Lone – Emerald Fantasy Tracks


Sleep Alone



Difficile de le cacher, Lone était mon petit favori d’il y a deux ans, avec son très beau Lemurian, sorte de Nu-abstract noyé dans un grain enfumé façon Boards Of Canada, et mâtiné de nappes nostaligico-nauséeuses à la Paradinas. Passé un peu inaperçu, à cause d’un contenu pas vraiment tapageur, et d’une pochette étonnante, ce Lemurian avait pourtant marqué mon petit cœur sur 2008. L’année suivante, rebelote, Lone revient avec carrément 2 Lp, Ecstasy & Friends et Kona Triangle en collab avec K. and Brause. Sans compter quelques Ep distillés ici et là. Comme pour Lemurian, ces deux livraisons étaient très bonnes, mais le beatmaker avait un peu déçu car ses deux nouvelles galettes étaient des copies conformes de son premier jet. Pas franchement d’évolution et encore moins de prise de risque, les deux Lone enthousiasmaient car les fondations étaient bonnes, mais pouvaient aussi inquiéter sur le devenir du bonhomme, peut être enclin à faire du surplace. Pépère

2010, fin de l’année, l’américain déboule de nouveau, presque sans crier gare, avec un nouveau petit Lp, Emerald Fantasy Tracks, troisième déclinaison de bords de mer sur artwork, à croire que Lone est obsédé par la plage et le sable fin. Bonne nouvelle, la musique de ce dernier n’est plus axée que sur l’envie de lézarder en pleine crise de mélancolie sur une serviette de bain. Si le tout semble toujours en post-dépression, Lone semble avoir un peu envie de noyer ça en faisant là fête. Et ça, en plus de faire évoluer les sonorités de l’anglais, ça fait du bien.






Et en parlant de Dance, je ne déconnais pas. Lone sort les synthés puputes, les hérésies trance, les claviers dont la cours de récréation était friande. Cloud 909 sort de la brume et tu sens que tu écoutes un Lone car c’est dans le brouillard, c’est étouffé, c’est compressé. Sauf que cette fois, en bonus, tu as un synthé absolument mortel, un beat techno bucheron et petites friandises dancefloor. Dès la première minute, ces nappes mélancolico-planantes faussent le décors, ce n’est pas la soirée hédoniste dans une piscine à Miami, mais bien le souvenir écornée de cette dernière. 2 minutes 45, les synthés ultra grillés se mêlent à des tirades tire-larmes à crever, c’est beau et dançant, parfaitement équilibré. Boards Of Canada toujours, mais sous ecstasy.

Et comme les autres disques de l’anglais, difficile de faire du cas par cas, car c’est extrêmement homogène. Ca plait ou ça repousse. Aquamarine en horrifiera certains en ressortant les vieilles 808 du placard. Mais entre les vieux handclaps grillés et les synthés épileptiques, perso, c’est tout gagné. D’autant plus que le morceau est encore vrillé par quelques éclairs neurasthéniques et ressac sur galets, avant de repartir dans Trance megamix 6, pour crever sur une fin triste et superbe, la folie de la rave vintage faisant place à une descente analordienne géniale. (dommage que cette dernière ne soit pas plus longue pour le coup). Même combat pour l’excellent Moon Beam Harp, et pour le plus « Lone d’avant », Petcrane Beach Track, plus ensoleillé et downtempo que ses potes du dessus.
Enorme réussite enfin avec Ultramarine enfin, Deep house sombre qui va graduellement s’ouvrir sur un synthé mal de mer cristallin, avant de laisser le soleil bronzer sur les boites à rythme. Le morceau va se briser en son milieu pour partir sur une techno lumineuse, superbe, avec handclaps mortels, mélodie mélancolique géniale qui n’en finit plus de filer vers le ciel. Absolument mortel.

Mais le prix du rouleau-compresseur-dance-imparable-j’ai-les-cheveux-qui-se-dressent-sur-la-gueule-quand-je-l’entends-à-chaque-fois-débouler-dans-mes-écouteurs est à remettre à Re-Schooling. Ligne mélodique ahurissante, beat house enlevé, petits gémissements pas piqués des hannetons, exercice Chicago, ici étouffé par la compression si caractéristique à Lone. L’effet sonore est génial dans le casque. Et en écoutant le morceau d’une oreille attentive, cette bombinette dance se retrouve elle aussi parasitée par un va et vient désabusé, avec ces claviers chialant après la première minute, et chords émo sur le dernier tiers.

Le dernier morceau du lot ralentira un peu le métronomes, pour aller de nouveau flirter sur les terres de Lemurian et Ecstasy & Friends, avec The Birds don’t fly this high, complainte cotonneuse avec craquements de vyniles, rythme bouffé et mélodie qui n’aurait pas fait tache chez µ-ziq. C’est beau, claquement de doigts, sofa, notion du temps fallacieuse, un des meilleurs morceaux de la galette, contrebalançant parfaitement les parties de jambes en l’air plus hédonistes qui le précède.





Avec ce Emerald Fantasy Tracks, Lone nous refile presque ce qu’il promettait avec la pochette de son album Lemurian. De la musique Rave, synthés un peu putes, beats qui tabassent. Sauf que sous ses lunettes de soleil, la belle demoiselle chiale, et chaque morceau de ce nouvel Lp est buriné par la mélancolie. Que cette dernière arrive en bout de bourse après une nuit de fête (Aquamarine) ou qu’elle court tout au long d’une soirée bikini (Ultramarine) les morceaux du LP nagent tous entre deux eaux, allégresse et mélancolie, à flinguer les hanches et le cœur dans le même mouvement. Le tout renforcé par ce nuage sonore constant, cotonneux, bouffant avec brio le disque de part en part. C’est un peu Ibiza en psychothérapie, Dancefloor grillé à 5 heures du mat’, un mélange génial, beau et jouissif.

Mais clairement, pour décrire ce Lone, pas besoin de chercher plus loin que la pochette : C’est le souvenir, un peu heureux, vaguement mélancolique, de cette soirée passée sur la plage avec cette rencontre d’un soir, à s’embrasser autour d’une bière. Le moment où l’on hésite, où l’on se sent bien, même si l’impression de faire une connerie nous tenaille.
Deux âmes tristes dans une brève bulle de joie, alors que la Rave crève le ciel à 200 mètres de là.





Lone – Cloud909




Lone – The Birds don’t fly so high






8 Titres – Magic Wire Records

written by Dat’



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  1. Dity Epic Says:

    “Deux âmes tristes dans une brève bulle de joie, alors que la Rave crève le ciel à 200 mètres de là.”
    Lire ça en écoutant The Birds don’t fly so high, c’est un superbe cadeau de noël. Merci encore.

  2. Spiroid Says:

    Je l’ai trouvé très plaisant pour ma part, mais un peu trop homogène (comprendre parfois répétitif) et certains sont finissent par être agaçants après plusieurs écoutes. Mais vraiment agréable ouais. J’ai un peu moins développé que toi, je l’ai chroniqué ici: http://tascapotosina.blogspot.com/2010/12/lone-emeralds-fantasy-tracks.html

  3. Dat' Says:

    Dity Epic ==> Merci ! Birds don’t Fly so High est vraiment un beau titre en plus, il termine parfaitement l’Ep

    Spiroid ==> Merci pour ton lien ! Effectivement un peu homogène, pas à cause des morceaux eux memes je trouve, mais par leur disposition, Les premiers morceaux sont énormes, mais ils se ressemblent assez, il aurait été plus judicieux de les distiller dans le disque, et pas mettre les 3 à la suite. Reste que c’est un défaut mineur.
    Sinon pour ton article j’ai le même avis que toi sur Ultramarine, géniale, mais j’adore aussi RE-Schooling par contre ^^ Apres j’aime énormément ce genre de synthés un peu grillés.

    A dire vrai, le seul morceau qui ne m’accroche pas sur ce disque c’est Rizzotowe4, sinon c’est vraiment du tout bon.

    Dat’

  4. Neska Says:

    Pouah j’étais même pas au courant de ça… mon cadeau de Noel :)

  5. a3 Says:

    Album homogène à souhait qui donne des envies de soleil et de plage en ces temps enneigés! Chronique sympa pour un bien bel album.
    Mais limite j’ai encore plus accroché aux 2 Singles (Ep?) que Lone avait sortit dans le courant de l’année, Once in a while/Raptured et Pineapple crush/Angel brain, deux tueries en puissance!

  6. Voisin Blogueur Says:

    Superbe post pour un disque pour le moins transcendant et qui malheureusement est zappé par la presse comme la plupart des blogs. Agh.

  7. Comix Says:

    C’est chouette, ce squeud me rappelle “ten seconds before sunrise” de DJ tiësto, sorte de plaisir coupable, ce morceau a tout de la dance transpute mais il me ramène à chaque écoute dans une époque révolue touchante et frustrante à la fois, ça flaire bon la nostalgie. “Deux âmes tristes dans une brève bulle de joie, alors que la Rave crève le ciel à 200 mètres de là.” C’est exactement ça.

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