CUM ON MY SELECTOR 2017 – Part 1


Il ne faut (toujours) pas déconner avec l’infini



Oui, cela fait deux ans que je n’avais pas écris. C’est donc rouillé. Mais c’est aussi des notes que j’ai pris au détour d’un métro, d’une nuit blanche, d’une soirée flinguée, d’une balade dans la nuit. Ce n’est (presque) plus de la recherche, mais des morceaux dont je tombe amoureux, au hasard. Certains ont été écris la semaine dernière, d’autres il y a un an. Beaucoup de textes ne sont pas ci dessous, jetés, non finis, écrits de façon dégueulasse sur des notes iphones. On s’en branle, en vrai, c’était nul. Il y en aura (j’espere) bcp plus bientôt, j’ai acheté un nouvel iphone. Et puis merde, j’ai ouvert ce site il y a 10 ans, il fallait bien marquer le coup:




L.O.A.S – Flingue en porcelaine

Il y a des moments dans la vie où il faut muer. Changer d’objectif ou mourir. Il y a la passion qui consume tout, et l’amour chiant. Pas moyen d’être vraiment heureux dans les deux cas. Et puis il y a L.O.A.S, qui, entre fils qui grandi et démon qui consume, se pose devant son bureau, regarde par la fenêtre, griffonne sur un papier des sensations et balance le plus beau morceau de sa jeune carrière (d’adulte) avec Flingue en Porcelaine. Tu le connaissais sur ses albums précédents à hurler son envie de marcher drogué en ville la nuit, en provoquant mille incendies. Et bien ca, c’est fini ( ?).
Chanson française, electronica fragile, hiphop sensible, comme tu veux. Ce qui perle de ce son, c’est l’instrue sublime de Tomalone, manège désarticulé, à bout de souffle. L’âme d’enfant qui rampe difficilement avant de crever la gueule ouverte. Quand le morceau, avant de se terminer, repart dans une charge discrète, ta colonne vertébrale tente de faire des nœuds. C’est beau, c’est tout.

Et puis c’est LOAS, qui susurre sa complainte, cette comptine que tout ceux (celles) qui ont connu une situation pareille se prendront dans la gueule. Le morceau n’a pas vraiment d’explication, ca va juste te parler, à toi, comme à tes potes, ça va être diffèrent pour tout le monde. Les nuits dures, les trous noirs, la chair floutée qui transpire la drogue et le cul, c’est fini. L’afghane, l’horreur, les boites de nuits qui finissent plus mal que des courses de stock-car, c’est fini. Non pas parce que tu n’aimes plus, non pas parce que tu ne veux plus. Juste parce que tu ne peux plus. Faut faire des choix.

Le choix de L.O.A.S, c’est de balancer la plus belle chanson de son album sans prévenir, avec un clip de folie. Bitterweet symphonie comme disait l’autre.
Son nouvel album, c’est écouter un mec qui s’ouvre le ventre et expose ses trippes. En hurlant parfois; en pleurant souvent; en souriant surtout.






Seekae – Blue Turbine

Timing. Pendant que tu m’oubliais, j’avais aussi effacé de ma mémoire Seekae. Et voilà qu’au hasard de vidéos pourries, Seekae se pointe dans ma timeline Facebook, premier morceau en deux ans du meilleur groupe Australien (The Avalanches étaient devant, mais ont perdu des places avec leur nouveau disque). On connaissait Seekae façon IDM cristalline (Sounds of Trees), Seekae en pastiche couleur diamant de Mt Kimbie (+Dome), et Seekae orfèvre pop avec leur dernière galette.
Le groupe, cette fois, ne semble pas avoir changé, et continue de tracer sa route pop électronique magnifique, avec un petit coté chanson de stade – milliers de briquets oscillant pendant chanson triste. Ca pourrait être chanté par Rihanna ou Celine Dion, ça passerait crème. Sauf que Seekae a quelque chose que la Québécoise n’a pas : les synthés les plus magnifiques du pop-game, des nappes qui hachent ta colonne vertébrale en papillote, et te donnent envie de mâter Titanic après une murge de deux jours. Les chansons qui font pleurer dans les chaumières, c’est bien, mais avec des claviers monumentaux, c’est encore mieux. #Briquets.






Blaise Moore – Stutter

Des morceaux r’n’b vengeurs qui détruisent à coup de talons la gueule d’un ex, d’un coup d’un soir, la femme d’une vie, il y en a la pelle. Tu peux prendre le dernier Future (un des albums 2017, déja) comme modele, déjà classique. Un Damso qui semble avoir de sacrés problèmes. Les Drake, les Lana Del Rey qui pleurent à n’en plus finir. Et puis tu as une nana sortie de nul part, qui semble salement énervée, et qui susurre des insultes à n’en plus finir. Mais c’est beau. C’est putain de beau.

Ce Stutter, c’est le genre de morceau qui pourrait être un Bitch Better Have My Money 2, mais vu que c’est sorti à l’arrache en indé par une nana que personne ne connait, ça ferra dix mille max sur youtube. Pourtant, ce morceau est le morceau que tu veux écouter jusqu’à ta mort, pour la prod qui frappe plus lourd que 90% du bordel que tu entends tous les jours. Et cette voix, mi pute mi amoureuse, qui t’ensorcèle, te file la trique et te fait rêver. Ecoute “Fuck It” et tu te retrouves à te balader avec l’amour de ta life dans un strip club. Ecoute “Stutter” et tu accepteras de te prendre des baffes dans la gueule avec le sourire. Ce Laurence de Blaise Moore, c’est 7 titres feu sacré. Même si l’ex de la demoiselle se fait pourrir comme une merde sur un EP entier non stop, on ne vas le plaindre: Il a eu la chance de sortir avec la voix la plus aguichante du Canada.






Youno – Hugo Reyes

Le genre de morceau qui m’a poussé à ouvrir mon ordinateur pour réécrire. Il y a longtemps on avait parlé d’Holos Graphein, qui nous avait pondu un magnifique remix de Gucci Mane. Depuis, Guwop est redevenu hype, et le Graphein continue son bout de chemin à produire des blancs défonçés à l’acide. Et tu prends ton pied. Parce que le sample est sublime. Ange et rave de cathédrale. Avec rythme lourd, lent et vicieux. Parce que Youno confirme qu’il mériterait d’augmenter son PEL avec l’argent du rap plutôt qu’en taffant au DoMac. Il en est encore au stade des mixtapes à la qualité dégueulasse, avec niveau sonore divaguant entre chaque pistes et fillers vite fait. Et pourtant, parfois, un putain de diamant déboule sans prévenir et tabasse tout ce qui bouge.

Ce Hugo Reyes, c’est l’envie de hurler 4.8.15.16.23.42 en pleurant ta mère. Le mec arrive a faire ce que tout le monde rêve depuis toujours : prend un numéro de loterie et le transformer en or. King Midas. Clippez ce morceau et continuer d’engranger les deniers. Un hommage qui a quand même plus de gueule qu’un artwork sur une galette de Weezer






Krampf – RTL2

Gloire: la recette, un mélange entre de l’ambiant et du gabber, un truc qui pue la sueur et la baise à 4heure du matin, après une soirée club déboité, rongé par l’alcool. Tu ne te sens pas très à l’aise, mais tu y fonces tête baissée. Soirée en club, du moment où tu t’es empoisonné jusqu’à l’éjaculation à peine assumée, RTL2 t’en fait un résumé en 3 minutes. Documentaire. Tente de rentrer chez toi avec la demoiselle d’un soir, après avoir bu un verre blindé de drogue par un mec qui en veut à tes billets, c’est peu ou prou la même chose.
Krampf pourrait faire de la pop débile et faire pleuvoir la monnaie mais préfère de sortir les synthés d’outre tombe, les mélodies à chialer sur des images de lesbiennes amoureuses de lactose. Il a raison, les fous ont toujours raisons. Tu t’es vu quand tu as bu ? Une épave mais tu restes beau, continue, t’es parfait.






Burberry Perry – Ride

J’avais jamais entendu parlé de ce mec, avant de cliquer sur une horreur totale, un morceau avec Kylie Jenner en feat. Mais derrière cette parfaite excuse pour faire disparaître l’humanité, se cache un petit EP de hiphop synthétique et émo, entre mélancolie candidate et dépression joyeuse. On ne comprend rien à ce que Burberry Perry raconte, le vocodeur est dégueulasse, les skuuurt bien mongoles. Et pourtant, entre l’instrue belle à chialer et l’espèce de crie robotique étranglé par les larmes du MC, cette vignette frôle la perfection. Même effet que pour un certain « Can’t See Them » de Young Thug dont on parlait il y a plus de trois ans déjà. Le flow en moins, les synthés mélo en plus. Pas besoin d’écouter le reste de l’EP. Bien évidemment, plus beau morceau de la dernière année.






Rival Console – Lone

Je me lève à 7h, douche, vélo, boulot à 8h15. Ca reste devant son ordinateur jusqu’à ce que les yeux en deviennent rouges. Déjeuner. Metro, rdv clients, ordinateur à nouveau, jusqu’à 9h du soir. Japon, autre ville, pas d’importance, les écrans d’ordinateurs se ressemblent tous. Rentrer chez soi, se poser sur son canapé, une heure, ou deux. Presque pas de musique, trop fatigué. Ca végète sur Netflix, ça fait tourner le VPN pour regarder de la merde, parce que même un documentaire semi-intelligent, ça ne passe pas. Dans le cerveau, point de temps disponible. Ca se brosse les dents si le courage est là, puis pilule pour dormir, évidemment, depuis 15 ans. Et évidemment, malgré tout, parfois, impossible de trouver le sommeil.
Et tout à coup, sur la home page youtube, algorithme alléluia, on choppe un nom que l’on connaît, un blaze que l’on avait pas vu depuis quelques années. Rival Consoles, le pro du synthé émo, le mec qui télescopait du Aphex Twin avec de la musique club et grosses turbines, fait maintenant de l’electronica étherée, fragile, toute belle.

Alors le matin, pour les 20 minutes de vélo, on écoute le morceau, qui cristallise cette magique impression de ne pas avoir, enfin, un train de vie à la con.






Weval – Intro

En écoutant ce disque une première fois, j’ai cru à un nouveau Mount Kimbie, à m’en faire frôler l’orgasme, dans la voiture d’un pote. J’ai commencé dans ma tête à écrire un article de 10 pages, alors que cela fait un an que je n’avais pas ouvert Word. Le cœur qui bat très vite, les lèvres qui s’assèchent, l’oncle de Fuf a failli avoir un accident sur les routes de Pasadena, en me voyant m’exciter de la sorte sur le siège passager. Puis je me suis rapidement calmé. L’album est sympa, il y a du beau morceau, mais pas mal d’electro gentillette et inoffensive aussi.
Malgré tout, une chose surnage : les synthés, les mélodies. Ca pue le romantisme un peu dépressif, le grain émo, le disque mélancolique d’après murge. Dans Weval LP, deux grands morceaux : cette Intro, affolante, abstract des grands jours avec synthés beaux à pleurer. Si j’étais ce clown de Lil Yachti, je roucoulerai sur cette merveille. Et You Made It Pt1, réservé mais magnifique exercice qui arrive à taper aussi fort que le meilleur des Mount Kimbie. Prend ta mandale, chiale et prie pour que Weval soit légèrement plus consistant sur long format.





Jacques Greene – You Can’t Deny

Oh le joli Jacques Greene. Depuis mon Kidnapping, tu étais en manque de Uk garage et voix pitchées ? Bah t’en fait pas mon loulou, en voilà une bonne fournée, tube incroyable du Greene, avec bassline d’enfoiré et chipmunks en dépression. C’est beau, ça te donne envie de danser en club, en pensant à tes amours perdus blablabla, tout ça tu vois, ça fait peut être un an (ndlr: update, 2 ans en fait) que j’ai pas écris d’article mais tu dois bien te souvenir de toutes ces phrases avec soixante synonymes parlant de lettres de rupture sur Dancefloor et compagnie. Imparable / Impeccable.



Dat’

LOAS


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