Forever 21
Tu dors pendant les party. Danser complètement peté, ça te fais chier. Cendrier, siège au bar, moue d’ennui pour armée, rien n’est plus plaisant que de dodeliner mollement de la tête en caressant le faux buffet. Stroboscope, t’es morte, la tête dans le vomi, avachie sur le canapé. Dans les toilettes, tu te cognes contre la porte, escalier, tu viens de foirer une marche. Sang dans les gencives, tu n’as pas honte, tout le monde t’a déjà oublié. A force, la femme de ta vie, ce n’est que l’acouphène, le parasite. Ne pas s’occuper de sa minijupe égarée, le pull est assez long, il ferait office de sexy cache misère pour le reste de la nuit. Musique trop forte, tu passes tes journées dans les clubs, tu vas baiser. Fumée, paquet de clope vide, cheveux longs, tes jarretelles déchirées, affolante, le club tangue, les messieurs semblent désemparés. T’es lourd, tu passes ta vie à te frotter. Tu bois pour oublier. Dans trois heures, il faut aller bosser. Tu cherches partout le papier avec son numéro. Tu as envie de prendre ta douche. T’es gorgé. Coït avorté. Etudiants c’est la tourné, désincarné. Oreos pour faire passer la boisson.
7am, after all, l’univers parallèle, le moment où tu te rends compte que tu es fatigué, que tu as trop pris, que tu es en train de te paumer, tu ne reconnais plus grand monde, tu as envie de dormir et de hurler. De te laisser porter, assis comme une merde, ou de te mettre dans un coin et regarder le monstre-foule sauter. Notion du temps abstraite, maelstrom de couleurs, de basses grondantes et de verres cassés. On flanche, les murs guident, les regards sont perdus, c’est la grande mer de l’incertitude, du flot ouaté, début de claque violente, de la redescente tant redoutée, épilepsie lumière. Tu ne comprends rien, une simple succession de rythmes et de synthés en slowmotion. La musique était merdique au départ mais maintenant elle te plait, car bouillie ralentie où tout se chevauche, s’enlace et te fait planer, tête dans les étoiles et ventre bientôt dans le caniveau.

Niveau critique de l’album, ça va aller vite. Déjà, la pochette est déguelasse, mélange entre typographie Word classe de collège et Powerpoint sous windows95©. A mille lieux de leur incroyable site officiel (fouillez dans les categories, c’est hum… sublime), s’inspirer de ça aurait pu faire un excellent packaging) Mais surtout, la première moitié du disque est ratée. Mais alors vraiment. Déjà, en achetant la galette, et en voyant qu’elle ne faisant que 35 minutes, j’ai grogné, même s’il l’on commence à s’y habituer. Par contre, après avoir trouvé la moitié du cd à chier, j’ai blêmit. Le plus drôle, c’est que sur la première moitié du disque, qui comporte seulement 9 morceaux (c’est Byzance franchement, faut pas en faire trop les mecs), il y en a 2 qui dépassent à peines deux minutes. La bonne blague.
Alors oui, donc, les 4 premiers morceaux c’est simple, In an Arena et In The Rain c’est des synthés linéaires avec une rythm-box rachitique qui fait boum boum clap clap avec autant d’entrain que la boite vocale du Pole Emploi. C’est un peu retro, vaguement planant, assez pauvre d’un point de vue technique et mélodique, on est mal barré. Make The Move commence avec un gimmick assez cool, elle ne dure que deux minutes, et recycle le truc à l’infini, bref, le tout ne sert à rien, il y a plus de variation en écoutant mon linge sauter dans le seche-linge. Sur cette première moitié du LP, il n’y a que l’ouverture Vibes qui se révèle plaisante, avec cette jolie progression planante qui finit sur une belle ouverture Techno. Mais bon, ce n’est pas non plus la grande folie, c’est juste sympathique.
Bref, on fait la gueule, on se dit que pour le prix du Lp, on aurait mieux fait de s’acheter des Rollmops chez le traiteur. Et c’est là qu’intervient le 5ème morceau de ce Teengirl Fantasy, Floor To Floor, qui nous réveille avec son gros beat de bucheron. Les synthés s’enroulent, du bruit blanc s’immisce dans le tout, l’intro interpelle forcément. Et pan, au bout d’une minute, on bascule dans le bonheur, avec voix pitchées, mélodie sable chaud, claviers superbes, techno bien cool. Fini l’espèce de bouille retro linéaire chiante servie sur la première moitié du disque, place à une électronique bidouillé au cœur mou, mélange entre Delorean, Mount Kimbie et Lone. On a le droit à un petit break dark, bouffé par les saturations et les rémanences hardware, avant de repartir sur une dernière minute lumineuse. Vraiment top.
Attendez, Nick Weiss et Logan Takahashi, le duo derrière le disque, après m’avoir redonné (un peu ) le sourire, m’administrent une claque énorme avec le titre suivant, confirmant que la deuxième moitié de leur disque est à des kilomètres de la première. Cheaters est une bombe absolue, une superbe missive techno planante, pas mal Chicago, un peu Technasia. Tout est parfaitement placé, la mélodie est affolante, les synthés s’envolent jusqu’au nirvana. Au milieu, une prière, un sample sorti d’un morceau super joyeux, transformé ici en complainte triste à se flinguer la colonne vertébrale, avec un orateur Soul fou qui chiale ses viscères sur ce lit house cristallin, c’est génial, tout est parfaitement construit autour des exclamations. Le morceau n’en fini plus de monter, c’est super beau, hypnotique, ça progresse par couche pour un final quasi-orgasmique. C’est danser en Slow-motion la tête dans le sac, écouter de la house sur le toit de plus haut de Tokyo en pleine nuit les bras grands ouverts, s’endormir au milieu d’un dancefloor en position fœtale. J’ai fais du vélo en ville en écoutant ce truc, j’avais l’impression de m’envoler, vitesse, j’ai frôle l’accident.
Le groupe balance un morceau beaucoup moins abstrait, avec un titre qui décrit on ne peut mieux le Lp, Dancing In Slow-Motion, (Ils auraient du appeler la 2eme moitié du disque comme ça) Moins abstrait, car la voix d’une certaine Shannon Funchess n’est pas sample mais featuring, on a donc un morceau de disco drogué dans les oreilles, les rythmes éclopés sont bourrés de reverbs, plutôt réussi, et salvateur au milieu des tracks aériennes du disque. Et c’est pour mieux retomber dans la fumée sur les deux derniers morceaux, Koi Pond démarrant avec une grosse nappe ralentie, bruit du vent dans le parking, ça transpire l’émo avec claviers mystérieux et voix fantomatiques burialisées, avant qu’un rythme se fasse entendre à la 3ème minute pour secouer le tout… 45 secondes, car on retombe dans le Slow-motion cristallin sur la fin du morceau. Etouffe, tu écoutes de la musique electro avec un sac plastique sur la tête. Joli.
Forever The Feeling rapportera un peu de candeur et de soleil dans le disque, avec un rythme tribal bizarre, imparable, super entrainant, ciblant la nuque direct, breaks bizarres, borognymes robotiques. Ca pourrait être un tube mais il est 7h du mat’ après nuit blanche, alors on a un truc tout vicié et bizarre dans les oreilles. Cœur du morceau, une mélodie grave se fait entendre, et la track part dans un trip hédoniste jouissif qui n’aurait pas fait tache chez Animal Collective version House, il ne manque plus que les exclamations camées, la dernière minute est épique, la grande classe Nestor.
Alors forcément je ne sais pas si l’on peut parler d’album réussi, quand la moitié du disque déçoit anormalement et l’autre transporte autant. 7am peut être, mais l’on aurait pu séparer la galette en deux EP nommés : « se faire chier dans une lounge à 11pm » pour la première moitié, et « So great to dance In Slow-Motion at 7am » pour la deuxième. Car cette deuxième partie est franchement réussie, habitant des morceaux superbes, drôlement bien troussés, hypnotiques, bourrés de gimmicks que j’adore. J’ai vraiment hâte de voir ce que le groupe nous réserve pour la suite, ça peut être grand. En attendant, du bonheur en rafale avec un bout de ce 7am, contenant d’excellents morceaux. Dommage que Teengirl Fantasy ait oublié de faire un album en entier.
Teengirl Fantasy – Cheaters
9 Titres – Merok Records
written by Dat’
This entry was posted on Sunday, November 28th, 2010 at 10:44 pm and is filed under Chroniques. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.
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J’avais commandé le disque avant sa sortie, à cause de Cheaters. Du beau et du dispensable sur ce disque. Contrairement à toi toutefois j’aurai voulu Make the move 2 fois plus longue.
Sinon j’espère que ça va mec !
C’est vraiment rare de tomber sur un disque aussi hétérogène en termes de qualité ; ultra-déstabilisant.
Sinon l’intro de la critique est superbe !
Nil ==> yep pareil, j’ai entendu Cheaters dans le magasin de disque, j’ai foncé directement pour prendre le Cd, tant ce morceau est nickel. Pour Make The Move, moi aussi j’aurai voulu qu’il soit deux fois plus long, car j’aime beaucoup le son du debut. Juste que le laisser à peine deux minutes sans variation, ça ne sert à rien. Il aurait fallu en faire un vrai morceau…
Sinon ça va nickel, j’espère la même de ton coté !
Benjamin F ==> c’est un peu ça, d’autant plus que ce “gap de qualité” coupe le cd pile en son milieu, ce qui est assez intéressant. Apres le coup du très bon / mauvais, c’est pas très grave sur un 15 Titres, mais là, sur 9 titres courant sur une demi heure, c’est deja plus dommageable…
Mais on sent qu’il y a un gros truc derrière, j’ai hâte d’entendre leurs prochaines productions…
Dat’
J’aime bcp l’extrait, mais tu m’as tué avec le coup de luer site interent lol
(le morceau en écoute sur leur site est pas mal du tout aussi d’ailleurs)
Ahah ouai, le site internet est incroyable, j’ai du y passer une bonne demi-heure dessus pour décrypter toutes les conneries…
Mais enfin, pourquoi ils parlent tous tant de leur site Inte- AAAAAAAAAAAH, MES YEUX, ILS FONDENT !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Le site internet est vraiment très joli en effet ! C’est clair qu’à coté, la pochette du disque fait vraiment mauvais goût.
cardiattack ==> ahah ouai c’est un peu ça au depart. Mais apres quelques minutes, le palpitant fond aussi !
Staphi ==> Ben c’est surtout que la pochette est vraiment générique, il n’y a que dalle, c’est franchement pas très engageant…
Dat’