Top Albums 2022 – Rétrospective


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Oui, comme d’habitude, ce top Chroniques Auto est le top le plus en retard du monde (vais-je un jour en publier un en Février?). L’avantage, c’est qu’il y a dans cet article au moins 3 mois de musiques à écouter, pour me faire pardonner.

Bizarrement, 2022 n’a pas eu de disque écrasant la concurrence, contrairement aux années précédentes (Floating Points et Fred Again en 2021, Oklou et CS+Kreme en 2020, Yorke en 2019, Low ou Lorn en 2018). L’année a pourtant été riche en découvertes de tout genre, avec de gros chocs (Maxime Denuc, voir plus bas), des confirmations (Billy Woods, KG, Rouhnaa) et des découvertes (Uf0, Tourist, Luther etc.)

Comme d’habitude, ce top ne reflète que mes écoutes personnelles, n’a aucune ambition à prôner le bon goût, et vous aidera simplement à dépenser l’argent cadeau de mémé sur autre chose que le Renaissance de Beyoncé (va cramer ton fric sur bandcamp) Comme d’hab, veuillez excuser la prose hésitante de ce top et les anglicismes récurrents, car je n’écris en français une fois par an.

Et plus important, prenez soin de vous, de votre famille, de votre santé, de vos oreilles.

Dans ce top, les 12 meilleurs albums, les contenders 2022, les 12 best tracks 2022, les 5 meilleurs EPs, le rookie 2023, et trois cents morceaux à écouter ici et là dans la playlist 2022.







> TOP ALBUMS 2022





  • RACHIKA NAYAR – HEAVEN COME CRASHING

Si je disais quelques lignes plus haut qu’il n’y pas eu en 2022 d’album traumatisme, de sortie clairement au-dessus du lot, un LP m’a quand même complètement arraché la colonne vertébrale. Heaven Come Crashing a déboulé dans mes oreilles sans sommation, pour me foutre une sacrée taloche. J’avais déjà écouté avec passion le précédent album de l’artiste, intéressant album expérimental mais un peu trop rêche et minimaliste pour vraiment me faire décoller.
Sur cette cuvée 2022, c’est simple, on est presque dans du fan-service pour les Chroniques Automatiques: longues plages électroniques qui se déplient sur 5 minutes avant d’exploser dans un chaos halluciné, musique de fin du monde qui se fait engloutir dans des synthés Trance, marathons post-rock-drum’n’bass-émo, vignettes ambiant crystallines avec choeurs élégiaques, tout est là pour massacrer les émotions et entretenir les pensées dépressives. J’oserai même annoncer, compliment ultime, que ce disque de Rachika Nayar pourrait se glisser à côté des meilleurs albums de World’s End Girlfriend (on est dans le style a 100% sur des morceaux comme “Nausea”, “Death & Limerence” ou le bien nommé “Heaven Come Crashing”). “Tetramorph”, deuxième morceau du disque, est l’une des plus belles fresques passées dans mes oreilles cette année, et m’a immédiatement fait tombé amoureux du LP.
Heaven Come Crashing est un album colossal, sublime à écouter dans l’obscurité, roulé en boule dans un coin de sa chambre en chialant, ou pour regarder un lever de soleil après une nuit sans sommeil. 


  • TOURIST – INSIDE OUT

Si l’album de Rachika pourra plonger les âmes fragiles dans des pensées désespérées, Inside Out de Tourist (artiste inconnu au bataillon pour moi, avant ce disque) en est son pendant positif, exalté et lumineux, dans un genre complètement différent. Là aussi, on est dans du fan-service Chro Auto immédiat, avec de l’electronica-Uk Garage-house ultra émo, bourré de mélodies mélancoliques, samples de voix pitchées-puputes et synthés qui n’en finissent plus de monter vers les cieux.
L’album enchaîne les fresques émo-tubesques presque trop parfaites, te faisant constamment osciller entre le club extatique à 3h du mat’, le road trip en voiture avec tes potes et le gros chagrin d’adolescent. On sent à chaque morceau le spleen poindre, sans jamais tomber dans le pathos facile. La track “Your Love”, highlight du LP est un tube triste absolu, avec son rythme à faire trembler n’importe quel dancefloor en recherche de crise de larmes.
Le disque parfait pour ceux qui adorent danser dans la rue bourré, en rentrant chez soi.


  • MAXIME DENUC – NACHTHORN

Mettre en haut du top un album de Techno fait entièrement à l’orgue d’église, c’est un simple gimmick pour me rendre intéressant? Du foutage de gueule pour faire le beau à la prochaine soirée, en faisant style d’écouter de la musique difficile? Se convaincre que l’on écoute quelque chose d’unique, car il n’y a pas de bon disque de polka-drill-pop-cornemuse-dubstep cette année? 

Malgré un pitch de disque tout droit sorti d’un Télérama (“un artiste Belge transforme l’orgue d’une église allemande en synthétiseur pour faire de la Trance”), Nachtorn n’a rien de compliqué. Et il est peut être même l’album le plus facile d’accès de ce top 2022. Car il en est sûrement le plus évident, le plus beau, le plus majestueux. Tout est une histoire de mélodie.
Il suffit de commencer par “Infinite End”, 2eme morceau disque, poussé au volume maximum sur tes enceintes, pour se prendre la torgnole de l’année. Baffe qui te fait immédiatement oublier le concept alambiqué et te laisse pour mort, la gueule grande ouverte, matraquée par la mélodie sublime qui hypnotise pendant 6 minutes. Une boucle Techno qui n’en finit plus de se déplier, à première vue ultra simple, mais foisonnant de détails, portée par milles notes qui virevoltent en fond sonore, d’émotions qui giclent en 3D, comme si 1000 synthétiseurs déboulaient sur ta tronche en tabassant tout ce qui bouge.
A part une intro un peu timide, tout l’album oscille entre envolées mélodiques et boucles de claviers belles comme la mort, comme si Lorenzo Senni avait décidé de troquer ses synthés râpeux pour les plus belles textures du monde. On n’est finalement pas si loin de l’album de Walt McClemens en 2021, qui avait tenté un exercice un peu similaire en triturant à mort son accordéon.

Vu que tout sort d’un orgue d’église, la musique a un poids fou, chaque morceau semble gigantesque, l’instrument donnant une texture invraisemblable à ces vignettes puissantes que je rêve d’entendre en club. Nachthorn est un album unique, clairement. La Techno dans la cathédrale, la vraie, enfin.




  • THE FEAR RATIO – RATIO SOUND TRIALS

De la braindance cette année, il en a eu des tonnes. Entre les darons du mouvement (Clark, Plaid, Paradinas…) et les bandcamp producers, il y a eu largement de quoi se mettre sous la dent. C’est pourtant un groupe qui a souvent été dans l’ombre des têtes d’affiches qui m’a fait forte impression en 2022. The Fear Ratio n’est jamais le premier nom à sortir quand on parle d’electronica, malgré quelques albums sur le légendaire label Skam, surement car leurs disques manquaient toujours d’un je-ne-sais-quoi d’émotion. 

Avec Radio Sounds Trials, plus de doute permis: tu as besoin d’une bonne grosse dose d’IDM façon Skam, avec des mélodies à tomber et des rythmes electronica-hip hop qui écrasent le cerveau? Tu ne trouveras pas mieux cette année que ce LP. La première partie du disque enchaîne principalement des morceaux d’abstract hip-hop absolument fous, pur cassage de nuques sur claviers lumineux et dépressifs, proche d’un Boards Of Canada déchaîné tentant de refaire la BO de Fast & Furious Tokyo Drift. Enchaînements de tubes viciés sur rythmes pachydermiques, les 30 premières minutes ne sont là que pour t’exploser la tronche a coup de batte de baseball. On est presque au niveau de certaines tracks Abstrackt Keal Agram, c’est dire! 
La deuxième moitié du disque offrira des expérimentations plus Autechriennes, à base de beats qui explosent dans tous les sens et de synthés émo magnifiques, dans un chaos moins frontal mais tout aussi sublime.
The Fear Ratio propose en catimini ce que l’on peut faire de mieux en braindance actuellement, la directe, la belle, celle qui casse les colonnes et écrase les cœurs.


  • BILLY WOODS – CHURCH

Quel choc que cet album surprise de Billy Woods. Le MC américain n’a pas chômé cette année, avec deux sorties, Aethiopes et Church. Beaucoup de tops 2022 musicaux placeront en haut de leur podium l’album Aethiopes, complexe, étouffant et expérimental LP bourré d’invités et d’instrues exigeantes, et ils auront sûrement raison. 
Mais de mon côté, c’est bien la simplicité et l’émotion brute de Church qui m’a renversé la tronche, et défoncé le moral à coup de batte de baseball. C’est bien simple, un morceau comme “Pollo Rico” m’a fait l’effet d’un trente trois tonnes lâché sur mon crâne, entre la mélodie à orgue mortuaire, le beat claudiquant dépressif et le flow ultra sec de Billy. Ça parle constamment en métaphore, mais l’on pige que cela baragouine sur la mort, le deuil et les chambres d’hôpital.
Quasi tout l’album est magnifique, pur, brut, sans fioriture, sans jamais sonner experimental (petite défaillance d’Aethiopes) et l’on se tape des instrues absolument sublimes malgré leur noirceur (“Pollo Rico”, “All Jokes Aside”, “Paraquat”, “Artichoke”, “Magdalene”…). Ce Billy Woods, c’est la tristesse et la mélancolique tubesque, celle qui te brise le moral à coup de beat switchs et refrains implacables. “It was dark, I could see his teeth, it wasnt a smile”.


  • KUEDO – INFINITE WINDOW

Ce nouveau Kuedo pose une question intéressante: un album doit-il figurer dans un top de l’année simplement pour la qualité de sa musique? Ou aussi pour ce qu’il représente? Ceux qui arpentent ces pages le savent, Severant de Kuedo est sûrement l’un de mes albums favoris of all time (s/o Goute Mes Disques), l’un des disques qui a eu le plus d’impact dans ma vie. Les albums qui suivaient Severant furent sympathiques, mais loin de reproduire le même choc, car étant drastiquement différents du premier album de l’anglais. 

Alors quand Kuedo a annoncé en début d’année qu’il allait sortir un album dans la veine directe de son chef-d’œuvre, aidé d’un premier single complètement dingue, j’ai ressenti un véritable bouillonnement dans mes tripes. 
Est-ce que Infinite Window est un bon album? Evidemment. Dans la même veine que Severant, avec un sound-design upgradé, le LP balance des tueries trap-cyberpunk de folie (“Time Glide”, tout droit sorti de Blade Runner – “Harlequin Hallway” et son finish complètement dingo, potentiellement le meilleur moment du disque) et vignettes ambiant futuristes (“Sliding Through Our Fingers”, en apesanteur). On retrouve même ces rythmes mitraillettes hallucinants sur une bonne partie du disque (“Shadow Dance”, quel plaisir). Kuedo apparaît même dans sa forme finale avec “Infinite Window”, morceau complètement fou, qui semble concentrer tout ce que l’anglais peut faire de mieux musicalement.

Mais pourrais-je dire que cet album est parfait? LP de l’année? Non: trop court, manquant de banger, avec un dernier tiers partant sur du beatless parfois trop calme.
Pourquoi donc mettre ce disque dans mon top? Car ce Infinite Window est l’album qui m’a procuré le plus d’émotion cette année. Dans cette époque où toute sortie n’est plus qu’une annonce twitter ou une notif’ Spotify, ce nouveau Kuedo, pendant les quelques semaines précédant la release, m’a transformé en gamin impatient et surexcité, à regarder la bave aux lèvres un cadeau de noel tant désiré sous le sapin, sans pouvoir l’ouvrir.
A devoir prendre le temps d’écouter le disque dans les meilleures conditions, sur un moment parfait, même si cela demandait d’attendre 24h de plus pour pouvoir m’y plonger.
Infinite Window de Kuedo m’a rappelé ces moments enivrants où chaque sortie d’album était une fête, une célébration, une cérémonie. Et rien que pour ça, cela valait drôlement le coup que Kuedo sorte un nouvel opus.




  • BEACON – ALONG THE LETHE

Allez, tu te doutais bien que l’on n’allait pas avoir un top Chros Auto sans un album de pop-électronique triste et mélancolique. Vu que Thom Yorke n’a pas sorti de solo cette année, il fallait bien trouver quelque chose d’autre pour habiller mes nuits de névrosé sans sommeil.
Beacon te façonne une musique mélancolique en cochant toutes les bonnes cases: synthés pour androïdes qui viennent de se faire larguer, beats qui jonglent constamment entre le UK garage et l’electronica, voix cristalline pas forcément inédite mais faisant parfaitement le taff.
Along The Lethe aligne le sublime (si l’on excepte l’intro, seul raté du disque) avec une précision impressionnante pour un groupe qui semble sortir de nul part, balançant des claviers qui ont pour mission de t’arracher le palpitant toutes les deux minutes. Car ce sont clairement ces mélodies qui sont les piliers de cet album (“Oranges”, “Pay My Depts”, “Nova”, “Harm”… cette folie), claquant dans tous les sens, engloutissant violemment certains morceaux, surgissant de nul part pour tout emporter façon tsunami. Beacon enfante des tubes imparables (“Pay My Depts”, “Harm”) ou des cavalcades émo qui m’ont absolument dégommé le bide à la première écoute (“Show Me How”), voir même quelques délires plus opaques mais tout aussi fous (“Ostrich”, avec le dieu Colin Stetson, ou “Oranges”). 
Pour tous ceux qui étaient amoureux des morceaux pop des deux premiers Moderat, et qui se sentent orphelins d’une électro-pop qui fait pleurer les chaumières et envoie directement dans les étoiles, Along The Lethe est un album quasi parfait.


  • ROUNHAA – MÖBIUS // LUTHER – GARÇON

Meilleurs albums français de l’année? Aucune idée, ce n’est pas moi l’expert. Parfait équilibre entre banger direct et cette expérimentation qui emporte tout le rap français indé actuellement? Une certitude. Et dire qu’ils sont logés dans le même label. Même s’ils se mettront beaucoup de gens à dos, trop expérimentaux pour certains, trop putassiers pour d’autres, Mobius de Rounhaa et Garçon de Luther cristallisent tout ce qui peut se faire de mieux dans l’héxagone. Rounhaa navigue entre instrues folles qui auraient foutu tout artiste en PLS il ya dix ans (“Music Sounds Better With You”, nouveau tube vicié du rap fr), chant vocodé glacial (“Ice” et “Mafia” via leur transition parfaite), ou bangers rudes et sans fioriture (“Le Mort”, “Papurir”, “Celine”…).
Pour Luther, on est dans la neurasthénie pure, avec des instrues encore plus aventureuses, lorgnant bien plus chez Warp records que Seezy, pour des morceaux parfois magnifiques (“Toriel Veni Vidi Vide” est l’un des plus beaux morceaux de cette année). Le mec donne l’impression de rapper tout son album en streaming à 3 am entre deux parties de counterstrike, bien assis devant son ordinateur une clope au bec, des canettes de bières vides jonchant sur bureau, et un live twitch ouvert en fond.
Ça crache ses tripes sur lit d’autotune et mélodies tristes, pour deux albums qui ont du sens et s’écoutent d’une traite, bien loin des compiles pour streaming qui peuplent le rap fr actuel.


  • KG – EIN MANN OHNE FEIND

Le maître de l’ombre est de retour. On ne va pas se mentir, KG (Remy Bux) est l’un de mes artistes préférés, et a changé ma petite vie avec son album Adieu à l’électronique, il y a bien 20 ans. Ce disque à eu tellement d’impact sur ma vie d’adolescent, d’amateur de musique électronique, m’a ouvert sur tellement de possibilités musicales qu’il restera à jamais sur le trône. Mais si pomper le dard de KG n’a jamais été un problème pour moi (Passage Secret, album sorti en 2014, est tout aussi exceptionnel), je suis loin d’être le fan ébahis qui pardonne tout. Jesus Weint Blut, LP sorti en 2019, m’avait complètement laissé indifférent, et Come Closer We’re Cool a disparu dans les tréfonds de mon disque dur sans faire de vague. 

Ein mann ohne feind, nouveau LP, ne s’emmerde pas avec les présentations et claque direct la taloche espérée: KG revient à ce qu’il sait faire de mieux, ces morceaux electronica-disco-shoegaze parfaits qui filent des papillons dans le ventre, qui s’étirent à n’en plus finir, oscillant constamment entre l’amateurisme foutraque quasi dadaïste et la précision chirurgicale d’un vétéran de la musique émouvante. 
L’album n’a pourtant aucun sens (certains morceaux semblent se terminer soudainement, la tracklist est confuse, l’intro semble s’être glissé dans le disque via une erreur de pressage, plusieurs moments de quasi-silence ici et là…), et donne l’impression de regarder une vieille VHS avec dix bouts de films différents empilés les uns sur les autres. 
Mais le principal est là, flagrant, évident: les mélodies sont sublimes, stellaires, donnant constamment envie de sourire et de planer dans le même mouvement. 

Ein mann ohne feind est un album bizarre, poignant et magnifique, un troisième LP indispensable dans la disco de KG.




  • DANIEL AVERY – ULTRA TRUTH

Electro mur du son. Synthés qui enveloppent les tympans façon tempête de neige. Beats electronica fragiles engloutis par des immeubles de claviers qui te tombent sur la tronche. Une bonne heure pour quinze morceaux d’electronica cosmique et nostalgique, remplissant le cahier des charges pour tout amateur de Warp Records. Il y a des bribes d’Aphex Twin (“Ultra Truth”), de CJ Bolland (“Devotion”, “Higher”), du Tim Hecker (“Overflowing with escape”), du Donkey Kong Country (“Wall of sleep”, je ne peux pas être le seul à capter la ref) voir même du Shoegaze à la Seefeel ou Mogwai avec cet étourdissant filtre sonore qui écrase constamment le disque.
A part un ou deux morceaux légèrement hors-sujet au centre du disque, Ultra Truth est un album d’électronique implacable, qui ne révolutionne pas grand chose, mais qui est fait avec tellement d’amour et de finesse que l’on ne peut que relancer le disque pour tenter de chopper une nouvelle mélodie, une petite envolée émotionnelle.
Parfait pour marcher seul dans une ville sous la neige, les mains dans les poches et la capuche sur la tête, chemin du retour éclairé faiblement par les lampadaires.


  • VINCE STAPLES – RAMONA PARK BROKE MY HEART

Que faire après avoir sorti un album (“Big fish”) qui était des années en avance sur le reste du monde, avec tous les potards poussés à fond sur l’expérimentation et le cassage de nuque, et qui ne pourra malheureusement pas être répliqué? Vince Staples a tenté le concept un peu bancal (“FM!”) ou la sucrerie bien trop brève (“VS”, seulement 20 min), mais avec Ramona Park Broke My Heart, l’américain revient enfin à quelque chose de beaucoup plus direct, sans fioriture, presque trop simple. 
Ramona Park Broke My Heart est un album au style assez proche de son autre masterpiece (Summertime06), en plus ensoleillé et moins défaitiste, parfait pour des road-trips avec des potes.
Rien de spécial ici, on a un hip-hop direct, laidback, qui enchaîne morceaux parfaits sur morceaux parfaits, avec en point d’orgue “When Spark Fly” et “East Point Prayer”, duo ultra mélancolique 
L’album que j’ai le plus écouté cet été sur mon vélo, avec le soleil me frappant la tronche.


  • ROMANCE – ONCE UPON A TIME vs BURIAL – ANTIDAWN

Impossible de séparer ces deux disques, représentant les deux faces d’une même pièce: Burial et Romance, pour deux albums quasi beatless/ambiants, qui fracassent la notion du temps qui passe à coup de claviers codéinés et samples en slow motions. Mais surtout deux disques qui mettent la mélodie au premier plan, l’émotion brute, presque niaise, qui te prend à la gorge, te fout des papillons dans le ventre et te donne envie de regarder la vie passer, la joue contre une fenêtre d’un train lancé à pleine vitesse. 

Les deux disques sont tellement minimalistes, mais aussi tellement fleur bleues, qu’ils en deviennent presque difficile à assumer en public. Une surprise, alors que Burial n’a probablement pas sorti plus de 5 bons morceaux en 8 ans. C’est un challenge de dire tout haut que l’un de tes albums les plus écoutés de l’année, c’est quarante minutes de Burial beatless qui te balance des “let me hold you, for a while” sur des craquements de vinyles. Ou que tu as failli verser une larme sur un morceau de Celine Dion rendu inintelligible via du screwed’n chopped extrême (“Remember“, absolument magnifique).
Alors tu gardes ces deux disques pour toi, ton petit secret pour de nuits trop longues sans sommeil, pour tes divagations nocturnes où de belles mélodies te sauveront de ces pensées intrusives bien trop sombres, bien trop lourdes. 
Ces deux albums ont été en rotation constante cette année (“Shadow Paradise” et “Remember” sont peut être les deux tracks que j’ai le plus écouté la nuit en 2022) et vont très probablement continuer de truster mon top nocturne pendant des lustres. “Take me into the night with you”? Avec grand plaisir.






> – Contenders 2022: des albums pas parfaits, mais que j’ai écouté quand même une bonne partie de l’année.





  • Yung Kayo – DFTK: enferme Young Thug et PC Musik dans une chambre pour la nuit. Young Kayo en ressort le lendemain du sang plein la gueule, mais avec de sacrés bangers sous le bras.
  • Hudson Mohawke – Cry Sugar: le meilleur Hudmo depuis 10 ans, entre morceaux débiles et tirades mélancolico-sublimes. L’enchainement “It Is Supposed” / “Lonely Days” / “Redeem” et “Rain Shadow” te démonte sur le ring avec plus de violence et d’émotion qu’un Mike Tyson qui vient de se faire larguer. Vingt minutes de pure folie.
  • Fennec – A couple of good days: le petit album de house euphorique et radieuse, rappelant parfois au bon souvenir du premier The Avalanches. La friandise à écouter quand on veut se sentir bien.
  • St Jude – Signal: le spleen anglais, le vrai. Celui des balades dans Middlesbrough la nuit, après cinq pintes de bières, ruminant sur tes amours passés et la solitude écrasante d’une ville grise de province. “No Angels” est un morceau quasi parfait dans le genre.
  • Bushi – Bushi Tape 2: les meilleures instrues du rap français cette année.
  • Young Nudy – EA Monster: Young Nudy est toujours le meilleur pour balancer des albums de bangers trap sans prise de tête. Mon éternel rookie US.
  • Knucks – Alpha Place: Allez, tu reprendras bien un peu de grime drill UK ultra sombre, avec instrus neurasthéniques et lyrics documentaires écrits au scalpel? L’une des grosses baffes made in England this year.
  • French Montana – Harry Fraud: album inégal comportant certains des plus beaux morceaux hiphop US sortis cette année (“Blue Chills, Drive by, Bronx Mexxa, Higher”…). French Montana n’avait été aussi balaise ici que depuis Mac & Cheeze 4: the appetizer.
  • Dj Kuroneko – Street Glow: une bonne galette d’electro agressive et mélancolique, entre remix breakcore de Burial (“Around u”), future garage spatial et émo (“room”) ou drum and bass fragile mais chaotique (“Witness”, “Restraint”…). En rotation dans mes enceintes dès que le besoin de violence se pointe.
  • Rosalia – Motomami: un beau bordel mi-mainstream mi-drogué, mi-charnel mi-violent, avec une poignée de morceaux qui flirtent avec ce que l’on peut écouter dans la pop déglinguée en 2022 (“La Combi Versace”, quel morceau…).
  • Implaccable – So Vladdy: Le grand n’importe quoi, cet album c’est passer au mixeur du MTV des années 90-00’s et du rap français par un taré nourri au Footwork et Jersey club. Ça force trop sur la voix, c’est fatiguant de fou, mais ya des grosses prods et le tout devient hautement addictif après quelques écoutes.
  • Boris – Fade: Le disque le plus écrasant et imposant de 2022. Les Boris reviennent avec ce qu’ils font de mieux, du drone-métal-ambiant massif, pour un album qui donne l’impression de recevoir un immeuble te tombant sur ta tronche en slow motion.






> TOP SONGS 2022:





  • Yeule – Bite on my neck: Le grand huit de l’année, le morceau le plus dingo, la violente taloche en pleine mâchoire. Yeule nous avait habitué à sortir de la pop-neurasthénique quasi apathique (son excellent album Serotonin II), mais elle est revennue cette année avec un album bordélique et buggé, plutôt inégal; avec en son milieu une fresque épique de pure folie, un rouleau compresseur qui passe à tabac ceux qui osent s’y aventurer. Tabassage techno éléphantesque, synthés 8 bits qui giclent dans tous les sens, voix aussi stridentes qu’une craie sur un tableau, et le meilleur “haaan!!” de la décennie en pré-refrain. Un morceau absolument épique, à passer lors de la prochaine cérémonie d’ouverture des jeux olympiques, pour que le stade entier se mette à hurler en se tailladant les veines. L’amour n’existe plus, Yeule vient de lui écraser la nuque à coup de doc martens.


  • Blastah – Raining: Le morceau qui m’a le plus secoué cette année. Je n’ai pas d’explication, mais cette vignette de dancehall dépressive, noyée sur la pluie et les synthés anémiés, me casse le cœur. C’est évident que Blastah tente de faire la fête, pousse les culs à danser, à coup de rythmes chaloupés, de klaxons intempestifs, d’aboiements reggaeton… mais sans jamais vraiment y arriver. Le tout capitule dès le départ, façon block party avec un dj en feu, mais sans personne dans le public, car tout le monde est confiné chez soi, à cause d’une pandémie mondiale.
    La nouvelle musique club, celle d’un monde où l’on doit regarder son DJ favoris faire un live Twitch, en racolant pour quelques tips crypto, car il n’a plus d’endroit où jouer, vu que toutes les boîtes de nuit sont fermées. 
    De ton côté, seul et déprimé, entre deux pubs youtube, tu danses dans ton salon une bouteille à la main, en te rappelant au bon souvenir des soirées qui puaient l’alcool, la chair et le sperme.


  • Maxime Denuc – Infinite End: La track absolue de 2022, la fresque qui m’a fracassé à la première écoute. J’en ai hurlé dans mon salon, en me demandant ce qui se passait, tentant de comprendre ce que je venais d’écouter, les yeux écarquillés, la bouche sèche, estomaqué par cette ligne mélodique qui n’en fini plus de s’étirer, se dédoubler, de s’intensifier, jusqu’à te donner l’impression de complètement envelopper ton corps et te laisser pour mort, façon coup de fusil à pompe dans le bide. On est sur le premier vrai morceau 4D, la mélodie en multiverse, le nouveau monde audio qui déferle sur tes tympans. Sincèrement, ma belle Infinite End, on se reverra sûrement à mon enterrement. 


  • Realo & Recklessboise – Ibiza: le rap Francais au summum de l’insanité, le pinacle de l’instrue trance-club-trap, de la mélancolie club épique. La meilleure prod de l’année, le banger émo parfait, le beat switch qui file des papillons dans le ventre, j’aurai rêvé avoir des morceaux pareils pendant mon adolescence, cela m’aurait fait commencé la drogue plus tôt. Tellement d’années perdues à rester sobre.


  • Rosalia – Candy: Ok, c’est bon, on peut arrêter d’écrire sur la bonne musique, la mission est remplie. Dans notre ligne temporelle actuelle, une pop star mondiale ouvre son album en reprenant l’emblématique “Archangel” de Burial, et le transforme en un tube larmoyant d’une beauté folle. J’ai chanté “Archangel” dans ma douche tous les jours pendant 15 ans, ça me rend tout chose de savoir que Rosalia devait faire quelque chose de similaire en prenant ses bains moussants dans sa villa de Los Angeles. On est en train de gagner, il n’y a plus de frontière. Dans deux ans, Lana Del Rey ferra pleurer les foules en fredonnant sur du Autechre. Le nouveau monde? Nous y sommes presque, continuons de pousser.


  • Hyacinthe & Gen – Rare: Ce morceau, c’est l’écriture la plus clinique et directe du rap fr. On n’est plus dans la musique simple, mais dans une succession de photos brutes qui s’impriment, à chaque phrase, dans ton cerveau au fer rouge, aussi frappantes qu’un documentaire shooté à l’iphone, zoomant sur des vies blessées et rongées par l’espoir, sans filtre aucun. Avec en prime un couplet de Gen tellement rude et dur, qu’il te donne envie d’appeler tous tes proches pour leur demander “Hey bro, comment tu vas aujourd’hui, ça peut aller?”.


  • Tudor Acid – Boiling Mercurial Sea: Parfait petit morceau d’electronica émo analogique que j’ai écouté en boucle toute l’année, coincé dans un album très cool. La mélodie est magnifique, cela se chanterait presque sous la douche, ca crisse, mute et explose de partout tout en restant super guilleret. Ca sent fort la boite à rythme poussiéreuse manipulée avec respect, le rythme claudiquant trouvé live, l’énorme respect pour une electronica faite de façon artisanale, sans fioriture, avec amour. Une musique parfaite pour panser ses plaies, et chouiner seul dans son appart.  


  • Roseboy666 & Babysolo33 – Ta Shawty: Le morceau suprême d’une génération qui écoute autant Hannah Diamond que Gucci Mane. Les prochaines années seront-elles celles de Babysolo33? C’est très probable. Mais avec des prods aussi belles que celle de Roseboy666 sur Ta Shawty, ça se transforme immédiatement en évidence (je triche un peu car le morceau est sorti fin 2021, mais l’album de Roseboy a déboulé en 2022 donc ça passe). 


  • B.B. Jacques – Opium: B.B. Jacques m’avait choqué il y deux ans avec Desertik, puis avait disparu de mes radars audio. Il revient en 2022, sans prévenir, avec un morceau absolument fou, la quintessence du rap nocturne et désabusé. Passion violente, le mec te hurle dessus et crache ses tripes, proche de la vomissure d’un gars perdu et complètement bourré, qui t’accosterait dans la rue après minuit, une bouteille de jack à la main, pour te dire que “la vie c’est de la grosse merde mais qu’il faut quand même s’accrocher dur, car ça vaut le coup“.


  • Plaid – C.A.: Malgré un nouvel album bien imparfait, Plaid te rappelle en 3 minutes qu’ils restent les empereurs de la musique épique et émotionnelle, avec un morceau complètement fou, sublime de bout en bout, porno electronica flirtant avec la transcendance. C’est bien trop court, mais pas de problème, on écoutera en boucle mille fois ce petit bout de musique, en attendant un live-edit qui étirera ce miracle sur un quart d’heure. Les patrons.


  • The Smile – The Same: Thom Yorke et ses potes se sont déchirés sur ce morceau d’ouverture, complement flippant, puant la mort, quasi-désespéré, avec un final donnant l’impression de voir un mec gisant à terre, s’égosillant dans une foule, sans que personne n’y prête attention, de peur d’arriver en retard au boulot. The Same flirte avec le meilleur de Kid A et Amnesiac, et l’on regrette presque que le reste de l’album ne soit pas dans cette veine.


  • Unknown Artist – Flashing Lights: on ne sait toujours pas qui se cache derriere la série Ghost Phone (même Discogs flanche), et les EP sont drop sans prévenir, mais pour écouter du r’n’b burialisé ou du future garage enfumé façon traversée de Londres a 3am complètement bourré, difficile de trouver mieux. L’émotion ou la mort.






> Top EPs 2022





Uf0 – Horazie EP: Cet EP est surement la release que j’ai le plus écouté cette année, superbe petit disque d’electronica émotionnelle, tutoyant les plus grands, à coup de mélodies larmoyantes, montées épiques, cavalcades tire-larmes et mélopées pour clubs mélancoliques. Tout est magnifique dans ces 6 titres, renvoyant aux meilleurs exercices de Wisp ou Plaid. Un morceau comme “Girls Of London” est un diamant, qui me rappelle ce que j’aime le plus dans la musique électronique: ce mélange de tristesse, d’optimisme, d’euphorie au cœur brisé. Danser dans le club en chialant, c’est easy avec Uf0. Je prie tous les soirs pour que le mec sorte un album dès que possible. En attendant, vous pouvez écouter en boucle son dernier LP  “Arp Better Than Line” sorti en 2021 (découvert seulement en 2022 de mon côté), partant un peu dans tous les sens, mais qui comporte aussi son lot de diamants (“Annabells”, “Teach How To Dance With You”…).
Je parie un salaire sur le fait que ce mec va se retrouver au top de l’electronica pour dancefloors larmoyants dans les années à venir.


Swimful – Rushlight EP: Ce Rushlight se place tranquille dans ce que j’ai entendu de meilleur cette année, avec ces morceaux beaux comme la mort, et pourtant épileptiques, entre bassline drill, rythmes amapiano et synthés directement sortis d’un remake de Blade Runner. Ça claque de partout, les bpm poussés à la limite du raisonnable, avec en point d’orgue “More Distant On Approach”, track façon Kuedo sous les gunshots. A rendre jaloux tout producteur de hip hop/drill actuel. 


New Jeans – New Jeans // OMG-Ditto EP: de la pop sucrée absolue, que l’on aimerait entendre plus souvent un peu partout. Chaque synthé, chaque rythme, chaque effet transpire le fric et la perfection, c’est trop impeccable pour être 100% honnête, et sûrement construit dans un laboratoire à coup d’algorithmes et d’intelligence artificielle. Mais les producteurs ont l’intelligence de pousser le concept plus loin que d’habitude, avec ses réminiscences de Jersey, Baltimore club ou Future Bass noyée sous des couches de K-pop bubblegum adolescente. C’est beau, et tout aussi addictif qu’un bubble tea en fin de journée.


Hyacinthe – Tout ce qui brule: la meilleure release de Hyacinthe depuis Rave, qui troque ici les métaphores des derniers projets pour une écriture encore plus froide et vive qu’un coup de couteau dans le bide, sans doudoune pour amortir le choc. Le mec donne l’impression de se plonger dans ton cerveau avec un scalpel et faire de la musique avec tes pensées les plus profondes et refoulées, c’est flippant. Certains morceaux (“Papaoutai 2”, “Rare”, “lamourestmort”, “Fureur de vivre”) sont tellement cliniques dans le texte qu’ils te donnent l’impression d’écouter Hyacinthe s’ouvrir le ventre et étaler ses tripes sur la table, un verre de Picon bière à la main.


Courtesy – Night Journeys: 20 minutes ambient-electronica bien belles, lorgnant presque vers la Trance en slow motion, entre mélodies crève-coeurs et morceaux qui s’étirent à l’infini. Night Journeys III m’a filé le vertige à la première écoute. Le disque à balancer au casque pour ta prochaine visite au planétarium. J’me défoule sur un synthé qui me baise la tête, comme dirait l’autre.






> Le truc sorti en 2022 mais découvert en 2023, qui va surement être l’artiste le plus interessant de 2023:


S11 – Ultra Violence: Au détour d’une conversation avec mon gars sûr ce Janvier, S11 s’est glissé sur notre convo tel un pokémon rare. J’ai pas trop compris ce qu’il se passait au départ, tellement l’album semblait opaque et insondable. Après quelques morceaux, la claque est énorme, on est dans l’évolution extrême de ce qui se fait en rap actuellement, une deconstruction absolue des fondations, pour arriver sur un espèce de brouillard Burial-isé du rap français, une musique écrasée par les ténèbres et les parasites, comme si un fou c’était donné la mission de “The Caretaker”-iser un album de PNL, noyé dans une mégalopole cradingue à la Blade Runner. Les morceaux s’étirent à n’en plus finir, malaxant la notion de temps et durée (“Wish you were here” dure t’il 2min ou 10min?), et un morceau comme “Oh My” représente tout le potentiel énorme du projet, filant les frissons fous dès la première écoute. On va stalker cet artiste pendant tout 2023, et on en reparle l’année prochaine.







> Les autres super morceaux de 2022, juke box incohérent pour ton premier trimestre 2023



Nosaj Thing My Soul or Something (Tout morceau avec Kazue Makino en feat est un succès à 100%)
Joy OrbisonPinky Ring
Utch ElektronicsSakura (petit morceau electronica bien beau, pour tes nuits sans sommeil)
Utopia CloaksTears
Danger Mouse & Black ThoughtBelize feat MF Doom

StoRappelle toi (rap francais vs prod a la Chris Clark? take my money)
JID Surround Sound feat 21 & Baby Tate)
Duskus Let Go (petit diamant electro émo)
Eloi Jtm de ouf extended version
ValeeWoozy (les larmes sur la prod)
Quavo & TakeoffHotel Lobby

Earth TraxDream Pop (la techno en direct des anneaux de Saturne)
@skaiwaterMiles (DJ Sliink & SJayy Remix)
Low End Activist & EmGet Get (le tube grime de l’année)
Lolo ZouaïCrazy Sexy Dream Girl
GenZoot
Lil Uzi VertJust wanna rock

Thouxanbanfani & Lite FortunatoB2B (les meilleures prods sont toujours chez Mr Thouxan)
Yunnis & Lire & NesCertifié (meilleur beat switch 2022 du hiphop fr, j’ai mal à la nuque)
King CobraThe Culling
$UICIDEBOY$Genesis (évidemment, avec un sample pareil)
WifigawdKawasaki
Earl Sweatshirt 2010

Pusha TI Pray for you (feat Labrinth & Malice)
Fumiko. Yesterday
Knucks, Youngs TeflonBible (quelle track)
Bébe YanaSpace Mulan
Caterina Barbieri At your Gamut (en apesanteur, meilleurs claviers)
Drake & 21 SavageRich Flex

Steve LacyCody Freestyle
LutherToriel (Veni Vidi Vide)
Lexie LiuGanma (sympa, elle écrit ma biographie gratos)
C o n t x tHold You (énorme morceau de uk émo voix puputes)
4T Thieves Endless Technology (Boards of Canada, anyone?)

The Detroit Escalator CompanyGratiot
Le SserafimThe Hydra
Riff RaffCitrus Cyclone
Babysolo33LnlyBby (quelle production incroyable, Yung Lean en larme, de jalousie)
BushiPhen
Lil YachtyPoland

Thouxanbanfani Hell Ya been
Fort RomeauBeings of Light (finir un album sympa avec un truc aussi beau, c’est fort)
LornYesterday’s Pain (un album for 2023 stp?)
Mano LeyraPropane
UnoTheActivist & MadeinTYOMargiela Man (à fond dans la bagnole)
Hannah DiamondStaring At The Ceiling






Dat’

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  1. Processus MonomaniaK Says:

    Merci pour toutes ces références, des heures de découverte en perspective !

  2. Mat Says:

    ” Donkey Kong Country (“Wall of sleep”, je ne peux pas être le seul à capter la ref) ”

    🙂 Non non, nous aussi on a chevauché de l’espadon sur Nintendo.

  3. Dope Says:

    Dope 👌

  4. Manf Says:

    Merci, Dat’,
    tous les 3-4 mois je passe voir si tu postes, et tous les ans c’est un plaisir de voir ton top. Merci pour la découverte et le partage !!

    A l’année prochaine !

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