Depth Affect – Hero Crisis



The irony of it all





On ne va pas commencer une thèse sur l’Abstract Hiphop. Déjà parce que personne ne s’est accordé pour réellement définir le genre, augurant presque autant d’âpres discussions que la polka islandaise ou l’IDM. Mais surtout car beaucoup soutiennent que le genre est bien mort et enterré depuis quelques années. Ou pire, qu’il est ringard, décrépit et sénile. Ce à quoi je ne pourrai jamais me résoudre. Certes, le mouvement, autrefois florissant, presque générique, décliné à l’envie, avec autant de nouveaux disques par semaine dans les magasins que de visites aux chiottes s’est vu se ratatiner en terme de sorties, nécrosant la qualité de ces dernières dans le même temps.

Surtout après une orgie de disques indispensables, Mo’Wax et Ninja Tune en tête, comme ceux de dieu-sur-terre Dj Krush, Dj shadow, Cam, La Funk Mob and co, qui sentent maintenant parfois les vieux vyniles cradingues. (Excepté Dj Krush hein, soyons subjectif) Mais je ne parle pas de cette frange d’Abstract. Mes derniers vrais émois en la matière remontent alors à quelques années, quand le genre s’est paré d’une dorure plus électro. (Quand je parle d’émoi, c’est le vrai, le grand, celui qui vous transporte pendant des années à l’écoute d’un seul disque. Celui que l’on connaît par coeur, sa moindre parcelle de synthé, le moindre positionnement de beat, la plus imperceptible des variations mélodiques…) Pour être précis, je crois bien que les derniers à avoir pu incarner le genre dans mon coeur furent les regrettés Abstrackt Keal Agram, et les disques de Tepr. Ouaip, j’en ai déjà parlé dans ses pages, mais AKA représentait presque la perfection dans le genre, le seul groupe qui avait réussi à cristalliser tout ce que je pouvais aimer de mieux dans cette frange musicale, portant l’Abstract sur des terrains alors inexplorés par des frenchy : Un beat Hip-hop super sec, à vous flinguer la nuque, noyé dans des fulgurances électroniques à crever (Allez on prend le titre “Rivière” absolument ahurissant, ou “Audio Crash”, ou “U38″ ) voir même un soupçon de pop / shoegaze ( voir encore “Rivière”, “Bad Thriller” ou “La nuit s’éternise” ) Bref des petits bijoux que j’écoute depuis des années sans me lasser, et que j’écouterai encore dans 10 ans, assuré de défendre ce groupe jusqu’à ma mort. Bref… Tepr, c’était un peu la même chose, mais en ayant en plus les couilles de plonger le tout dans un écrin parfois Dance putassiere super jouissive, à faire grimper aux rideaux mes petits tympans en manque de sensations un peu grasses.
Il y a eu Prefuze73 aussi, avec son Extinguished Outtakes, disque injustement passé inaperçu, où de simples chutes de studios formaient au final le meilleur album du mec (un comble), et l’une des toutes meilleures galettes du genre. A dire vrai, un seul disque a réveillé cette petite fée enfouie dans mon coeur depuis des années : Le Facades and Skeleton des Cappablack, sorti l’année dernière. Ne me faite pas dire ce que je n’ai pas dis, il y en a eu des tas d’autres très bons, (les Lilea Narratives ou Flying Lotus ont titillé sans faire chavirer) mais pas un seul ne fut assez puissant pour tenir la comparaison une seconde avec les anciens orgasmes sonores.




Pour les oreilles avides de sensation un groupe avait ravivé une flamme un peu morne ces derniers temps : Les nantais de Deft Affect, repérés par Alias, ne tarrissant pas d’éloges sur la formation (excusez du peu) lors d’un live ouvert par cette derniere. Depth Affect avait pondu un très bon premier album, Arche Lymb (à la superbe pochette d’ailleurs) conseillé pour tous amateurs, presque abandonnés à déterrer leurs vieux disque pour continuer à prendre leur pied. Autant vous dire qu’à l’annonce de la sortie du deuxième opus de ces messieurs, il y avait de quoi baver dur.
















Pour tout vous avouer, la pochette m’a donné des sueurs froides. Elle est très belle, super classe avec ce cavalier tout en dentelles et autres préciosités en intérieur gravées avec doigté. Mais elle me rappelle l’artwork du premier disque de Ghost Cauldron, qui fait partie des pochettes les plus moches du monde. Ca n’a rien à voir hein, mais un traumatisme pareil ne s’oublie pas. Comme voir la tête de son ancien bourreau dix fois pendant une promenade, obnubilé par le mal que ce dernier vous a fait. La pochette de Ghost Cauldron, c’était un peu comme le film Souviens-toi l’été dernier je t’avais écorché la cornée, un tuc moche vous poursuit sans relâche, se plaçant en filigrane devant vos yeux quoi que vous fassiez. (Il parait que les possesseurs du dernier Madonna souffriraient du même symptôme)






Tout ce dont je parlais plus haut va revenir en pleine face dès l’écoute de Junior International, premier titre de la galette. Débutant sur un gros synthé bien gras partant méchamment en saccade, le titre va petit à petit accueillir les handclaps de rigueur, plus une voix cutée, un peu r’n’b, qui égrène deux ou trois syllabes en mouvement perpétuel. Vlan, le rythme bien sourd démarre, cible directement votre nuque, et fracasse bien le tout. Une seule image : Le Cote Ouest de Tepr. Même synthés massif, mêmes rythmes électros, même progression pouvant habiller à merveille une composition hip-hop. Break, le tout devient plus calme, presque aquatique, très beau. On laisse parler la mélodie, étouffée, comme un tube Dance un peu ralenti, maltraité par des percus acérées. On monte, on progresse, le beat administre des claques cinglantes, marteau sur bloc de glace, le synthé reprend ses droits, imposant, chanteuse à la voix hachée, colonne vertébrale brisée. On est là, la bouche grande ouverte, à se demander ce que l’on vient de se prendre sur la gueule, qu’une guitare acoustique cristalline accompagne la mort du clavier. Le procédé, pourtant presque classique, confine au sublime ici, tant la litanie égrenée par la gratte est limpide et évidente. Ce superbe titre ne pouvait pas donner plus envie de se jeter corps et âme dans ce disque. Ceux qui aiment le coup de la guitare acoustique qui s’invite au milieu du bal en auront pour leur argent, plusieurs titres de Hero Crisis fonctionnent sur cette ossature :

Radish Field semble d’ailleurs reprendre les choses là où Tepr (encore ? !) les avaient arrêté à la fin de son titre culte 8 bits love : grosse artillerie dancefloor-chiptune qui se transformait à terme en comptine folk fantomatique. Bref, la gratte balance ses notes d’une façon appuyée, toute solitaire, avant qu’une ligne de basse bien crade dynamite le tout. Des bribes de lyrics se font encore entendre, malaxés dans le hachoir de Depth Affect, avant que le morceau parte dans une direction juste tubesque, à vous faire lever les bras en riant et en criant que la vie c’est cool, comme toujours. Frein à main, la gratte reprend ses droits, zébrée d’un synthé saturé, avant que de petites clochettes distillent un peu plus de douceur au tout. Passage planant, presque candide, l’uppercut n’en est que plus violent des que la phase imparable revient en trombe, pour finir sur les rotules. C’est beau, c’est électro, c’est hiphop, c’est pop, ça tue.

Dorothea Land se lovera dans un moule similaire, défonçant vos oreilles avec un rythme ultra appuyé sur des cordes fragiles et un gimmick (on va croire que je le fais exprès) que je jurerai déjà avoir entendu sur un disque d’AKA. Le morceau fera même encore plus place à la Pop que ses camarades, avec des petits intermèdes de chants enjôleurs entre deux tempêtes synthétiques. On frôle la correction vu les mandales administrées.








La bonne nouvelle, c’est que Depht Affect n’a pas peur de nous tirer des larmichettes en privilégiant toujours la mélodie vomie par des claviers crados plutôt que la stricte bastonnade de rythmes trop secs, et cela sur la totalité du disque. Il suffit d’écouter Girl’s Math pour finir de s’en convaincre, titre tout en progression, laissant une voix pitchée au max hululer comme une gamine, le tout sur une ascension de claviers juste dantesque. C’est superbe, ça vous prend à la gorge, tout en vous donnant envie de foutre des jantes imports en diamant sur votre caisse pour cruiser dans le centre ville, le bras se balançant hors de la fenêtre et le son à fond. Le mélange parfait de Hiphop cradingue et de mélancolie enfantine.

Même combat pour Cotton Candy, portant parfaitement son nom, oscillant constamment entre petite ritournelle ensoleillée et gros tube electro-hiphop de folie, à brûler un quartier entier. Le morceau osera même s’engager, après un énième break guitare-voix, dans une partouze Dance-idm, hésitant entre façade putassiere jouissive et synthés pleuvant dans tous les coins. Impressionnant de maîtrise et de construction. Hero Crisis sera lui le morceau le plus direct du disque, affichant clairement ses ambitions “Abstract hip-hop” implacables, prêt à faire danser les foules. Mais ce dernier se laissera bouffer par une petite mélodie fragile et cristalline, contrastant avec le coté rouleau compresseur du tout, et n’étant pas sans rappeler certains exercices de Nil.








Le disque des Nantais ne se bornera pas à utiliser des bout de syllabes hachées et pitchées comme seules présences vocales sur l’album, en invitant deux Mc à participer à la fete : Giovanni “Subtitle” Marks habite Street Level, et je vous jure qu’il n’est pas venu pour rien. Le morceau est juste ahurissant. Subtitle gère toujours comme un dieu, débitant d’une voix grave un flow qui pourrait épouser presque n’importe quel assaut rythmique. Mais c’est clairement l’instrue qui impressionne : Difficile d’expliquer le phénomène. Beat bien saccadé, parasite en tout genre, et des nappes de synthés qui semblent intervenir en “reverse” sur chaque phrase du Mc, transportant le tout dans le royaume de l’extatique et du fascinant. Comme si l’aspect mélodique était ralenti et passé à l’envers, alors que les beats tabasseraient comme jamais. Sans compter que les refrains vous cassent littéralement la mâchoire, entre tube génial et objet expérimental non identifié. Et quand Depth Affect clame le jeu, c’est pour vous enfoncer dans un passage tunnel rappelant presque Chris Clark avec ces lignes toutes fragiles, à tuer un homme tellement qu’elles sont belles. Tuerie absolue, fourmillant de détails, et des synthés qui frôlent le coup de génie. On arrive à la fin qu’on le repasse pour essayer de comprendre ce que l’on vient de se prendre en pleine face. Je l’ai écouté 30 fois, toujours pas compris.

Pour le deuxieme feat, c’est le dérouillé Awol One qui prend place aux cotés des Nantais. Bon, histoire de ne pas etre objectif pour un sous, Awol One est bien l’un de mes Mc préféré, tout de suite indentifiable avec son flow indescriptible, entre le vieillard flegmatique completement alcoolique et le pimp qui se serait étouffé avec un paquet entier d’élastiques (sautez sur son Self Titled ) Et le mec va encore nous étonner sur Dusty Record, morceau tenant plus de la comptine pop bien alien que d’un hip-hop sombre souvent de rigueur. Le titre n’aurait pas été renié par un DoseOne sous acide, Dusty Record laisse un Awol One chantonner d’une voix monocorde sur une instrue toute jolie et sucrée, aux contours clairement mélancoliques, avec des lyrics bien tristes et résignés, noyant les souvenirs d’un amour perdu dans un tas de disques poussiéreux… On est loin des attentats sonores perpétrés entre le Mc californien et les petits génies japonais de Cappablack.
Mais bizarrement, le titre se révèle au final énorme, distillant son charme d’une façon bien pernicieuse, presque perverse, pour vous squatter le cerveau pendant 24heures.

Et histoire de finir loin de toutes ses considérations mélodiques, tubesques et/ou mélancoliques, Depth Affect balance en conclusion de disque un crépusculaire Base Camp Wolf, tout en saturations et changements de fréquences, semblant presque faire hurler les machines sous l’effets de tortures que nous laisseront sous plis, frolant la Noise sourde post-apocalyptique.









Pas besoin d’aller plus loin, les Nantais de Depth Affect balancent un album dantesque, plus homogène et mélodique que son prédécesseur, plus électronique aussi. On trouve ça beau, on trouve ça imparable, et les morceaux ébouriffants, comme le Street Level feat Subtitle ou Junior International contrebalancent parfaitement les petites perles mélancolico-electronico-hiphop (ouf) peuplant Hero Crisis (Dusty Records feat Awol One, Girl’s Math, Radish Field…)

Cet album fait du bien, et tombe pile au bon moment. Il est l’un des seuls à assurer le terrain dans cet Abstract-electro-hiphop de plus en plus délaissé, ou utilisé à des fins trop directes et sans grande profondeur…



Ce Hero Crisis est de toute façon juste indispensable pour tout ceux qui se sont reconnu dans l’introduction de cet article. Et pour les autres, il est fortement recommandé. Excellent disque.












Depth Affect – Junior International (Teaser)









12 Titres – Autres directions
Dat’









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  1. julo63, visiteur Says:

    Excellent album rien à ajouter.

  2. fabien, visiteur Says:

    Salut !
    Jviens pas mal sur ton blog et je suis de façon générale assez d’accord avec tres critiques, parfois moins enthousiaste (Tepr) parfois plus (Crystal Castles) que toi mais globalement je peux me fier à tes conseils.

    Ce que je vais faire très bientôt en essayant de me procurer ce CD…

    Mais je suis tout de même étonné d’un grand absent dans ton intro sur l’abstract hip hop : Sixtoo !

    Est-ce un oubli ? L’album “ Jackals and Vipers in Envy of Man” chez Ninja Tune fait partie de mes albums cultes dans le domaine et rejoint sans trop de problème un cluster ville par exemple…

    Donc voilà juste pr faire part de mon étonnement mais aussi pour te féliciter pour ce blog.

    Juste pour ceux qui n’ont pas eu l’occasion d’écouter le travail du bonhomme :
    http://www.lastfm.fr/music/Sixtoo/Jackals+and+Vipers+in+Envy+of+Man
    (petit aperçu, la « part. 4 » par exemple est vraiment excellente et puis « part X » comme titre de track, c’est-y pas abstract ça ?)

  3. fabien (encore), visiteur Says:

    arf foutu copier coller

    il faut bien sur remplacer & # 171 ; et & # 187 ; par des guillemets

    bon aprem !

  4. wony, visiteur Says:

    Je suis d’accord avec l’apercu sur l’abstract et avec la chronique.

    Depth–>:love: pas grand chose d’autre a dire pour le coup…

  5. julo63 Says:

    Ne surtout pas passer à cote du premier album de ce groupe :
    Arche-Lymb
    Juste pour le titre Vegetable Valley il vaut le coup.

  6. Dat' Says:

    Fabien ==} Effectivement, je n’ai pas cité Sixtoo… plus un oubli qu’autre chose, mais il y en a tellement à citer…

    Par contre, mon preeferé de sixtoo reste de loin “Antigonist survival Kits”, que j’ai tres longtemps écouté en boucle… “Jackals and vipers” m’a un peu moins marqué…

    Merci en tout cas ^^

    Julo63 ==} ouai Arche-Lymb est vraiment tres bon, mais je dois t’avouer que ce “Hero Crisis” me fait vraiment du pied, il est juste enorme…

  7. ShinobiOfGaming Says:

    J’y connais rien (sauf Dj Krush ^^) et je capte donc pas forcément grand chose, mais c’est toujours impressionnant ton niveau de connaissances sur la zik.

  8. wony, visiteur Says:

    Ahah, je viens d acheter la galette.

    Vraiement bon disque, j en suis qu a la première écoute mais y a vmt rien a jeter pour le moment !

    I like it.

    PS : t as écouter le detrimentalist? il est toujurs pas arrivé chez moi :(

  9. Dat' Says:

    Ouai il est arrivé le jour de la sortie le Venetian, j’etais assez étonné, normalement c’est minimum 3 semaines de retard…

    J’en parlerai d’ici peu !

  10. wony, visiteur Says:

    ok, j attend la critique avec impatience alors

  11. Sylvain, visiteur Says:

    Mec, merci pour l’intro et les réferences…

    J’écoute le disque en boucle et je prends autant mon pied que sur celui de TEPR.

  12. Evets, visiteur Says:

    bien que pas habitué à l’electro-synthé, leurs morceaux sur leur myspace m’ont donné énormément envie…ça rafraichit le genre et fait énormément de bien !
    je viens de commander l’album et cette critique me rassure, j’vais avoir du mal à l’attendre celui-là :)
    curieusement les albums d’AKA ne me font pas le même effet…je les aime bien mais je sens que cet album provient encore d’une autre dimension…

  13. Dat' Says:

    yop !

    Effectivement, ce nouveau Depth Affect est vraiment enorme. Pour les AKA, c’est vrai que les albums sont plus “secs” que celui ci, mais pour moi ils sont vraiment enorme… Il faut dire qu’ils ont ouvert une “porte” pour moi, la valeur est aussi tres sentimentale ^^

    Reste que tu as raison pour le coup de “l’autre dimension”, surtout pour les morceaux de Subtitle et Awol One d’ailleurs…

    Hesite pas à repasser ici pour balancer ton opinion finale !

  14. Evets, visiteur Says:

    Yop,
    L’album est une tuerie !
    Le mélange des styles et des influences donnent un truc unique, avec une aura positive incroyable.
    C’est entrainant, relaxant, incomparable, frais et j’en passe.
    Ça faisait lgtps que je n’avais plus autant apprécier un album !
    Ils ont grave assuré sur ce coup-là, j’espère qu’ils feront parler d’eux !

    sinon qqes mp3 gratos qui datent d’un ep de 2006:
    http://www.archive.org/details/moulin012

  15. sylou, visiteur Says:

    coucou tou le monde je sui super conten que vou aimiez ce groupe car mon grand frere remy joue dans ce groupe.

  16. sylou, visiteur Says:

    mai ne telecharger pa illegalemen plz sa se fai pa

  17. sylou, visiteur Says:

    si vous voulez qu’ils continuent alors achetez les disques
    ça leurs fera plus plaisir.
    ^^

  18. Dat' Says:

    Tous les disques dont je parle dans ces pages sont achetés ^^

  19. Ray~, visiteur Says:

    Excellente découverte merci

  20. Dat' Says:

    Yeah ! c’est un disque que j’ecoute encore tres regulierement, vraiment une bonne galette.

  21. Kbra6, visiteur Says:

    J'vien de découvrir ton blog en cherchant des infos sur depth affect et bien je te remercie infiniment pour toutes ces références que je ne connaissait pas encore et qui vont pouvoir animer mes tympans !

    Merci 😀 (génial cette articles sur le groupe également)

  22. Dat' Says:

    Hey merci !

    N'hesite pas à participer sur les autres articles, ou sur tes découvertes !

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