Cum On My Selector 25 : Djrum, Dave Monolith, Playboi Carti, Side Project, Weval, Smerz, Sote


Now do you feel better about yourself?



Selector 25, où l’on parle du futur de la musique, d’Autechre Iranien, de No Man Sky à la sauce breizhée, d’un prince analordien revenu de nul part, du pourquoi faire la fête avec ses potes sur du gabber émotionnel, en finissant sur de la pop triste norvégienne:



Djrum – Hard To Say

Vents spatiaux fulgurants, éruptions solaires et barrières de comètes. Supernovas, planètes en roue libre, voyager en light speed. Basses ahurissantes, rythmes épileptiques, et voix angéliques : ce morceau de Dj Rum, c’est jouer à No Man Sky la gueule ouverte, bourrée de drogues, après 2 nuits sans dormir. Du rivotril à la place du sang, au milieu d’un club gabber, aveuglé par les stroboscopes. Divaguer sans mission, au grès des tempêtes galactiques, avec des trous noirs qui te hurlent de la techno à 160bpm.
C’est le rouleau compresseur d’after party, le film Ad Astra foutu dans un mixeur avec Enter The Void, featuring les raves boueuses de Bretagne de la fin des années 1990.
Comment définir un mélange entre les aires d’autoroute de Lorient – Quimper et 2001 l’odyssée de l’espace ? Je ne sais pas, c’est un peu Hard To Say






Dave Monolith – The Ridge

On avait perdu de vue Dave Monolith, le mec laissant des fans en attente de tracks pré-achetées, qui ne viendront jamais. Mais pas de retraite anticipée au Panama payée avec l’or des auditeurs. Il semblerait que le bonhomme ait passé une salle période, entre vol de matos et mois passés dans la rue. Avant de retrouver légèrement plus stable il y a peu.
Et comme si Dave n’en pouvait plus de revenir à ses machines, il nous envoie une fresque belle à pleurer de 12 minutes (!!) passant par toutes les émotions : mélodies belles à chialer, synthés lumineux, légères teintes optimistes, The Ridge pourrait presque passer pour le meilleur comeback IDM émo de 2019, sans forcer. On tient ici une version dépressive et étirée de Fenix Funk 5, parfaite pour te martyriser le palpitant pendant presque un quart d’heure. Si Dave Monolith sort un album de cette qualité dans les mois à venir, le monde de la musique peut mourir tranquille.






Side Project – Is Techno That Serious ?

C’est quoi votre problème ? C’est quoi votre problème ? Vous êtes des ouf…! On va faire une petite pause, on va penser à l’amour, on va penser aux autres, pourquoi on est tous ensemble la nuit, dans des salles sombres… Pourquoi on est ensemble ? Pourquoi on est ensemble à votre avis ? Pensez aux autres, aimez les gens, ayez de l’empathie, battez vous pour vos droits, battez vous pour vos libertés, dites non aux fachos… bref, vous avez compris… La musique c’est la liberté, la nuit c’est la liberté…” Is Techno That Serious, That I Can’t Do Gabber With My Friends ?






Pipe Dreams – Sote

Hold up. On tient là le morceau électronique de l’année. IDM, expérimental, world music, indus, tout ce que tu veux. Ce Pipe Dreams dévore le monde. Entre instruments Iraniens traditionnels et cavale destroy toute droit sortie d’un Max/MSP cancéreux, on alterne entre recueillement spirituel et révolte des machines. La première moitié du morceau m’a filé une claque aussi immense qu’à la première écoute du LCC d’Autechre (sur Untilted), et la conclusion, habitée de chœurs en fusions et rythmes techno pachydermiques est une des progressions les plus hallucinantes et habitées de 2019. Bande son parfaite pour se balader dans le quartier du moyen-orient de Zalem, Confield traduit en persan, Pipe Dreams est le morceau le plus beau et intense de l’année, sans forcer.






Weval – Somedays

Clip magistral. J’ai du regardé cette vidéos au moins 50 fois, à me demander comment l’artiste avait pu arriver à un pondre une telle folie. La méthode semble incorporer deux millions d’heures de montages, soixante disques durs d’un tera, et trente flacons de gouttes pour les yeux. Hallucinant.
Et la musique n’est pas en reste, Somedays étant un des highlights de The Weight, nouvel album de Weval, excellente galette d’electro-pop éthérée (malgré son manque de surprise sur la longueur). Meme si il manque une légère magie tirée de leurs anciens “intro” ou “You made it 1 & 2″, The Weight est un parfait album a glisser en fin de nuit blanche, pour avoir son lot de frissons et larmichettes avant le lever de soleil.






Playboi Carti – Molly / No Stylist

Le futur (présent?) de la musique, ce n’est pas qu’une ère où les algorithmes sont rois. Où l’on utilise les sites de streaming tout le temps, partout. Où L’auto-shazaming enregistre tout ce que tu fais, de la mélodie de ton réveil matin jusqu’au beat crasseux de la cabine d’essayage chez Forever21.
Le futur de la musique, c’est aussi les bouts de morceaux leakés qui échappent à leurs créateurs, qui mutent, qui s’étirent, se font remixer, passer en boucle, qui se démultiplient sur internet. Tu balances un snippet de 30 secondes pour créer l’attente, et tu en retrouve 100 versions des mois plus tard sur youtube.
Molly / No Stylist de Playboi Carti en est le parfait exemple. Un couplet sorti d’on ne sait où, avec une instrue lunaire, 45 sec de musique fascinante leakée il y a presque un an, dans l’anonymat le plus total, à part pour les fans hardcore. Des mois après, c’est le premier résultât sur google quand tu tapes le nom de l’artiste. C’est 50 versions youtube, entre couplets tournant en boucle, mélodies étirées, bootleg avec d’autres tracks de Carti, vitesse changée pour éviter les problèmes de copyright. C’est des faux clips qui sortent et se font take down deux semaines après. La créativité à son maximum (profite de celle du dessous, qui disparaitra surement dans deux semaines).
Le morceau n’appartient plus à son créateur, il se modifie à n’en plus finir, mutant audio, Gantz Graf du hiphop drogué. Et toi, fasciné par ce petit bout de musique qui mue sans relâche, tu cliques sur chaque version, avide de trouver la forme parfaite.
Jusqu’au jour où Carti sortira la version officielle, qui sera forcément décevante, puisque définitive, gravée dans itunes, et donc soudainement morte.






Smerz – Sure

Il nous fallait bien une petite comptine pop pour finir, avec voix cristallines, orgues dépressifs et mélodie à casser des chœurs. Quand les rythmes déboulent sans prévenir après plus de 2 minutes de morceau beatless, c’est ton échine qui se met à faire l’hélicoptère. J’ai pleuré à chaque écoute. Ce morceau, c’est un peu comme se faire larguer en pleine randonnée en terre d’Islande : tu as le cerveau démonté par la tristesse, mais tu te consoles en te disant que tu as une sacrée chance d’être dans un clip de PNL.





Dat’


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  1. Jafs Says:

    C’est pas un peu ”Tournesol”, le morceau qu’il faut retenir du Djrum?

  2. Dat' Says:

    Jafs = Ah intéressant, le morceau Tournesol ne m’a pas vraiment marqué, par rapport au Hard To Say qui est une des plus grosse claque de l’année pour moi

  3. Chavrou Says:

    Et on rajoute donc Dave Monolith dans la longue liste des artistes soyeux que tu m’auras fait découvrir (je ne sais pas trop comment j’ai pu passer à côté, c’est tellement fort ce qu’il fait ! ). Merci pour tout !

    Et effectivement, le clip de “Weval – Somedays” est probablement l’œuvre de doux dingues … O.o (la track est sympatoche également ! )

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