LO:BLOC – From Northern Climes



JR lines. At Night.








Ca va être compliqué de pondre le sempiternel paragraphe d’introduction parlant de l’artiste-sa-vie-son-oeuvre. Parce que je ne sais rien de ce Lo:Bloc. Enfin si, il est japonais. Et c’est son premier disque. Le seul petit verset d’info que j’ai eu de lui est en Kanji. Et je ne sais pas les lire, à part les mots Ville, soleil et bière. (Et encore, je mélange les trois quand j’ai trop pris du dernier). J’ai bien demandé de l’aide pour que l’on me traduise le tout, et avoir de quoi pondre quelque chose d’intéressant, mais la bio se révèle être une simple description, succincte, de ce From Northern Climes.

Alors je vais décaler le tout et parler directement du packaging. Car il a son importance. A dire vrai, l’artwork (superbe) a réussi le tour de force de capter mon attention dans un disquaire tokyoïte, aka le paradis sur terre où il y a plus de disques dans un rayon que de poules dans un abattoir Label Rouge. Dans cette orgie de galettes au mètre carré, il est parfois difficile de séparer le bon grain de l’ivraie. Surtout que la musique électronique et le Hiphop japonais sont toujours au même endroit, voir mêlés à la jpop, et donc coincés entre deux Koda Kumi et trois Ayumi Hamasaki. (D’ailleurs si le camion balançant le dernier single de la demoiselle en mode 120 decibels dans la rue pouvait faire grève, ça m’arrangerait). Oh, en passant, un nouveau double dvd de Tha Blue Herb est sorti (sans cd malheureusement) ! pour les amateurs d’imports, l’info à son importance.

Bref, cet artwork crayonné, avec ce loup trainant une poupée dans un monde post-apo, tue. On se penche obligatoirement sur le disque, ne serait ce que pour rendre hommage au graphiste. Et attendez, il y a mieux, quand on ouvre le disque, le livret se déplie pour former une frise qui accroit le panorama, la ville et le loup étant en fait encerclés par deux énormes glaciers, une bonne poignée de détritus et une lune gigantesque. Le label sortirait un poster de l’image en son entier que je l’accrocherai dans ma piaule. Par chance, le magasin mettait à dispo une borne d’écoute permettant de tester le disque, et de ne pas faire un achat totalement à l’aveuglette.


















A dire vrai, c’est la deuxième piste, Under The Leaf qui m’a immédiatement collée un merde je vais encore devoir dépenser du fric, alors que j’étais juste venu pour “voir” dans le cortex. Le morceau commence directement sur une mélodie, une sonorité d’une beauté folle, difficilement descriptible. Similaire Aux Sons Cristallins de Plaid, Mais en Plus “Asiatique” (Ce n’est pas vraiment clair je sais, mais nous allons appeler désormais cette sonorité la “SASCPM+A” le temps de l’article, car elle revient assez souvent dans l’album)
Bref, la mélodie, divine, se déroule en déployant ses ailes, tableau beau et calme, des nappes surviennent, et un gros kick déboule sans ménagement nous permettant de partir pour un voyage sans retour. Voler au dessous des nuages en évitant les coups de canons qui tentent de nous trouer le bide. Se laisser dériver dans l’espace tout en frôlant les comètes. Et Quand, à la moitié du titre, une bassline grave déboule et que les percussions s’affolent, les cheveux se dressent, l’échine se noue, les tympans tressautent. Bordel, après avoir pondu un morceau pareil, on doit se sentir drôlement fier. Le titre est d’autant plus impressionnant au casque, quand les basses sont réglées au max, pour jouir d’un contraste presque parfait.

Le titre d’ouverture, Scattered Bubbles dévoile lui une facette un peu plus abstract de l’artiste. Longue progression, presque timide, d’un morceau qui n’aurait pas fait tache dans certains disques d’Alias. Graduellement, les éléments se greffent les uns après les autres sur le beat semi-hiphop et l’étrange litanie métallique de base : piano, handclaps, nappes, beats plus sourd, le tout prend du corps sans jamais exploser, se laissant parasiter par des bruits divers sans jamais dévier de sa trajectoire.

Le morceau titre, From Northern Climes, ressortira les SASCPM+A, pour les confronter à une rythmique plus fracassée, et des claviers encore plus aériens et granuleux, formant de belles paraboles dans nos oreilles. En son tiers, le titre démarre réellement, nous emportant encore dans une broderie electronica absolue, pour partir dans un trip évasion, entre chutes de synthés et beats syncopés, toujours saupoudré de la sonorité asiatico-cristalline du dessus, main-character du disque. La fin plus dépouillée, bouffée par les échos, imprimera bien le coté homérique du tout.
The Elements, l’utilisera aussi notre copine sonorité décrite au dessus pour un morceau imparable, croisement entre la béatitude candide d’un Plaid et le rythme d’un Prefuze73. Hummer rose, Lunettes de soleils, vitres ouvertes et hiphop à fond. Sauf que l’on est point en train de rouler à fond dans un centre ville, mais bien dans une caverne de glace, à tournoyer la bave aux lèvres, noyée dans une mélancolie presque trop palpable. La progression du titre est superbe, ça scintille de partout, spirale de tintements purs sur lit rythmique bien appuyé.







Mais les bons morceaux du disque ne reposent pas tous sur cette fameuse SASCPM+A (ceux qui n’ont pas lu le début du texte ne vont rien comprendre) et Emancipation, plus abstract hiphop, se pose lui aussi comme l’une des perles du disque, dans un écrin ramenant de nouveau à Alias. Les vagues de claviers occupent le décor sur le premier tiers, créant des frises électro passant d’une oreille à l’autre ad-nauseam, ondulant tranquillement, en attendant qu’un rythme hiphop se pose sur le tout. On avance en dodelinant de la tête, la nuque en monde métronome, le sol s’ouvre sous nos pieds, une vague de violons crache une mélodie super belle par deux fois, genre grosse vague de regrets, gorge serrée alors que l’on était en train de marcher dans la rue en claquant des doigts.

Le plus expérimental In The Distance se posera avec un abstract minimaliste, beat rachitique se frayant un chemin entre deux jolies lignes mélodiques gazeuses, et quelques samples de field recording (restaurants, voitures, foule), avant de basculer sur une drum métallique et décharnée, le beat se nécrosant pour prendre une teinte plus acérée, sans jamais perturber la litanie distillée au piano.
Puddles se la jouera plus House dowtempo, nous noyant dans un mille-feuilles de synthés aquatiques, bouillonnant tranquillement, Jacuzzy entouré de percussions tribales. Le remix par Nanofingers, en fin d’album, donnera un peu plus de corps au titre, en offrant une structure un peu plus cassée et cradingue, malgré des pianos un peu trop lounge-supermarché pour passer incognito, heureusement vite balayés par le chapelet tribalo-aquatique du tout, ses samples vocaux assez mystiques et le gros grésillement du dernier tiers. Joli coup, bougrement hypnotique.

Les SASCPM+A se re-pointeront pour une sublime dernière ronde, After The Rains, qui ne prendra pas ses dernières comme fondation, ne s’en servant que pour envoyer ses “refrains” au paradis. Le morceau en lui même épouse presque la structure d’un titre pop, tout en restant instrumental, à base de refrains / couplets, ses derniers laissant le champ libre à des synthés fragiles et limpide, coupés par les excavations célestes du dessus. Le morceau pourrait être susurré sous la douche, tant le tout est évident. Ecrin ambiant fracturé par des envolées Plaid-iennes à tomber.
A l’écoute de ce titre, on pardonnera à Lo :Bloc les deux mollassons Silent Majority et Dream Feelings, un peu trop génériques et convenus pour réellement marquer.













Certes, les références pleuvent. C’est inévitable à l’écoute de ce From Northern Climes, les comparaisons débarquant et se collant aux enceintes, sans véritablement être inquiétés. Mais ces noms n’écrasent jamais de leur poids les compos du japonais (Dj de son état, je crois bien) qui délaisse les Nightclub le temps d’un album electronica matinée d’abstract, tabassant durement l?échine sur quelques titres.
Le coté reveur matraquée par des rythmes bien appuyés (histoire de radoter, en poussant les basses une fois le casque sur les oreilles, le procédé colle étrangement bien avec le disque) fait son petit effet, et frôle parfois la petite tuerie électro-melancolico-candide (The Elements, Under The Leaf, Emancipation… ) ravivant personnellement une petite fibre qui a toujours été sensible à ses ambiances.


Très bon et beau disque electronica rêveuse, située quelque part entre Plaid et Alias, aidé et porté par de superbes mélodies cristallines.

A écouter si vous avez l’occasion de tomber dessus.








Mp3 :



LO:BLOC – Under The Leaf










11 Titres – Liquid Notes Records
Dat’










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  1. Nelerum, visiteur Says:

    A mettre sur la déjà longue liste des ” ha acheter quand j’aurai les sous ”
    J’avou qu’il m’intrigue et Under the Leaf est trés sympa

  2. Ktin, visiteur Says:

    ça me donne trop envie! mais ça va encore être introuvable comme truc

  3. Skorn Says:

    Putain Under The Leaf… Est sublime.
    Paye tes frissons. Rarement entendu des mélodies pareilles.
    J’adore cette SASCPM+A. :nerd:

  4. mahl, visiteur Says:

    Très bon, ‘under the leaf’, je file m’emparer de l’album.

    Si je me réfère à son compte myspace, le bonhomme semblerait également avoir sorti trois albums sous le nom de Dj Sodeyama. Que de découvertes en perspective donc …

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