae en PLS jaloux de voir ce nouveau génie débouler de nul part. Je ne sais pas pourquoi sa musique m’attire, c’est devenu maladif.

Eartheater:: Quelle année pour la New-Yorkaise. Après un album hallucinant en 2020 (Pheonix: Flames) qui, je pense, restera dans mes disques préférés de cette décade, et une version “screwed and caretakerisée” du même disque en début 2021, Eartheater n’a sorti que quelques morceaux, présageant un futur album du tonnerre. Entre un “Scripture” magnifique, façon trance-trap triste, un “Joyride” en mode hiphop vicié experimental, et un “Sugar Spice” avec le dément Ize qui traumatisera tout voisin sur un paté de maison entier, Eartheater semble nous preparer pour un 2022 toujours aussi covidé, mais foutrement épique. Et que la star de ma life nous balance un Trinity 2.0, en mode trap émo synthétique, ou un nouvel album perché au concept inattendu/inexplicable, j’attends le cœur battant, plein d’espoir.

Arca:: Oui, c’est étonnant de mettre dans une rubrique “ca va défoncer l’année prochaine” une artiste qui vient de sortir 4 albums il y a deux mois (!) et qui est apparue sur mille prods différentes. Mais c’est justement pour ça que j’ai sacrément hâte de voir Arca en 2022. Après ce roll out de folie de 4 albums qui ressemblait autant à un coup de génie qu’un simple “data dump”, je ne peux qu’attendre avec avidité la suite que cela soit via un possible album concept fou, un truc qui casse le mur du son et nous révèle le sens de la vie, ou simplement une réinvention complète du Reggaeton qui la propulsera au même niveau qu’un Bad Bunny.





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> Best video 2021: Injury Reserve – Knees


Morceau magnifique d’un album un peu bordélique, Knees m’a percuté violemment le bide à la première écoute. Pour l’instrue post-apocalyptique unique, pour les flows quasi désespérés des deux MCs, et pour le mood désenchanté du tout. Parce qu’il était probable que ce morceau représente pour une dernière fois Injury Reserve tel que l’on connaît le groupe, après la mort de Groggs.
Alors comment faire de ce morceau un single et un hommage sans tomber dans le pathos? Avec une vidéo toute en retenue, qui semble quasi statique et inintéressante pour les distraits, mais bourré d’émotions et avec un détail crève-cœur pour les regards attentifs. Ce clip fera un effet bœuf aux fans du groupe, évidemment, mais pourra être tout aussi touchante pour ceux qui se lèvent le matin, secrètement rongés par le deuil et suivis quotidiennement par l’ombre d’un proche parti trop tôt.




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> Whao, j’ai écris une vraie chronique en 2021!!!!

Autobiographie Chroniques Auto, ça parle de ma vie et d’algorithmes. Ma vie penche.
TU PEUX CLIQUER ICI POUR LA LIRE OU RELIRE.




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> Les autres super morceaux de 2021, juke box incohérent pour ton premier trimestre 2022


FeralGod’s Country (il aurait du être dans les tracks de l’année lui aussi)
ArcaLuna LLena (mais aussi Prada & Rakata)
Chromedealeraiia (tu reprendras bien un peu d’idm cristalline façon squarepusher?)
Skee MaskCZ3000 dub
GavsborgDomestic Termites Love Rock Music

Kelman DuranAEON II (superbe morceau d’un album légèrement décevant)
Arthrn & BitsuOpuscule
ZelooperzDon’t Leave
Lala&CeToxic (ya pas mieux qu’un banger de Lala &ce)
Baby SmooveTiny Gun

EartheaterScripture (en boucle all winter)
Meridian Brothers & Conjunto Media LunaLa Secta (l’accordeon+cumbia en camisole de force)
Meridian Brothers & Conjunto Media LunaEl Profesionalismo es importante
Logic1000I Wont Forget
YeatGet Busy (le rap par le meme, sur instrue game-boy)

DJ LycoxMomentos Unicos
Casey MQTears Left (meilleur remix émo de 2021)
Kyari Pamyu Pamyuキャンディーレーサー (toujours princesse, Pamyu)
Vince StaplesLaw of averages (incroyable morceau et instrue)
LeatherphaceFall (phall)

Space Afrika feat Black ChainB£E (l’émotion, forte)
J BalvinYonaguni
KorelessBlack Rainbow (les frissons à chaque écoute)
La FèveSaoulé

MoussaHembebek
Bogdan RaczinskiNowhere Stair (how cute?)

Caroline PolachekBunny is a rider
Kanye WestJesus Lord
SCHLoup Noir
BushiQatari (un poison ce son, on veut l’album)
Quit LifeReverie (chialer sur de la trance émo)

Andrew PrahlowThe First Seekers
SouffrancePériphérique (court métrage audio, pas besoin de VR pour s’y croire)
FrenetikInfrarouge
HalseyBells in Santa Fe (boum, merci Trent)
Partiboi69Freaking you out

Moonshine, Sarah Kalume, Uproot AndyLelo
L-Gante x Damas GratisPistola Remix
ZiakBadman Trip
Snoruntpostbad (ノ◕ヮ◕)ノ*:・゚✧
Magdalena BayChiari (morceau sponso par la nasa, qui file au grès des planètes avant de s’écraser sur le soleil)

RenslinkCuriosity is a type of youth
ZooMovement
Nil HartmanNonymous
RXKNephewSquabble
Princess Diana of WalesExhaust



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  1. MarKerOne Says:

    Toujours un plaisir de lire ta review annuelle. Je n’accroche toujours pas à la moitié de ta sélection et pourtant ce n’est pas faute d’essayer, j’écoute absolument tout avec une oreille attentive même si je dois t’avouer qu’au fil du temps il y a des sonorités qui s’insinuent petit à petit dans mon subconscient. Mais malgré tout, j’ai toujours ce plaisir indescriptible de voir popper dans mon feed ton regard dans le rétroviseur de l’année écoulée. Alors pourvu que ça dure ! PS : Très cool aussi ta dernière chronique sur les algo

  2. Nil Says:

    <3
    Merci, vraiment. Et ravi de te lire. Nos AOTY diffèrent, mais qu'importe 😉

  3. Dat' Says:

    MArKerOne: ah c’est parfait en vrai, merci beaucoup, le top est effectivement bordélique, faut écouter et prendre ce qu’il te plait! si au final l’article permet de faire découvrir ne serait-ce qu’un seul de ces disques, c’est déja un succès! Faire une rétro est important pour moi aussi donc faut que ca dure!

    Nil: Hate d’entendre la suite! Je suis sur que ya au moins un truc commun dans nos tops respectifs, c’est le Barker “Polytely” aha!!

  4. Chavrou Says:

    J’ai enfin pris le temps de tout écouter, et comme chaque année j’en ressors avec mon lot de pépites. Merci !
    Et oui il n’y a pas à dire, ce TREN reste assez fou ! Découvert l’an passé grâce à toi, il me suivra encore pendant un bon bout de temps je pense …

  5. douzirec Says:

    yo Dat , toi osssi porte toi bien ! .

    ben moi pour 2021 c’est trés vite fait :

    – les 4 albums de ARCA qui m’ont totalement réconcilié avec ça music ! car j’avais totalement détesté le LP 1 de cette série .

    – le groupe de rock français Bandit Bandit ( l’intégral )

    – un autre groupe français de cold-wave / new-wave : V o x L o w ” S T ” LP , trés prometteur .

    – puis en fin , un énorme tube français , l’incontournable et déjà un classique : ” Es el Amor ” du groupe Cannibale .

    …voila , rien de plus . ba-bye , douirec .

  6. warreira Says:

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  7. Anonymous Says:

    ɲⱣɼ

  8. Anonymous Says:

    ˣˣˣ

  9. Amano Says:

    Merci pour ton top Dat’, de longues heures d’écoute à suivre, dans la voiture pour ma part!

  10. gercek escort Says:

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