Burial – Street Halo & Kindred
Posted in Chroniques on February 13th, 2012 by Dat'Now my life is sweet like cinnamon, like a fuckin’ dream on Ritalin…
Burial a été presque absent pendant des années pour balancer, au final, pas mal de sorties en moins d’un an: deux Ep en solo (Street Halo et Kindred donc) plus les remixes de Massive Attack (qui ne m’ont pas retourné) ainsi que la très bonne galette avec Thom Yorke et Four Tet. (Je ne vais jamais me lasser de Ego)
Alors, pour l’info, Street Halo et le nouveau Kindred se retrouvent accolés sur la même galette, pour la sortie de Kindred, le tout faisant parti d’une vaste opération de promotion autour de Burial au Japon. En plus de ce Cd inédit nippon, (qui devrait néanmoins se retrouver en import dans les bacs français assez rapidement), le Japon se voit gratifié de la réédition des deux premiers LP de Burial enrichis avec pour piste bonus les EP qui étaient sortis autour de ces deux albums (Ghost Hardware Ep et South London Boroughs Ep se retrouvent disséminés dans les albums en “bonus tracks” dans des éditions deluxes). Le tout accompagnés d’autocollants Hyperdub ou Burial et d’étalages assez conséquents dans les boutiques Tokyoïtes, qui prennent autant de place que pour la sortie du dernier Pitbull ou Rihanna, ce qui fait somme toute assez plaisir.
A noter que ce disque fait 51 minutes au total, ce qui est foutrement bien niveau durée, à concurrencer un album réel.

Burial package & promo
Bon pour Street Halo, j’en avais déjà parlé dans le top 2011, et en plus j’avais déjà écris une chronique que j’avais paumé dans les méandres de mon ordinateur, je ne vais donc pas m’étendre trois heures dessus. On notera juste que Street Halo (le morceau) est assez uptempo, rythme boucherie, qui doit bien martyriser les clubs underground. Plus techno qu’Uk garage, mais toujours avce une forte patoune Burial, ce premier titre tabasse mais reste très beau, et étouffe d’une façon régulière des montées monstrueuses. Burial avait déjà lorgné du coté des stroboscopes avec des morceaux comme Moth ou Raver, mais ce Street Halo se la joue coups de butoirs, space-opera d’impasse lugubre. NYC semble lui tout droit sortir d’Untrue… Sinon je disais qu’il suffisait d’écouter Stolen Dog pour chialer pendant 3 jours tant ce truc est mirifique, et c’est vrai. Il doit etre un des plus beaux titres enfantés par Burial, je trouve ce morceau sublime.
Burial, sur le nouvel Ep Kindred, va travailler dans la durée, et étirer ses morceaux au maximum, voir leur donner des sous parties. On peut balancer de longues introductions donc, renforçant le coté nuits & bitumes si cher à l’anglais. Kindred du haut de ses 11min30, va balancer un Uk Garage rêche, très sec, pas forcément émo-chialant comme l’on a l’habitude de croiser chez le producteur. Ca rappellerait presque les ambiances du premier Lp, ça peut paraître un peu long. Mais le sample vocal va s’envoler, instaurer un vrai dialogue et prendre de l’ampleur alors que la bassline caverneuse s’enroule dans les tympans, le morceau restant beaucoup plus aride que ses dernières productions. Le tout va s’éteindre au bout de 7 min, avant de revenir dans une version cette fois plus aérienne et ouatée, avec un petit synthé fragile qui va faire toute la différence. A part le rythme, le morceau n’est quasiment plus le même, et là c’est bonheur dans ta chaumière.
Par contre, pour Loner, c’est un autre délire. On tient surement ici l’un des tous meilleurs morceaux de Burial, depuis un bail, mais surtout l’un des seuls sortant un peu des sentiers battus. Son synthé d’introduction n’a jamais été utilisé auparavant dans les prods de l’anglais, et semble sortir tout droit d’un Boards Of Canada. C’est putain de beau, tu es déjà convaincu que tu vas adorer le truc. Première minute, un rythme techno old-school déboule, avec kick étouffé et petits handclaps nickels. Voix pitchées et tout le toutim, mais c’est cette énorme ligne mélodique, mi-trance camée, mi-italo disco, qui te casse la gueule. Ca résonne de partout, échos dans la colonne vertébrale, le tout prend se mue peu à peu en mélasse sonore, à tel point que l’on entend presque plus l’ossature rythmique de base. Une tuerie absolue, imparable, avec des voix puputes tubesques à filer le vertige. Encore une fois, Burial emprunte le chemin de la Techno, que j’aimerai plus souvent entendre chez lui, maitrisé comme jamais.
Ashtray Wasp va aussi vriller bien des colonnes, pointant sur presque 12 minutes, à base de vocaux fantomatiques, rythme militaire et voix beaucoup plus concrètes, moins étouffées, presque Soul (“I waaaaant youuuuu” ). On croirait entendre des nappes déjà utilisées dans Untrue, ce qui prouve encore une fois l’homogénéité de Burial (ou son coté j’men-foutiste-je-tourne-en-rond pour ses détracteurs), et à partir de 4min30, c’est à s’arracher le cœur tellement c’est réussi (le passage à 5min50, avec cette rémanence cristalline, au secours mon dieu j’étouffe). Encore plus drôle, le morceau, dans son dernier tiers, va changer là aussi du tout au tout, et va devenir encore plus beau, encore plus mélodique, après une longue pause lunaire. On a d’ailleurs l’impression de passer à une autre track (2 morceaux dans Ashtray Wasp ?). Les deux dernières minutes, avec cette simili-harpe accompagnant des voix toujours aussi hallucinantes, sérieux, c’est à se damner. Ces deux dernières minutes auraient méritées un petit quart d’heures à elles seules, tant elles frisent la perfection. Le mec fait toujours la même chose depuis des années, mais arrive à chaque putain de fois à me baiser l’âme, incroyable.
Car Burial, sur ses deux Ep, n’a pas changé d’un iota, si l’on excepte la digression Loner, un peu plus aventureuse que les autres dans ses sonorités comme dans sa façon de se déplier. Mais les compositions de l’anglais sont toujours parfaites pour avancer la nuit, capuche sur la tête, casque sur les oreilles, à 3heures du matin, au milieu d’une ville brulée par les néons. Ou pour faire l’amour, au choix. Mais ce qui frappe sur Street Halo / Kindred EP, plus encore que sur les vyniles avec Thom Yorke et Four Tet, c’est ce sens du détails, encore plus poussé. Chaque son est millimetré, chaque seconde semble taillée à l’extreme, Burial semble avoir passé des mois à taffer un seul morceau, hypothèse pas si invraisemblable quand on sait combien de fois les sorties du bonhomme ont été annonçées, repoussées et attendues. Encore une sortie indispensable pour les fans du genre, avec en plus un morceau qui pourra même convaincre les réfractaires au son Burial (la track Loner) et une fin de morceau absolument immense (les 2 dernières minutes Ashtray Wasp), sans coté le déjà classique Stolen Dog.
Ce mec est vraiment trop balaise. Merci les néons, merci le bitumes, merci les grands immeubles, merci les impasses londoniennes degueulasses. Belle ville de nuit, continue d’inspirer Burial pour un prochain album, on te revaudra ça.
Burial – Loner
Burial -Stolen Dog
6 Titres – Hyperdub / Beat Records
Dat’
















































