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	<title>Les Chroniques Automatiques</title>
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	<description>Les CDs de la Chronique automatique...</description>
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		<title>Boards Of Canada &#8211; Tomorrow&#8217;s Harvest</title>
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		<pubDate>Sun, 16 Jun 2013 19:30:20 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[boards of canada]]></category>
		<category><![CDATA[Reach For The Dead]]></category>
		<category><![CDATA[sympa le nouvel album maintenant venez chez moi manger une pizza]]></category>
		<category><![CDATA[Tomorrow's Harvest]]></category>
		<category><![CDATA[Warp Records]]></category>

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		<description><![CDATA[Éons dans les néons Toi comme moi, on a attendu ce moment depuis un bon bout de temps. Au final, le précédent Boards Of Canada étant sorti quelques mois avant que j’ouvre les Chros Autos, je n’avais jamais eu le plaisir de chroniquer une sortie de BOC. Oh, je m’étais bien permis un petit article...<br/>  <a class="readmore" href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2013+boards-of-canada-tomorrows-harvest.html">Lire la suite</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><br class="spacer_" /></p>
<p><span style="color: #ff0000;"><strong>Éons dans les néons</strong></span></p>
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<p>Toi comme moi, on a attendu ce moment depuis un bon bout de temps. Au final, le précédent <strong>Boards Of Canada</strong> étant sorti quelques mois avant que j’ouvre les Chros Autos, je n’avais jamais eu le plaisir de chroniquer une sortie de BOC. Oh, je m’étais bien permis un petit article rétrospectif lors d’une nuit blanche, mais à part ça, je faisais parti de ceux qui pensaient que les deux écossais ne ressortiraient jamais un Cd. Même un nouveau Lp de My Bloody Valentine me semblait plus crédible qu’un retour du duo mythique de Warp. Au moins, chez les shoegazeurs, il y avait des spasmes et rumeurs crédibles. Là, rien, que dalle, à part quelques rumeurs miteuses distillées en collier d’arlésiennes. Et boum, sans prévenir, un disque de 12 secondes atterri dans quelques magasins du monde, on pense à une blague, un hoax. Puis la campagne marketing prend forme, astucieuse, entre pistes underground-geek (le site internet à codes), speed-dating pour hippies (la transmission dans le désert), rencontres hype (le vin blanc) et quelques coups de maitre mettant Boards Of Canada sur le même plan que Kanye West ou les Daft Punk (la diffusion du single sur écran géant à Tokyo). Au final, deux légendes du label Warp font leur retour en 2013 (BOC et Jackson and his computer band), sans crier gare, et sans réel signe avant-coureur, et ça nous fait du bien. </p>
<p>Alors, ce <strong>Tomorrow&#8217;s Harvest</strong> allait il, lui aussi, sentir la mélancolie nauséeuse, les souvenirs brouillés, les enfants sur balançoire en slow motion ? Les teintes sépia, les vieilles photos mentales, la drogue à réminiscences ? Les feux de bois sur plage, les nuits blanches, les amis perdus ?</p>
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<p><img alt="" src="http://www.chroniquesautomatiques.com/wp-content/uploads/2013/06/Boards-of-Canada-Tomorrows-Harvest-1024x1024.jpg" title="BOC TH" class="alignnone" width="450" height="450" /></p>
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<p>Impossible de l’ignorer, le premier single annonçait un album bien sombre. Et si la belle pochette du disque montrait un soleil en train de se lever, à l’écoute du disque, les premiers rayons du soleil ne percent qu’à partir de la moitié du disque. Oh, bien sur, le début du LP impressionne, étouffe, emporte. Mais l’on ne s’attendait pas à quelque chose d’aussi poisseux, anxieux, non éclairé. Boards Of Canada, ça n’a jamais vraiment été la foire du trône, mais il y a toujours eu (même dans Geogaddi), cette âme d’enfant flirtant doucement avec les teintes éthérées du groupe. Sur Tomorrow’s Harvest, l’enfant a été remplacé par un adulte désabusé, errant sur un champ de bataille immense et vide, contemplant d’un œil torve la folie des hommes. Drones personnels, synthés dance décrépis, rythmes irréguliers (voir absents), les premiers morceaux de Tomorrow’s Harvest ne manquent pourtant pas de mélodie (<strong>Reach For The Dead</strong>, âpre comme la mort au départ, céleste à la fin… ou <strong>White Cyclosa</strong>, sublime morceau trance-émo désertique, tourbillon qui finira sur un battement de cœur), mais sont loin d’être accueillants au premier abord. Même un morceau typiquement BOC, avec mélodie diffuse et vestiges d’enfance, comme <strong>Jacquard Causeway,</strong> se retrouve ici dérouillé par un rythme pachydermique, à tourner sur lui même à n’en plus finir, nous provoquant presque la nausée. Elles sont loin, les fresques candides gentiment bousculées par un rythme hiphop, les gamins qui courent dans les champs avec des bonbons plein les mains. Sur <strong>Jacquard Causeway</strong>, on est plus proche de la jolie fille aux moignons qui se baladait, esseulée, dans <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2007+µ-ziq-duntisbourne-abbots-soulmate-devastation-technique.html">Duntisbourne Abbots</a>.</p>
<p><strong>Collapse</strong> ou <strong>Sick Times</strong> seront eux aussi plus proche de la dépression et du drone brumeux que des souvenirs amoureux brulés par le soleil. Dans cette première moitié de disque, seul <strong>Cold Earth</strong> apporte un peu de chaleur, malgré son titre. Parfait exercice dans la plus pure tradition de BOC, le morceau convoque âmes et fantômes pour valse romantique, et délaisse les nappes grondantes et claviers simili-trance des tracks susnommées.</p>
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<p>Puis déboule, sans prévenir, <strong>Palace Posy</strong>. Marche militaire claudiquante, étrange divagation hypnotique. On ne se sent pas foncièrement rassuré, c’est toujours aussi nauséeux, oppressant, on suffoquerait presque. Puis le morceau s’étire, se nécrose, et s’illumine soudainement. Première vague de chaleur sur Tomorrow’s Harvest, astre qui perle enfin de la ligne d’horizon, et irradie la plaque, avec cette mélodie belle comme le jour, et ces chants possédés, incantations rassurantes, même si trop cryptiques pour être chantées sous la douche.  Et à partir de là, le disque décolle et quitte le plancher des vaches. On pataugeait dans la boue et la cendre, on frôle désormais les nuages. <strong>Split Your Infinite</strong> nous fait flotter dans l’espace, entre arpèges de synthés et messages de cosmonautes inaudibles, Gravity apaisé et détendu. <strong>Nothing Is Real</strong>, lente montée vers la lumière, morceau qui se rapproche le plus des anciennes divagations abstract du duo.</p>
<p>Et survient le triptyque de fin, hallucinant de force. Le disque monolithe, qui n’était que brume poisseuse et noire, s’ouvre enfin. On ne parle plus de rayons de soleils qui percent la purée de pois, mais bien d’un boule de feu qui recommence à cramer les tronches. <strong>New Seeds</strong> est un putain de tube, une progression folle, de 5min30, qui se construit autour d’une ligne mélodique imparable, à base de synthés planants et cristallins. Avant qu’une mélodie enfantine et ultra émo déboule et nous file un sourire. Le sourire niais, celui que l’on arborait en écoutant des vieux<a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2011+plaid-scintilli.html"> Plaid</a>, <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2013+cum-on-my-selector-9-kettel-jamie-grind-wilo-andrew-bayer-benzel-ryan-hemsworth-ceephax.html">Kettel</a> ou <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2010+link-the-first-link-ep.html">Link</a>. C’est majestueusement branlé, ça file la frousse, mission accomplie. </p>
<p>Mais c’est bien avec <strong>Come To Dust</strong> que l’on se prend la claque absolue. Le morceau qui semble sorti de nul part, détaché du reste du disque, dernière estocade, il nous la faut épique, belle, massive. Avec un rythme abusé, hors normes. Des synthés fous, christiques, à chialer. Et cette mélodie, qui te roule dessus, te tabasse la colonne, viole ton âme et te la balance dans les comètes. Ce morceau m’a déchiré à la première écoute, c’est seulement là que je me suis dis &#8220;<em>merde je vais adorer ce disque&#8221;.</em> C’est ce morceau qui brule le LP, et qui l’explique, qui le révèle. Comme si tout le disque tendait vers cet envol final, vers ce moment où après avoir trop cherché le soleil, on se rend compte que l’on prend feu de toute part. <strong>Semena Mertvykh</strong> s’occupera de balayer les cendres avec une ambiant-drone frôlant la perfection, rémanences de fin de conflit noyés sur les parasites, émotion tout en retenue, impressionnante de force malgré son avarice, en total contraste avec le traumatisme ultra démonstratif précédant.</p>
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<p>Ce disque est une folie. Sans aucun doute. Cela faisait même un bail que l’on n’avait pas eu une galette aussi belle, aussi aboutie, aussi complète sur le label Warp (qui a bien besoin de ce genre de sorties en ce moment). Et si Boards Of Canada fait du Boards of Canada, avec ce que cela implique de bonheur (morceaux sublimes, teintes mélancoliques que l&#8217;on ne trouve nul part ailleurs) et de ratés : les interludes sans grand intérêt de Tomorrow&#8217;s Harvest étant le petit point noir du LP, la majorité de ces mini pistes ne menant à pas grand chose et ne proposant pas de belles mélodies (ne cherchez pas un <em>Kaini Industries</em> ou un <em>Bocuma</em>), ce qui était déjà un problème sur Geogaddi.</p>
<p>Oui, l&#8217;album est beaucoup plus sombre, et beaucoup moins facile à appréhender au premier coup d&#8217;oreille. Oui, il y a une absence qui me brise le cœur : fini les rythmiques hip-hop décharnées qui me ravissaient sur les anciens disques de BOC. Et vu que c&#8217;est le type de morceaux que je préférais chez les Ecossais, je suis tristesse.</p>
<p>Mais le groupe a fait un pas en avant avec ce nouveau disque. Bonjour les synthés trance-émo-cadavériques. Bonjour les rythmes pachydermiques et les structures monolithiques. Il y a aussi, dans ce disque, une confiance folle, un coté sur de soi, implacable, que n&#8217;avait pas le duo auparavant. Boards Of Canada sort un album qui s’écoute comme un album, un vrai, un objet qui a un début, une fin, une progression, un climax, une denrée de plus en plus rare. Ce qui est étonnant c’est de voir que ce Tomorrow’s Harvest se présente en menhir, en entité sombre difficilement dissécable, là ou les précédents alignaient les tours de forces entre vignettes enfumées, avec une poignée de titres forts, marquant une vie à jamais : il n’y a pas sur ce nouveau disque un équivalent de <em>Dawn Chorus</em>, de <em>1969</em>, de <em>Smokes Quantity</em>, de <em>Peacock Tail</em>, de <em>Amo Bishop Roden</em> (plus beau titre de BOC à jamais), de <em>Sixtyten</em>&#8230; </p>
<p>Ce LP va t’il autant compter pour moi qu&#8217;un <em>In A Beautiful Place Out In The Country</em> ou <em>Music Has The Right To The Children</em>? Je ne pense pas. Pourquoi? Aucune idée. Alors que je préfère largement ce Tomorrow’s Harvest à Campfire Headphase. Je n&#8217;arrive pas à savoir si c&#8217;est parce que le disque est moins bon que les deux monuments précités, ou si c&#8217;est simplement parce que j&#8217;ai vieilli. Qu&#8217;en découvrant MHTRTC, il n&#8217;y avait rien de plus important dans ma vie que d&#8217;écouter de la musique. Et qu&#8217;en étant adulte, les problématiques ont changé, les priorités aussi. Qu&#8217;un BOC sorti maintenant ne peut pas avoir le même impact qu&#8217;un BOC sorti il y a 10 ans. Pour le savoir, il faudra surement faire une update de cet article dans une décennie. </p>
<p>Pour le moment, je peux dire sans crainte que <strong>Tomorrow’s Harvest</strong> a le bon goût de marquer mon année 2013, et c&#8217;est déjà énorme. Indispensable.</p>
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<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/2jTg-q6Drt0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><strong>Boards Of Canada &#8211; Reach For The Dead</strong></p>
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<p><strong>Boards Of Canada &#8211; Come To Dust</strong></p>
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<p>17 Titres &#8211; Warp</p>
<p>Dat&#8217;</p>
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		<title>CUM ON MY SELECTOR 10 : U-Ziq, Ultrademon, Suicide Year, Bones, Yung Lean, Budamunk, Dubb Parade</title>
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		<pubDate>Sun, 02 Jun 2013 17:11:27 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Bleu presque transparent µ-Ziq – monj2 Bon tout le monde est sensé savoir qu’un Boards Of Canada déboule ce juin. Mais un autre album sort le même mois, par un artiste au moins aussi légendaire que les BOC, même s’il ne jouit pas de la même aura dans l’inconscient collectif. Mike Paradinas, aka µ-Ziq, sort...<br/>  <a class="readmore" href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2013+cum-on-my-selector-10-u-ziq-ultrademon-suicide-year-bones-yung-lean-budamunk-dubb-parade.html">Lire la suite</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><br class="spacer_" /></p>
<p><span style="color: #ff0000;"><strong>Bleu presque transparent</strong></span></p>
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<p><strong> µ-Ziq – monj2<br />
</strong></p>
<p> Bon tout le monde est sensé savoir qu’un Boards Of Canada déboule ce juin. Mais un autre album sort le même mois, par un artiste au moins aussi légendaire que les BOC, même s’il ne jouit pas de la même aura dans l’inconscient collectif. Mike Paradinas, aka <strong>µ-Ziq</strong>, sort Chewed Corner, 8ème album. Et croyez moi, pour avoir posé une oreille sur le LP, ce mélange juke-dance-electronica-émo va faire date dans le cœur des amateurs d’electronica. Mais le boss de Planet Mu n’est pas avare en surprise, et sort, 1 mois avant sa grosse galette, un Ep à la belle pochette, XTEP. Et dans ce mélange de musiques candides et aériennes, se trouvent deux trésors. New Bimple, et surtout <strong>Monj2</strong>, qui cristallise tout ce qu’a pu sortir le label depuis quelques années : Un rythme épileptique simili-footwork, cher à Paradinas via ses compilations Bangs &#038; Works. Des synthés blade-runner qui semblent tout droit sortis de chez <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2011+kuedo-severant.html" target="_blank">Kuedo</a>. Et cette âme d’enfant, qui ne semble jamais vraiment quitter Paradinas, avec cette mélodie cristalline imparable. Ce morceau, c’est une longue fresque folle, belle comme la mort, comme l’on en entend rarement. C’est aussi le morceau qui prépare le mieux à l’envolée que va proposer le LP à venir fin juin. Un bon moyen de nous encleindre à boucler nos ceintures, avant de se prendre une des mandales de l’année.</p>
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<p> <iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/kIHjhTWypgo" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
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<p><strong> Ultrademon – 1996</strong></p>
<p> Je ne comprends pas trop le mouvement seapunk, et j&#8217;en ai rien à carrer d&#8217;ailleurs, mais j&#8217;ai cru comprendre que c&#8217;était une philosophie fashion via vêtements aux couleurs criardes, dauphin en 3D et bijoux dégueulasses (pas loin de ce que l&#8217;on peut trouver à Harajuku depuis bien des années d&#8217;ailleurs). Quel rapport avec l&#8217;IDM? Aucun, mais tant que je peux voir des nanas taille 34 avec des fringues déglinguées et des cheveux de toutes les couleurs, ça me va, je valide. Ce Seapunk LP de <strong>Ultrademon</strong> a une esthétique douteuse oui. Mais bordel, que cette braindance-juke-rave-bass-psychée a de la gueule ! Ca pue la drogue, les crèmes aux algues et les hippocampes multicolores. Synthés kitschs, Roland en roue libre, on navigue sur un océan vert en pensant à sa prochaine coloration. Le disque frôle le mauvais gout à chaque seconde, ça n’a souvent aucun sens, entre un DMX Krew qui se serait mit à la juke ou un T.Doyobi qui voudrait se lancer dans la bass-music. D’ailleurs le Lp sort, de façon détournée, sur le label Rephlex ! Là, pour le moment, j’ai l’impression d’être devant une bizarrerie foutrement cool… mais je ne serais pas étonner de le considérer comme l’un des disques de l’année après quelques mois d’écoutes, vu que je prends de plus en plus mon pied, à chaque nouvelle rotation itunes. Je ne sais absolument pas quel morceau mettre pour ce Selector, donc je vous claque le plus cramé du disque.</p>
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<p> <iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/38djxZtCZDU" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
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<p><strong> Hybrid Theory – So High <br />
</strong></p>
<p> Si ce nom d’artiste renverra toujours et à jamais à un album de Linkin Park, notre <strong>Hybrid Theory</strong> du jour pond un morceau qui m’a foutu une vraie baffe. Parce qu’il est constamment en équilibre. Certes, d’une oreille distraite, tu entends une bombe Uk Garage absolue. Bassline de folie, voix puputes, rythme frisant la perfection. Ca respecte le cahier des charges, mais ça tabasse plus que le morceau 2step lambda, avec une force et une rondeur dans la production qui fait office de detox pour les tympans. Mais je parlais d’équilibre, de double facette. On ne le saisit pas vraiment, c’est fugace. En intro, une mélodie ultra émo, mélancolique en diable, se fraie un chemin, avant de se faire balayer par le dancefloor. Comme si l’artiste avait hésité à faire un morceau triste et crève-cœur, pour tout envoyer chier pour aller danser. Le break émo reviendra en milieu de morceau, ferra entendre sa dépression, avant de disparaître une nouvelle fois. Cette facette cafardeuse, presque romantique, qui prend les trippes, donne un coté boiteux au tout. Comme si, au milieu d’une rave euphorique, tu te tapais deux flashs de tristesse, avant de repartir dans une fête sans fin. Indispensable.</p>
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<p> <iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/omPYOANjh4Y" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
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<p><strong> Budamunk x Takumi Kaneko x Minismooth – Mellowed Out Cruisin’</p>
<p></strong></p>
<p> J’ai déjà évoqué <strong>Budamunk</strong> dans ces pages, le mec étant sur tous les fronts au Japon, étant membre du meilleur groupe de hiphop nippon de ces dernières années (<a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2013+japanese-hiphop-mixtape-add-on-mini-chroniques.html" target="_blank">Sick Team</a>) et dans un des meilleurs labels japonais (Jazzy Sports). Vous pouvez un peu écouter de tout ça dans ma Cum On My Selector Japanese Underground Mixtape (<a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2013+japanese-underground-hiphop-cum-on-my-selector-mixtape.html" target="_blank">CLIQUE</a>, c’est une pub, même pas détournée). Bref, le bonhomme sort une galette tous les 3 mois, et déboule dans les magasins avec un First Jam Magic, collaboration avec Kaneko-san de <strong>Cro Magnon</strong> et la douce <strong>Minismooth</strong>. Album beaucoup plus sage que d’habitude, carrément jazz, foutrement laidback, à base de bars enfumés et mélodies feutrées. Au milieu de ce jazz-r’n’b apaisé, encore une fois, la science du beatmaker brille de mille feu. Et sur ce <strong>Mellowed Out Cruisin’</strong>, qui porte parfaitement son nom, on pige le truc. Ce disque est à écouter dans sa bagnole, en conduisant. Ou à marcher, à 3h du mat’, une bière/clope au bec, seul dans la ville, en claquant des doigts et en dodelinant de la tête. Certainement pas un disque à lancer avant d’aller au boulot, mais parfait pour de longues nuits blanches en solo.</p>
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<p> <iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/COfGON328QY" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
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<p><strong> Dubb Parade – Riot In G </strong></p>
<p> Si le label d’Hiroshima Dubliminal Bounce continue de balancer des sorties juke/footwork 3 fois par mois (cf la chronique des très bons <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2013+crzkny-absolut-shitlife-poivre-juke-out-dubliminal-bounce.html" target="_blank">Poivre et CRZKNY</a>), il sort parfois une petite perle de tout ce bordel épileptique. Ce Gunma In Tek de <strong>Dubb Parade</strong> en fait partie. Et contrairement à ce que le nom de l’artiste laisse penser, on a pas à faire ici à de la musique enfumée de marijuana pour dreadlocks. Dubb Parade ne se contente même pas de balancer un Ep de juke hystérique banal, et se dirige vers des terrains plus techno (Acid Is My Life, comme un Ceephax balancé dans un mixeur, Da Chime 2 U ou Hit The Right Path, presque rave…). Et c’est dans les deux derniers morceaux que l’Ep franchit une limite, atteint une complexité folle, flirtant bien plus avec Warp que Young Smoke. Le summum, <strong>Gravitational Force</strong>, progression footwork/Idm hallucinante, comme si le LCC d’<a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2013+autechre-exai.html" target="_blank">Autechre</a> se retrouvait malaxé avec un sampler hiphop pour une progression insensée, électronica organique télescopée par des rafales de snares. C’est abusé, impossible à défendre en public, mais bordel, quel pied ! Pour les amateurs de juke cramée, ce Gunma In Tek est surement l’un des meilleurs Ep du genre depuis ce début d’année.</p>
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<p> <iframe width="400" height="100" style="position: relative; display: block; width: 400px; height: 100px;" src="http://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/v=2/track=124794209/size=venti/bgcol=FFFFFF/linkcol=f506cf/" allowtransparency="true" frameborder="0"><a href="http://dubliminal-bounce.bandcamp.com/track/gravitational-force">Gravitational Force by Dubb Parade</a></iframe>
</p>
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<p><strong> Suicide Year – Hate In My Heart </strong></p>
<p> Vu que comme tout le monde, tu dois être un sacré drogué, je te présente une galette bandcamp parmi tant d’autre, qui ne manque pourtant pas de charme. Ce <strong>Suicide Year</strong>, je ne le connais ni d’Ève ni d’Adam, mais il vient de sortir un LP d’instrues bien méchantes, pour tous les dealers en herbe que nous sommes, à la pochette assez dingue (d’ou vient cette photo incroyable ?). Rythmiques en mode uzi, ambiances thug, on a qu’une envie, entendre sur ces instrues un Mc avec une voix bien grave, sévèrement pitchée, histoire de rendre l’ambiance encore plus lourde. Mélancolie, flingues qui fument, rues tristes et grises. Le bonhomme a aussi balancé un sympathique Ep de remixes. A lui de trouver quelques Mc assez défoncés pour vouloir poser sur ses instrues, dans les mois qui viennent.</p>
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<p> <iframe width="400" height="100" style="position: relative; display: block; width: 400px; height: 100px;" src="http://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/v=2/track=583485037/size=venti/bgcol=FFFFFF/linkcol=f506b0/" allowtransparency="true" frameborder="0"><a href="http://thewaverycollective.bandcamp.com/track/hate-in-my-hart">Hate In My Hart by suicideyear</a></iframe>
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<p><strong> Bones &#038; Grandmilly – Lords Of The Underground </strong></p>
<p> J’avoue, je traine avec des gens qui ont une mauvaise influence sur moi, à me faire écouter trop de morceaux de blancs camés parlant de baiser ma mère en fumant du crack. Et en plus j’aime ça. Mais quand on tombe sur des instrues pareilles, comment refuser le trip ? Superbe prod ambiant-cloud, flow décharné, visuels nineties, ce <strong>Bones</strong>, qui semble tout droit sorti de Hartley Cœur à Vif, offre une mixtape tous les mois. On ne sait pas trop vraiment quoi écouter vu l’abondance, alors on se rabat sur les clips youtubes. Et c’est bien ce <strong>Lords Of The Underground</strong> avec un <strong>Grandmilly</strong> fou, qui remporte la palme, parfaite divagation paumée, dotée de quelques citations psychotropes que même <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2011+odd-future-live-tokyo-summer-sonic-ofwgkta.html" target="_blank">Odd Future</a> aurait du mal à assumer désormais ( <em>&#8220;Feed that bitch drugs and I watch her overdose / Roll a blunt and finally fuck her now we’re both ghosts&#8221;</em> ). Difficile d’enquiller la discographie de ce Bones sans avoir envie de se suicider, mais le bonhomme est trop fort sur quelques titres pour ne pas avoir envie de nager dans la Klonopin le sourire aux lèvres en l’écoutant.</p>
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<p><strong> Yung Lean – ♦ GINGSENG STRIP 2002 ♦</strong></p>
<p>Alors là, on arrive à un sujet épineux. Les vidéos de teen se prenant pour Beyoncé pullulent, pour la plus grande honte des parents et la joie des zappings. Je ne sais pas si vous <a href="http://www.youtube.com/watch?v=qmMbm78sEB4" target="_blank">avez vu cette vidéo</a> d’un gamin de 3 ans qui fout 95% des paniers de basket, sans se foirer (en live <a href="http://www.youtube.com/watch?v=i_83-uWasIs" target="_blank">chez Kimmel ici</a>). Un petit génie, une exception dans l’océan de vidéos mettant en scène des mouflards sur youtube. Génie du mimétisme, à reproduire un geste sans vraiment le comprendre, mais génie quand même. <strong>Yung Lean</strong>, c’est un peu la même chose : une anomalie. 16 ans, suédois, se prenant pour Lil B ou Gucci Mane alors qu’il va encore à l’école à Stockholm en bouffant des pains aux raisins. Tous les tics du HH gangsta sont copiés, de façon outrancière, ultra maladroite, exactement comme la petite conne qui se prend pour Rihanna en bougeant ses fesses devant sa webcam, après avoir torché ses devoirs de math. Yung Lean aurait pu être une blague, un mème, à l’instar de notre Dadane national (pour les bonnes mémoires). Pas mal de morceaux de Yung Lean sont d’ailleurs indéfendables. Sauf que&#8230; Sur deux ou trois morceaux, le mec devient cette anomalie, cette réussite totale, avec des instrues parfaites (<a href="https://soundcloud.com/yung-lean-doer/yung-lean-3d-spayship" target="_blank">3D spaceship</a>, qui semble sampler <em>Boards Of Canada</em>, ou l’hypnotique <a href="http://www.youtube.com/watch?v=-VxOwSNvXTA" target="_blank">Oreomilkshake</a>) et une plume en roue libre (Les mecs de Metro Zu m’ont même soutenu que le mec se débrouillait vraiment bien). <br /> De tout ça, on peut retenir un seul titre, la quintessence, celui qui cristallise l’aberration qu’est ce gamin (le clip à la ramasse, le coté flippant de l’attitude copié/collé thug) mais aussi sa réussite absolue (l’instrue parfaite, les punchlines, le coté émo ultra poussé). Le tout atteignant son paroxysme avec la phase &#8220;<em>Got my balls licked by a Zooey Deschanel lookalike cocaïne addict</em>&#8221; qui rend tous les Mc de la planète jaloux de ne pas avoir pensé à écrire ça avant un suédois inconnu. Ce mec a tout compris du hiphop cloud-émo alors qu’il n’est pas encore pubère, et s’il est encore loin d’être un artiste accompli, Yung Lean est déjà un génie du mimétisme, dès ses premiers morceaux. Le mouflet sort une mixtape en juillet, <em>Unknow Death</em>, qui pourrait vite me faire passer d’observateur à admirateur. Il n’en faut pas plus pour attiser ma curiosité comme jamais.</p>
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<p><img alt="" src="http://www.chroniquesautomatiques.com/wp-content/uploads/2013/06/Yung-Lean-e1370192806153.png" title="Yung LEan" class="alignnone" width="389" height="129" /></p>
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		<title>Grems &#8211; Vampire</title>
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		<pubDate>Mon, 20 May 2013 15:39:51 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Moi je mitraille tout Alors voilà. Il paraît que c’est le dernier album du Grems. Le mec qui, depuis des années, prend nos oreilles pour des sacs de frappe, à nous saillir la tronche à coup de rap d’enfoiré, déblatéré dans tous les sens, à toute vitesse, sans jamais freiner. Le mec qui a, un...<br/>  <a class="readmore" href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2013+grems-vampire.html">Lire la suite</a>]]></description>
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<p><span style="color: #ff0000;"><strong>Moi je mitraille tout</strong></span></p>
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<p>Alors voilà. Il paraît que c’est le dernier album du <strong>Grems</strong>. Le mec qui, depuis des années, prend nos oreilles pour des sacs de frappe, à nous saillir la tronche à coup de rap d’enfoiré, déblatéré dans tous les sens, à toute vitesse, sans jamais freiner. Le mec qui a, un jour, décidé que son hiphop, ça pouvait autant être du boom-bap parisien que la musique des gros blacks gays de Chicago, en passant par les caves cradingues londoniennes. On va pas le cacher, Miki Grems, il m’a choqué une tripoté de fois, alignant sans discontinuer les taloches auditives, balancées presque chaque années, jamais avare en excavations chelous ou mandales directes en pleine gueule. Trop de grands disques, avec une impression que le bonhomme affinait de plus en plus sa recette sur ces dernières années, à doser les ingrédients à la perfection pour trouver le bon mélange, entre un <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2010+grems-broka-billy-2.html">Broka Billy</a> qui avait décidé d’émerger d’une autre planète, un <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2011+klub-sandwich-les-valcheuzes-grems-disiz-simbad-son-of-kick.html">Klub Sandwich</a> qui partait à l’aventure sans se soucier de savoir si on allait le suivre, et un <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2012+pmpdj-haterville-grems-entek-starlion-mim.html">PMPDJ</a> qui semblait trouver l’équilibre parfait entre expérimentation et distribution de cartouches.</p>
<p>Forcément, on l’attendait ce <strong>Vampire</strong>. Il était annoncé comme radical. Dans les lyrics, mais aussi dans la musique, Grems choisissant des producteurs n’ayant pas vraiment peur de s’embarquer sur des terrains accidentés. Et si la plupart des artistes veulent, pour leur baroud d’honneur, faire un disque rassembleur et ouvert, histoire de terminer en rameutant les foules, Grems prend le monde à rebrousse poil, et tire sa révérence sans bouquet de fleur, avec des flingues bien callés dans chaque main.</p>
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<p><img alt="" src="http://www.chroniquesautomatiques.com/wp-content/uploads/2013/05/grems_vampire.jpg" title="GRems Vampire" class="alignnone" width="450" height="450" /></p>
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<p>Acheter ce disque nous met face à un dilemme important, devant choisir entre une version itunes bénéficiant de 6 titres bonus en précommande, ou d’une version Cd belle mais se limitant strictement à l’album prévu initialement. C’est à dire devoir glaner les tracks supplémentaires sur le net. Dur.</p>
<p>Par contre, pour aller directement à l’essentiel (c’est que l’album fait très bien d’ailleurs), Grems et ses potes nous filent des prod’ d’extraterrestre. Ca m’embête, je radote. Mais à chaque LP du Mc, tu te retrouves avec de la folie pure. Et quand le Mc annonçait que ce Vampire n’allait pas plaire aux fans de boom-bap, il n’était pas en train de nous bourrer le mou. Et ça, tu le comprends dès <strong>Préface</strong>, by Chamade Beat, qui te déroule des petits synthés cristallins super beaux qui s’enroulent et te font sentir le printemps, le soleil et les filles qui courent au ralenti. C’est beau comme un croissant au miel, comme Kirsten Stewart qui fait de l’autostop. Le beat est lourd, le Grems est calmé, violent dans son texte mais serein dans sa voix, comme s’il te passait un savon installé tranquillement dans un canapé, à siroter une bière avant de te la casser sur la tronche. Ca n’a pas l’air comme ça, mais l’intro reflète parfaitement ce que tu vas trouver dans Vampire : des petits bijoux de production, foutrement électroniques. Et un Grems sur les dents, le poing serré, qui va tirer sur tout le monde, décimer ses cibles avec violence et précision, mais sereinement, la clope au bec, Omar style.</p>
<p>Ca tournait depuis quelques temps comme info, le parisien a fait appel à un certain Neue Graphik, dont j’avais rapidement parlé, sacrement mec quand il s’agit d’arpenter des chemins UK garage and co. Sur Vampire, le Neue, aidé de John9000, se lâche complètement, et refile des productions quasiment ubuesques, inrappables pour le commun des mortels. A dire vrai, j’aurai payé pour voir Grems, en écoutant <strong>Pieu</strong>, dire &#8220;<em>ah ouai cool je vais rapper sur ça, facile&#8221;</em>. Parce que mec, moi, je ne serai même pas capable de parler sur ça. Je ne serai pas capable de chanter sous la douche sur ça. La folie furieuse cette prod, ça part dans tous les sens, c’est un espèce de Uk malaxé mille feuilles avec des synthés qui mutent sans arrêt des rythmes qui explosent sans discontinuer. Ecouté vite fait, ça n’a aucun sens. Puis tu décortiques le tout, et tu te chies dessus, parce que c’est beau comme la mort. C’est la guerre des étoiles ce putain de truc. Merde les synthés à 0min55 ? Ils ne sont là que dix secondes max, mais ils te crèvent le palpitant. Il n’y a pas que, ya aussi une mini wobble bass, des gunshot, des nappes aériennes, une boite à rythme claudiquante. C’est genre 5 morceaux foutus en même temps qui te tabassent la tronche dans une cave. Et le Grems qui se balade dessus, tranquille, les mains dans les poches, comme si c’était normal. Mais non mec, ce n’est pas normal. C’est quoi ce délire ? Tu te dopes ? Fou.</p>
<p>Et il y en a d’autres. Neue Graphik fait des merveilles, et accouche des prod les plus aberrantes de l’album. <strong>Full HD</strong>, c’est une sorte de Grime réduite en miette, triturée jusqu’aux viscères, avec des flingues de partout, ça tire dans tous les sens, limite tu te couches sous ta table avec les mains sur la tête histoire de ne pas te prendre une bastos perdue dans le bide. Et Grems, il est hystérique. Plus de phases que de balles qui fusent dans un film de John Wayne. Et puis tu as <strong>Chair Fraiche</strong>, Uk qui se nécrose, qui fait des faux démarrages, qui se cabre, te fouette et retombe de façon ultra brusque. J’ai l’habitude d’écouter des trucs cramés pourtant, des disques qui réveilleraient des cadavres. Mais même là, je me suis dis &#8220;<em>non mais ça vient d’ou ça ?&#8221;</em> </p>
<p>Et si Neue remporte la palme des productions qui te donnent l’impression d’avoir mélange Dogmatil et coca zéro, il y a d’autres aliens sur Vampire. Entek devait avoir vu Enter The Void dix fois de suite en mangeant de la drogue avec ses corn-flakes, parce que son <strong>Charogne</strong> ressemble à un épisode de The Shield mixé avec du <a href="http://www.youtube.com/watch?v=1yF1gn-gKFY">Dj Rashad</a>. Bassline de terroriste, rythme de terroriste, structure de terroriste. Tu vomis ton cerveau par le nez à la première écoute, mais après tu prends grave ton pied. Tu imagines te faire trainer la gueule sur le bitume, avec des bagnoles de flic qui te suivent à la trace, et du Autechre dans l’auto-radio ? Bah voilà, tu as ton morceau. Son Of Kick te livre une production incroyable (mais ça c’est pas une surprise) sur <strong>UFO</strong>, mélangeant grandiloquence orchestrale et explosions cybernétiques qui giclent dans toutes les directions, entre claviers dements et rouleaux compresseurs qui ruinent toute bonne relation avec ton voisinage. En bonus, les mecs rappent à toute vitesse. Le passage à tabac brutal et total.</p>
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<p>Mais il n’y a pas que des instrues qui annihileront tes neurones pour te transformer en légume sur ce Vampire. Car Grems et ses potes savent équilibrer le bordel, et offrir quelques respirations. Et ces dernières sont aussi belles et salvatrice qu’un weekend à la montagne. Le Jouage, à la prod et au feat, balance le tube ghetto du disque, <strong>Les Bails</strong>, avec une instrue pachydermique. Mandales rotatives. J’ai bien l’impression que les deux loustics annoncent un album de Hustla à venir, et si ça ce confirme, c’est un peu la meilleure nouvelle de l’année après la victoire de mon chat au prochain concours du plus beau scottish fold.</p>
<p><strong>Vampire</strong> claque la tronche, premier single, normal, on se secoue la nouille en kiffant le refrain imparable, patate dans la bouche. Mais Grems sait aussi frustrer pas mal. Tu te souviens du syndrome <em>La Barbe</em>, genre je sors un super morceau mais je l’arrête après une minute ? Ben il nous refait le coup, avec <strong>Interlude</strong>, sublime instrue, claire comme de l’eau de roche, jouissive en diable. Et boum, elle se dérobe au bout de cinquante secondes. Grems n’est pas forcément là pour nous faire plaisir, on le sait, mais là, c’est du sadisme. Apres, le bondage, les coups de fouet et le latex, c’est mon truc, donc ça ne me dérange pas plus que ça. Mais merde, le morceau est tellement mortel, on aurait bien aimé en entendre beaucoup plus. Heureusement que Noza nous refile un autre bijou, <strong>Cimetière,</strong> qui nous fera dodeliner tranquillement la tête, plutôt que de vouloir nous l’écrabouiller. Le genre de morceau qui remportera tous les suffrages. C’est beau comme une après midi dans un parc, une balade en vélo avec des lunettes de soleil sur le nez. Instrue parfaite, lyrics nickels, avec une jolie salve sur les ipods en fin de track.</p>
<p>Bon par contre, je le défendrai becs et ongles, mais <strong>Shlag Music</strong> est le meilleur morceau du disque. Même si trop court. Mim, Korgbrain et Grems filent une production superbe, avec cette mélodie depressivo-candide qui me file la frousse, ces rythmes fous, pour un Mc en roue libre totale. J’adorerai avoir l’instrue de ce morceau, ou une version &#8220;extended&#8221;, afin de l’écouter tranquillement, en pleine nuit, une bouteille de bière à la main, en train de me noyer dans mes souvenirs, coincé entre deux jours. Je ne sais pas pourquoi je suis autant attaché à ce morceau, il me casse la colonne à chaque fois. Je veux dire, tu écoutes Grems, tu t’attends souvent à te prendre des claques dans la tronche, ou à vouloir sauter contre tes murs ou dans la rue comme un débile. Normal. Mais là, l’instrue, toute belle, me file des papillons dans le ventre. Et une espèce de nostalgie, légère, mais latente. Un des meilleurs morceaux de Grems, assurément, même s’il ne semble pas payer de mine à première vue, coincé entre les monstres de complexités ou les charges radicales du reste de l’album. Petit diamant.</p>
<p>Et puis tu as <strong>Pince Moi Je Reve</strong>. L’autre bombe absolue du disque. Le tour de force, la track rêvée. Grems foule à nouveau des teintes plus proches d’un <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2012+deepchord-sommer.html">Deepchord</a> que d’un rap de rue, à l’instar de <em>La Barbe </em>ou <em>Cpmpdj</em>. Et ici, c’est Son Of Kick qui est responsable de cette folie, sous l’alias Rose Ryot. Et bordel, le mec s’est littéralement arraché. On commence sur une techno dubbée, très urbaine, mégalopole bourrée de néons qui grésillent sous la pluie, en pleine nuit, un truc que <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2008+rod-modell-incense-and-black-light.html">Rod Modell</a> n’aurait pas refusé. C’est superbe, en suspension, éthéré… Et après quelques élucubrations métaphysiques, on bascule dans une Juke hystérique, avec une boite à rythme qui pête un cable, tout en gardant les apparats cristallins du départ. La claque énorme. C’est complètement fou, ultra maitrisé, le choc fut grand à la première écoute. Après cette minute frénétique, Grems est bloqué, mis en boucle, et Son Of Kick commence à pousser la chansonnette, c’est dépressif en diable, rap game chair de poule.</p>
<p>Je ne parle même du morceau en lui même, de SOK, de Grems. Je parle juste de la qualité du son. Cette espèce de bulle sonore, secouée de toute part, en suspension, qui dérive, doucement, que tu tentes de suivre. Avec cette techno en fond sonore qui semble imprimer une continuité, un songe cotonneux, contrastant fortement avec les rafales de snares, et cette phrase coupée de Grems, -<em>pincemoijr’-</em>, hypnotique, balancée avec ce qu’il faut juste d’écho. On à l’impression d’être enfermé dans la tête de quelqu’un, à écouter un morceau en flottant dans un liquide amniotique chelou. La production, le mix de ce morceau impressionne, file le vertige, tranche avec le reste du disque. Morceau en 3D, c’est le James Cameron du rap français ce truc, mais en moins niais et mille fois plus bandant. Vous avez surement rien compris à ce que je viens d’écrire, mais c’est vomi sur papier comme mes oreilles le vivent. Ce morceau clôture l’album, et le fait d’une façon flippante, qui nous fout sur les rotules.</p>
<p>Alors il y a les titres bonus, impossible de ne pas en parler. On regrette grave que le tube énorme <strong>Room Bang</strong>, avec 20syl à la prod et en feat, ne soit pas sur le disque. Parce que ça tabasse dur. Tout comme <strong>Hotel Plazza</strong>, sacrée bombe house/deepkho et son refrain vénéneux que tu voudras chanter sous ta douche toute la semaine. On connaissait le salace <strong>Neutralia</strong>, highlight de la mixtape 3713 sortie l’année dernière. <strong>XXmelo</strong> assurera le taff pour faire bouger les nuques, tout comme le remix de <strong>vampire</strong>, mais en mode violence. <strong>Noel</strong> pépère, pas indispensable, mais bien coolos.</p>
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<p>On regrette donc de ne pas voir certains de ces bonus intégrés à la version physique. Mais les intégrer, ça serait briser la cohérence de Vampire, évidemment. Et si il y a bien un truc que l’on peut accorder à Vampire, c’est d’être cohérent, à l’extrême, quitte à sonner trop court et monolithique. Court, comme l’était Algèbre 2.0. D’ailleurs, Vampire semble être le négatif de cet album, le jumeau maléfique. Même format, même durée, pochette noire pour l’un, blanche immaculée pour l’autre. Boom-bap sans concession pour l’ancien, électronique folle pour le nouveau. Sans jamais dériver de sa ligne de conduite. Jamais. Quitte à livrer un album difficile, déstructuré, quasi aliéné. Hargne sur la quasi totalité des textes du disque, à distribuer les torgnoles et kicker l’exemple, Grems règle ses compte, et part le flingue à la main dézinguer l’autophagie du rap français.</p>
<p>Ce qui est étonnant, c’est de le faire sur un disque aussi jusqu’auboutiste, aussi complexe et nébuleux, bourré de prods labyrinthiques et electro, difficile à appréhender aux premières écoutes, mais affolant dès que l’on commence à dépiauter la fresque. Et si sur Vampire, Grems impressionne toujours au micro, à te balancer des couplets de l’espace qui riment en diagonale, et surtout à arpenter des instrues psychées, c’est bien, encore et toujours, les producteurs qui brillent autant que le Mc. Son Of Kick confirme qui surclasse le game, brillant dans tous les domaines. Korgbrain est fou. Neue Graphik déboule sans prévenir et tabasse tout ce qui bouge. Noza qui gagne à tous les coups, à domicile comme à l’extérieur. Et Grems qui chapote le tout à la prod, histoire d’imprimer une direction, une identité ultra forte à Vampire, qui ne ressemble à rien d’autre dans le paysage français en ce moment. Le seul petit défaut de ce disque, c’est de ne pas laisser les morceaux <em>Interlude</em> et <em>Pince moi je rêve</em> s’étendre un peu plus longtemps, tant ces prods transpirent le miracle.</p>
<p>Alors on dit que <strong>Grems</strong> arrête, que c’est son dernier album. Je pense que c’est une erreur d’interprétation. Plutôt que de clore une vie de musicien, Vampire est le terme de la première phase de la carrière du bonhomme. La mutation est en cours, et le Mc est déjà en embuscade pour sa nouvelle ère, peut être plus apaisée. Avec, on l’espère, des projets comme le trop attendu MikaMiki, ou un nouveau Hustla.</p>
<p>Hâte d’entendre la suite donc, mais avec un album aussi fou et complexe que ce <strong>Vampire</strong>, on a largement de quoi prendre son pied sans mourir d’impatience. Quand on nous donne du caviar à bouffer, pas besoin de se ronger les ongles en attendant le prochain se(r)vice.</p>
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<p><strong>Grems &#8211; Cimetière</strong></p>
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<p><strong>Grems &#8211; Shlag Music</strong></p>
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<p>13 Titres + 6 Bonus &#8211; Gremsindustry</p>
<p>Dat&#8217;</p>
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		<title>Nacho Picasso &#8211; Black Narcissus / The Soul Electronic &#8211; The Party &amp; The After Party</title>
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		<pubDate>Thu, 09 May 2013 18:50:10 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[The Party & The After Party]]></category>
		<category><![CDATA[The Soul Electronic]]></category>

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		<description><![CDATA[I’m good anywhere, I just need a couch Il y a des périodes de vide, des entre deux. 2013 semble tenir ses promesses en terme de sorties, et le calendrier des futurs disques de cette première moitié d&#8217;année risque de faire date. A dire vrai, j&#8217;ai déjà presque un planning de chroniques pour les deux...<br/>  <a class="readmore" href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2013+nacho-picasso-black-narcissus-the-soul-electronic-the-party-the-after-party.html">Lire la suite</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><br class="spacer_" /></p>

<span style="color: #ff0000;"><strong>I’m good anywhere, I just need a couch</strong></span>

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Il y a des périodes de vide, des entre deux. 2013 semble tenir ses promesses en terme de sorties, et le calendrier des futurs disques de cette première moitié d&#8217;année risque de faire date. A dire vrai, j&#8217;ai déjà presque un planning de chroniques pour les deux mois à venir, que je ne vais pas dévoiler pour garder le suspense, mais que beaucoup d&#8217;entre vous doivent pouvoir matérialiser en grande partie (BOC me voila !!)</p>

Et justement, entre ces deux vagues de sorties, un petit passage à vide, pas d&#8217;idée de chronique sur mes derniers achats, qui ne m&#8217;ont pas foncièrement retourné. Et dans ces cas, je sors la carte <em>&#8220;disques loupés en 2012 et découvert au tout début de 2013 et que je n&#8217;ai pas pu intégrer à mon top&#8221;</em>, parce que c&#8217;est forcement des bons disques, et que je peux donner l&#8217;illusion de ne pas être si à la ramasse que ça en terme de tendance. Au menu donc, deux chroniques pour deux disques gratos, l&#8217;une traitant d&#8217;un rappeur branleur alcoolo qui éructe sur des instrues sublimes, et une double compilation gratuite transpirant fortement les mannequins en hauts talons cocaïnées et la dépression post-coitales dans les toilettes de club. Un beau programme.

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<img alt="" src="http://www.chroniquesautomatiques.com/wp-content/uploads/2013/05/Nacho-picassiette.jpg" title="Nacho Picassiette" class="alignnone" width="300" height="300" /><img alt="" src="http://www.chroniquesautomatiques.com/wp-content/uploads/2013/05/The-party-after-party.jpg" title="The party after party" class="alignnone" width="300" height="300" />

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- <strong>Nacho Picasso &#8211; Black Narcissus</strong>
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Si le beau gosse derrière Cooler Than Cucumbers n&#8217;est pas avare en découverte <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2013+cooler-than-cucumbers-records-salade-de-concombres-vol-2-instant-promo.html">via ses mixtapes bien fournies</a>, il arrive souvent que le bonhomme me file des tuyaux de l&#8217;enfer sur des rappeurs ouzbeks exilés au Pérou, ou autres trucs de niches chelous. <strong>Nacho Picasso</strong>, je connaissais de réputation, le bonhomme aillant posé sur pas mal de prods de Blue Sky Black Death, mais je n&#8217;avais passé assez d’éléments pour me donner envie de plonger dans sa disco, et évidemment dans son nouveau LP. Quelle erreur  Il aurait fallu que je fasse plus attention à ce flow ultra atypique, reconnaissable entre mille, oscillant entre un <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2007+cappablack-facades-and-skeletons.html">Awol One</a> défoncé au Rivotril et un <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2012+doseone-interview-themselves-subtle-13god-clouddead-french.html">Doseone</a> en slow-motion. Le mec pose sur des instrues avec un flow collant, visqueux, super traînant  comme s&#8217;il rappait le cul bien coincé dans ton canapé, les mains dans les poches, à se tripoter les roustons tout en fumant une clope. Peu avare en métaphores vulgaires et punchlines dépravées, Nacho Picasso se distingue des deux compères cités au dessus en balançant de vrais tubes.</p>

Pourtant le disque est loin de flirter avec la ligne directrice MTV, et la totalité du projet oscille entre ambiant drogué et électronica slow motion pour les instrues. <strong>Rat Race</strong> est sublime avec ces synthés paraboliques noyant des montées célestes que n’aurait pas renié un groupe comme <a href="http://www.youtube.com/watch?v=2YNr_cvtveI">Maps</a>, avec sonorités cristallines et voix fantomatiques, avec un dernier tiers ultra mélancolique. <strong>Galactic</strong> convaincra les amateurs arpèges mélodiques, simili omnichord absolument mortel, qui draguera les cœurs les plus sensibles aimant qu’un mec te parle de bite et de chattes sur de l’electronica émo. C’est des instrues, superbes, mélodiques en diable, assez dépouillées mais jamais avares en gros rythmes pachydermiques. Un bonheur, qui se marie parfaitement avec le flow trainant et nonchalant de Nacho et ses punchlines venues d’ailleurs (tout le refrain de <strong>Cover Me In Gold</strong>, <em>I’m good anywhere / I just need a couch</em> ou le <em>She gives me big head / Easter Island </em>qui me fait penser aux vannes que je balance après avoir trop bu).</p>

Bref, c’est beau, c’est vulgaire, c’est drogué, c’est l’un des meilleurs albums hiphop de l’année 2012 (gratuit !).

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<iframe width="400" height="100" style="position: relative; display: block; width: 400px; height: 100px;" src="http://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/v=2/track=3699938086/size=venti/bgcol=FFFFFF/linkcol=fa38ec/" allowtransparency="true" frameborder="0"><a href="http://nachopicassoblacknarcissus.bandcamp.com/track/master-shredder">Master Shredder** by Nacho Picasso</a></iframe>


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<iframe width="400" height="100" style="position: relative; display: block; width: 400px; height: 100px;" src="http://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/v=2/track=1051218644/size=venti/bgcol=FFFFFF/linkcol=fc27ed/" allowtransparency="true" frameborder="0"><a href="http://nachopicassoblacknarcissus.bandcamp.com/track/galactic">Galactic* by Nacho Picasso</a></iframe>

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- <strong>The Soul Electronic &#8211; The Party &amp; The After Party</strong>

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<strong>The Party &amp; The After Party</strong> a du être inspirée par le morceau du même nom de <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2012+top-2011-retrospective.html">The Weeknd</a>, longue track à deux facettes relatant de façon crue le recto verso d’une soirée camée qui tourne à la dépression. Cette compilation, du label Soul Electronic, est séparée en deux opus téléchargeables gratuitement, aux ambiances assez différentes.

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<span style="text-decoration: underline;"><em>The Party / 1am</em></span>. Club bondé, belles demoiselles sur talons, hauts perchées. Ca s’amuse, ça rigole, ça se jauge, ça drague, ça se remplit le nez de substances peu recommandées. Stroboscopes, fumées de clopes, corps qui se frôlent, on s’embrasse, se lèche la tronche et se touche. Les verres d’alcool se vident, on sort entre potes, les vannes fusent, les bons souvenirs aussi. On tente d’accrocher les regards, la vision embuée, le son tabassant les tympans. Minettes à décolleté, porte jarretelles, mini-jupes fluos et rouge à lèvres saturés. Forcément, la face A de cette compil’ est un peu pupute, doucement racoleuse, parfaite dans ce Uk Garage 2step visant autant les hanches que les cœurs sensibles. Ca lorgnera aussi vers la house et la trap émo, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Tout pour danser avec l’âme vagabonde, à fixer les chevelures de belles se balancer en slow motion.</p>

On retiendra le superbe <em>Daydream</em> de <strong>Polkadot, </strong>parfaite fresque Uk un peu dub, avec une ligne chiptune et une conclusion imparable. <em>Solyme</em> de <strong>Capeface</strong> fera le même effet, 2step tubesque qui frisera l’orgasme en sa moitié, dès l’arrivée de samples de voix pitchées à me faire vriller la colonne (ça marchera toujours ce truc). Il y aura même quelques tracks un peu retro, pas loin d’une Chicago house qui tabasse (<em>Rain</em> de <strong>Sarp Yilmaz</strong>) ou du Glitch-hop à paillette (<strong>Benny Loco</strong>).</p>

Mais le diamant incontestable de cette Face A, celle qui écrase tout et brille de mille feux, c’est clairement <em>Re/Mind</em> de <strong>Ruddyp</strong>, sublime morceau ultra mélancolique, avec rafales de snares, rythme ultra lourd, et voix éthérées. Le passage hystérique, et pourtant superbe, qui démarre à 1min30 me fout à terre à chaque fois, entre cette boite à rythme qui semble pêter un plomb et la mélodie/voix d’ange qui frôle le christique. C’est un équilibre parfait, comme un <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2011+kuedo-severant.html">Kuedo</a> qui aurait voulu se la jouer gangsta-émo, ou un Clams Casino qui serait sorti de son année de léthargie pour pondre une tuerie échappée du paradis. Un petit chef d’œuvre.

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<span style="text-decoration: underline;"><em>The After Party / 4am</em></span>. Club clairsemé. J’aime le club parce que ce n’est pas un endroit marrant, mais bien triste. Trop de gens se sentant seuls, même si entourés de potes. Qui se forcent à se divertir, sans vraiment y arriver. On sourit jusqu’au oreilles, en se disant que l’amusement devrait bien arriver si l’on y met du sien. Et si l’on se démonte la gueule. Perdu dans la vie, alors perdu aussi, pour quelques heures, dans une musique bien trop forte, étouffante, écrasante. Toilettes dégueulasses, meuf qui baise un mec, couple anonyme pour une dizaine de minutes, coït effréné aucunement dérangé par les odeurs aigres du vomi tapissant la cabine d’a coté. Yeux torves, gueules défoncées, musique inécoutable et inécoutée, raclure à quatre patte tentant de retrouver son parachute paumé sous un siège il y a 20 minutes, meuf qui tapine pour rembourser sa soirée. Bouffée d’air frais en sortant du bunker, lumières de la ville qui flamboient, néons grillant les rétines. On rentre en solitaire ou accompagné, forcément titubant, l’âme esseulée.</p>

La face B est donc mélancolique, mélodique, vaporeuse. On retiendra la belle digression chiptune mélodique de <strong>Andrea x Kodak to Graph</strong>, ou la pop-electronique-ambiant à la BOC de <strong>Gacha</strong>, très calme, tout en progression, rassurante, bourrée de détails, superbes. On n’est pas loin d’un <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2010+mount-kimbie-crooks-lovers.html">Mount Kimbie</a> nécrosé sur lui même, avec une belle gueule de bois. On a là aussi du glitch hop, qui s’apparentera à de l’ambiant matiné de beats discrets et caverneux (l’hypnotique <em>Staring Up</em> de <strong>Kid Smpl</strong>, qui donne l’impression de se balader dans la ville la tête bourrée de médicaments, après une nuit blanche et bien trop de bières… ou le plus enjoué <em>Fresh Air Poured In Through Window </em>de <strong>Sundrenched, </strong>morceau portant parfaitement son nom, brise revigorante après une soirée d’excès), mais aussi quelques perles mélodiques. La couronne reviendra à <strong>Whi’lo</strong> et son incroyable <em>Please You (Let Me), </em>dont j’avais déjà bien parlé dans un Cum On My Selector, ascension James Blakienne étouffante et ultra émo, qui n’en fini plus de nous comprimer la tronche et le cœur, et qui pourrait résumer toute la dualité de cette compilation, en 6 minutes juste affolantes.</p>

Bref, pour tout les fanas d’abstract hiphop vaporeux et camé, de Uk Garage un peu pupute, de fresques trap/2step bien mélodiques, ce <strong>The</strong> <strong>Party &amp; The After Party</strong> est <a href="http://thesoulelectronic.com/post/28160425017/the-party-the-after-party">à télécharger obligatoirement, ICI</a>

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<iframe width="320" height="180" src="http://www.youtube.com/embed/6XaZENnmT_Y?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe> <iframe width="320" height="180" src="http://www.youtube.com/embed/Dsk542bR_Nw?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe>

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Ps: Parce que je vous aime, un dernier tuyaux : le beatmaker <strong>Krampf</strong>, qui révolutionnera le monde de la musique dans quelques années, vient de sortir une beat-tape gratuite, pleine de jolis morceaux enfumés, en mode cloud-rap-2step-trap-emotional-boyz. (Il faut écouter <em>Diamonds </em>ou <em>Chagrin</em>) C&#8217;est gratuit, mais vous pouvez aussi donner 50 euros pour qu&#8217;il s&#8217;achète de nouveaux pulls. N&#8217;hésitez pas, il en a besoin, vraiment. <a href="http://krampf.bandcamp.com/">A télécharger ICI</a>.

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Dat&#8217;</p>

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		<title>Cooler Than Cucumbers Records &#8211; Salade de Concombres Vol 2 (instant promo)</title>
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		<pubDate>Sun, 28 Apr 2013 20:59:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dat'</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[concombres]]></category>
		<category><![CDATA[cooler than cucumbers]]></category>
		<category><![CDATA[Iris]]></category>
		<category><![CDATA[Loop]]></category>
		<category><![CDATA[objet phallique]]></category>
		<category><![CDATA[Thavius Beck]]></category>

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		<description><![CDATA[Ouvre la fenêtre / Fais tes valises On est tous d’accord sur le fait que le concombre est un splendide objet sexuel, ainsi qu’un met fabuleux accompagné de vinaigrette ou de guacamole. Le cucurbitacé avait aussi semé la terreur il  a quelques années en Europe, en se révélant porteur de bactéries dangereuses pour les consommateurs....<br/>  <a class="readmore" href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2013+cooler-than-cucumbers-records-salade-de-concombres-vol-2-instant-promo.html">Lire la suite</a>]]></description>
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<p><span style="color: #ff0000;"><strong>Ouvre la fenêtre / Fais tes valises</strong></span></p>
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<p>On est tous d’accord sur le fait que le concombre est un splendide objet sexuel, ainsi qu’un met fabuleux accompagné de vinaigrette ou de guacamole. Le cucurbitacé avait aussi semé la terreur il  a quelques années en Europe, en se révélant porteur de bactéries dangereuses pour les consommateurs. Mais on sait moins que ce légume est aussi le représentant d’un label de hiphop/indie, qui, en plus d’avoir Murmur Breeze, Walter Gross, Kaigen ou Ceschi comme potes, avait sorti une <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2011+cooler-than-cucumbers-salade-de-concombres-volume-1.html">sacrée compilation gratuite</a> il y a 2 ans, bordéliques mais généreuse, frôlant les 35 titres passant du folk décharné au hiphop bien nerveux, en passant par quelques fresques electronica de bonne augure.</p>
<p>Bon, le label <strong>Cooler Than Cucumbers</strong> a du se dire que ça faisait un peu trop, et qu’il fallait cadrer les choses. Alors il y a 6 mois, il passe un message sur facebook (pas si éloigné des girls time de Lil B), un appel au track à qui veut envoyer, pour une prochaine compilation. En sachant que les morceaux devaient obligatoirement faire référence ou s’inspirer de l’artwork (de DyN, toujours aussi beau) ci dessous. Au menu donc, fin du monde, guerre nucléaire, extraterrestres et blondes sexy découpées en morceau (non ?). Au tracklisting des morceaux sélectionnés ? Thavius Beck, Le Parasite, La Mauvaise Humeur, Womrhole… et euh. Un morceau incroyable.</p>
<p>Sinon, le mec qui tient le label, c’est un pote à moi, il m’a fourni en putes, drogues et appart’ à Miami pour un an, donc je suis obligé d’en parler.</p>
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<p><img alt="" src="http://www.chroniquesautomatiques.com/wp-content/uploads/2013/04/CTC-Rec.jpg" title="sisi" class="alignnone" width="450" height="450" /></p>
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<p>Les accointances de CTC records avec le rap indie américain ne sont plus à prouver, et l’on retrouve une bonne dose dans cette compilation. <strong>Authentic</strong> balance un hihop apocalyptique qui respecte bien le cahier des charges, <strong>Summon &amp; Wormhole</strong> posent sur une instrue bien sombre, très Anticon dans l’esprit (Sole n’aurait pas refusé ça il y quelques années), et <strong>Megabusive &amp; Sens Beats </strong> sortent un beau morceau progressif, presque religieux dans son instrue. Et si ces morceaux s’inscrivent logiquement dans les racines du label, très hiphop-sombre-indépendant-étouffant, on sent que les concombres veulent enfin se tourner, pour notre plus grand bonheur, vers des morceaux plus directs, plus pimp et tubesques.</p>
<p>Le <em>Unsupervised</em> de <strong>Inoe Oner &amp; Kool Trasher</strong> fait du bien aux tympans, avec son instrue electrique, imparable, avec ce bordel clavier qui n’en fini plus de nous défriser les oreilles. Le banger de la tape, avec l’uppercut de <strong>Koi</strong>, et son <em>Double Vision</em>, abstract hiphop massif pas loin de certains travaux d’Edit, en mode beats pachydermiques vs mélodie émo. Lamborghini, soleil couchant, lunette sur le nez, cheveux aux vents. <strong>La Mauvaise Humeur</strong> crache son habituel hiphop anxiogène et neurasthénique, mais sur une instrue étonnamment évidente, parfaitement branlée, avec ces claviers lunaires complètement dérouillés par les grincements hystériques de la production. Belle mandale. <strong>Thavius Beck</strong> se permet aussi du gros banger, même s’il n’est pas ici dans l’exercice que je préfère du bonhomme, qui est, pour moi, bien plus plaisant dans le hiphop cathédrale que la charge agressive un peu simpliste (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=Y_gqlwnivkY">meilleur morceau sorti sur HHCore</a>, souvenons nous).</p>
<p>Impossible de ne pas parler de l’ultra classe <em>Elegant Decay</em> de <strong>Haez One</strong>, l’un des highlights incontestable de la compile, avec son instrue superbe, parfaite, aux relents asiatiques et rythmes secs comme un coup de pelle dans la nuque. Élégante décadence, en plein dans le mille mec, c’est la classe dans la dépression, c’est l’envie de sourire écrasée par la ville. Du bon boulot. (Le mec se fend même d’un clip).</p>
<p>On a aussi quelques bizarreries, comme la belle ouverture par <strong>L. Boy Jr</strong>, divagation droguée naviguant entre Dali et folk en apesanteur, aussi joyeux que flippant, avec ses fractures intervenant sans prévenir, ses samples torturés et sa mélodie guillerette. <strong>Le Parasite</strong> (qui nous avait cassé la tronche avec ses productions démentes sur <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2010+arm-iris-les-courants-forts.html">Les Courants Forts</a>) reprend ses apparats cinématographiques pour une belle instrue james bondienne.</p>
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<p>Mais mais mais. Il y a un morceau, dans cette tape, qui roule sur tout le reste. Qui rayonne sa mère, qui scintille comme la queue du diable. Une track affolante, que l’on aurait aimé entendre à la radio, à la tv, en teaser au SNL, dans ma douche, partout. Un petit trésor que CTC records a le bonheur de posséder, et de nous le balancer dans la gueule sans crier gare. Et c’est made by <strong>Iris &amp; Loop</strong>. Alors déjà, il faut se souvenir de la compilation culte Soul’Sodium de Kamasoundtracks sortie en 2006, avec un verdict&amp;vertigo qui mettait déjà en scène les deux Mc. Ce <em>Dr Verdict et Mr Vertigo</em> en est un peu la suite, la version alternative, l’enfant. Sauf que. Sauf que.  Loop te sort une instrue absolument sublime. Je vous jure, la première fois que j’ai entendu le refrain arriver, avec ces cordes qui se lèvent, ces samples qui s’emballent, cette voix esseulée, cette charge épique à en faire danser les lithopédions. Sérieux, c’est hallucinant. Iris qui te débite ce refrain, génial, hypnotique, tu prends ta colonne vertébrale et tu te l’arraches toi même. La mélodie dans les couplets, les détails qui fusent dans tous les sens, ces ponts d’avant refrain qui filent la frousse.</p>
<p>Ce titre écrase tout ce que j’ai pu entendre en rap français cette année. Les couplets mortels, les refrains splendides, sublimes, incroyables, à te filer des érections auditives jusqu’à la fin de ton existence. Bon, la compile, elle était dans mon itunes un peu avant sa sortie, mais j’ai déjà 64 écoutes au compteur pour ce morceau. 65 maintenant ! Ce morceau, c’est les planètes qui copulent avec les étoiles, c’est les fantômes qui viennent te hanter pendant que tu baises, c’est le monstre-foule qui t’enveloppe et t’étouffe alors que tu marchais tranquille dans la mégalopole. Pourtant, en ce moment, le rap aux textes métaphysiques et cryptiques me saoulent un peu. Mais là, mon palpitant ne peut pas résister. Si les métaphores surréalistes des deux Mc, assénées avec aplombs, demanderont du temps pour être révélées, on ne peut que se prosterner devant la perfection du tout. Ils pourraient parler du cul de mon chat que je dirais pareil. Et puis Iris, mec, t’es trop un fou. J’ai envie que tu t’incrustes chez moi un soir, par la fenêtre ouverte, afin que tu te glisses sous ma couette moelleuse pendant que je dors et que tu me susurres tes textes dans l’oreille, de ta voix grave et langoureuse. Attention, notre amour ne serait que textuel et platonique, mais quoi de mieux que l’affection littéraire en ces temps barbouillés de stupre ?</p>
<p>Les mecs, votre morceau, c’est un chef d’œuvre, ça m’a fracturé le crane, retourné le cerveau. Après une demi-centaine d’écoutes, je suis encore choqué par ce truc. Alors faites un album ensemble, grouillez vous, j’en achète dix d’un coup si c’est de cette qualité.</p>
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<p>Certes, comme il y a deux ans, la compilation aurait pu être un peu plus concise et digeste. Mais que cela soit pour l’amour des concombres, du hiphop chelou ou de la fin du monde, toutes les excuses sont bonnes pour chopper la compilation. Non en fait, j’en ai rien à foutre de la raison du téléchargement, il faut absolument pécho le bordel, ne serait ce que pour avoir le morceau d’Iris &amp; Loop dans son itunes, histoire de l’écouter ad nauseam et d’avoir l’impression, enfin, d’être heureux dans sa vie.</p>
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<p><strong>A TELECHARGER GRATUITEMENT ICI :</strong> <a href="http://ctcrecords.bandcamp.com/album/salade-de-concombres-vol-2">http://ctcrecords.bandcamp.com/album/salade-de-concombres-vol-2</a></p>
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<p><iframe width="500" height="120" style="position: relative; display: block; width: 500px; height: 120px;" src="http://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/v=2/track=1987469806/size=venti/bgcol=FFFFFF/linkcol=f50add/" allowtransparency="true" frameborder="0"><a href="http://ctcrecords.bandcamp.com/track/dr-verdict-et-mr-vertigo-prod-presto-presto">Dr. Verdict et Mr. Vertigo (prod. Presto Presto) by Iris &amp; Loop</a></iframe></p>
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<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/-DRON-LkPwQ?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
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<p>21 Titres &#8211; Cooler Than Cucumbers Records</p>
<p>Dat’</p>
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		<title>CUM ON MY SELECTOR 9 : Kettel, Jamie Grind, Wih&#8217;lo, Andrew Bayer, BenZel, Ryan Hemsworth, Ceephax</title>
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		<pubDate>Thu, 18 Apr 2013 20:37:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dat'</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Andrew Bayer]]></category>
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		<description><![CDATA[Cosy Moments Kettel – Poblesec Whao. Juste whao. J’ai un rapport un peu étrange avec Kettel. Si le mec a fait pour moi l’un des plus beaux morceaux existant de l’electronica (Mauerbrecher), je n’ai jamais vraiment accroché à ses albums dans leurs globalités, ces derniers oscillant constamment entre le classique absolu et l’anodin inoffensif. Ses...<br/>  <a class="readmore" href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2013+cum-on-my-selector-9-kettel-jamie-grind-wilo-andrew-bayer-benzel-ryan-hemsworth-ceephax.html">Lire la suite</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><br class="spacer_" /></p>
<p><span style="color: #ff0000;"><strong>Cosy Moments</strong></span></p>
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<p><strong> Kettel – Poblesec<br />
</strong></p>
<p> Whao. Juste whao. J’ai un rapport un peu étrange avec <strong>Kettel</strong>. Si le mec a fait pour moi l’un des plus beaux morceaux existant de l’electronica (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=nvlEowQkD0Y">Mauerbrecher</a>), je n’ai jamais vraiment accroché à ses albums dans leurs globalités, ces derniers oscillant constamment entre le classique absolu et l’anodin inoffensif. Ses derniers disques étaient d’ailleurs vraiment sympathiques, mais ne m’ont jamais me fracturer le cerveau. De la bonne electronica, point barre. Et voilà que je lance ce premier single, <strong>Poblesec</strong>, du LP à venir. Enorme claque. Je l’ai écouté un matin en sortant de la douche, avant d’aller au boulot, et j’en ai oublié de me fringuer. Je l’ai même relancé deux fois, au risque d’arriver en retard. Le morceau est incroyable, parfaite électronica Warpienne faite avec amour, avec assez de mélodie et de mélancolie pour t’arracher le cœur en une seule écoute. 7 minutes de bonheur, avec des moments de bravoures (les synthés qui se cabrent vers 2min30, les incursions acid, la longue montée finale absolument sublime) et un très beau clip, parfait compagnon visuel de ce petit diamant. Fan-service electronica ? Complètement. Mais parfaitement executé. Surement le plus beau morceau que j’ai pu entendre depuis ce début d’année. Au final, dans mon cœur, la sortie du prochain album de Kettel est passé de <em>&#8220;j’en ai pas grand chose à foutre&#8221;</em> à <em>&#8220;most wanted 2013&#8243;</em>. Car si le hollandais balance un LP du même calibre que ce premier extrait, on risque de sentir nos colonnes vertébrales papillonner pendant des lustres. </p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/OPR9ZsvkA2k?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
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<p><strong> Jamie Grind – Something You Should Know </strong></p>
<p> Dans ces articles Cum On My Selector, il faut forcément une track Uk Garage, mâtinée de voix puputes. Et pour ce mois d’avril, quelle track mes aïeux ! Tu sais déjà que ce <strong>Something You Should Know</strong> va être mortel en entendant le rythme claudiquant, les handclaps entrainantes et les chœurs badins. Très cool. Mais le morceau mute rapidement, et après un long break aride, part dans une direction complètement différente : des voix jouissives déboules, façon chanteur soul possédé et sur-pitché qui gueule son amour sur un rythme imparable, mélodie émo à filer la chair de poule, coté dancefloor dépressif frôlant le génie, carton plein. La deuxième partie de cet track me donne envie de foutre mes ray-bans et de me mettre à chialer, à divaguer dans la rue en claquant des doigts et en tournant sur moi même. Au dessus, je parlais du Kettel comme le plus beau morceau electronica entendu cette année. Et bien là, tu as le meilleur titre Uk Garage dans tes oreilles. On ne peut pas faire plus simple pour décrire cette bombinette absolue. Tu me dis qu’il faut surveiller ce que va faire cet anglais dans les mois à venir ? Mec, je lui ai carrément enfilé un GPS dans le cul, histoire de ne plus jamais le lâcher.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/ZrsqrME0zkU?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
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<p><br class="spacer_" /></p>
<p><strong> Wih’lo – Please You<br />
</strong></p>
<p> Bon, c’est un titre qui a quelques mois maintenant, mais comment ne pas l’intégrer, surtout après la perle du dessus. Très saccadé, avec un héritage 2step / uk garage ultra marqué, le morceau enchante dès son introduction, avec un gros travail sur les voix samplées. Sauf que ce <strong>Please You</strong>, qui aurait pu partir sur un train-train assez banal, n’est en fait qu’une longue ascension, une progression orgasmique pas loin de certaines fresques à la <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2013+james-blake-overgrown.html">James Blake</a>, avec une boucle de synthés qui va grossir jusqu’à écraser tout espace restant dans tes tympans. <strong>Wih’lo</strong> ne mise pas sur le groove comme beaucoup de ses compères, mais sur une étouffante répétition de motifs, qui atteindront un plateau céleste qu’après 4min30 de cavalcade. Et si l’on aurait bien aimé une vraie explosion en fin de parcours, les petites voix finales dragueront bien des palpitants. Les deux trois morceaux que l’on peut trouver de ce producteur sont très bons, et si l’on sent que sa musique reste à façonner avant d’être pleinement effective, le bonhomme risque d’avoir une belle carte à jouer sur l’année à venir.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/ChqwWrsco8c?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
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<p><strong> Andrew Bayer – Lose Sight<br />
</strong></p>
<p> Certains s’en souviennent, <strong>Andrew Bayer</strong> m’avait <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2012+andrew-bayer-its-artificial.html">complètement retourné</a> en 2011, avec son album un peu bâtard, oscillant entre trance mélodique tirant vers Armin van Buuren et Aphex Twin (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=WP47nuuOU_I">c’est possible</a>), ou abstract hiphop drogué que n’aurait pas renié <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2012+clams-casino-instrumental-mixtape-ii.html">Clams Casino</a>. Sorti sur AjunaBeats, label trance pur et dur, l’album en prenait le contre pied, et s’autorisait même quelques incartades ambiant tire-larmes. L’annonce d’un nouvel album de l’américain devait me remplir de joie, mais le bonhomme a opté, pour ce deuxième LP, de nous servir que sa facette abstract cotonneuse, délaissant les tracks  techno épiques, ce qui est franchement dommageable. Ce deuxième disque n’est pas mauvais, et contient de belles choses, mais est loin d’avoir la même force émotionnelle qu’<a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2012+andrew-bayer-its-artificial.html">It’s Artificial</a>. Reste qu’il y a de beaux morceaux de hiphop enfumé, comme ce <strong>Lose Sight</strong>, avec ses beats bien ronds, ses voix charcutés et cette mélodie printanière. Loin d’être révolutionnaire, mais extrêmement bien fait, avec un petit faible pour le break ambiant-christique intervenant sans crier gare. On picorera dans le nouvel album avec le sourire, avant de repartir écouter une énième fois le chef d’œuvre d’Andrew Bayer, <a href="http://www.youtube.com/watch?v=WP47nuuOU_I">Counting The Points</a>, qui me donne toujours envie de mourir écartelé dans les nuages.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/ow2SEn1kTK8?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
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<p><strong> BenZel – If You Love Me (Xaphoon Jones  &#038; Grave Goods Remix)</strong></p>
<p> Sans vraiment savoir si c’est du lard ou du cochon, les <strong>BenZel</strong> semblent être deux japonais de 15 et 16 ans ( !!!)  qui, après avoir fait un voyage aux USA, se sont épris de la bass music. Rentrés à Osaka, ils dépensent les yens reçus à noël pour acheter du matos et commencer à pondre un mélange de Trap /r’n’b / uk garage sacrement hype mais foutrement bon. Alors donc, les mecs ont 16 piges et font des trucs avec Jessie Ware et Cashmere Cat, alors qu’à leur âge, j’achetais encore des bonbons à la boulangerie du coin (info : je n’ai jamais arrêté) ? Leurs productions sont bien cool, et on sent là aussi un énorme potentiel, mais le remix de <strong>If You Love Me</strong> par Xaphoon Jones et Grave Goods (inconnus au bataillon) démonte gravement, en passant de la bass music au terrorisme trap, pour finir sur une note Uk émo. Ces deux jap doivent être les stars de leur bahut, les autres élèves devant se ronger les ongles avec leurs uniformes à étudier comme des fous, parce qu’à 15 ans, au Japon, tu fais rarement de la bass-music avec des célébrités anglaises et des clips avec des filles qui se lèchent les seins.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><iframe width="100%" height="166" scrolling="no" frameborder="no" src="https://w.soundcloud.com/player/?url=http%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F80959077&amp;color=ff00c5&amp;auto_play=false&amp;show_artwork=true"></iframe></p>
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<p><strong> Lana Del Rey – Summertime Sadness (Ryan Hemsworth remix)</strong></p>
<p> Si <strong>Ryan Hemsworth</strong> est une valeur sur en terme de remixes et productions depuis quelques mois, je ne pensais pas qu&#8217;il allait me foutre une tatane pareille avec ce remix de la diva faisandée Lana Del Rey. Le mec n&#8217;est pas fou, il s&#8217;attaque au meilleur morceau de la belle (si l&#8217;on excepte Blue Jeans), et le vrille à coup de rafales de snares et beats pachydermiques. En plus de prouver que la bass / trap ne s&#8217;acoquine jamais mieux qu&#8217;avec de la pop, le morceaux prend une dimension émo-banger assez folle, parfait tube pour club crades ou retours de soirée à 4h du mat avec le casque collé sur les oreilles, à se balader sous la lumière des réverbères en levant les bras. La maitrise est énorme, dans le rythme comme dans la mélodie. Bref, Lana, au lieux de débaucher un orchestre philarmonique pompeux pour ta prochaine galette, va plutôt faire un tour du coté de Ryan ou <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2012+en-juillet-joublie-de-respirer-curreny-le-jouage.html">Harry Fraud</a>, cela ne pourra que bien se passer.</p>
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<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/3sEZ_oaoif8?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
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<p><strong> Ceephax – Cro Magnox </strong></p>
<p> <strong>Ceephax</strong> continue son petit bonhomme de chemin, entre artworks du gouffre et disques acid-electronica-8bits régressifs, là ou son frêre tente de devenir le Daft Punk de l&#8217;IDM hystérique. <strong>Cro Magnox</strong>, disque bien difficile à acheter si l’on a pas de platine (et pour cause, c’est vinyle only), et à la pochette joliment rétro, semble poser un peu l&#8217;ambiance, au vu du premier single hypnotique, longue fresque electronica-ambiant parfaite pour trancher la nuit avec son véhicule. Synthés lugubres, mélodie qui semble tout droit sorti d’un castelvania snes, rythme bien massif, le morceau est, là encore, qu’une longue montée pessimiste mais jouissive, donnant tout dans son épique dernier quart. Anecdote, cette vidéo est encore un trajet entre Odaiba et Tokyo, cette fois en bagnole, à croire que ce chemin inspire les vidéastes amateurs d’electronica (cf <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2012+cum-on-my-selector-7-young-fathers-sand-circles-ital-tek-egyptology-jason-grove-burial-goldffinch-barker-baumecker.html">Burial</a> et <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2012+cum-on-my-selector-6-ricardo-tobar-vect-quam-harmonimix-boards-of-canada-disclosure-nick-sole-frank-ocean.html">Machinedrum</a>). Il ne me reste plus qu’à écouter ce Cro Magnox en entier, je suis tout honteux de ne pas déjà l’avoir fait.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/lY1QyOxx-ks?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
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<p>Dat&#8217;</p>
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		<title>Protected: MC KAN INTERVIEW &#8211; Japanese</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Apr 2013 19:10:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dat'</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Japanese]]></category>
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		<title>Ventura &#8211; Ultima Necat</title>
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		<pubDate>Sun, 14 Apr 2013 19:16:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dat'</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[African Tape]]></category>
		<category><![CDATA[chante les refrains dans douche en hurlant comme un camé]]></category>
		<category><![CDATA[la suisse c'est chic]]></category>
		<category><![CDATA[Noise]]></category>
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		<category><![CDATA[We Recruit]]></category>

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		<description><![CDATA[Brace For Impact Il faut le dire, le dernier album de Ventura, We Recruit, m&#8217;avait littéralement explosé le cerveau il y a 3 ans, et se posant, petit à petit, comme un de mes disques cultes. Les classiques, il faut les laisser mariner un peu avant de les porter aux nues, histoire de laisser l&#8217;enthousiasme...<br/>  <a class="readmore" href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2013+ventura-ultima-necat.html">Lire la suite</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><br class="spacer_" /></p>

<span style="color: #ff0000;"><strong>Brace For Impact</strong></span>

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Il faut le dire, le dernier album de <strong>Ventura</strong>, <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2010+ventura-we-recruit.html">We Recruit</a>, m&#8217;avait littéralement explosé le cerveau il y a 3 ans, et se posant, petit à petit, comme un de mes disques cultes. Les classiques, il faut les laisser mariner un peu avant de les porter aux nues, histoire de laisser l&#8217;enthousiasme du départ retomber. Et c&#8217;est après ces années d’écoutes intensives que je peux affirmer une chose : si tu me demandes mes 15 ou 20 disques préférés de ma vie, ce <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2010+ventura-we-recruit.html">We Recruit</a> de Ventura sera surement dedans. C&#8217;est con à dire, surtout à cette époque de leaks et de downloads effrénés, en plus à l&#8217;âge adulte, de se dire qu&#8217;un album des années 2010 se fraie un chemin dans mon cœur, à coté de galettes sorties il y a 10 ou 15 ans.</p>

Pourtant, il n&#8217;y avait rien d&#8217;extraordinaire dans cet album, rien ne révolutionnait la musique ou autre. Mais à l&#8217;instar d&#8217;un <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2009+rone-spanish-breakfast.html">Spanish Breakfast de Rone</a>, si rien n&#8217;était inventé, tout y était absolument parfait. Le seul vrai défaut de We Recruit, c&#8217;était l&#8217;impossibilité de trouver des morceaux sur youtube, histoire de me faciliter la tache quand je voulais faire écouter <em>With Ifs</em> ou <em>Twenty Four Thousand People</em> à mes potes (dieu sait que je les ai fait chier, de Paris à Tokyo, avec ce disque)</p>

Et puis, impossible, en introduction, de ne pas taper un petit laïus sur African Tape, un des meilleurs labels français en ce moment, ayant dans le roaster quelques fous furieux comme les excellents <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2013+electric-electric-discipline.html">Electric Electric</a>, les énervés Marvin (qui reviennent sous peu) ou les indispensables Papier Tigre. Dire que j’attendais ce nouveau Ventura avec impatience relève de l’euphémisme, et si le disque s’annonçait plus sombre et dépressif (selon les propres dires du groupe), j’étais convaincu que le talent mélodique de ces derniers n’allait pas disparaître en un claquement de doigt.

<p><br class="spacer_" /></p>
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<img alt="" src="http://www.chroniquesautomatiques.com/wp-content/uploads/2013/04/Ventura-Ultima-Necat.jpg" title="Ventura Ultima Necat" class="alignnone" width="450" height="450" />
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>

Il faut le dire, le packaging de ce Ultima Necat tranche avec l&#8217;indigence du disque d&#8217;<a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2013+electric-electric-discipline.html">Electric Electric</a>. Superbe photo de singes se prélassant dans un Onsen, crédits en pagaille et pack cartonné, on fait les choses bien chez African Tape. Le disque débute sur une intro ombrageuse et somme toute assez commune, posant bien le disque, pour les 8 titres à venir. Oui, le disque contient seulement 9 morceaux, mais s’étend sur plus de 40 minutes, ce qui est largement suffisant.</p>

Et les choses commencent sérieusement avec <strong>Little Wolf</strong>, où l’on retrouve tout ce que j’aime chez ces Suisses. Guitares lourdes, saturées, effectivement plus pesantes, avec un chant moins enjoué que sur le précédent LP. On avance, de façon quasi guerrière, terrain désolé post conflit. Mais après un &#8220;<em>dont you cry little wolf&#8221;</em> tout explose, c’est le panard total, le morceau prend des parures pop, Ventura ça te parasite toujours le cerveau avec ses refrains, ça monte, ça hurle à nouveau, orgasme noise-rock de fou, avec des zébrures hystériques qui lacèrent la voix du chanteur et ses &#8220;<em>it will be alright&#8221;</em>. Bonheur.</p>

<strong>Nothing Else Mattered</strong> embraille sur les chapeaux de roue, et se pose comme le tube incontestable de Ultima Necat, tout en faisant un pont flagrant avec le précédant Lp : ultra violent mais mélodique comme jamais, à chanter sous sa douche tout en aspergeant sa salle de bain comme un damné. Les couplets émo noyés dans le bordel hystérique me rendent débile, et les refrains implacables, assenés comme des uppercuts, donnent envie de tabasser des gens au hasard dans ton open-space. Mais c’est surtout cette mélodie saturée, dégueulée par les guitares, qui me flinguent le palpitant. Le dernier tiers du morceau, c’est jean déchiré, gel dans les cheveux et lettre de rupture, le panard absolu. Beau, imparable, catchy en diable, et agressif comme la mort. On frise la perfection dans le genre.

Et Ventura ne décide pas de lâcher la pédale au niveau des gros tubes, avec un <strong>Body Language</strong> superbe, au départ très posé, ultra émo, amant épeuré gueulant sa peine en haut d’un building. Puis c’est l’arrivée des grattes, qui tombent dans tous les sens et brisent le silence en mode étoiles filantes, il y en a partout dans tes tympans, c’est tellement massif que ça frise avec le shoegaze. Mur du son impressionnant, noyant quasiment les vocals et grillant tes enceintes, prends ta mandale. <strong>Intruder</strong> prend la même pose, avec début cristallin, on pense avoir le slow mélancolique du disque, jusqu’à ce que tu prennes un Scud hallucinant de violence, (peut être le  moment le plus lourd du disque, le plus démesuré), avant d’alterner entre calme et hystérie. Moins évidemment d’un point de vue mélodie, mais complètement dingue en terme de passage à tabac sonore, Intruder est surement la charge la plus épique de la galette, un morceau traumatisant qui te colle à terre pour te rouer de coups.

<p><br class="spacer_" /></p>
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Mais après cette enfilade de bombinettes écorchées, le disque va s’autoriser un esclandre encore plus sombre, plus guerrier. <strong>Amputee</strong>, du haut de ses 11 minutes, symbolise cette fracture en te sortant une fresque désespérée, complètement dingue, commençant sur un rock presque Western, avec des arpèges de guitares hypnotiques, et toujours cette ligne de chant qui parasite la tronche, &#8220;I <em>feel like an amputee !!!!&#8221;</em>, impossible de ne pas avoir les cheveux qui se dressent sur la caboche. Typhon de guitares, frontman qui gueule sa peine avec des larmes dans la bouche, folie pure. Après 5 minutes, la tempête passe, le morceau devient lugubre, guitares lâchent une mélodie désespérée sans rien d’autre au tour, si ce n’est saturations et effets chelous. Ca fout la frousse, on attend l’explosion comme jamais, et quand la batterie tonne à nouveau, on frôle l’orgasme, et l’on se dit qu’en live, ça doit sacrement secouer les estomacs. La montée finale va courir sur plusieurs minutes avant de partir sur une attaque à décoller le cerveau, d’une beauté folle. Flingué sur place, mon cerveau étalé sur le trottoir.</p>

<strong>Corrinne </strong>sortira l’artillerie lourde, heavy complètement déchainé, presque bordélique, un peu moins accrocheur que ses potes du dessus, mais au moins aussi choquant. On lui préfèrera le fou <strong>Elephant Man</strong> a la ligne mélodique géniale, chant en chœur, avec un sacré break émo dans son milieu, comme Ventura sait si bien les faire. La dernière attaque, tu auras envie de la chanter dans le métro en allant au boulot, et c’est bien tout ce que l’on demande à Ventura, qui s’autorisera même quelques notes cramées en fin de morceau.</p>

<strong>Exquisite and Subtle</strong> terminera le disque de façon celeste, en mettant les bouchées doubles niveau shoegaze, avec mur de guitare et chant éthéré, perdu dans les échos, écrasé par un immeuble noise qui tombe sur le groupe et détruit tout. Après avoir navigué au milieu des cadavres pendant tout le disque, tu te retrouves sur une conclusion lumineuse, à te donner envie de courir dans les champs avec des tournesols qui te fouettent la tronche. Sur nous les étincelles du soleil comme disait l’autre. Meilleur morceau disque, pas foncièrement. Mais morceau indispensable, absolument.

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Ultima Necat affirme Ventura dans le paysage rock franco-suisse, comme un groupe d&#8217;enfoirés, maîtrisant autant les envolées mélodiques que les bastons violentes, en passant par les murs de grattes shoegazy en mode arrachage de dents. Pas vraiment de raté dans le disque, pas de déception, une violence inouïe sur certains passages, des morceaux bourrés de détails. On ne se fout pas de notre gueule chez Ventura. Clairement, il y a beaucoup moins de respirations dans ce nouvel album, par rapport au précédent, et l’écoute d’Ultima Necat pourra se révéler éreintante pour certains. Mais les mélodies sont toujours là, écrasées, éviscérées par les guitares furibardes du trio. Les refrains accrocheurs sont désormais hurlés dans le marasme, comme un capitaine en pleine tempête sur la proue de son bateau. Ca tangue, ça tonne, ça brutalise les enceintes. J’avouerai que le talent de Ventura pour sortir des refrains imparables est tellement grand, que j’adorerai entendre le groupe balancer un morceau pop, un truc presque commercial, qui abuserait des ondes radios et se chanterait dans toutes les douches (et pas seulement dans la mienne). Peut-être pour le prochain album…</p>

Je ne pense pas <strong>qu’Ultima Necat</strong> aura le même impact dans mon cœur que <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2010+ventura-we-recruit.html">We Recruit</a>, mais le contraire aurait été presque flippant. Le disque se pose par contre sans soucis comme l&#8217;une des plus grosses sorties rock de l&#8217;année, bourré de morceaux jouissifs en diable.</p>

On peut être sur d’une chose : si le gouvernement taxait à 75% la richesse et la beauté de ce <strong>Ventura</strong>, on sortirait de la crise illico.

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<strong>Ventura &#8211; Nothing Else Mattered</strong>

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<p>9 Titres – African Tape</p>
<p>Dat’</p>
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		<title>James Blake &#8211; Overgrown</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Apr 2013 20:40:55 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Brian Eno]]></category>
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		<category><![CDATA[ecoute voyeur et prends tes drogues]]></category>
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		<description><![CDATA[I don’t mind, it was all me Il était une fois James Blake, jeune anglais maigrichon fricotant avec Mount Kimbie, et propulsé comme grand espoir du Uk Garage après quelques Ep de folie (on se souvient avec émotion de CMYK ou The Bells Sketch), naviguant entre synthés sublimes, rythmes 2step et gestion du silence ultra...<br/>  <a class="readmore" href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2013+james-blake-overgrown.html">Lire la suite</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><br class="spacer_" /></p>
<p><span style="color: #ff0000;"><strong>I don’t mind, it was all me</strong></span></p>
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<p>Il était une fois <strong>James Blake</strong>, jeune anglais maigrichon fricotant avec <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2010+mount-kimbie-crooks-lovers.html">Mount Kimbie</a>, et propulsé comme grand espoir du Uk Garage après quelques Ep de folie (on se souvient avec émotion de CMYK ou The Bells Sketch), naviguant entre synthés sublimes, rythmes 2step et gestion du silence ultra maitrisée (Klavierwerke). En parallèle, il avait son projet Harmonimix avec des <a href="http://www.youtube.com/watch?v=udB6m3uuDOM">remix goguenards</a> ou foutant <a href="http://www.youtube.com/watch?v=dBcCXX0aWhc">le vertige</a>, histoire de palper les billets de façon anonyme. Bref, de quoi donner beaucoup d’espoirs à tous ceux qui attendaient un vrai LP de Uk Garage qui secouerait le monde.</p>
<p>Le premier LP de Blake est arrivé, et ce fut le drame. L’anglais troque sa musique pleine de cyprine pour un garage matiné de r’n’b geignard bourré de vocodeur et de vibes pour amoureux neurasthéniques. Etait-ce surprenant ? Oui. Etait-ce mauvais ? Pas tant que ça. Pourtant la critique se déchaine et s’ouvre en deux camps, tel le Grand Fossé d’Asterix. Je n’ai pas vraiment compris l’engouement incroyable autour du LP de James Blake à sa sortie, mais j’ai encore moins pigé tout l’acharnement qu’il y a eu contre lui. Car si l’anglais a effectivement policé sa musique, sortant du pour Uk Garage pour flirter avec le R’n’b minimaliste, le bonhomme garde quand même toute son identité sur son premier Lp. Certes, 50% du disque frôlait l’horreur. Mais il y avait de belles choses, comme les 3 premiers morceaux qui auraient clairement pu se faufiler dans ses précédents Ep sans problèmes. James Blake fait du 2step en slow motion, et utilise son (bien bel) organe au lieu de sampler des midinettes… et pourquoi pas ? Le disque ne tenait certes debout que grâce à une poignée de tracks, mais James Blake ne reniait pas vraiment son passé, si l’on excepte l’usage de la voix. D’autant plus, même si c’est bien subjectif, que je trouvais le changement d’orientation moins téléphoné/craignos que pour Darkstar ou (iiiiirk) Nicolas Jaar.</p>
<p>Bref, sur ce nouvel album, Blake avait deux solutions, vu que l’on savait que la recette du LP1 allait être conservée : continuer le boulot, mais en donnant un peu plus d’importance au coté &#8220;vicié&#8221; de ses morceaux. Où foncer dans  la pop ringarde histoire de s’ouvrir à un plus grand public.</p>
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<p><img alt="" src="http://www.chroniquesautomatiques.com/wp-content/uploads/2013/04/James-Blake-Overgrown-Cover.jpg" title="James Blake overgrown" class="alignnone" width="450" height="450" /></p>
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<p>Et vu la gueule des deux pochettes, immondes, en mode Zara vs Topman, on pouvait clairement flipper sur la réponse au dilemme du dessus. Et autant vous l’avouer tout de suite, le disque est comme son précédent : ultra bancal, peuplé de morceaux qui me font autant d’effet que des miettes de Kango délicatement pressées sur mon scrotum (aucun effet donc, à part une éruption cutanée), mais qui comporte aussi de belles choses.</p>
<p>Des morceaux inoffensifs, qui feront surement larmoyer les cœurs sensibles, mais qui manquent réellement d’ardeur, on peut en trouver une belle pelletée. Et contrairement au premier LP qui avait une ouverture impeccable avec 3 morceaux solides, ce nouveau disque commence en sens inverse, et nous fait grincer des dents : <strong>Overgrown</strong> aurait pu être pas mal (beaux passages mélodiques sur le chant) mais on s’emmerde rapidement, c’est trop vide, trop simple, et la montée est loin d’être assez épique pour toucher. <strong>I Am Sold</strong> ne passionne pas des masses non plus, avec ce trip-hop dépressif, qui ne débouche sur rien, à part un ennui impossible à feindre. Pire, le morceau, en restant très ombrageux, ne met même pas en exergue les talents mélodiques de Blake, sa seule arme de valeur au final.</p>
<p>Et puis, tout à coup, le miracle. <strong>Life Round Here</strong> déboule, et nous fout dans la tronche pile ce que voulais entendre. Ce que le mec devait faire, sa mission, l’aboutissement du &#8220;<em>hey je viens du Uk Garage mais maintenant je vais chanter&#8221;</em>. Rythme hiphop ultra classe, synthé sublime, tout en variation, qui file la gaule. Chant plus assuré, plus proche du maquereau claquant des doigts sur les trottoirs de Farmington que du petit oisillon mourant londonien que l’on avait l’habitude d’entendre. Ce truc est un tube, mais un tube vicié. Drogué. Comme si l’on écoutait la paire (impossible de ne pas y penser) Timbaland – Aaliyah repris par un nerd hypocondriaque venant de se découvrir des velléités de fripouille.</p>
<p>L’autre réussite incontestable du disque, c’est le single <strong>Retrograde</strong>, qui est peut être le plus beau morceau pop de notre Blackounet. Bien plus fouillé et prenant que <em>Limit To Your Love</em>. Parce que le chant est parfait, la mélodie aussi. Mais surtout parce que l’anglais nous sort ses plus beaux claviers. Qu’ils sont beaux ces claviers ! Ils partent au parfait moment, &#8220;<em>suddenly I’m hit&#8221;</em>, et boum, c’est la fin du monde, on étouffe, abasourdi par cette masse de synthés, comme si un camion te fonçait dessus en klaxonnant comme un fou. Toi, tu es ébloui par les phares, lapin apeuré et paralysé par la cage en métal qui hurle dans ta direction. Surtout, Retrograde cristallise parfaitement ce que fait James Blake sur ses disques. De la pop. Mainstream. Evidente. Mais viciée. Au final, ce morceau, il aurait presque pu atterrir chez Coldplay. L&#8217;astuce, c’est que Blake préfère l’écraser, l’exploser, le flinguer avec des synthés bien trop forts, bien trop envahissants. Et grâce à cela que l’on prend du plaisir, c’est ce qui fait toute la différence.</p>
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<p>Vous me trouvez bien positif ? Pas de soucis, on repart sur les ratés de la galette, j’en ai encore deux-trois dans la poche. Le mec aurait pu nous épargner <strong>Dlm</strong>, parce l’on n’est pas chez Birdy, ce n’est pas ce que l’on attend de James, sauf pour faire mouiller les minettes. Là aussi, la mélodie de base est très belle (quand il déclame &#8220;<em>the colors of our lights&#8221;, </em>ça marche plutôt bien). Le problème est que le morceau repose uniquement sur un piano sans saveur et bien fainéant, avec une conclusion de la honte featuring  hululement gospel sans le sou, genre tu viens de taper ton doigt avec un marteau. Frissons de la honte, non merci.</p>
<p><strong>Our Love Come Back</strong> se la joue ultra émo, et tu as grave envie de serrer tes enfants dans tes bras, la larme à l’œil, en leur disant que tu les aimes, que reviendras dans deux ans après cette fichue guerre, alors que tu sais pertinemment que tu vas sauter sur une mine comme une merde et mourir en te noyant dans ton propre sang. Mais à part ça, on se fait chier et on regarde sa montre.  On va dire que je radote,  <strong>To The Last </strong>balance là aussi une superbe mélodie voix, le mec te sort des couplets/refrains en diamant, à te filer la frousse… mais la musique ne va pas assez loin pour draguer l’échine. Ca reste trop cadré. C’est bien moins catastrophique que les deux premiers titres du disque, mais on sent que l’on aurait pu avoir tellement mieux.</p>
<p><strong>Take A Fall For Me</strong>, avec RZA en feat ( ?!?) n’est clairement pas une foirade à proprement parlé. Mais l’on se demande vraiment ce que fait cette track dans le disque. C’est sympa, il y a les fameux synthés fous de Blake, RZA se la joue spoken word romantico-mystique, et le sound design donne le vertige. Mais cela sonne surtout complètement hors propos, en plus de s’arrêter pile au moment où le morceau devient intéressant. Loin de moi l’envie de cracher dessus, mais on aurait bien plus vu le tout sur un projet Harmonimix (il va falloir y penser) que sur ce Lp.</p>
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<p>Mais il y a de vraies fusées dans ce disque, bien plus aventureux que le premier LP. <strong>Digital Lion</strong>, feat Brian Eno (curieux de savoir comment ils se sont repartis les rôles, parce que c’est loin d’être flagrant) fera tonner les subwoof, avec une complainte cristalline qui va rapidement vriller en electro caverneuse, grondante, lugubre, habitée par des voix spectrales. Et quand on commence à s’habituer au traitement, un long klaxon glace le sang, élément indispensable du tout, ouvrant une dernière partie hypnotique, mais se fermant un peu trop abruptement.</p>
<p>Le titre de conclusion, <strong>Every Day I Ran</strong> replace carrément James Blake dans ses premiers amours, avec un Uk Garage Dub du plus bel effet, avec un toaster samplé et synthés à filer la frousse, quasi tire larmes, bourrés de détails, d’une richesse folle. Bombe droguée du disque, pourtant surement rajoutée au dernier moment, car pas vraiment cohérente avec le reste. Ultra massif dans son rythme, comme dans le mille feuilles de synthés, <strong>Every Day I Ran</strong> rassure sur la capacité de Blake à balancer des bombinettes abstract. S’il sort ce genre de morceaux sur son tout nouveau label 1800Dinausor, on risque de bien s’amuser dans les mois à venir.</p>
<p>Mais mais mais… la tuerie de la galette, la grenade à fragmentation, c’est <strong>Voyeur, </strong>sans contestation. C’est le morceau qui m’a fait aimer le disque, c’est la track qui m’a filé une banane pas possible, c’est la mandale qui m’a dynamité les neurones. Pourtant, ça commence pas de façon folichonne, en mode r’n’b romantique, avec piano et métronome déréglé. Une minute de simagrées sentimentales… et le morceau se brise. La voix se nécrose. Le beat déboule, techno métallique folle. Les synthés démarrent, s’enroulent, s’envolent, te fracassent les neurones. Ca n’en fini plus de monter, ça n’en fini plus de tonner, ça n’en fini plus de s’enrouler autour de ta gorge pour t’étouffer. Oh, tu restais tranquille, tu voyais encore le soleil. Mais à 1min55 c’est Silent Hill, c’est le nouveau monde, c’est la fin des temps. C’est un barrissement de tous les diables qui déboule et emporte tout sur son passage. Brule le morceau, noie la voix, te broie les vertèbres. C’est un synthé tellement massif qu’il t’arrache la tronche, te découpe la colonne à coup de petite cuillère. James Blake (on l’avait oublié) continue en boucle de balancer la même phrase depuis 3 minutes, comme un hystérique camé, un fou perdu au milieu des monstres qui envahissent les rues et tabassent tout ce qui bouge. Toi, en écoutant ça, tu as envie de sauter contre les murs, de danser comme un robot, de faire du voguing en avalant des tablettes de tamiflu, de gueuler <em>oui oui oui oui oui</em> au fur et à mesure que le morceau progresse, de façon quasi irrationnelle comparé au reste du disque. Ces synthés mec… CES PUTAINS DE SYNTHES !!!. Ce morceau, c’est l’orgasme absolu, la techno de cathédrale,  la longue chute gorgée d’opiacés. Le panard total, meilleur morceau de James Blake all time.</p>
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<p>L’album est au final bien plus solide que le précédant. Certes, loin d’être parfait. Certes, avec une bonne moitié de morceaux ratés ou dispensables. Mais on a enfin un vrai album, qui ne donne pas l’impression d’écouter des bouts de morceaux, des ébauches fainéantes (mêmes les tracks foireuses sont, au moins, de vraies tracks). On a du lourd, du puissant, de l’émo en veux-tu en voilà, avec quelques moments de bravoure. Il faut aussi souligner que ce disque est  beaucoup plus proche de ce que faisait le musicien avant son virage midinette (<em>Voyeur, Digital Lion, Everyday I Ran</em> qui auraient pu être dans les premiers EP), et pousse parfois la recette &#8220;new james Blake&#8221; à son paroxysme, nous prouvant qu’il n’avait pas forcément tord de se mettre à la pop (<em>Retrograde </em>et<em> Life Round Here</em> sont absolument parfaits)</p>
<p>Jamais Step, mais toujours un peu Dub, Blake continue de plonger sa pop dans un écrin bourré de synthés mirifiques et d’échos qui plairont aux sales drogués. D’ailleurs, c’est bien un des rares artistes qui m’exciterait plus avec un LP live plutôt que studio, tant l’anglais étire et défonce ses morceaux en concert, de façon assez jouissive.</p>
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<p>Ecouter ce James Blake, c’est comme se faire sucer par un She-male. C’est à première vue doucereux, agréable, presque banal, jusqu’à ce que la surprise inattendue nous fasse basculer sur des terrains que nous n’avions pas foncièrement l’habitude d’arpenter. Et à un moment, sortir de sa zone de confort, c’est plus que recommandé.</p>
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<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/KXc8spJaEFo?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>L&#8217;énorme <strong>James Blake &#8211; Voyeur</strong></p>
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<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/xe-Shm_clUY?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Le drogué <strong>James Blake &#8211; Every Day I Ran</strong></p>
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<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/6p6PcFFUm5I?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Le beau <strong>James Blake &#8211; Retrograde</strong></p>
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<p>11 Titres – Atlas Recordings</p>
<p>Dat’</p>
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		<title>Team Ghost &#8211; Rituals</title>
		<link>http://www.chroniquesautomatiques.com/2013+team-ghost-rituals.html</link>
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		<pubDate>Sun, 31 Mar 2013 18:01:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dat'</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Electro]]></category>
		<category><![CDATA[Gooom Records]]></category>
		<category><![CDATA[M83]]></category>
		<category><![CDATA[prend toi ce mur du son dans la tronche]]></category>
		<category><![CDATA[Rituals]]></category>
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		<description><![CDATA[Sur nous les étincelles du soleil Difficile d’aborder un article sur Team Ghost sans sortir un laïus un peu nostalgique, sur l’histoire du groupe, sur les têtes qui le compose. Car si l’on parle beaucoup de la filiation du frontman de Team Ghost avec  M83, vu qu’il faisait parti du groupe pour les deux premiers...<br/>  <a class="readmore" href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2013+team-ghost-rituals.html">Lire la suite</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><br class="spacer_" /></p>
<p><span style="color: #ff0000;"><strong>Sur nous les étincelles du soleil</strong></span></p>
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<p>Difficile d’aborder un article sur <strong>Team Ghost</strong> sans sortir un laïus un peu nostalgique, sur l’histoire du groupe, sur les têtes qui le compose. Car si l’on parle beaucoup de la filiation du frontman de Team Ghost avec  M83, vu qu’il faisait parti du groupe pour les deux premiers albums, on ne s’étend bizarrement jamais sur les autres membres. J’en ai déjà parlé, et j’en parlerai encore, mais début 2000, il y avait Gooom Records. Et ce label, il a un peu changé ma façon d’écouter de la musique. C’est un peu con dit comme ça, mais sans Gooom, je n’écrirai peut être pas les mêmes chroniques aujourd’hui, je ne serai pas le même homme, musicalement parlant. Parce que le label m’a fait découvrir trop de choses, trop d’artistes, trop de portes à ouvrir. Je pourrai dire la même chose avec d’autres structures, comme Warp, Planet Mu… Mais avec Gooom, c’était différent, c’était plus personnel. Contrairement aux deux labels anglais suscités, il n’y avait pas de légende dans le roaster… mais pour moi, il y avait des disques qui pèsent autant dans mon cœur qu’un Aphex Twin ou un Plaid (donc de façon ultra subjective, je ne compare pas la portée de ces artistes, que l’on soit bien d’accord). Le label se permettait en plus de balayer pas mal de genres différents, tout en restant ultra cohérent (un tour de force). Il faut d’ailleurs savoir, bizarrement, que l’on trouve souvent des Cd estampillés Gooom au Japon, peut être plus facilement qu’en France désormais.</p>
<p>Ceux qui lisent ces pages depuis 7 ans connaissent mon amour pour la structure, proche du rabâchage de grabataire. De ce label émane évidemment les découvertes <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2009+abstrackt-keal-agram-bad-thriller.html">Abstrackt Keal Agram</a> (et par ricochet <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2008+tepr-the-deadly-master-of-rappers-from-hell.html">Tepr</a>), les excellents <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2006+cyann-ben-happy-like-an-autumn-tree.html">Cyann &amp; Ben</a>, le fou <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2011+kg-adieu-a-lelectronique.html">KG</a>, Gel, Montag…  Et 3 types qui se retrouvent dans Team Ghost désormais. Nicolas Fromageau, de M83 donc. Villeneuve, affilié discrètement au label via compiles et remixes. Et… Tegala, le boss de Gooom, et le mec derrière Purple Confusion (dont j’ai toujours voulu chroniquer en mode nostalgique). Le groupe étant complété par Felix Delacroix et Christophe Guérin.</p>
<p>Alors, vous allez me dire &#8220;<em>merde tu fais chier avec tes trucs de vieux crouton nostalgique, dégage ou parle nous du disque&#8221;</em>. Pas faux. Mais il me fallait expliquer ça, le fait que je suis une putain de groupie, qui voit ce disque sortir avec une petite émotion, un peu comme <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2010+fortune-staring-at-the-ice-melt.html">Fortune</a> en son temps, car cela réveille des souvenirs. Tu peux comprendre ça non, toi qui chiales sur la photo de tes ex ?! Parce que ça représente un peu une partie de mon adolescence/jeune vie d’adulte…</p>
<p>Bref, Team Ghost avait montré de très belles choses avec un premier EP sorti discrètement (mais j’suis tellement un gros hipster que vous pouviez trouver un de leur morceau dans <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2010+les-autoroutes-de-la-nuit-4-japanese-experimental-vs-french-underground-longdrive-mix.html">mon super mix japan vs France</a> de 2010), qui était un peu inégal, mais qui comprenait des morceaux vraiment superbes (<em>Lonely Lonely Lonely, Sur nous les étincelles du soleil, Glorious Time</em>, pour ne pas les citer), parfait équilibre entre une fragilité electronica et un mur du son shoegaze-rock plus frontal, et d&#8217;autres livraisons sorties sur Sonic Cathedral. Et pour tout vous avouer, sur ce longuement attendu premier album, on garde la recette, mais avec plus de monnaie dans la production, pour un son ultra massif qui va débroussailler bien des oreilles. Oui oui c’est bon, cette introduction ultra chiante et bourrée de name-dropping s’arrête là, on passe au disque.</p>
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<p><img alt="" src="http://www.chroniquesautomatiques.com/wp-content/uploads/2013/04/Team-Ghost.jpg" title="Team Ghost Rituals" class="alignnone" width="450" height="450" /></p>
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<p>Alors, en écoutant ce Team Ghost, je voulais plonger dans mon adolescence, en mode teinte sépia, cheveux de mannequins qui volent au ralenti, villes pleines de néons que l’on surplombe en regardant le monstre-foule s’ébattre, amours perdus, cœurs brisés, amours retrouvés, cœurs gonflés. Des trucs bien émo, mais dans le bon sens du terme. Le disque qui te fait voler, sur ton canapé, affalé devant ton ordinateur.  Dans le fond du métro, vers 1heure du matin.  Ou lové dans les bras de ton âme sœur, en plein milieu de la nuit, à regarder le plafond sans rien dire, peaux contre peaux.</p>
<p>Et à ce niveau, dès l’ouverture, <strong>Away</strong>, je suis servi, en triple ration. Synthé electro, voix ultra émo, légèrement modifiées, on commence en mode religieux, mais ça monte, ça monte, ça prend de l’ampleur, ça commence à te tordre gentiment le palpitant, avec une gratte qui démarre, une batterie qui tonne, une mélodie qui s’immisce dans ta colonne et la fait vite vriller. Ca bastonne un peu, sans violenter, avant qu’un barrissement pachydermique t’arrache les oreilles et te donne envie de sauter contre les murs. On est passé de la complainte désertique vocodée au typhon shoegaze. En 3 minutes. Sans réelle surprise, mais foutrement jouissif. Parfaite entrée en matière.</p>
<p>Mais Team Ghost a adopté une stratégie assez étonnante pour promouvoir son disque. Car si ce LP est très éthéré, synthétique et shoegaze dans ses grandes largeurs, ce sont deux (les seuls ?) morceaux ultra-rocks et agressifs qui ont été mis en avant sur les internets. Et qui se retrouvent dans le premier tiers du disque. <strong>Curtains</strong> sort la cavalerie, avec un rythme bien massif, et des guitares qui se tordent dans tous les sens. C’est guerrier, dans le chant comme dans les sonorités, et l’on se rapproche bien plus d’un <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2009+a-place-to-bury-strangers-exploding-head.html">A Place To Bury Strangers</a> que d’un <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2009+port-royal-dying-in-time.html">Port-Royal</a>, mais sans foncièrement convaincre à 100%. <strong>Dead Film Star</strong> sera aussi enlevé, mais avec un coté plus gazeux, plus fragile, qui sied plus à votre serviteur. Toutes les guitares sont dehors, ça tabasse dur, mais on a quand même envie de copuler avec des cumulonimbus.</p>
<p>Entre les deux, un <strong>Somebody’s Watching</strong> recentrera un peu les ébats, avec une putain de ligne de gratte, enveloppée de chœurs qui foutent la frousse, et d’un chant avec une tonalité plus pop. C’est absolument imparable, la mélodie de base fait flipper ton cerveau (sérieux, à 1min30, ce pied absolu, avec cette gratte qui s’envole, qui crache une litanie ultime, que tu pourrais chanter sous ta douche) et quand le bordel s’éteint, et que seul les chœurs subsistes, tu frises la chair de poule, si tu es un émo sans mèche comme moi. Vlan, une batterie péplum déboule, ça tente de renverser le break cathédrale, et là, c’est la claque absolue, le sol se soulève, les immeubles s’effondrent, le ciel te tombe sur la gueule, mur du son hystérique, rock furibard, saturation de tous les diables, batterie qui perd les pédales, c’est tellement jubilatoire que tu as envie de repeindre ton salon avec ton liquide séminal.<br /> Là aussi, c’est ultra classique hein, t’attends pas à un morceau qui révolutionne le monde, qui change ta perception de la musique, loin de là. Mais c’est tellement bien fait. Tellement mortel, dans la mélodie, dans le chant, dans la façon de faire monter la pression, puis de tout relâcher. Tu as envie d’être sur scène avec eux, et de sauter dans le public en hurlant, mais c’est pas possible, alors tu convulses seul dans ton appart’ comme un pauvre junkie en manque de dope. Et c’est sacrement bon.</p>
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<p>Oh, vu ce que tu viens de lire, tu penses que ce morceau, c’est le diamant du disque hein ? Bah non. Il y en a un autre, encore plus majestueux, encore plus fou, encore plus beau. Mais genre BEAU. Un morceau qui prend le contre pied des 4 précédents, avec une facette beaucoup plus électro. Au départ de <strong>Things are sometimes tragic</strong>, ça reste dans l’axe des autres morceaux, avec ce chant super émo, noyé dans la brume, qui te lâche un tout petit couplet, sur des synthés trance dépressifs. Sans prévenir, une mélodie superbe, toute fragile, commence à s’infiltrer, histoire de se la jouer tire-larmes. Et là, plus de batterie, mais un putain de rythme techno, un pied binaire qui tabasse entre en scène. Et là, pile à ce moment, tu sens que ça va être putain de sérieux. Sur le <em>boum boum boum boum </em>appuyé, la trance funèbre prend de l’importance, les synthés s’emmêlent, forniquent à n’en plus finir, et toi, tu cherches un peigne pour rabattre la tignasse qui commence à se dresser sur ta caboche. Cassure, une mélodie fait surface, un truc épique, méchant, qui arrache la mâchoire. Et à partir de là, cela ne sera qu’une montée, une progression folle, orgasmique, entre techno héroïque, trance dépressive et shoegaze absolu. <br /> Oh certes, ils auraient pu tout faire exploser à la <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2009+fuck-buttons-tarot-sport.html">Fuck Buttons</a>, histoire de te tuer sur place. Ils auraient pu rebalancer une petite ligne de chant, histoire de pousser le coté lumineux à son paroxysme. Mais merde, c’est déjà parfait comme ça. C’est clairement le plus beau morceau du disque, et l’une des plus belles tirades entendues en 2013 pour le moment. Ce morceau m’a vrillé le cerveau, bouffé la moelle, irradié les neurones. Affolant, la grande classe, bonheur.</p>
<p>Après une baffe pareille, il vaut mieux faire reposer les machines. Qui sont surement cassées, selon <strong>Broken Device</strong>. Alors on va se retrouver sur un morceau tout simple, petite vignette ambiant-christique façon <em>28 jours plus tard</em>, avec un synthé sublime, et un chant vocodé qui chiale sa mère, ses amours perdus, ses doutes, et bien des choses encore. Parfaitement dosé, sans début, sans fin, une petite complainte électronique parfaite, désarmante. Le morceau n’a pas vraiment de dimension, il est linaire, et coincé dans un coin du LP. C’est pourtant l’un des morceaux de Rituals qui m’a le plus touché. Comme quoi.</p>
<p>On a le grand frère de ce morceau un peu plus loin, <strong>Pleasure That Hurts</strong>, lui aussi ultra synthétique, entre synthé superbes, et un chant vocodé qui sied parfaitement à Team Ghost (on va peut être me jeter des pierres  dans la tronche, mais l’autotune convient parfaitement aux complaintes electros composées par ces français). Ici, on ne reste pas sur la même ligne tout le morceau, et un rythme bien massif va déboulonner le tout, et donner un souffle homérique au titre, avec un dernier tiers juste imparable.</p>
<p>Mais pour les amateurs de vrai shoegaze, ne vous faites pas de mouron, Team Ghost en a revendre dans le reste du disque, et sort de vraies munitions qui respectent la charte du genre avec brio, avec ce coté &#8220;<em>release pressure / wall of sounds&#8221;</em> dont je ne pourrai jamais me lasser. <strong>All We Left Behind</strong> se la jouera presque post-rock, avec ces cordes énigmatiques, ce piano funeste, surplombé d’une voix fragile. Et tout à coup, les enfers se déchaines, le mur du son se fait ultra violent, il pleut des saturations comme des uppercuts sur ton nez. Et si tu baignes dans le sang, tu apprécies drôlement cette correction dument méritée. <strong>Fireworks</strong> continuera le travail, avec un rock enlevé, énergique, tubesque, qui part complètement en couille en sa moitié, pour te casser la nuque sur une minute trente avec des guitares qui lézarderont bien des murs. <strong>Team Ghost</strong> assurera aussi le taff pour t’ouvrir la boule en deux avant la fin du disque. Seul <strong>Montreuil</strong> étonnera un peu dans sa direction choisie, assez guillerette, plus proche de Fortune que de ce que l’on l’habitude d’entendre chez Fromageau et ses potes. On aurait bien aimé une petite touche plus épique ou électro sur la clôture <strong>We Won’t Fail,</strong> pop-ambiant religieuse belle mais assez sage. Mais le groupe a du se dire qu’après tant de passages à tabac, il fallait calmer le jeu et sortir les mouchoirs. Pas une mauvaise idée de terminer le LP le cul bien enfoncé dans les nuages.</p>
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<p>Alors, j’en vois certains soutenir &#8220;<em>ouai ouai mais c’est un disque de shoegaze-electro super classique, rien de plus&#8221;</em> et ils auront raisons. La majorité des morceaux gardent ce schéma &#8220;on pose l’ambiance, on s’emballe, on fait tout exploser, puis on revient à la mélodie initiale&#8221;, et l’on ne sent pas chez Team Ghost une envie de casser des barrières sous un giron novateur. Oui, Rituals est drôlement classique, presque scolaire sur certains morceaux. Mais bordel, c’est tellement bien fait ! Tellement maitrisé, tellement bien construit. Les mélodies sont pour la plus part des litanies crève-cœurs. Le chant est parfaitement placé. Les climax foutent le boxon et arrachent les colonnes. Classique… mais certains disques ultra conventionnels dans leur déroulement se retrouvent pourtant <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2010+ventura-we-recruit.html">être dans les plus belles missives de ces dernières années</a> !</p>
<p>Et Team Ghost, s’ils n’accouchent pas d’un monument, nous filent une sacrée taloche avec ce <strong>Rituals. </strong>Un disque qui assure le boulot, presque fan-service, avec ses quelques moments de bravoure ahurissants (<em>Things are sometimes tragic, Somebody’s Watching, Away, Broken Devices…</em>) et des morceaux qui te donnent envie de courir au ralenti dans un champ de blé avec le soleil qui perle dans le dos, comme la pochette du <a href="http://www.chroniquesautomatiques.com/2013+bvdub-a-careful-ecstasy.html">dernier Bvdub</a>. Une putain de galette bien émo, bien violente, épique à souhait, sans réel faux pas. Les singles dispo sur youtube ne sont pas forcément ceux que j’aurai choisi, histoire de bien faire comprendre que si ce disque est majoritairement peuplé de guitares tentant de franchir le mur du son, c’est toujours fait avec amour et émotion. <strong>Team Ghost</strong> maitrise la science de l’ascension, de la progression, de l’explosion, de la mélodie. Et c’est bien tout ce qu’on leur demande, paradis.</p>
<p>Une des plus belles galettes de ce début d’année, sans hésiter.</p>
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<p><strong>Team Ghost &#8211; Away</strong></p>
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<p><strong>Team Ghost &#8211; Curtains</strong></p>
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<p>12 Titres – Wsphere</p>
<p>Dat’</p>
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