TOP 2012 – Rétrospective


Rétro 2012 : 



Je voulais faire un top un peu plus court que les années précédentes, par soucis de concision et de lisibilité. Il me semble au final être le plus long publié, vous m’en excuserez. Derrière ces paragraphe, comme d’habitude, aucune envie de prêcher la bonne parole, mais bien simplement de mettre en lumières les albums que j’ai apprécié plus que tout. Les coups de cœur, les grosses baffes, que le disque soit considéré comme une sortie “importante” ou complètement passé inaperçu cette année. Surtout, comme chaque année, n’hésitez pas à poster vos coups de coeur en commentaire de cet article, Car évidemment, il doit y avoir de grands absents, oubliés, ou pas écoutés. Vos commentaires mettent parfois en lumière des disques que j’ai complètement zappé, et cela pourra peut être conditionner les quelques articles à venir en janvier.

j’espère que ce top pourra aider certains à dépenser son 13 mois avec amour (ou l’argent de mémé), à travers plusieurs catégories : Un top 12 albums, sans distinction de genre, les Top Tracks 2012, les coups de cœurs et plaisirs coupables de 2012, les révélations de l’année, le dilemme 2012, les on en parlera en 2013 et d’autres élucubrations parsemées ici et là…

Les titres des disques en couleur renvoient aux chroniques respectives (le cas échéant)






> Top album 2012 

 




Tame Impala – Lonerism

Je savais la défonce hype, mais pas au point de voir tous les médias ériger sur tous les podiums un groupe de sales drogués hippies. Car la musique de Tame Impala pue la came, les beaux trips, les exclamations hallucinées et babillages sous pilules. Guitares dérouillées par les psychotropes, synthés vintages et chant décalqué sous reverb. Il y a tout ça dans Tame Impala. Mais il y a surtout des refrains beaux à pleurer, des montées qui tuent les colonnes vertébrales, et des mélodies que l’on ne peut s’empêcher de chanter sous sa putain de douche. On a beau essayer de ne pas porter ce Lonerism aux nues, histoire de ne pas faire comme tout le monde. Mais c’est juste pas possible. Pas possible de ne pas aller au boulot le sourire au lèvre en écoutant Feels Like We Only Go Backwards. Pas possible de ne pas fredonner Why Won’t They Talk To Me la tête au soleil, en frappant des mains de façon hasardeuse, le sourire jusqu’au oreilles, en mode Gilbert Montagné. Pas possible de ne pas se jeter contre les murs de son appart’ à chaque écoute de l’énorme tube Elephant. Le premier album des australiens était déjà un recueil ultime de tubes cradingues et ensoleillés. Ce nouveau Lp en est sa suite logique, emplie de morceaux imparables, sublimes, mélancoliques. C’est beau comme faire l’amour avec Lindsay Lohan pendant une cure de désintox dans un bled de Meurthe et Moselle.


Phon.O – Black Boulder

Comment un mec peut ressortir du néant sans crier gare, après 7 ans de silence quasi-total, et passer d’une techno ultra bourrine à un 2-step aussi racé ? A l’époque, Phon.O pouvait presque faisait passer Modeselektor pour  des orfèvres tatillons tant sa mixture sentait le gras et les graves. Il nous sort pourtant aujourd’hui, avec Black Boulder, l’album de Uk garage le plus abouti, le plus complet, le plus maitrisé depuis… Untrue de Burial. Tout, dans ce LP, respire la classe. Trance hypnotique coulée sous du béton (Slavemode sublime highlight de l’album), 2-step caverneux (Le progressif 12th, ou Black Boulder, hypnotique), gros tubes passant les dancefloor au chalumeaux (Mosquitoes, la mandale imparable) ou pop claudiquante (Twilight et Leave a light on, tous deux lunaires). Des albums de Uk/2step, j’en ai écouté une belle tripoté. Des albums vraiment réussis, il y en a eu quelques uns. Mais une galette aussi achevée, aussi belle, il n’y en a pas beaucoup dans mon encéphale. Un boulot impressionnant, un tour de force indiscutable pour une musique qui vrille la gueule et drague constamment l’échine. Un futur classique pour les amateurs du genre, forcément.


Woob – Have Landed

Quand une (très) ancienne légende de l’electronica-ambiant revient d’entre les morts, on peut légitimement froncer des sourcils (même si cela peut parfois bien marcher, comme pour Seefeel). Woob décide en 2012 de sortir un nouvel album compilant nouvelles tracks et travaux déjà sortis ces dernières années sous le pseudo de Max & Harvey. Ca donne quoi ? un album electronica-ambiant-classique dingue, aux morceaux grandioses, taillés à partir de mélodies évidentes. Sans aucunement exagérer, on tient surement les plus belles mélodies de l’années (avec celles du Bersarin Quartett), toutes issues d’un travail d’orfèvre, mélangeant orchestration épique, samples découpés à la serpe et élucubrations électronica éthérées. Si tu ne pleures pas en écoutant Thieves, If I don’t make it home, Sleep ou The Great Divide, va voir un cardiologue, ton coeur est malade.  C’est des nappes dingues, des cuivres qui te flinguent, des cordes qui te violent l’âme, des montées qui arrachent le moral. Tu veux pleurer tes morts et savoir ce que cela fait de se faire briser la colonne vertébrale en mille ? Saute sur Have Landed à pieds joints, comme sur une mine.





Barker & Baumecker – Transsektoral

J’ai cru au piège du disque de techno allemande bien sombre et monolithique, qui tabasse et ressasse des beats pachydermiques à n’en plus finir. Grossière erreur. A reculons j’y suis allé, en position fœtal j’y suis finalement resté. Barker & Baumecker balancent un disque protéiforme, avec pour seule constance une puissance de son phénoménale, quasi-traumatisante. Car ce Transsektoral renifle autant du coté des caves Londoniennes (les très Uk Garage Shlang Bang ou No Body) que des clubs berlinois bétonnés (va te faire casser la nuque par Buttcracker, va te faire tabasser dans une rue noire par Crows), voir les douceurs techno-electronica (qu’ils sont beaux, les Sektor ou Spur). Pas un déchet, pas une piste à sauter, on se balade au grès des humeurs des deux allemands, en étant juste certain de prendre cher au niveau des tympans. Ecouter Transsektoral, c’est un peu comme se retrouver au milieu d’un dancefloor spécialisé dans les amputés de guerre, ces derniers agitant leurs moignons vers ta gueule en souriant comme des damnés. Certes, ça fait flipper, mais c’est surtout drôlement cool.


Joey Badass – 1999

Du boom-bap gratos par un gamin de 16 ans. Qui, en un an, est presque rentré dans la conscience collective, entre clips ultra chiadés, freestyles avec les plus grands sur MTV, et circonstances tragiques (disparition d’un membre de son crew). Au final, sur cette tape, il y a quoi ? Un flow de folie, des morceaux magnifiques et des productions (inédites ou empruntées aux plus grands) qui claquent dur, vraiment dur. Parce qu’il y a des sacrés tubes dans 1999 (avec en point d’orgue l’énorme Survival Tactics) et des morceaux de hiphop aux instrues superbes, révélant dans le même mouvement des beatmakers qui risquent de compter dans les années à venir (merde, l’instrue de FromdatombS, peut être mon morceau hiphop préféré de cette année). Oh certes, ça peut sonner un peu hors temps, et c’est pas sur cette tape que l’on va s’étouffer avec les synthés. Mais ce qu’il faut bien comprendre, c’est que Joey Badass ne fait pas surtout pas du rap “comme avant”, et ne tente pas non plus de définir le rap de demain. Il fait juste du très bon rap, et c’est bien tout ce qu’on lui demande.

 

Frog Pocket – Frog And The Volcano

Frog Pocket était comme un poisson dans l’eau chez Planet-Mu il y a quelques années, avant de disparaître dans les limbes de l’oubli d’un jour à l’autre. Etonnant, tant l’écossais, virtuose du violon et de la musique électronique, avait volé bien des cœurs grâce à sa mixture electronica-drill’n’bass-post rock épique et surchargée, d’une puissance à décorner les boucs. En catimini total, le bonhomme revient cette année avec un Lp sorti de façon quasi-anonyme sur bandcamp. Ca donne quoi ? Une putain de claque. Un ouragan de barbarie et de beauté, un tsunami mixant shoegaze et drill’n’bass, frisant l’ultra violence, charriant tous les pleurs du monde. Dans le même morceau, on passe souvent de l’ambiant religieux à l’IDM de laborantin, pour embrayer vers une electro déstructurée folle, avant d’échouer sur un mur du son furibard, à faire fondre les oreilles les plus saines. Tu cherchais un mélange entre M83, Aphex Twin et A Place To Bury Stranger ? Tu veux un équivalent écossais à World’s End Girlfriend ? Ne vas pas plus loin, c’est Frog And The Volcano. On tient ici les plus belles tracks electronica-epiques (dans le sens noble du terme) depuis Shimmering Hour de Wisp, les plus jolies cathédrales sonores depuis un bail. Un des grands disques de 2012, c’est fou de maitrise, d’hystérie et de grandeur.  J’ai manqué de chialer sur ce disque. Et plus d’une fois.

 





PMPDJ – Haterville

On avait laissé Grems avec un bien frontal premier album de Pour Ma Paire De Jordan, et un excellent mais trop court Algèbre 2.0. Voilà que le dingue revient avec son groupe PMPDJ en formule enrichie, toujours avec Ntek au mic, et MIM à la molette, mais avec la présence du trublion Starlion en bonus. Ce Haterville, c’est évidemment des flow de dingues et des rimes en diagonales, école Grems oblige. Il n’y a pas de héros sur ce disque, que des gars qui riment sale en se grattant les couilles, et ça fait du bien. Ok. Mais il y a un putain d’enfoiré sur ce disque, qui envoie le tout dans les plus hautes stratosphères de l’excellence : MIM. Ce mec, c’est l’artisan de l’année, c’est le scientifique fou, c’est le magicien qui ose les plus belles productions de rap en 2012. Intelligence extrême dans les sonorités, puisant autant dans la techno-deep que dans le rap lourd et pachydermique, accouchant d’une mixture fascinante, qui passerait crème en version instrumentale, et qui dégomme carrément accompagnée de MCs (sérieux, des trucs comme CPMPDJ, TicTac ou Usle Sav, ça sort de quelle galaxie ?). La pertinence du disque, c’est de réussir à trouver l’équilibre parfait entre expérimentations débridées et amour du hiphop. Recette optimale, limites brisées, mais pas n’importe comment : avec respect et envie de te casser la gueule à coup de talons. PMPDJ, pour une paire de mandales, c’est noté.


– Bersarin Quartett – II

Des les premières mesures de II, je n’ai pas pu m’empêcher de lâcher un sincère “oh bordel de merde”. La baffe fut gigantesque. Impossible de l’expliquer, peut être que c’était une histoire de moment, d’état général, de fatigue aussi, car l’effet de ce deuxième LP de Bersarin Quartett fut bœuf. Surement une histoire de timing, ce qui te fait apprécier une musique, et détester une autre. Le mec est tout seul pour pondre un truc pareil ? Difficile à croire. Et pourtant. Laisse toi te faire étouffer, te faire malmener, te faire caresser par le (faux) quartett. Tout est une histoire de puissance. Puissance des mélodies, d’une beauté folle. Mais puissance du son, surtout. Un son qui t’écrase, un son lourd, un son qui avance dans tes synapses comme une vague de magma en train de durcir, doucement. Tellement impressionnant que l’on a parfois l’impression d’être dans une salle de cinéma, à écouter le tout en THX, et non pas dans son canap’ avec des enceintes de merde. J’ai écouté le disque, et je suis tombé sur Im Lichte Des Anderen, j’en ai eu les larmes aux yeux. La même pour Im Glanze Der Kometen. Je ne sais pas vraiment comment aborder ce disque par écrit (chronique avortée), mais on frôle la perfection, dans les mélodies, dans les émotions. Si, et seulement si, on prend ce disque au bon moment. Tout est une histoire de timing.


– Robert Hood – Motor : Nightime world 3

Des hommages à Detroit, il y en a tous les mois. Mais des hommages de cette trempe, c’est assez rare pour être signalé. C’est assez downtempo, aride et parfois dépouillé, mais jamais (au grand jamais) avare en mélodies. Plus calme que son précédant album, Robert Hood axe son Motor : Nightime World 3 sur une techno pour nuits noires et réverbères. Conduire lentement dans une mégalopole, la musique à fond sortant du poste, à contempler d’un œil torve les lumières de la ville défiler. Néons qui se reflètent dans la carrosserie, yeux fatigués pour bokeh naturel, voilà ma ville, taches de couleurs, passants anonymes et destins qui grillent. Rythmes sourds, lignes acid et synthés qui n’en finissent plus de s’enrouler (Motor City fou, ou Black Technician presque émo), et l’album se permet même de terminer sur des terrains plus ouatés (sublime Assembly, un des meilleurs morceaux du disque), d’une prestance dingue. De bout en bout, une réussite, pour les autoroutes, la nuit.





– Klub Des Loosers – La fin de l’espèce

Sidéré par la façon dont Fuzati a négocié le virage du deuxième album, trop attendu, puis carrément (presque) oublié, après 8 ans d’attente. Parfait positionnement, qui oblige le Klub des Loosers à ne pas faire un Vive La Vie II, et à partir dans une charge ultra violente et acerbe, quasi-alienée, contre l’enfant roi de notre époque, contre l’horloge biologique qui tourne et oblige les échines à se courber. C’est presque gênant dans le propos, gratuit, impossible à cautionner, mais sacrement bien écris, et déblatéré avec tellement d’aplomb, que cela en devient fascinant. Et ces instrues ! Fuzati quitte le mauvais porno kitsch du premier album pour des boucles chaudes et belles, mélodiques et riches, superbement travaillées, et donnant un cachet indéniable à un disque encore plus éreintant qu’une partie de pouilleux massacreur. Ecouter un dingue hurler sa haine du monde en bavant sur tout, c’est cathartique ? Peut-être. On s’en fout, tant que c’est bon.


Frank Ocean – Channel Orange

Oh god, que dire de plus sur un album déjà bien trop encensé, à raison, par tous ? Que l’album est inégal, comme tout disque sphère hiphop à mi-chemin entre l’indé et le mainstream ? Que la pochette est moche ? Que mon chat semble particulièrement apprécier le disque ? Oui, il y a de ça dans ce LP. Mais il y a surtout dans cette galette des morceaux r’n’b absolument parfaits. Des trucs que tu ne peux t’empêcher de chanter, partout, tout le temps, même si tu as la voix d’une chèvre cancéreuse, à l’opposé des susurrements cristallins de Frank Ocean. Des morceaux ultimes, comme Thinking ‘bout you, qui me fait dresser les cheveux sur la tête à chaque écoute, tant le refrain, impossible à chanter, me bute le palpitant. Ou Pink Matter, ahurissant de perfection, dont j’ai déjà trop parlé dans un Cum On My Selector. Sans éluder Pyramids, tube r’n’b  en deux parties, le plus fou qui m’a été donné d’entendre depuis What Goes Around de Timberlake. Crack Rock, Bad Religeon, Sweet Life, Super Rich Kids… trop de bonheur dans ce Channel Orange. Trop.


Tessei Tojo – My Little Beautiful

Un disque sans prétention, un disque qui n’invente rien, mais un disque qui le fait bien. Moi, j’y ai cru quand Squarepusher a annoncé un disque qui allait être “façon bonne époque”, mais qui s’est finalement révélé bourré de grumeaux, très micro-onde. Alors dans ce cas, on se tourne vers d’illustres inconnus, comme le japonais Tessei Tojo, qui ressort, certes, de la vieille soupe, mais au moins avec la bonne recette. Impossible de ne pas penser à Tom Jenkinson ou Plaid, et l’on navigue dans le LP avec un gros Warp Records sur la tête, tant les références pleuvent. Mais le fan-service, quand c’est bien fait, c’est toujours avec plaisir. On aura même quelques touches de Juke ou d’ambiant au milieu de cet écrin electronica-IDM pur jus. Impossible de ne pas prendre de plaisir en écoutant ce My Little Beautiful qui se complait certes dans la citation de légendes, mais qui le fait avec beaucoup de talent.

 Les autres disques qui sont dans le top, mais dont on parle plus bas : Killer Mike – RAP Music / Paulie Jan – Humian Ep / Burial – Truant, Rough Sleeper





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> Les plaisirs coupables de 2012 qui auraient pu être dans le top, alors je rajoute une ligne pour eux 


Kaaris &
Jason Grove &
Kid Koala




Allez, sans déconner, ce premier album de Kaaris est peut être le projet rap français sur lequel j’ai le plus pris mon pied en 2012. Le mec est ultra-brutal, un charisme de fou furieux, il a un parachute sur le dos et des instrues bien pesantes, souvent excellemment choisies (Bon qu’à ça, L’œil du mur, Lourd Lourd, du beau boulot). Mais c’est surtout les textes, complètement irrationnels, couplés à la voix bien belliqueuse du bonhomme, qui portent le disque dans les hautes sphères du rap français. Déjà, tu as le meilleur refrain de 2012 dans ce disque, avec un héroïque “J’arrive dans le rap comme en France tah la Kadhafi / T’es venu me tester, pff t’es mort, dead, la chatte à ta fille” déclamé d’une façon parfaite, imparable, qui me rend dingue à chaque fois. Dans Z.E.R.O, tu trouves aussi la punchline-2012-venue-d’ailleurs, aka “Selon le CNRS, l’univers est en expansion comme ma bite” et de superbes déclarations d’amour à sortir à ta promise comme “Ce son c’est une manchette dans tes amygdales / prend ma bite dans ton cul comme une visite amicale”. Savoureux, que du bonheur. Sans compter certains délires autistes-mystiques du plus bel effet. L’album se fatigue un peu dans sa deuxième moitié, mais reste dans sa globalité un sacré tour de force, un ovni violent et cramé, avec un MC trop haut et loin dans ses délires textuels pour être rattrapé. Au pire, si tu le rattrapes, il t’égorge. Donc bon…

Un peu de house-deep puant le foutre et la transpiration, ça fait du bien. Surtout quand cette dernière est mâtiné de Uk Garage. 313.4Ever de Jason Grove est loin d’être parfait, mais que ça fait du bien d’entendre un album aussi débridé, visant les dancefloors sans être pute, ciblé pour les hanches sans oublier de draguer l’échine. On est dans la drague bien moite, le rentre dedans alcoolisé et la baise en chiottes de club. L’album arrive parfois à trouver l’équilibre parfait entre deep house et 2step, et dans ces cas là, il est absolument imparable (Bonus Beats, un des titres de l’année, ou Citybeats, Latenight, Northside Beats, The Path Of, Raw in 92…). Pas assez constant pour débouler dans les disques of the year, mais largement assez bien branlé pour faire partie des coups de cœur.

On termine avec l’autre friandise de 2012, loin des mannequins et talons hauts, pour lorgner vers le blues et l’abstract hiphop. Kid Koala a sorti avec 12 Bit Blues un petit bijoux, fait de bric et de broc, avec un amour fou. Ici, pas d’esbroufe, pas de turntable folle. Tout est dans la retenue, dans la prestance, dans l’hommage. Hommage avec un respect absolu, qui confine parfois au sublime, comme sur le parfait 5 Bit Blues. Cette année, le Kid a sorti son meilleur disque.





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> Les révélations de l’année 2012, rookies of the year que l’on va surveiller de très près les années suivantes : 


Paulie Jan & Hyacinthe




Par fainéantise, je pourrais juste foutre le lien de mon article sur le premier Ep de Paulie Jan, et ne rien écrire d’autre que “EP de l’année”. Ce mec, je ne sais pas d’où il sort, je ne savais pas ce qu’il avait fait avant. Que dalle. Tombé sur son disque par hasard, comme on le fait souvent au grès du net. La claque fut gigantesque. Ep de l’année donc, non pas par la grandeur ou la sophistication de sa musique… mais tout simplement parce que Humian Ep est beau. Vraiment. Les morceaux sont superbes, ultra aboutis, qu’ils soient en mode tabassage déréglé comme This, techno pimp à la Minski Palace ou ballade synthétique façon Pour Ont Son. Le tout est en plus complètement perché, c’est Aphrodites Child qui tourne un porno romantique avec Depth Affect, dans une cave pleine d’opium. Et l’EP prouve surtout que dans la musique, tout est une histoire de mélodie. Celle qui te casse la gueule, celle qui te transporte dans les nuages, celle qui te colle des papillons dans le ventre. Il y a un potentiel hallucinant dans cet EP, et si je devais parier tous mes deniers sur un musicien, je les poserais sur la tronche de Paulie Jan. En suivant ce mec de près, les années 2013 et 2014 risquent d’être passionnantes.

Un gros crade qui te hurle qu’il va dépuceler ta sœur le gros thon pendant ses règles, ça peut sonner bizarre. S’il le rappe sur du Kuedo, c’est encore plus chelou. Parce que les mecs qui posent sur du Warp Records style, d’habitude, ça se prend généralement la tête en tentant de parler du scenario de Tree Of Life. Hyacinthe, il s’en fout, il veut juste déblatérer sur sa grosse bite, sur les filles aux cheveux rouges, et sur l’envie de souiller le string de ma mère. Les punchlines, bien que bloquées sur le dictionnaire des synonymes du mot vagin, ont énormément d’impact. Impact décuplé par la voix inimitable du gars, parfait mélange entre un Soklak qui a fumé de l’amiante et un Kaaris sous dogmatyl. Alors on navigue de punchlines crades en punchlines crades, le sourire aux lèvres, à guetter les multiples pirouettes dépravées de Hyacinthe, littéralement dégueulées dans tes oreilles, façon PUA satanique atteint d’un cancer de la thyroïde. Et si le tout se tient, c’est aussi grâce au beatmakeur Krampf, qui tient une grosse part dans la réussite de l’Ep gratos Des hauts, des bas et des strings. Le mec me/se fait plaisir, parce qu’il semble autant apprécier le rap gangsta frontal que l’electro de scientifique. Mieux, il tente de mélanger le tout. Bref, écouter Hyacinthe, c’est un peu comme avoir devant soi un mec qui te crie dessus, avec une voix de charretier : “Ta gueule, mes grandes passions dans la vie, c’est Booba et Planet-Mu”. Tellement hâte d’entendre la suite.





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> On en parlera en 2013 : BABX / Young Fathers / U-Ziq





Dans la chanson française, il y a Benjamin Biolay, et il y a les autres. Dans l’underground français, il y a Babx, et le reste du monde. Babx, c’est un peu le secret le mieux gardé de l’héxagone. Pourtant, le chevelu parisien a sorti deux albums jamais avares en expérimentations, et bourrés de prises de risques. Car si Babx, c’est d’abord de la chanson française, c’est aussi, et surtout, des élucubrations venant des balkans, des déchirures noisy, des touches electro et des guitares qui partent bien en couille. Babx, c’est le plus beau texte jamais écris sur l’absurdité de l’amour, de la télé réalité, de la célébrité mouchoir, avec Lettera. C’est aussi un morceau hallucinant avec L rêve d’Il, d’une intensité folle, avec une montée saturée qui te prend aux trippes, que l’on a pas l’habitude d’entendre dans le genre. Babx, c’est des délires inexplicables comme Mourir au Japon, et c’est surtout un grand LP, indépassable : Cristal Ballroom. Alors le mec était caché depuis 2009 dans l’ombre du song-writing pour des gros noms. Mais 2013, ça sonne bien pour faire un comeback, avec un nouvel album prévu. Un Ep sorti en fin d’année prépare doucement le terrain, Tchador Woman (Manal’s Song), qui oscille entre guitares psychées et ballade cristalline, hantée, sépulcrale. Si le monde tourne rond, Babx sera sur toutes les bouches en 2013, et en tout cas bien callé dans mes oreilles.

Quand Anticon fleure un bon filon, forcément, on fait confiance. Le groupe Young Fathers sera peut être une simple formation proto-hiphop de plus. Ou les prochains next big thing. Parce que quand on écoute un morceau de la trempe de Sisters, on est obligé de se demander si l’on ne tient pas les nouveaux Tv On The Radio. Aventureux, crades, mais surtout capable d’envoyer un refrain limpide, ça donne envie. Alors, étonnamment, l’EP n’est pas foncièrement centré sur cette facette indie fédératrice, et balance un hiphop dur et sombre, avec quelques fulgurances pop imparables (Sisters, Remains…). Mais on sent le gros truc poindre, et si les écossais trouvent l’équilibre parfait entre rap claustro, rythmes africains et refrains tubesques, ça risque d’exploser dans tous les sens.

Mike Paradinas a complètement disparu de la circulation après son chef d’œuvre absolu qu’était Duntisbourne Abbots Soulmate Devastation Technique sorti sous le pseudo µ-Ziq. Boum, cette année, le monstre se réveille, et balance une tonne de morceaux unreleased, voir carrément des tracks (géniales) qu’il va jeter à la poubelle car “il ne sait pas quoi en faire”. Ok mec, tu as failli être l’artiste de l’année, sans rien sortir d’officiel. Mais good news everyone, Mike va carrément sortir 3 albums en 2013 : un album avec sa nana, un disque compilant des très vieux morceaux d’µ-Ziq qui feront pleurer de bonheur tout amateur d’electronica un poil nostalgique, et surtout un nouveau disque qui s’annonce ultime, entre IDM belle à pleurer et juke-émo à la Kuedo. Bref, dans l’electro, Paradinas sera partout en 2013, sur tous les terrains, prosternons-nous : le retour du roi.





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> Le dilemme de l’année 2012 


Killer Mike – RAP Music & El-P – Cancer For Cure




Je me suis posé une bonne partie de l’année une sacrée question : quel est le meilleur album entre le RAP Music de Killer Mike et le Cancer For Cure de El-P, sachant que tu n’as le droit d’en choisir qu’un seul ? Le défi de ne mettre qu’un seul des deux disques dans mon top, et ne pas parler de l’autre. J’avais envie de dire Killer Mike, il était dans mon top à la base, c’est pour moi l’un des disques les plus forts de cette année. Une bombe absolue, une mornifle violente. Mais après de sérieuses et longues écoutes du El-P, j’ai l’esprit brouillé, impossible de pencher vers l’un ou l’autre. On va dire que le Killer Mike est une grosse tuerie évidente et jouissive, remplis de tubes imparables, là ou le Cancer For Cure va être plus insidieux, plus vicieux, mais tout aussi impactant au final. Reste que ne n’ai jamais pu réellement trancher (et c’est pas faute du avoir réfléchi pendant plusieurs mois), je n’ai pas eu les couilles, j’ai honte de moi, je ne peux plus me regarder dans une glace, j’ai perdu la boule avec ce dilemme, l’horreur. Donc j’ai crée une catégorie rien que pour ces deux disques, histoire de sauver la face.





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> Top Tracks 2012


– Ricardo Tobar – Recuerdos

– VECT – What I’m Gonna Do (everydayz remix)

– Trimbal – Confidence Boost (Harmonimix)

– Quam – Iz

– Disclosure – What’s In Your Head

– Boards Of Canada – Untitled (Machinedrum edit)

– Nick Solé – Love Song

– Frank Ocean – Pink Matter


– Young Fathers – Sisters

– Barker & Baumecker – Schlang Bang

– Ital Tek – Yesterday Tomorrow Today

– Sand Circles – White Sand

– Egyptology – Airborn Corridor

– Burial – Truant / Rough Sleeper

– Jason Grove – Bonus Beats


– MAO – Harken

– Piri Piri – You Seem

– XXYYXX – Luv U Grl

– Rone – Parade

– Hyacinthe – La connasse au refrain

– Unicorn Kid – Need U


– Action Bronson & Riff Raff – Bird on a wire

– Kahn – Margeaux I & II

– Future – Turn On The Lights

– Phon.O – Fukushima

– Danny Brown – Grown Up

– Squarepusher – 4001

– Neako – The Lufthansa Heist & 1 333 777 2323





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> Best Videos 2012







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> Les moments trop top des Chroniques Automatiques de  2012 ! (attention, auto-promo, link dans les images)



L’interview de Dj Krush :


L’interview de Doseone :


La Mixtape “I’d bury my dreams underground” :


Les Night Night Night Tokyo :




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> Anecdotes 2012


– Je me souviens, il y a plus de 4ans, être allé dans le sous-sol d’un restaurant lyonnais près de Bellecourt pour écouter une petite blonde chanter quelques chansons bien sympathiques, dont un petit tube feutré, Badaboum. 2013, je découvre que la demoiselle, Buridane, vient de sortir un disque, ça ne me rajeunit pas, mais c’est toujours bon à entendre.


– Alors, je n’ai pas parlé d’une chose extrêmement étrange qui s’est propagé dans la nuit Japonaise cette année. Les clubs Tokyoites sont dingues, oui. Folie vestimentaire, petage de plomb dans les concepts, musique qui n’hésite pas à arpenter des chemins non balisés. Les dancefloor de la mégalopole se portent bien. Sauf. Que récemment, dans certains clubs, parfois les plus courrus, il est désormais interdit de… danser. On peut boire, on peut draguer, on peut écouter de la musique. Mais interdiction de bouger son cul en rythme. La police semble encline à faire du zèle sur une veille loi qui n’a plus lieu d’être, afin de mettre à mal la nuit japonaise. Pour plus d’informations sur ce curieux, et déprimant, problème d’interdiction de danser dans les clubs japonais, n’hésitez pas à lire cet excellent et complet article : http://www.timeout.jp/en/tokyo/feature/6268/Japan-no-dancing-please


Chilly Gonzales a carrément fait un concert avec un orchestre, captation mise en vente cette année. Dedans, une relecture incroyable de Different Kind Of Prostitute, meilleur morceau du dernier album du canadien, qui me file des frissons, surtout quand la mélodie de Shameless Eyes se pointe, pour quelques secondes seulement. Sérieux, j’ai les cheveux dressé sur la tête à chaque fois que j’écoute ce morceau. Sublime.


Evian Christ, c’est tout ce que j’aurais du aimer, ce hiphop désertique, instrumental et camé. Un nouveau genre dans le hiphop, le “gangsta-neurasthénique”. Pourtant, l’album est un peu chiant, pas vraiment mélodique, un peu trop aride. Mais au milieu, un titre dingue, MYD, superbe, parfait. Si le gars part dans cette direction, et tire un peu moins vers le minimalisme dans ses prochaines productions, on risque d’avoir un sacré truc dans la trombine en 2013.


L’animalerie, from Lyon, a lâché de sacrés freestyles et vidéos cette année, on a hâte d’en entendre plus en 2013.


– Bon, encore une fois, Flying Lotus, ce n’est pas pour moi. Son nouvel LP est beau, bien produit, impressionnant de richesse… Mais qu’est ce que je m’emmmerde en écoutant ça. Je réclamais par contre à corps et à cris, depuis plusieurs années, que Flying Lotus se mette au Hiphop. Et voilà qu’il passe le pas via son alias Captain Murphy. Et franchement, c’est déjà beaucoup plus bandant. Je rêve néanmoins toujours d’un album qui serait de la trempe de Between Friends ou d’un Zodiac Shit (un des plus grands morceaux de tous les temps hein). En attendant, je glane les quelques minces morceaux de FlyLo qui me transportent.


– Meilleures recherches google de l’année 2012 sur les chros autos :
> Chanson dancehall triste voix cassée yeah i yeah eh eh yeah refrain (j’avoue, je ne connais pas non plus)
> Comment faire des beats comme Burial
> Ma glotte est gonflé sous LSD
> Comment boire une bière avec ses potes (bonne question)
> Qui possede les droides d’auteur des bealte (effectivement, on veut tous savoir où sont les droïdes de Lennon)
> Comment ce débrouiller seul quand on est paralysé des jambes dans sa maison


– J’ai un peu eu l’impression de retourner à mon adolescence, mais merde, le nouveau Deftones démonte drôlement. Loin d’être une galette absolue, mais j’ai méchamment pris mon pied avec ce Koi No Yokan, qui arrive à nous donner envie de taper les murs en buvant des bières, tout en rêvassant sur ses amours de lycée. Un joli coup de pompe dans la mâchoire.


Deft Affect est mort, je suis tristesse.


– J’achète le disque de Grimes au hasard, à cause de la (belle) pochette, en pensant tomber sur un truc bien bourrin. Premier choc. Le disque est sympa, un peu inoffensif, rien de spécial, mais c’est cool. Oh hey, quelque chose m’a frappé dur par contre : En écoutant (très beau clip) le main single, Genesis… personne ne pense à du vieux Aphex remixé par une nana qui feule timidement sur des synthés ? On dirait une version alternative de On en mode verveine. Grimes ressort un vieux Aphex et chuinte dessus, et se retrouve dans tous les blogs mode. Assez rare pour être signalé. Ou je n’ai rien pigé à l’affaire.


– Ma belle, mon amour, Kyari Pamyu Pamyu a encore sorti un sacré clip cette année, en mode rock progressif, toujours matiné d’une belle couche de drogues (dures). Zombies nunchaku, vomi rose, doigt d’honneur, lapin lubrique, samurai chauve dépressif : On ne comprend rien à ce qu’il se passe, mais c’est tellement cool. Je ne vais pas pousser le bouchon de remettre une video de la demoiselle en clip de l’année, mais… (EDIT : bon en fait si). C’est elle qui devrait faire des milliards de vues, pas PSY. Je t’aime.


– Un Japonais malin a sorti un album de hiphop intitulé Detox. Ca m’a bien fait marré dans le magasin, tout le monde s’en bas les couilles, au revoir.


– Le hiphop et la techno viendraient-ils des inuits ? Cette question ubuesque mérite d’être posée quand on regarde cette vidéo :  http://www.ina.fr/art-et-culture/musique/video/SXC00014801/le-chant-inuit.fr.html


– Petit coup de projo sur la video d’un pote, qui a clipé le morceau de Delect (Leonard de Leonard et Chris De Luca) pour tout vous avouer, cela faisait bien longtemps que je n’avais pas plissé des yeux et crissé des dents en regardant un clip video. Brutal. Mais vu que c’est aussi rempli de stripteaseuses japonaises, alors on aime. On oscille au final constamment entre la caresse porny et la répulsion presque douloureuse, un joli tour de force.


Tame Impala un des disques de l’année, pour sur. Feels Like We Only Go Backwards morceau du disque, pas faux. Et quand une chorale de gamins reprend le morceau pour le transformer en gospel-pop, on chiale de bonheur. Et cela prouve surtout qu’une bonne chanson, qu’elle soit noyée sous mille couches d’effets et de guitares, ou simplement chantée par des mouflards, ben ça reste une bonne chanson.




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Comme toujours, merci vraiment à tous ceux qui visites ses pages, qui participent ou commentent sur le site. C’est évidemment graçe à vous que les Chro Auto continuent de vivre. Merci aussi à ceux qui participent à mes délires photos, et aux interviews impossibles à avoir au premier abord. Pour tout ceux qui viennent régulièrement dans ces pages et veulent papoter un peu plus musique ou autre, n’hésitez pas à m’envoyer des mails sur ma page Facebook, en précisant votre pseudo (histoire que je vous reconnaisse), c’est toujours avec grand plaisir.  Si vous voulez échanger des photos de chats ou des vieux morceaux Dance, je suis intéressé aussi. Et n’hésitez pas à faire tourner ce top !


Merci encore, bonne année tout ça, protégez vous les oreilles, même si c’est avec des boules quies colorées et repoussantes visuellement. On part vers 2013, dans le plus grand chaos, les Chroniques Automatiques rempilent pour au moins un an supplémentaire !


Thanks,



Dat’

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